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jeudi 12 mai 2011

Journée d'études : "Nouveaux regards cartographiques sur la mondialisation"


L'ENS-Lyon, le site Géoconfluences et l'Institut français de l'Education (IFE, ex-INRP) organisent une journée d'études sur les "Nouveaux regards cartographiques sur la mondialisation" le mercredi 18 mai 2011 à Lyon. La journée d''études se déroulera de 13h30 à 17h30, à l'IFE, 15 parvis René-Descartes (voir un plan d'accès), salle des colloques. Voir le programme sur le site de Géoconfluences (voir l'ensemble des annonces).

On profite de l'occasion pour annoncer la nouvelle page Facebook de Géoconfluences (dont la consultation est accessible librement sans nécessiter de compte personnel sur Facebook). Elle propose de nombreux compléments aux articles du site, en faisant le lien avec l'actualité (par exemple, la page concernant "La crise en Côte d'Ivoire et la "bataille d'Abidjan" : après la guerre, des chemins pour la paix et la reconstruction ?" ou celle sur "Les politiques migratoires européennes et les pays riverains de la Méditerranée" en plein coeur des débats sur les renégociation des Accords de Schengen). Venez la découvrir, et la soutenir en cliquant "J'aime" !



Présentation du colloque par les organisateurs

La mondialisation lance de nombreux défis à la représentation cartographique. On pourra citer, sans prétendre à l'exhaustivité, l'interrogation sur la projection cartographique pour restituer les multipolarités du Monde, sur les découpage pertinents (Etats, continents) pour en rendre compte, sur la représentation des interdépendances dans des dynamiques multiscalaires aux temporalités différenciées. Du local au global ou vice-versa, les enchevêtrements d’échelles et les intégrations différenciées tant de degré que de nature ont-ils conduit à saisir autrement ce processus majeur de l’organisation du monde contemporain ? Les techniques numériques associées à de nouveaux modes de représentation cartographique permettent-elles de rendre compte des multiples formes de la mondialisation ?

Quelles sont les limites et les atouts de la représentation cartographique de la mondialisation ? Le défi de la mondialisation dans l’analyse géographique a-t-il permis d’en renouveler la cartographie ? Peut-on tout cartographier dans le processus de mondialisation ? On pourra interroger avec profit le succès des atlas de la mondialisation parus en kiosque, les usages pédagogiques des cartes interactives, la cartographie animée ou encore les nouvelles techniques de géovisualisation pour rendre compte dans le temps et dans l’espace des dynamiques de la mondialisation.

Cette journée de réflexion sera l’occasion d’un échange entre les producteurs de cartes, cartographes et chercheurs, le monde des usagers - enseignants, élèves, citoyens, étudiants - et les milieux de diffusion de la carte (édition, revue, site web…). Elle contribuera à la réflexion sur les usages pédagogiques de la carte dans l’enseignement secondaire, autour notamment du programme en projet en classe de terminale sur le thème « des cartes pour comprendre le monde ». Elle s’adresse à un large public d’étudiants curieux de géographie, aux étudiants des masters enseignement, aux enseignants du secondaire et du supérieur et aux professionnels de la cartographie.

Cette journée s’inscrit dans la convention entre le ministère de l’Education nationale- Dgesco et l’ENS de Lyon, elle inaugure l’entrée de l’IFE au sein de l’ENS de Lyon. Cette journée fera l’objet d’une captation vidéo dont des extraits seront mis en ligne sur le site Géoconfluences et l’édition sur ce même site des productions commentées pour chaque intervenant avec un texte de cadrage général.

 


Programme de la journée


13h30-14h00 : ouverture et introduction
Ouverture de la journée : Jean-Claude Zancarini, directeur-adjoint de l’ENS de Lyon, pôle diffusion des savoirs

Introduction de la journée : Sylviane Tabarly, coordinatrice éditoriale de Géoconfluences (ENS de Lyon / Dgesco) et Emmanuelle Boulineau, coordinatrice scientifique de Géoconfluences (ENS de Lyon)


1ère session. Cartographier la mondialisation : enjeux scientifiques, techniques et pédagogiques (14h00-15h30)
Discutant/animation : Laurent Carroué, Professeur des Universités, Inspection générale.


Sylvain Genevois, chargé d’études et de recherche, ENS de Lyon-IFE
"L'évolution de la cartographie de la mondialisation dans les manuels scolaires"


Pascal Orcier, chercheur et cartographe, Université Lyon 3
"Cartographie de la mondialisation : l'expérience de l'atlas La Bataille des cartes"


Thierry Joliveau, Professeur à l’Université J. Monnet, Saint-Etienne
"La question des représentations spatiales de la mondialisation dans les activités en ligne"




2e session. La vague des atlas : quelles représentations cartographiques de la mondialisation pour un large public ? (16h00-
Discutant/animation : Eric Verdeil, chercheur au CNRS


Frank Tétart, rédacteur en chef de la revue Carto.
"Vers des cartes mondialisées ou la survalorisation du global (planisphère) au détriment du local"


Philippe Rekacewicz, cartographe et journaliste le Monde diplomatique, Comité International de Bologne pour la Cartographie et l’Analyse du Monde Contemporain (sous réserve)
"Comment tirer profit des nouvelles sources de données disponibles et quelles nouvelles images cartographiques pouvons-nous donner des bouleversements du monde ?"


Delphine Papin, cartographe, Journal Le Monde
"Le regard sur la mondialisation dans les atlas thématiques du journal Le Monde"


 

mardi 10 mai 2011

Séminaire : "Manèges - Les espaces de mise à l'écart : cloisonnements du monde ?"


Signalé par leblogdelaville (ressource incontournable en études urbaines), ce séminaire consacré aux "Manèges - Les espaces de mise à l'écart : cloisonnement du monde ?" s'intéressera à la géographie de l'enfermement sous toutes ses formes. A ce propos, on pourra retrouver les blogs des programmes TerrFerme (consacré aux dispositifs contemporains de l'enfermement) et Enigmur (politique du Mur dans la globalisation). Le séminaire se déroulera au Centre d'art contemporain de la Maréchalerie à Versailles (voir comment y accéder) les jeudis 12 mai (séance : "Espaces d'urgences : la fabrication d'indésirables"), 19 mai (séance : "Entre l'espace commun et la fabrication de l'entre-soi"), et 9 juin 2011 (séance : "Espaces d'occupation : mur, perte et aliénation"). Voir le programme sur le site de la Maréchalerie (également en format PDF).


Présentation du cycle de séminaires par les organisateurs :
Il sera question de la fragmentation de l’espace en enclaves, qu’elles soient déterminés par l’urgence et la gestion d’ « indésirables », ou des regroupements de semblables au sein de résidences, ou encore par des dispositifs frontaliers de surveillance.


Camps, ghettos, pays fermés.

Comment se construisent ces enclaves dans l’espace ? Que produisent-elles matériellement, socialement et symboliquement ? Comment se déplacer lorsque l’on est bloqué ? Comment ces enclaves sont-elles reliées au reste du tissu de la société ? Quels imaginaires génèrent-elles ? Comment l’individu peut-il trouver et exprimer des formes de résistance ?




Programme du cycle de séminaires


ESPACES D'URGENCES : LA FABRICATION D'INDESIRABLES
(jeudi 12 mai 2011, 19h)


- Michel Agier, anthropologue (EHESS)
Il a notamment publié Gérer les indésirables, des camps de réfugiés au gouvernement humanitaire (Flammarion, 2008) ; Le couloir des exilés - Etre étranger dans un monde commun (Editions du Croquant, 2011).

- Jean-Christophe Grosso, architecte (Noria)
Il a réalisé plusieurs ouvrages métalliques - passerelles et ponts - en Haïti, République du Congo, au Bénin et au Maroc.

- Yanick Lahens, écrivain
Elle a écrit Dans la maison du père (Le Serpent à plumes, 2000) ; La Couleur de l’aube (Sabine Wespieser éditeur, 2008) ; L’Exil : entre l’ancrage et la fuite, l’écrivain haïtien (Deschamps, 1990) ; Failles (Sabine Wespieser éditeur, 2010).

- Modératrice : Catherine Pierre, journaliste
Rédactrice en chef adjointe de la revue AMC – Le Moniteur architecture. Elle collabore à des ouvrages sur l’architecture, l’art contemporain et le paysage.






ENTRE L'ESPACE COMMUN ET LA FABRICATION DE L'ENTRE-SOI
(jeudi 19 mai 2011, 19h)

- Jean-Christophe Bardot, photographe (collectif le bar Floréal.photographie)
Il a réalisé Ici, le jour et la nuit, installation visuelle et sonore, Institut Marcel Rivière de La Verrière (2009) ; publié Monmousseau, 2 automnes et 3 étés avec Eric Facon (le bar Floréal, 2010).

- François Daune, architecte (Campement urbain)
Campement Urbain a notamment réalisé les projets Je et nous à Sevran ; Mairie Monde (2007), Antecâmaras do espaço público, Tiradentes, Sao Paolo, Brésil (2009/10).

- Barbara Morovich, anthropologue (ENSAV)
Elle a publié « Images de Hautepierre (Strasbourg) : culture visuelle et grands ensembles », Lieux Communs n°11, Cultures visuelles de l’urbain contemporain (ENSA Nantes, 2008). Elle dirige actuellement un collection d'ouvrages sur la banlieue (collectif Horizome).

- Modérateur : Gilles Teissonnières, ethnologue (ENSAV / CNRS)
Il a publié Ethnologie des sans-logis – Étude d’une forme de domination sociale (ouvrage collectif, L’Harmattan, 2003) ; À la croisée des chemins – Enquêtes d’ethnologie urbaine (avec Daniel Terrole, Éditions du Croquant, sept. 2011).


 
ESPACES D'OCCUPATION : MUR, PERTE ET ALIENATION
(jeudi 9 juin 2011, 19h)

Programme sous réserve.

- Florian Hertweck, architecte (ENSAV)
Ses recherches portent sur le rapport soutenable entre architecture, infrastructure et l'aménagement du territoire. Il a écrit Der Berliner Architekturstreit qui historicise le débat sur la reconstruction de Berlin.

- Vincent Jacques, philosophe (ENSAV)
Ses domaines de recherche sont l'esthétique et la philosophique politique. Il s'intéresse plus particulièrement à Gilles Deleuze à propos duquel il publiera une introduction chez Ellipses (parution prévue à la rentrée 2011).



lundi 9 mai 2011

Le séminaire "Conflits et territoires" en vidéo


Agroparistech et l'INRA mettent en ligne les vidéos du séminaire "Conflits et territoires", organisé par  André Torre, Marianne Ehrlich et Thierry Kirat. L'intérêt est double : découvrir des conflictualités et leur inscription dans les territoires, par-delà le cas des conflits armés, et focalisant sur les conflits d'usage et les conflits d'aménagement. Mais aussi, découvrir une approche pluridisciplinaire des conflits.


Présentation du séminaire par les organisateurs

L’objectif ce séminaire mensuel est de permettre d’engager la discussion sur la question des conflits liés à l’espace, et tout particulièrement sur la place des conflits dans la construction et la gouvernance des territoires. Un intérêt important se manifeste aujourd’hui, dans différentes disciplines, autour de la question des conflits, en particulier dans les espaces urbains, ruraux et périurbains. Il existe un besoin d’analyse des catégories de conflits et de tensions, ainsi que de leurs origines et leurs modalités d’expression et de résolution au niveau local. Le séminaire « Conflits et Territoires » a pour objectif d’ouvrir la discussion sur ces questions, de faire le bilan sur les travaux en cours et sur les avancées scientifiques récentes de la recherche dans les différentes disciplines concernées par la problématique des conflits. Le débat, initié à partir d’une présentation de travaux de recherche finalisée ou fondamentale, doit permettre une confrontation d’expériences et contribuer à accroître la compréhension de la dynamique des conflits. On cherche, dans ce cadre, à développer les connaissances liées à l'allocation des espaces à différents usages (résidentiel, récréatif, productif, etc.), à caractériser les interactions économiques, sociocognitives et spatiales des populations concernées, et les modes de coordination qu’ils impliquent.


Liste des vidéos

- Maurice BASLE (Economiste, CREM-CNRS), "Les besoins de connaissance au service de l'action publique territorialisée" (1er mars 2011).
Les Besoins de connaissance au service de l'action publique territorialisée : comment oser produire aujourd'hui de l'intelligence collective en univers de connaissance controversée ?


L'analyse néo-institutionnelle porte une attention toute particulière aux conditions de mise en œuvre des contrats (dimension ex-post), par rapport à l'approche standard qui se concentre essentiellement sur les conditions ex-ante. Dans cette perspective, les mécanismes de gestion et de résolution des conflits tiennent évidemment une place centrale. Or, on retrouve sur cette question la démarcation souvent observée entre l'approche williamsonnienne et l’approche à la North. La première met l'accent sur l'origine des conflits dans les imprévus contractuels et/ou les changements institutionnels, et explore les modes de gouvernance comme instrument de résolution des conflits sous condition d’alignement avec les coûts de transaction (économiques). North, de son côté, privilégie la nature politique des conflits, y compris des conflits économiques. Ses travaux récents mettent la violence au fondement des ordres sociaux : les institutions et les organisations destinées à canaliser cette violence déterminent le régime économique et politique. Les coûts de transaction impliqués sont d’abord politiques. Malgré des différences manifestes, les deux approches se rejoignent pourtant dans la place accordée aux institutions et surtout dans le recours aux trois concepts fondamentaux que sont les coûts de transaction, les droits de propriétés, et les contrats. La présentation explore ces aspects et tente de mettre en valeur la façon dont ils peuvent s'articuler dans une théorie plus générale, en construction.
Trois phénomènes majeurs sont aujourd’hui en train de monter en puissance dans le domaine de l’environnement et de la biodiversité : 1) le concept de services écologiques ou écosystémiques, issu des sciences de l’écologie et retravaillé par les économistes ; 2) l’attribution de valeurs, monétaires ou non, à l’environnement et à la biodiversité ; 3) le recours aux mécanismes de marché pour compenser les atteintes à l’environnement. Ces mouvements de fonds orientent les recherches, s’imposent dans les politiques de l’environnement et au delà interpellent tous les citoyens. Ils interrogent aussi le droit, non seulement en tant qu’outil de mise en œuvre des politiques environnementales mais parce qu’ils touchent à la représentation du monde que se donnent les sociétés, et qu’il reflète. A l’occasion de cette présentation des questions seront posées pour débattre d’une évolution co-construite du droit de l’environnement : comment traduire dans le champ du droit une approche plus dynamique de la biodiversité ? Comment se prémunir contre le risque d’une approche exclusivement utilitariste de l’environnement ? Comment réguler les nouveaux marchés de la biodiversité ?

- Vincent RENARD (économiste, CNRS-IDDRI, Sciences Po), "Le jeu du droit et de l'économie dans l'évolution du mode de règlement des conflits fonciers" (28 septembre 2010).
Un siècle et demi après l’achèvement du cadastre, si quelques conflits fonciers peuvent encore porter ici où là sur les limites de parcelles, ils sont devenus marginaux par rapport aux nouveaux enjeux que constituent le statut juridique des sols – essentiellement le droit des sols – et sa traduction en termes de prix fonciers. Au cours des trente glorieuses, le droit des sols a dit, de façon de plus en plus précise, ce qu’on pouvait faire d’un terrain, en particulier sa constructibilité, souvent définie par le coefficient d’occupation des sols. D’autre part, la flexibilité croissante de la planification urbaine, le rôle accru de la négociation et la volatilité des documents d’urbanisme ont modifié substantiellement le lien entre le droit des sols et le prix des biens. Ils ont également induit de nouveaux modes de régulation des conflits, dans lesquels la dimension économique a pris une part croissante. A partir de quelques éléments de comparaison internationale, choisis aux Etats-Unis ou en Europe du Nord, nous mettrons en évidence la place cruciale de la définition et du contenu du droit de propriété dans la genèse du mode de règlement des conflits dans le cas français.

Le nombre de personnes réellement présentes un jour donné sur un territoire varie tout au long de l’année, par le double mouvement des visiteurs qui viennent y séjourner et des habitants du territoire qui partent en voyage. De la même manière, la populationprésente dans une ville peut varier fortement entre la nuit et les  heures ouvrables. Dans cet exposé, nous montrerons que la problématique de la population présente, variable selon l’heure, le jour ou le mois, est rarement abordée dans la littérature et par les décideurs. Pourtant, avec le développement de mobilités multiples, l’économie présentielle prend une importance grandissante dans le fonctionnement des territoires. Le fait de connaitre le nombre de personnes effectivement présentes dans un territoire devrait conditionner fortement les choix en matière d’importance des infrastructures, des services, ou des transferts à destination de la zone en question. Ces statistiques existent, et leur examen vient remettre en question beaucoup d’idées reçues (voir les bases de l’économie présentielle des départements : http://www.christophe-terrier.com/presence/index.html).
L’espace urbain est au quotidien le lieu de multiples décisions autour de projets d’aménagement, mais aussi de projets touchant plus largement l’approvisionnement, l’accès ou l’administration des ressources urbaines. Les unes plus visibles que les autres, les conséquences liées à ces décisions sont extrêmement variables dans le temps et dans l’espace. Néanmoins, elles participent toutes, à des degrés divers, aux processus de production de l’espace urbain. Par le biais de deux études sur les conflits urbains ayant pour trame de fond la ville de Québec, ce séminaire veut donner l’occasion de réfléchir sur les liens qui se tissent entre l’évolution de la macroforme urbaine et les dynamiques conflictuelles qui s’y produisent. La première démarche s’intéresse à l’étude de la géographie des conflits (ville de Québec, 1989 à 2000). Nous présenterons d’abord le cadre conceptuel de la recherche pour ensuite aborder l’étude des effets de contextes locaux sur la dynamique spatiale des conflits. La seconde recherche – en cours de réalisation — s’intéresse à l’étude spatio-temporelle des conflits urbains. Nous partagerons certaines réflexions en lien avec un cas particulier de réseaux : les réseaux de conflits urbains.
- Elisabeth TOVAR (économiste, Univ. Paris Ouest Nanterre), "Quelles mesures de la ségrégation socio-spatiale ?" (30 mars 2010).
L’étude de l’inégale et conflictuelle répartition des populations dans l’espace urbain possède une longue tradition en sciences sociales : en 1845, Engels pose la question des "mauvais quartiers" londoniens, et les sociologues de l’école de Chicago construisent dès les années 1920 les premiers indicateurs de mesure des inégalités socio-spatiales. Aujourd’hui, le sentiment d’une aggravation problématique de la ségrégation socio-spatiale donne à la question de la « bonne » mesure de ces inégalités une acuité particulière. Dans cet exposé on fera tout d'abord le point sur les inégalités socio-spatiales dans différentes villes et régions françaises à l'aide des indicateurs « standards », qui mettent l'accent sur l'inscription territoriale de la mixité sociale. Dans un deuxième temps, on proposera de décaler le point de vue en considérant cette fois la pauvreté comme « marqueur » des inégalités socio-spatiales et en s'efforçant de rendre compte du rôle joué par la localisation résidentielle des individus sur leur niveau de bien-être (et donc sur leur pauvreté éventuelle). Pour ce faire, on se placera dans le cadre de l'approche par les capabilités d'Amartya Sen et l'on étudiera le cas particulier de l'Île-de-France.
- Thierry GUINEBERTEAU (géographe, Univ. Nantes), "Vers une compréhension partagée des conflits littoraux et maritimes" (16 février 2010).
Les mers et les littoraux sont traditionnellement et de façon croissante l’objet de pressions anthropiques multiples. Dans la mesure où les ressources et l’espace y sont limités, s’y manifestent des intérêts concurrents voire antagonistes, favorisant les situations conflictuelles et rendant complexes la mise en place de dispositifs de gestion, à l’image des actuelles démarches de GIZC (Gestion intégrée des zones côtières). Que ce soit à travers une entrée spatiale ou thématique, observateurs et acteurs sont donc confrontés aux conflits. Cela se traduit par une multitude de travaux à fort cloisonnement disciplinaire ou de types monographiques. L’objectif du programme ORECOLM (Observatoire en réseau des conflits littoraux et maritimes) –structuré autour d’un noyau de juristes, économistes et géographes– est la mise en réseau des compétences pluridisciplinaires pour la compréhension des conflits sur les littoraux et espaces maritimes associés. Après une présentation synthétique des travaux réalisés et engagés dans le cadre d’ORECOLM, ce séminaire sera plus spécialement l’occasion d’exposer l’expérimentation d’un protocole d’analyse des conflits « littomaritimes » et de débattre de cet outil en cours de construction.

En France on attache souvent aux politiques environnementales des spécificités territoriales (espaces naturels protégés, plans climats territoriaux, plans régionaux de la qualité de l’air), qui recouvrent des perspectives normatives contraignantes ou conflictuelles, en particulier à travers les questions d’usages. L’idée est celle de la prégnance d’une territorialité, historiquement liée à la ruralité, qui pèserait d’un poids important au plan culturel. Nous montrons, à partir d’exemples choisis à des échelles très différentes et reprenant les analyses de Foucault, combien cette conception est réductrice et tend à enfermer l’environnement dans des registres qui ignorent ses spécificités épistémologiques et heuristiques. L’environnement et ses ancrages répondent à une logique qui n’est pas seulement de l’ordre du visible, de l’espace, mais de l’existence, de la relation au monde et d’une indétermination réflexive, attachée au vivant, qui y est liée. Complexe, celle-ci recouvre des perspectives opératoires souvent mal appréhendées, porteuses d’un renouvellement permanent.
- Dominique PECAUD (sociologue, Ecole Polytechnique de Nantes), "Devenir-animal et territoire. Quand Aedes Detritus et autres s'invitent en presqu'ile guérandaise" (29 novembre 2009).
La prise en compte des nuisances et l'estimation d'éventuels risques sanitaires dus à la présence de moustiques dans l'estuaire de la Loire révèle l'existence d'une sédimentation sociale et culturelle des rapports qu'entretiennent les acteurs avec l'espace dans lequel ils agissent. En même temps, les manières de voir qui s'expriment à propos de l'espace renvoient à des manières d'agir au sein ou à propos de cet espace et se manifestent à travers des conflits d'intérêts, d'usages et de représentations. Le séminaire tentera de dresser l'inventaire de ce qui constitue, au delà de l'espace lui-même vu à travers sa morphologie "naturelle", à savoir, la conscience d'un territoire. De ce point de vue, les moustiques présents dans l'estuaire participent à part entière à la construction du territoire, soit directement, soit à travers la convocation que leur adressent les autres acteurs concernés. Le séminaire prendra appui sur la question de la démoustication en presqu'île de Guérande telle qu'elle s'est posée depuis le milieu des années 70 jusqu'à nos jours.
- Coline PERRIN (géographe, UMR Telemme, Université d’Aix-Marseille), "Jeux d’acteurs publics et privés autour de l’urbanisation du foncier agricole. Une comparaison Provence-Toscane" (27 octobre 2009).
Propriété privée et support de la production agricole, le foncier agricole périurbain est convoité par l’urbanisation mais aussi de plus en plus perçu comme un espace public aux fonctions multiples : paysage et cadre de vie, nature et environnement, loisirs et patrimoine. Il se trouve donc au centre de nombreux conflits d’aménagement et de représentations sociales. En comparant la prise en compte de l’agriculture dans les documents d’urbanisme sur sept communes proches d’Aix-en-Provence et de Florence, nous montrons comment les acteurs locaux ont géré, limité ou légitimé l'urbanisation du foncier agricole depuis les années 1950. La comparaison permet aussi de préciser le rôle de la réglementation et l’articulation des stratégies individuelles, des enjeux agricoles et des choix d’urbanisme à différentes échelles (commune, intercommunalité, région métropolitaine).
- Florent JOERIN (Chaire de recherche du Canada en aide à la décision territoriale, ESAD Université Laval), "Les conflits urbains, cauchemar d’urbanistes ! Une recherche pour mieux les comprendre" (29 septembre 2009).
On constate en Europe et en Amérique du Nord, notamment, que les projets urbains font souvent face à une forte opposition. Dans ce contexte, la recherche ici présentée met l’accent sur deux aspects particuliers : le lieu du projet et la forme des processus décisionnels. Concernant la forme du processus, on tente de démontrer, par des études de cas, qu’un processus mal organisé, peu transparent et peu participatif induit des conflits plus intenses et plus longs. Concernant le lieu du projet, une analyse spatiale montre que dans les quartiers centraux de Québec les conflits sont particulièrement fréquents et intenses, alors que dans les quartiers de banlieue ils seraient moins fréquents, mais plus longs. Cette recherche se fonde sur un cadre conceptuel qui postule que le conflit, ou tout au moins une forme de conflit, est indissociable de la décision territoriale. En acceptant le conflit comme une composante du projet urbain, on lui donne une place dans le processus décisionnel et on se donne la possibilité de réfléchir à sa « gestion », afin de lui permettre d’évoluer sans arriver à des blocages ou atteindre une intensité traumatisante.
L’eau et sa gestion sont au cœur des problématiques environnementales et correspondent à un enjeu majeur du développement territorial. Mais, l’une et l’autre sont sujettes à des conflits institutionnels, en raison des intérêts contradictoires, dans le temps et dans l’espace, entre gestionnaires et usagers. Les évolutions des politiques et des réglementations qui y sont liées sont alors autant de prétextes à la redéfinition des pouvoirs d’ingérence et des opportunités pour agir. Mobilisant le cas du marais doux de Saint-Augustin (Charente-Maritime), représentatif de la conflictualité entre les mondes agricole et ostréicole sur fond d’urbanisme, il est proposé, à partir d’une approche historique des évolutions techniques de leurs modes de production, de mener une réflexion socio-anthropologique sur les jeux des acteurs littoraux atlantiques et sur l’évolution de leurs positions respectives.
- Jean-Gabriel CONTAMIN (politiste, Ceraps-Univ. Lille 2) et Laure LACAN (sociologue, CNRS-Ens Jourdan), "Conflits en matière d'aide au logement : le recours à la justice administrative" (24 février 2009).
Les dispositifs d'aide au logement font l'objet de conflits opposant les personnes bénéficiaires aux institutions qui en assurent la gestion (services de l'Etat, organismes de sécurité sociale). La justice administrative est alors sollicitée pour trancher les différends entre les deux parties. A partir d'une étude empirique réalisée dans deux zones (le Nord-Pas-de-Calais et la banlieue parisienne), le travail présenté permet de montrer comment le mode local d’organisation et de fonctionnement des administrations chargées des questions de logement (formes de traitement des dossiers, mode de fonctionnement des commissions, ‘culture’ d’organisation) contribue directement, dans son volume comme dans ses formes, à la construction des affaires traitées par les tribunaux administratifs. Loin de s'expliquer par l'importance des recours de particuliers faisant valoir leur droit à prestation et se plaignant des manquements de l'administration à son égard, l'importance des litiges traités par ces tribunaux apparaît ainsi avant tout comme le résultat de stratégies internes de l'administration.
- Tarik TAZDAIT (économiste, Cired-CNRS), "Un modèle du comportement bienveillant: l'équilibre de Berge" (28 avril 2009).
Différentes solutions ont été proposées pour dépasser le paradoxe inhérent à la question de la coopération dans le cadre d'un dilemme du prisonnier à un coup, fortement non coopératif. Si elles contribuent à mieux faire comprendre le paradoxe, ces solutions restent caractérisées par une limite commune : elles s'appuient sur une redéfinition du jeu initial par l'ajout d'hypothèses supplémentaires, ce qui en relativise la portée. Une autre approche consiste à définir un concept de solution qui soit en mesure de saisir la logique de l'action collective. C'est la voie ici privilégiée, avec l’équilibre de Berge. Celui-ci, tout comme l'équilibre de Nash, est éminemment individualiste, mais il conserve une dimension collective qui en fait un équilibre de réciprocité rationnelle. Nous en étudions les propriétés afin d'expliquer pourquoi il conduit à la coopération et ramène aux problématiques de Sen. En déterminant les correspondances entre cet équilibre de réciprocité et l'équilibre de Nash, nous en venons à mettre en valeur leurs différences et leur complémentarité.
- Philippe SUBRA (géographe, université Paris VIII), "Vivre entre soi. Le rejet du logement social et des populations margines, nouvelle figure du Nimby" (16 décembre 2008).
L'application laborieuse de la loi SRU de 2000 (qui prévoit l'obligation pour les communes de plus de 3.500 habitants - 1.500 en Île-de-France - de compter 20% de logements sociaux à l'horizon 2020), tout comme les obstacles que rencontre la création d'équipements pour les populations marginales (gens du voyage, toxicomanes, demandeurs d'asile, jeunes délinquants, etc.), témoignent de l'existence d'un développement du phénomène nimby, dirigé cette fois non contre des nuisances physiques ou environnementales, mais contre des nuisances "sociales", dans un contexte de ségrégation socio-spatiale ou ethno-spatiale croissante. La présentation traitera des mécanismes de ces conflits et du positionnement des différents acteurs (élus locaux, Etat, associations), à partir de plusieurs exemples précis, et de leurs implications sur la notion d'intérêt général.
- Laurent THEVOZ et Michel REY (Ecole polytechnique de Lausanne), "La gestion des conflits dans les projets d'agglomération en Suisse" (28 octobre 2008).
Les intervenants ont accompagné, au début des années 2000, en qualité de médiateurs, les élus et les experts dans leurs démarches d’élaboration et d’approbation des schémas d’agglomération des communes de l’Ouest lausannois ainsi que des régions de Morges et de Nyon. Les schémas ont défini une vision stratégique du développement territorial. D’une pratique communale, au coup par coup, les autorités se sont engagées à travailler de manière concertée, entre elles et avec le Canton, sans remettre en cause les compétences communales. De nature contractuelle, les dispositions arrêtées complètent les bases légales en vigueur. Les intervenants préconisent une approche « processus » en vue de répondre à la question de « comment construire une capacité d’action politique à l’échelle d’agglomération urbaine, en se basant sur la collaboration intercommunale ? ».
La réalisation de projets d’infrastructures ferroviaires est conflictuelle. De la réalisation d’une gare à celle d’une Ligne à Grande Vitesse en passant par la création de voies supplémentaires à une ligne existante, rares sont en effet les projets exempts de controverse publique. Quelles sont les raisons qui motivent en général cette réaction d’hostilité d’un territoire ? Le projet ferroviaire en est-il vraiment la cause principale ? En tout état de cause, peut-on comprendre et gérer ce type de situation et bonifier la controverse ? Nous proposerons une analyse exploratoire à partir, d’une part, d’outils d’analyse théorique des conflits et de leur gestion et, d’autre part, d’expériences de terrain et de conflits vécus de « l’intérieur ».
- Jean-Eudes BEURET (économiste, ESA Rennes), "La dynamique de résolution des conflits dans les réserves de biosphère" (27 novembre 2007).
Le partage des ressources naturelles et la conservation de la biodiversité sont l'objet de nombreux conflits dans les réserves de biosphère. Nous présenterons l'analyse et les conséquences théoriques et opérationnelles de six de ces conflits dans des réserves de biosphère situées au Canada, au Guatemala et au Brésil. Cette approche comparative permet de dégager des régularités dans les étapes du processus, son irréversibilisation via un préaccord qui fait figure de point de passage obligé, la construction et la protection d'un collectif dialoguant, la mise en œuvre de différents types d'opérations de traduction, Elle nous permet également d'identifier certaines limites de la résolution de conflits par la concertation.
- Claude MENARD (économiste, Centre d'Economie de la Sorbonne), "Contrats et conflits : une perspective néo-institutionnelle" (25 janvier 2011).

samedi 7 mai 2011

"La guerre des ruines. Archéologie et géopolitique" (Jean-Pierre Payot)


Jean-Pierre Payot, 2010, La guerre des ruines. Archéologie et géopolitique, Choiseul, Paris, 192 p.


"Rangé indifféremment sur les étals de géopolitique et sur ceux d’archéologie dans les librairies, ce classement témoigne de la nouveauté de cet ouvrage. La guerre des ruines est un ouvrage très original, qui se démarque fortement par son sujet : la dimension géopolitique de l’archéologie. Parce que si construire des édifices n’est pas neutre, les restaurer, les entretenir ou les détruire ne l’est pas non plus ! C’est de ce préalable que part Jean-Pierre Payot, pour retracer dans l’histoire les nombreuses utilisations politiques de l’archéologie dans la construction d’une identité ou dans l’affirmation d’un pouvoir. A tous ceux qui auraient pu croire jusqu’à maintenant que les édifices religieux « d’antan » n’avaient que des fonctions religieuses, que les hauts-lieux étaient forcément teintés de « divinité » et de « sacralité » ou encore que la restauration de ruines ne pouvait avoir pour cause qu’une grande passion pour l’archéologie et l’histoire, Jean-Pierre Payot rappelle combien les intérêts politiques se cachent toujours derrière de tels investissements en temps, en argent et en hommes. Mais surtout, il montre combien l’idée d’une utilisation politique de l’archéologie n’est pas neuve : restaurer des ruines pour asseoir son pouvoir sur l’idée d’une « légitimité » politique accordée par d’illustres prédécesseurs ou par des divinités n’a rien d’une « découverte » des contemporains. Mais pourquoi donc les rois, les empereurs, les chefs d’Etats qui se sont succédés à la tête d’institutions politiques pourtant très diversifiées sont-ils tant préoccupés par cette utilisation de l’archéologie, alors qu’ils sont au quotidien confrontés à des difficultés économiques, à des rivalités de pouvoir, ou encore à des menaces venant des pays voisins ?"




Références de ce compte-rendu : Bénédicte Tratnjek, "La guerre des ruines. Archéologie et géopolitique (Jean-Pierre Payot)", Les Cafés géographiques, rubrique "Des livres", 7 mai 2011, en ligne : http://cafe-geo.net/article.php3?id_article=2189


jeudi 5 mai 2011

Géographie des conflits récents : quelques articles (2)


Voici une actualisation du billet "Géographie des conflits récents : quelques articles" (11 mai 2009) qui proposait une "revue des revues" sur la polémogéographie. De la même façon, il s'agit de proposer des articles récents sur la géographie des conflits armés et sur la conflictualités des territoires, et de mettre à disposition les liens et leurs résumés.


Evelyne Ritaine, "La barrière et le checkpoint  : mise en politique de l’asymétrie", Cultures & Conflits, n°73, pp. 15-33.
En considérant tous les murs de séparation contemporains (frontières blindées, lignes de cessez-le-feu outrepassées, séparations urbaines, gated communities) comme des gestes comparables (processus de blindage d’une limite territorialisée, destinés à contrôler la circulation des personnes), que peut-on apprendre de leur sens politique dans le contexte de la globalisation ? Le blindage contemporain de la limite territorialisée apparaît comme une réponse asymétrique à la perception d’un péril asymétrique. En se préoccupant d’« enfermer dehors » les indésirables, c’est-à-dire de prévenir un danger asymétrique, cette politique du Mur crée un espace public asymétrique. Asymétrique par le pouvoir de décision de la séparation que s’arroge l’une des parties, la plus puissante, tandis que l’autre est séparée de fait. Asymétrique par le pouvoir de contrôle qui se déploie ainsi, incarné par une lourde technologie militaro-policière, dans le triage des personnes - de leurs statuts. Asymétrique par le pouvoir de catégoriser qui vient légitimer la séparation, en définissant un espace de la sécurité et un espace du risque, un statut de reconnaissance et un statut de suspicion, une liberté de circulation et une limitation de la liberté de circulation, une reconnaissance de la dignité et une imposition de l’humiliation.


La commune d’Anjar (5000 hab.) se situe en position frontalière dans la plaine de la Békaa, sur la route Beyrouth - Damas ; elle fut le siège du centre de commandement des Forces syriennes au Liban de 1984 à 2005. Née en 1939 d’un camp de réfugiés chrétiens arméniens originaires du sandjak d’Alexandrette, la bourgade est le siège d’un conflit d’appropriation foncière depuis la fin des années 1990. Ce conflit oppose la municipalité et les instances islamiques (awqaf) de Barr Elias à propos de la propriété d’une colline. Ce litige montre la transcription au sol des frictions communautaires et des stratégies identitaires, avec pour corollaires l’élaboration d’une frontière locale et un conflit de mémoire, celle du lieu disputé. La gestion de ce conflit est révélatrice de la complexité du jeu politique libanais et des relations syro-libanaises.


Les associations féminines arabes en Israël entretiennent des relations diverses avec leurs homologues des Territoires palestiniens. Basés sur des solidarités nationales, des coopérations professionnelles et/ou une assistance humanitaire croissante, les contacts entre Palestiniens des deux côtés de la Ligne verte sont en constante reconfiguration. Cet article se propose d’étudier les rapports transfrontaliers entre populations palestiniennes d’Israël et des Territoires occupés à l’aune de leur mobilisation féminine. En étudiant les liens qui se sont tissés entre associations de femmes dans les espaces israélo-palestiniens, cette recherche permet de comprendre les réajustements de la solidarité interpalestinienne. Si le déclenchement en 2000 de la seconde Intifada a renforcé les citoyens arabes dans leur affirmation d’une identité palestinienne, les enjeux immédiats de leur mobilisation sociale et politique restent ancrés dans les frontières de l’Etat israélien. De la même manière, la détérioration de la situation humanitaire dans les Territoires palestiniens conditionne la localisation des répertoires d’action des organisations civiles. Ainsi, quand bien même certains mouvements nationalistes et islamiques arabes défendraient l’idée d’une mobilisation palestinienne transfrontalière, les réalités et les priorités locales limitent, pour l’heure, toute concrétisation d’envergure.


La frontière en géographie est un concept polysémique. Outre son acception courante qui qualifie les lignes qui découpent l’espace terrestre en entités politiques étatiques, le géographe se doit d’analyser toutes les formes de limites, discontinuités et autre césures qui divisent l’espace humanisé. Le Proche-Orient, région multiculturelle et pluricommunautaire, offre un terrain passionnant à l’étude des phénomènes socioculturels et à leurs effets spatiaux. A partir de l’exemple druze en Syrie, nous montrerons comment une frontière sociale, celle construite par le groupe lui-même, a généré un territoire communautaire délimité par des frontières spatiales bien démarquées et comment ces dernières ont servi de base à la construction de frontières politiques dès lors que les stratégies des Etats successifs au pouvoir en Syrie ont convergé avec la construction socio-spatiale produite par la communauté druze.




Oumar Sy, "La transhumance transfrontalière, source de conflits au Ferlo (Sénégal)", Mappemonde, n°98, n°2/2010.
Il existe une importante mobilité pastorale transfrontalière au Ferlo (Sénégal) en provenance du Mali et de la Mauritanie voisins. Des enquêtes ont été menées entre 2000 et 2006 dans vingt zones de forages représentant les différentes zones agro-écologiques du Ferlo (y compris la zone fluvio-lacustre). L’analyse de l’usage des ressources pastorales par les transhumants, dans un contexte de rareté, permet de montrer quels sont les risques de conflits se profilant — entre acteurs locaux et étrangers — si des mesures d’encadrement de cette forme de transhumance ne sont pas mises en œuvre.



Paul David Régnier, "Un géographe au service des conflits : plaidoyer pour une géographie hors les murs", Tracés, hors-série n°10, 2010, pp. 174-186.
À partir d’une expérience dans les armées, impliquant le recours généralisé aux systèmes d’information géographique, l’auteur fait le plaidoyer d’un investissement des géographes dans le secteur privé, dans les institutions politiques et plus généralement dans le champ social.


Cet entretien vise, à partir de l’expérience de terrain de Marc Lavergne, à montrer le lien entre les pillages et les massacres opérés depuis 2003 dans les villagesdu Darfour par les milices tribales janja wid, et les projets du gou vernement soudanais enmatière de recompositionsocioethnique de cette région, en vue de faciliter une exploitation économique de type colonial. Derrière les pillages opérés au niveau local se profile ainsi une gestion par le pouvoir central du territoire et de la population sous son contrôle qui peut être assimilée à un piratage des ressources à son profit exclusif.


Pierre Jacquemot, "Ressources minérales, armes et violences dans les Kivus (RDC)", Hérodote, n°134, n°2009/3, pp. 38-62.
Le lien causal direct entre le commerce des minerais et les conflits persistants dans lesdeux provinces du Kivu et en Ituri, en République démocratique du Congo, est avéré depuis la publication de plusieurs rapports internationaux. L’exploitation et le trafic du coltan, de l’étain et de l’or, contrôlés par les groupes militaires et un entrelacs d’intermédiaires aux ramifications internationales, nourrissent les achats d’armes et entretiennent les tensions, dans une économie certes frauduleuse mais très organisée. De 1994 à 2008, les répercussions ont été tragiques : déplacements forcés des populations, violences contre les femmes, enrôlement des enfants, bouleversements des équilibres sociaux, pertes écologiques.


Jérôme Tubiana, "Lire entre les lignes d’un conflit. Fractures locales et actions internationales au cœur du Darfour", Afrique contemporaine, n°232, n°2009/4, pp. 75-95.
L’aide humanitaire au Darfour s’est essentiellement concentrée dans les camps qui abritent quelque 2,5 millions de déplacés non arabes. Cependant, certaines des organisations d’aide présentes sur le terrain ont tenté d’atteindre l’ensemble des communautés touchées par le conflit, y compris des communautés arabes souvent considérées en bloc comme responsables des crimes commis au cours de la guerre. Au-delà d’un meilleur équilibre dans la distribution de l’aide, l’idée est de la mettre à contribution au profit de tentatives de réconciliation locales, de plus en plus nombreuses depuis qu’en mai 2006, la signature partielle de l’accord de paix d’Abuja a provoqué l’enlisement du processus de paix global. Cet article évoque les premiers pas d’une ONG ayant tenté d’appliquer cette approche au sud du massif du Jebel Marra, cœur géographique et historique du Darfour, et bastion de la rébellion. L’analyse révèle des décalages importants entre les réalités du terrain et les grilles de lecture les plus répandues du conflit, montrant en particulier que l’opposition générale entre des agriculteurs « africains » détenteurs de terres et des pasteurs arabes sans terres est à nuancer. Cette réévaluation du contexte ne peut qu’obliger les acteurs internationaux à s’interroger sur leurs choix : comment leur intervention peut-elle être équilibrée en faveur des différents groupes sans valider des déséquilibres issus du conflit, à commencer par l’occupation des terres des déplacés ?


Frédéric Grare, "Baloutchistan : fin de partie ?", Hérodote, n°139, n°2010/4, pp. 99-122.
Depuis décembre 2005, le Baloutchistan, province la plus étendue mais la moins peuplée du Pakistan, est ravagé par un conflit ethnonationaliste, le cinquième depuis l’indépendance du pays. Cette situation trouve sa source immédiate dans le refus du régime de Pervez Musharraf de satisfaire les demandes baloutches en matière de développement économique et d’autonomie politique. Ses racines profondes sont cependant à rechercher dans la persistance d’un nationalisme baloutche qui connut son plein développement après la partition du sous-continent indien en 1947. Il témoigne également du caractère incomplet du processus d’intégration nationale au Pakistan. Régimes civils et militaires ont tous été incapables d’unir les populations du pays dans un vouloir politique commun. L’avenir de la province rebelle reste incertain mais le conflit en cours a peu de chances de lui apporter l’indépendance espérée. Le nationalisme baloutche a toutefois peu de chances de disparaître, en dépit de l’affaiblissement des organisations politiques qui le font vivre. À moyen terme, le risque repose dans l’érosion parallèle des structures de l’État fédéral et des structures tribales traditionnelles. Le vide politique qui pourrait en résulter pourrait être rempli par les éléments les plus radicaux de la société pakistanaise, affaiblissant un peu plus, un État déjà fragile.


Voir également d'autres articles en ligne parmi ceux déjà signalés :



Café d'Alliance GéoStratégique : "Murs et frontières" avec le géographe Stéphane Rosière (2) : une sitographie sélective


Comme annoncé sur le site d'Alliance géostratégique, les Cafés stratégiques invitent ce soir, jeudi 5 mai 2011 à 19h00 au café Le Concorde, pour leur 8ème édition, le géographe Stéphane Rosière pour nous parler des murs-frontières. Pour préparer le café stratégique, nous vous avions proposé une bibliographie sélective. Dans la continuité, voici une sitographie, non exhaustive mais représentative des questions qui parcourent les blogs et les sites s'intéressant à la question de ces matérialisations de la frontière de par le monde : entraves aux mobilités, les murs présentent des formes diverses, mais aussi des effets "inattendus" (comme la mise en tourisme de la frontière intercoréenne ou des peacelines de Belfast). En attendant de vous voir nombreux ce soir autour d'un café (ou de tout autre boisson !) pour découvrir les travaux de notre invité sur la question des murs, un petit tour d'horizon de ces différentes approches sur un dispositif sécuritaire qui ne cesse d'interroger.


Cette sitographie complète la bibliographie présentée dans le billet précédent qui proposait des numéros de revue et des ouvrages entièrement ou partiellement consacrés à la questions des murs-frontières. Ces références ne seront pas reprises ici. Pour les retrouver, voir le précédent billet "Café stratégique : "Barrières frontalières" (Stéphane Rosière)". Cette sitographie mêle articles de revues en ligne, billets de blog, mémoires/thèses en ligne, cartothèques, photothèques...

 
Les murs comme frontières : approches géographique et géopolitique
- Le carnet de recherche Enigmur entièrement consacré à la question des murs (sous la direction d'Evelyne Ritaine) : ce blog accueilli sous la plate-forme de recherches Hypothèses constitue un centre de ressources incontournable pour ceux qui s'intéressent aux murs.
- Le site lesmurs.org qui propose des documents, des notices et des reportages sur les différents murs de par le monde, via une carte interactive.
- Stéphane Rosière, 2009, "
Les "murs" en l'an 2009, 20 ans après l'ouverture du mur de Berlin", Diploweb, 9 novembre 2009 (voir également la carte "Planisphère des frontières fermées en 2009" qui accompagne cet article).
- Evelyne Ritaine, 2011, "
From one wall to numerous walls in a globalized world: a comparative politics approach", Enigmur, 4 mars 2011.
- Paolo Cuttitta, 2006, "
Points and line : a topography of borders in the global space", Ephemera, vol. 6, n° 1, février 2006.
- Bénédicte Tratnjek,2009, "
La guerre, la ville et le mur", Géographie de la ville en guerre, 22 janvier 2009.
- Bénédicte Tratnjek, 2009, "
D'un mur à l'autre : la fermeture des territoires en question", Géographie de la ville en guerre, 10 novembre 2009.
- Fabien Guillot, 2004, "
Contrôle et marquage de l'espace : l'appropriation de l'espace frontalier", ESO Travaux et documents, n°21, mars 2004, pp. 19-22.
- Fabien Guillot, 2009, "
1989-2009 : un mur tombe et d'autres s'élèvent", Géographie sociale et politique, 8 novembre 2009.
- Olivier Legrand, 2008, "
Nicosia and Belfast, two faces of a same coin", blog d'Olivier Legrand, 3 octobre 2008.
- Antonin Margier, 2010, "
Village global, démocraties emmurées", Géographie télétopique, 17 mai 2010.
- "
Géopolitique des murs : entre illusion et impuissance", Perspectives géopolitiques, 9 novembre 2009.
- Pierre Gentelle, 2009, "
Le Mur, marque essentielle de l'Homme sur la Terre", Cafés géographiques, rubrique Les lettres de Cassandre, 20 janvier 2009.
- Dossier "
La victoire des murs" (avec 14 articles de presse), cyberpresse.ca, 26 septembre 2009.
- Gilles Fumey, 2008, "
A bas les murs !", Cafés géographiques, rubrique Brèves de copmtoir, 4 février 2008.
- Fabien Guillot, 2009, Les asymétries frontalières. Essai de géographie sociale et politiques sur les pratiques sociales et les rapports sociaux. Les cas des Etats-Unis/Mexique, Espagne/Maroc, Israël/Liban/Palestine, thèse de géographie, Université de Caen Basse-Normandie, 497 p.
- Bénédicte Tratnjek, "
Murs et frontières : une cartographie sélective", Géographie de la ville en guerre (site).
- Cartes : "
Nouveaux murs", Le Dessous des cartes, 8 mars 2007.
- Carte : "Les frontières", Ceriscope Frontières, 2011 : "
Murs contemporains", (voir l'ensemble de cette revue en ligne consacrée aux frontières, et notamment les pages consacrées aux Murs/clôtures).
- Bibliographie : "
Esthétique du Mur", Enigmur, 25 mars 2011.
- Une sélection de liens pédagogiques : "
Murs et frontières hier et aujourd'hui", M. Augris, Dossiers documentaires Géographie, 8 novembre 2009.
- Photothèque : "
Le tour du monde des murs de séparation", photographies extraites de l'ouvrage Des murs entre les hommes (Alexandra Novosselov et Franck Neisse).


Aux "origines" des murs-frontières : le mur de Berlin
- Gérard-François Dumont, 2009, "
Mur de Berlin : vie, mort et héritages", Diploweb, 18 octobre 2009 (voir également une version en anglais de cet article : "The Berlin Wall: Life, Death and the Spatial Heritage of Berlin", ActiveHistory.ca).
- Victor Fèvre, 2009, "
Conséquences de la chute du Mur", R.D.O. : Rhin Danube Oder, 30 décembre 2009.
- Marie-Sophie Bock-Digne, 2009, "
Le mur de Berlin : du découpage à la recomposition de l'espace européen (1945-2009)", Planète vivante, 9 novembre 2009.
- Bénédicte Tratnjek, 2009, "
Le Mur et ses lieux emblématiques", Géographie de la ville en guerre, 9 novembre 2009.
- Antoine Fleury, 2009, "
Potsdamer Platz : l'envers du décor", Le Mensuel de l'Université, 5 novembre 2009.
- M. Augris, 2009, "
La Potsdamer Platz à Berlin : symbole des transformations de la ville", Histoire-Géographie Terminale, 14 novembre 2009.
-
Carte interactive, avec des possibilités de découvrir "Le tracé du mur dans Berlin" ou encore "Les postes-frontières entre Berlin-est et Berlin-Ouest", Berlin.de.
- Documents : "
L'organisation spatiale de Berlin", Académie de Versailles.
- Exposition virtuelle : Mur de Berlin.
- Dossier : "
La chute du Mur", Arte.
- Dossier : "
Ces murs qui partagent les territoires et les esprits", RFI.
- Le blog Le mur de Berlin qui présente des billets et des témoignages sur le thème : "Que faisiez-vous le jour où le mur est tombé ?".


Les murs : quelques études de casLes peacelines en Irlande du Nord
- Florine Ballif, 2001, "
Belfast : vers un urbanisme de paix ? Les recompositions spatiales au sortir de la guerre civile", Annales de la recherche urbaine, n°91, décembre 2001, pp. 53-60.
- Estelle Epinoux, 2001, "
Les murs de la paix en Irlande du Nord", Guerres mondiales et conflits contemporains, n°201, 2001-1, p. 23-33.
- Jenifer Heurley, 2005, "
Frontières internes et mobilités résidentielles en Irlande du Nord", Espace Populations Sociétés, n°2005/2, pp. 251-263.
- Jean-Paul Haghe et Jean-Claude Vimont, 2002, "
Les rivières d'Irlande du Nord et les affrontements intercommunautaires", Trames, n°10.
- Florine Ballif, 2006, Les peacelines de Belfast. Du maintien de l'ordre à l'aménagement urbain (1965-2002), thèse de géographie, Université Val-de-Marne, 544 p.
- Bénédicte Tratnjek, 2009, "
Les lieux de l'affrontement en Irlande du Nord", Géographie de la ville en guerre, 8 mars 2009.
- Maud Guichard-Marneur, 2003, Vie communautaire et politique culturelle à Belfast, mémoire de science politique, IEP de Rennes, 130 p.
- Anne-Céline Morand, 2009, Mémoires de Belfast. Les processus de la mise en tourisme de la mémoire et leurs expressions spatiales. Exemple appuyé de Belfast (Irlande du Nord), mémoire de géographie du tourisme, Université Panthéon-Sorbonne, 190 p.
- Blog muralsirlandedunord, "L'histoire des peintures murales d'Irlande du Nord. L'histoire de l'Irlande à travers les peintures murales".
- Cartes : "
Irlande du Nord", Le Dessous des cartes, 22 septembre 2005.

La "ligne verte" à Chypre
- Pierre-Yves Péchoux, 2002, "
La zone tampon ou buffer zone des Nations unies à Chypre", Guerres mondiales et conflits contemporains, n°205, n°2002/1, pp. 97-118.
- Le
blog d'Olivier Legrand sur la géographie et l'urbanisme de Chypre.
- Cartothèque : "
Murs et frontières à Chypre et Nicosie", par Olivier Legrand.
- Thierry Couët, "
Chypre : une frontière dans l'Union européenne", Académie de Toulouse (dossier documentaire très riche).
- Carte : "
La "ligne verte" à Nicosie", Académie de Toulouse.
- Photothèque : "
Nicosie, la partition", par Olivier Legrand (retrouvez également d'autres photothèques sur ce blog).

Les murs en Irak
- Stéphane Taillat, 2008, "
Retour à Sadr City", En vérité, 15 mai 2008.
- Stéphane Taillat, 2008, "
Transition, transition, transition (sur un air connu)", En vérité, 11 octobre 2008.
- Stéphane Taillat,2008, "
Murs et mandats : maintien de l'ordre et sécurité à Bagdad", En vérité, 31 décembre 2008.
- Felicity Arbuthnot, 2007, "
Walls of Apartheid: Ghettoizing Baghdad", Centre de recherche sur la mondialisation, 25 avril 2007.
- Jules Dufour, 2007, "
Les barrières de sécurité à Bagdad: consécration d'un nouvel apartheid intensifié par la guerre", Centre de recherche sur la mondialisation, 26 avril 2007.
- Georges Malbrunot, 2010, "
Bagdad : un nouveau mur de la discorde ?", L'Orient discret, 30 mai 2010.
- Bénédicte Tratnjek, 2010, "
Bagdad, ville en guerre", Globe, France Culture, entretien réalisé par Sylvain Kahn, 30 juin 2010.
- Sylvain Kahn, 2010, "
Bagdad, ville morcelée", Globe, France Culture, 30 juin 2010.
- Cartes : "
Implantations militaires en Irak et à Bagdad", Global Security (retrouvez également une description de la géographie de Bagdad, depuis les monuments religieux, les bâtiments politiques... jusqu'au dispositif militaire).
- Stéphane Taillat, 2008, "
Les images de Bagdad", En vérité, 13 octobre 2008.
- Stéphane Taillat, 2009, "
Battle for Bagdad (2007/2008)", Alliance GéoStratégique, 22 avril 2009.

Les Etats-Unis et le mur
- Bibliographie : "
Etats-Unis/Mexique", Enigmur, 28 mars 2011.
- Fabien Guillot, Dossier "
Mexique / Etats-Unis : frontière, immigrations et inégalités sociales...", Géographie sociale et politique (site).
- Ayse Ceyhan, 2001, "
États-Unis : frontière sécurisée, identité(s) contrôlée(s) ?", Cultures & Conflits, n°26-27.
- Sabine Guez, 2008, "
La frontière et au-delà. Une enquête ethnographique sur le narcotrafic à Ciudad Juárez (Mexique) et El Paso (Etats-Unis)", Cultures & Conflits, n°72.
- Bénédicte Tratnjek, 2009, "
Les Etats-Unis et la frontière : les murs, urbanisme de paix ou urbanisme de guerre ?", Géographie de la ville en guerre, 10 juillet 2009.
- Dossier : "
Atlas of the Land Entry Ports on the U.S. – Mexico Border", Border Policy Brief, vol. 5, n°4, octobre 2010.
- Lawrence A. Herzog, 2001, From Aztec to High Tech: Architecture and Landscape Across the Mexico-United States Border, JHU Press, 264 p.
- Carte : "
Le mur de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis", Diplomatie magazine, n°41, novembre/décembre 2009 (à noterun dossier spécial à "Ces murs qui nous séparent" dans ce numéro).

Les murs au Proche-Orient
- Jacques Lévy, 2008, "
Topologie furtive", EspacesTemps.net, rubrique Mensuelles, La carte du mois, article 4543, 28 février 2008.
- Cédric Parisot, 2009, "
Temporalités et perceptions de la séparation entre Israéliens et Palestiniens", Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem, n°20.
- Sylvaine Bulle, 2008, "
Une urbanité dans l’épreuve : le mur de séparation à Jérusalem et ses bordures - Eléments pour une analyse des actions situées en milieu problématique", Asylon(s), n°5.
- Fabien Guillot, Dossier "
Liban / Israël : une frontière et des relations complexes", Géographie sociale et politique (site).
- Fabien Guillot, Dossier "
Palestine / Israël : espace, conflits et relations complexes", Géographie sociale et politique (site).
- Michael F. Davie, 1992, "
Les marqueurs idéologiques à Beyrouth (1975-1990)", L'Affiche Urbaine.
- Pierre Renno, 2008, "
Au-delà du mur : Israël face à sa frontière", EchoGéo, rubrique Sur le vif 2008, 11 mars 2008.
- Claudie Barrat, 2005, "
Le mur. Analyse d'une décision de la Cour internationale de justice", Etudes rurales, n°172-173.
- Irène Salenson, 2009, "
Jérusalem, entre attraction et répulsion migratoire", EchoGéo, n°8, rubrique "Sur le champ", mars/mai 2009.
- Cartes : "
Jérusalem-Est", "La Cisjordanie", Ceriscope Frontières.
- Cartes : "
Occuper et dresser un mur autour de Jérusalem-Est", "Vieille ville de Jérusalem", "Cisjordanie morcelée", "Hébron", "Pénétration israélienne à Qalqiliya", Confluences Méditerranée, rubrique Cartographie.
- Photothèque : "
Les "murs" israéliens", Enigmur, 4 février 2011 (voir l'album photo dans sa totalité).
- Photothèque : "
Hébron : séparation et verticalité", Enigmur, 4 février 2011 (voir l'ensemble de l'album photo).

Les "murs"/clôtures en Afrique
- Sonia Le Gouriellec, 2011, "
Les frontières fermées en Afrique", Good morning Afrika, 2 mai 2011.
- Fabien Guillot, Dossier "
Frontière Maroc / Espagne : asymétries frontalières "Nord"/"Sud" ", Géographie sociale et politique (site).
- Luis Martinez, 2011, "
Frontières et nationalisme autour du Sahara occidental", Ceriscope Frontières.
- Vincent Chapaux, 2009, "
Un mur dans les dunes" [sur le Sahara occidental], Bruxelles Laïque Echos, octobre 2009, pp. 20-22.
- Le blog Diaspora Saharaui (par exemple le billet du 3 mai 2011 : "
Conflits en Afrique (1) : le Sahara occidental").
- Cartes : "
Les enceintes frontalières de Ceuta et Melilla", "Mission de paix des Nations unies au Sahara occidental", "Recherches de pétrole menées par le Maroc, 2005-2008", Ceriscope Frontières.
- Bibliographie : "
Union européenne / Méditerranée", Enigmur, 7 mars 2011.

Les murs en Asie
- Justine Guichard, 2011, "
La frontière inter-coréenne, par-delà la guerre froide", Ceriscope Frontières.
- Jean-Christophe Gay, 2009, "
Photo Line sur la Demilitarized Zone (Corée du Sud)", ADRETs, rubrique La photo du mois, n°9, novembre 2009 (voir également une présentation de cet article et sur la question de la mise en tourisme des murs).
- Alice Corbet, 2011, "
Ainsi meurt l'âme de Samarcande", Visions cartographiques, 18 février 2011.


Les murs comme dispositif défensif et entraves à la mobilité dans la guerre
- Eyal Weizman, 2007, "
Walking Through Walls", eipcp, juillet 2007 (version en français : "Passer à travers les murs"). Eyal Weizman est auteur d'un ouvrage incontournable pour qui veut réfléchir sur la question de l'utilisation des murs intérieurs pour façonner des "rues" dans les immeubles, les déplacements étant alors rendus invisibles par les murs extérieurs des bâtiments : A travers les murs. L'architecture de la nouvelle guerre urbaine (publié en 2007, traduit en français en 2008 aux éditions La fabrique).
- Romain Lalanne, 2009, "
Quand la guerre urbaine s'inspire de la philosophie postmoderne", Alliance GéoStratégique, 30 avril 2009.
- Florent de Saint Victor, 2010, "
Naplouse-Mogadiscio : même combat (ou presque)", Mars attaque, 25 novembre 2010.
- Frédéric Jordan, 2011, "
De la pertinence de l'apprentissage des stratégies défensives pour les opérations d'aujourd'hui", Egéa, 12 février 2011.
- Stéphane Taillat, 2010, "
Pacification ?", Alliance GéoStratégique, 22 janvier 2010.


Des sites à surveiller du haut de vos miradors :
- Enigmur, carnet de recherche sur les murs
- ABS, site de l'Association for Bordelands Studies.
- MOFIP, site "Mobilités, Frontières & Conflits dans les Espaces Israélo-Palestiniens"


=> Cette sitographie est loin d'être exhaustive ! Mais elle révèle bien l'intérêt de la question des murs, et pas seulement en matière de politiques migratoire et sécuritaire. Comme l'écrit Evelyne Ritaine (nom incontournable quand on aborde les murs), dans l'Edito n°1 du carnet de recherche Enigmur : "Mais qu’ont-ils tous à s’intéresser aux murs contemporains, à leur fonction de séparation et de contrôle ?!!" (28 mars 2011). De la "tentation des murs" (titre d'un n° d'Armées d'aujourd'hui d'il y a quelques années) à "l'obsession des murs" (titre "dérivé" de l'ouvrage de Michel Foucher, L'obsession des frontières), le pas a été franchi... Que ce soit pour , les murs de séparation ont gagné tous les espaces : les espaces frontaliers (frontières juridiques interétatiques telles que Etats-Unis/Mexique, Israël/Palestine, Ceuta et Melilla...), les espaces en guerre (villes en guerre telles que Bagdad, Nicosie, Belfast, Londonderry/Derry...), et même les territoires du quotidien (avec l'émergence des gated communities de par le monde, nouveaux "ghettos de riches" -pour reprendre le titre d'un ouvrage dirigé par le philosophe de l'urbain Thierry Paquot- où les classes aisées -et de plus en plus les classes moyennes supérieures- s'enferment, se cloisonnent, se séparent du reste de la population par des murs).

Cela vous intrigue ? Venez nombreux pour en débattre autour du géographe Stéphane Rosière ce soir au Café Le Concorde !

Ce billet a été rédigé pour le webzine Alliance GéoStratégique, dans le cadre du Café stratégique "Barrières frontalières" du 5 mai 2011 avec le géographe Stéphane Rosière. Voir également le billet original sur le site Alliance GéoStratégique.