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mardi 8 mars 2016

Retours sur la notion d'urbicide

Depuis les attentats à Paris en janvier et novembre 2015, la notion d'urbicide a connu un nouveau "succès" en étant employée dans plusieurs articles (notamment dans la presse), sans nécessairement en préciser les contours. Cette notion peut être critiquée, dès lors qu'elle est employée sans la définir et qu'elle prend des contours trop englobants. Il ne s'agit pas de signifier tout type de destruction dans la ville : la ville comme espace-cible dans la guerre, la violence et les attentats est une réalité ancienne et multiple. Les villes détruites à des fins militaires (telles que les villes rasées lors de la Seconde Guerre mondiale) n'entrent, par exemple, pas dans la catégorie "urbicide". L'urbicide est une destruction de la ville pour la ville, c'est-à-dire une destruction volontaire d'un espace parce qu'il est l'espace de détestation, parce qu'il est appréhendé comme un espace de l'"impureté". En ce sens, l'urbicide est une idéologie spatiale qui se construit par la haine de la ville comme espace "impur" où émergent des formes d'habiter qui sont détestées. C'est donc un terme qui ne peut être employé pour décrire toutes formes de violences et guerres dans les villes. Ce billet entreprend donc de donner quelques petites références bibliographiques et mises au point épistémologiques (loin d'être exhaustives) pour mieux cerner l'emploi (et les abus) du terme d'urbicide.

Le mot a été utilisé comme une notion, pas nécessairement définie, dès 1987, par Marshall Berman, comme le remarque la géographe Aurélie Delage dans son article sur les violences dans le Bronx (Delage, Aurélie, 2016, "Le Bronx, des flammes aux fleurs : combattre les inégalités socio-spatiales et environnementales au coeur de la ville globale ?", Géoconfluences, dossier "États-Unis : espaces de la puissance, espaces en crises", 15 janvier 2016). Mais, le terme n'a pas alors connu un grand succès, d'autant qu'il relève d'une approche très contestée qui fait de l'urbicide la destruction de la ville. Ce manque de "succès" du néologisme s'explique peut-être par l'absence d'une clarification sur son emploi. Plus généralement, on constate que, pour désigner des violences urbaines, l'emploi de ce néologisme peut paraître sans apport : pourquoi un néologisme pour une réalité ancienne, c'est-à-dire pour dire "les destructions dans les villes détruites lors de guerres, violences urbaines, etc." ? Mais l'emploi ancien du terme est à noter.
=> Berman, Marshall, 1987, "Among The Ruins", News Internationalist, n°178, décembre 1987.

Le mot est, par la suite, devenu un concept sous la plume de Bogdan Bogdanović (architecte et ancien maire de Belgrade) et plus généralement du collectif Warchitecture (rarement cité, mais en fait c'est au sein de ce collectif que Bogdan Bogdanović a réfléchi au concept, même s'il est vrai que ce sont les textes de Bogdanović - en français - qui l'ont "popularisé" : mais si on doit donner une origine plus précise, c'est le collectif Architecture tout autant que Bogdan Bogdanović). C'est dans le contexte des guerres de décomposition de la Yougoslavie que ce concept prend donc de l'ampleur, dans la littérature francophone : Xavier Bougarel (s'il n'emploie pas le terme) rappelle, par exemple, combien s'opposent, en Bosnie-Herzégovine, deux idéologies spatiales : l'une urbaine, l'autre rurale (Bougarel, Xavier, 1996, Bosnie.. Anatomie d'un conflit, La Découverte, Paris). La détestation de la ville par les nationalismes qui ont réémergé dans cet espace post-yougoslave à la mort de Tito s'appuie ainsi sur une détestation de la ville comme espace de rencontres intercommunautaires, magnifiant une vie villageoise fondée sur l'entre-soi communautaire.
=> Bogdanović, Bogdan, 1993, "Murder of a City", The New York Review of Books, vol. 40, n°10/1993.
=>  Warchitecture, 1994, Urbicide – Sarajevo. Sarajevo, une ville blessée, catalogue d’exposition.
=> Bogdanović, Bogdan, 1993, « L’urbicide ritualisé », dans Véronique Nahoum-Grappe (dir.), 1993, Vukovar, Sarajevo… La guerre en ex-Yougoslavie, Paris : Editions Esprit, pp. 33-37.
=> François Chaplin, 1997, Une haine monumentale. Essai sur la destruction des villes en ex-Yougoslavie, Descartes & Cie, Paris.
=> Tratnjek, Bénédicte, 2012, "La destruction du « vivre ensemble » à Sarajevo : penser la guerre par le prisme de l’urbicide", Lettre de l'IRSEM, n°5/2012.

L'urbicide dans Sarajevo : de la haine de "l'Autre" à la haine de l'urbanité
Source : Tratnjek, Bénédicte, 2012, "(Re)construire la ville comme lieu d'interface dans l'immédiat après-guerre : destruction de l'urbanité et symbolique des lieux dans la ville en guerre", Colloque La ville comme lieu d'interface, 9e Colloque de la Relève VRM, Montréal, 17-18 mai 2012.


Sous la plume de Bogdanović, l'urbicide doit être ritualisé, d'où l'importance du paysage  (que l'on entend comme la dimension sensible de l'espace) dans la mise en scène de la destruction (notamment par le prisme de l'espace médiatique). Il s'agit à la fois de rendre visible la destruction, mais aussi d'affecter les pratiques spatiales : en produisant des émotions (la peur, la colère) par la destruction, c'est l'urbanité qui se retrouve affectée, voire détruite dans le cas de succès de cette stratégie.
=> Tratnjek, Bénédicte, 2010, « Les paysages urbains en guerre : géosymboles, territorialités et représentations », dans Nicolás Ortega Cantero, Jacobo García Álvarez y Manuel Mollá Ruiz-Gómez (dir.), 2010, Lenguajes y visiones del paisaje y del territorio (Langages et visions du paysage et du territoire), UAM Ediciones, Madrid, pp. 187-199.
=> Tratnjek, Bénédicte, 2009, "Le paysage-spectacle dans la guerre : L'urbicide, une mise en scène de la haine dans la ville", communication aux Secondes Journées Doctorales en Paysage, Blois, décembre 2009.

Le concept ainsi forgé a été, en France, fortement emprunt de lien avec son étymologie (urbi = ville, -cide = meurtre). Le meurtre de la ville ne fait donc pas de la ville un espace-support où se déroulent les combats, mais un espace-cible, l'espace qui doit être détruit pour ce qu'il est, ce qu'il représente, ce qu'il produit. Si l'on retient comme définition de la ville comme espace de mixité, de proximité et d'échanges maximum, le meurtre de la ville a pour objectif la destruction de l'urbanité, c'est-à-dire l'essence même de la ville, ce qui fait d'elle cet espace de mixité, de proximité et d'échanges. Il s'agit donc d'une détestation d'un espace précis - la ville - qui amène à son destruction volontaire (par différents moyens). D'autres néologismes ont pu être créés, comme celui de mémoricide, reprenant la destruction de la mémoire parce que ce qu'elle représente et transmet est détesté. Le géographe Stéphane Rosière note la prolifération des néologismes en -cide depuis l'utilisation du concept de "génocide" (forgé sur le terme genos = le peuple) sur lequel va être forgé le concept d'urbicide. L'urbicide est, dans cette perspective, l'une des modalités de modifications coercitives du peuplement.
=> Rosière, Stéphane, 2007, "La modification coercitive du peuplement", L'Information géographique, vol. 71, n°1/2007, pp. 7-26.
=> Tratnjek, Bénédicte, 2014, "Mémoricides dans les espaces post-yougoslaves : de la destruction de la mémoire à la ré-écriture d'une mémoire excluante", dans Cattanéo, Grégory (dir.), 2014, Guerre, mémoire, identité, Nuvis, Paris, pp. 215-238.



Cette approche est surtout révélatrice des emplois en langue française. Néanmoins, dans la recherche anglo-saxonne (principalement aux Etats-Unis), le concept a connu, depuis les années 2000, un fort succès, selon 2 axes :

1/ Un emploi a posteriori pour décrire la destruction dans les villes libanaises qui tient de la haine de la ville pour son urbanité.
=> Ramadan, Adam, 2009, « Destroying Nahr el-Bared: Sovereignty and urbicide in the space of exception », Political Geography, vol. 28, n°3, pp. 153-163.
=> Fregonese, Sara, 2009, « The urbicide of Beirut? Geopolitics and the built environment in the Lebanese civil war (1975-1976) », Political Geography, vol. 28, n°5, juin 2009, pp. 309-318.
=> Verdeil, Éric, 2009, "Urbicides au Liban", carnet de recherches Rumor, 19 octobre 2009.

2/ Une extension épistémologique très importante, urbi perdant son unique lien avec la ville, pour devenir plus englobant. Le terme tend à désigner, sous certaines plumes, la destruction de l'espace pour et par la haine de l'espace considéré (qui n'est plus nécessairement la ville). L'auteur principal et chef de file d'un grand dynamisme sur ces questions est le géographe Stephen Graham (dès le début des années 2000).
=> Graham, Stephen, 2003, "Lessons in Urbicide", New Left Review, vol. 19, pp. 63-77, en ligne : http://newleftreview.org/II/19/stephen-graham-lessons-in-urbicide
=> Coward, Martin, 2009, Urbicide. The politics of urban destructions, New York : Rutledge.
=> Bevan, Robert, 2006, The Destruction of Memory. Architecture at War, Londres : Reaktion Books.
=> Graham, Stephen (dir.), Cities, War and Terrorism. Toward an Urban Geopolitics, Blackwell Publishing, Oxford.
=> Graham, Stephen, 2011, Cities Under Siege. The New Military Urbanism, Verso (attention à la traduction française, qui est en fait une traduction de quelques chapitres, sans explication des retraits - qui sont autant d'enchaînements réflexifs qui manquent dans la traduction française)
=> plus globalement : toutes les publications de Stephen Graham http://www.ncl.ac.uk/apl/staff/profile/stevegraham.html#publications

Si les études de cas du géographe Stephen Graham sont très portées sur la ville, les ouvrages qu'ils dirigent accueillent des contributions qui élargissent très nettement le concept d'urbicide à toute destruction de l'espace par/pour la haine de cet espace (même chez Stephen Graham dans le cas des Territoires palestiniens). Cette approche a parfois été très contestée en France, où l'on préfère distinguer :
  • l'urbicide pour la ville,
  • le spatiocide pour d'autres types d'espaces.
On note ainsi un emploi, certes discret, du terme de "spaciocide", dans le contexte des privations d'espaces (qui ne se réduisent pas au mur, mais englobent une multitudes de dispositifs spatiaux) dans les Territoires Palestiniens (tout particulièrement chez le sociologue Sari Hanafi qui utilise le terme sous la forme "spatio-cide", distinguant ainsi bien les deux racines).
=> Hanafi, Sari, 2004, "Spatio-cide, réfugiés, crise de l'État-nation", Multitudes, n°18, pp. 187-196. 
=> Lévy, Jacques, 2008, "Topologie furtive", EspacesTemps.net, rubrique "Objets", 28 février 2008.
=> Hanafi, Sari, 2009, "Territoires palestiniens : le "spatio-cide", une politique coloniale", Grotius, 25 septembre 2009.



Pour conclure, l'urbicide est donc la destruction de la ville non pour le bâti mais pour son identité et son essence (ce qui fait que la ville produit un habiter spécifique, espace de rencontres et de mixité maximales), c'est-à-dire destruction de l'urbanité, dans laquelle la ville n'est pas un espace-scène ou un espace-support, mais l'objet de la destruction, pour laquelle la destruction du paysage est mise en scène.



jeudi 3 avril 2014

Semaine arabe de l'ENS 2014 : Territoires et frontières (4-11 avril 2014, Paris)

Pour l'édition 2014, la Semaine arabe de l'Ecole normale supérieure aura pour thème : "Territoires et frontières". Elle se déroulera du vendredi 4 au vendredi avril 2014. Le riche programme allie conférences et tables-rondes, théâtre, cinéma (My Land de Nabil Ayouch, Rome plutôt que vous de Tariq Tegula, Babylon d'Ismaël, Youssf Chebbi et Alaeddine Slim, Syrie : instantanés d'une histoire en cours du collectif syrien Abou Naddara, et de nombreux courts métrages), spectacles (concerts, contes orientaux…), ateliers (calligraphie, cuisine, écriture) et expositions.

L'une des expositions sera consacrée à une série de cartes réalisées par Noria (dont les cartes déjà publiées sur le site de Noria et certaines cartes inédites), qui sera inaugurée le lundi 7 avril à 17h00. Ce sera notamment l'occasion de revenir sur le making-of des cartes Syria Disunited: Regime and Rebel Military Positions (october 2013) et The Strategy of ISIL: Controlling thé Northern Border (october 2013) (voir la page "Mapping Competing Strategies in thé Syrian Conflict" sur le site de Noria). Voir également les billets "Syrie, cartographie d'une guerre : représenter l'espace des conflits" et "Syrie, cartographie d'une guerre : représenter l'espace des conflits (2)".

Illustration par Zeina Abirached



Présentation de la Semaine arabe de l'ENS 2014 :
Alors que les « révolutions arabes » en Tunisie, Egypte, Syrie et ailleurs restent marquées par l’importance des circulations politiques et des déplacements humains mais aussi par la singularité des contextes nationaux, la Semaine arabe a choisi cette année d’interroger le thème des frontières et des territoires.

Les frontières constituent un objet d’étude privilégié des recherches sur le monde arabe, dessinant les contours territoriaux de la souveraineté des États et déplaçant sans cesse les limites du « monde arabe » lui-même. En explorant l’épaisseur historique de ces tracés, la Semaine arabe espère apporter un éclairage sur la formation conflictuelle des démarcations étatiques, leur matérialisation (par un mur, un fleuve, etc.) et la contingence de leur représentation cartographique. Cet éclairage permettra en outre d’interroger le mythe intégrateur de la mondialisation, conçue comme l’avènement imminent d’un monde sans frontières. En effet, les tensions persistantes autour du Sahara ou de la frontière israélo-palestinienne semblent rendre illusoire l’image d’un monde “dé-territorialisé”.

Au-delà des enjeux géopolitiques, les frontières arabes apparaissent aussi comme des espaces privilégiés de rencontres et de confluences. En effet, les frontières s’inscrivent au cœur d’oppositions dialectiques reflétant leurs diverses fonctions : le cloisonnement et la circulation, l’obstacle et le passage, le contrôle et l’échange, la marge et l’interface. Structurée par cette dualité fonctionnelle entre coupure spatiale et espace de contacts, la frontière se révèle propice à l’analyse des circulations et des échanges.

Enfin, si assigner des limites et circonscrire revient à conférer une identité à un territoire, ces démarcations ne peuvent laisser indemne le sujet parlant et écrivant. En effet, les dynamiques d’appartenance à un lieu, un pays ou une culture, propres à chaque individu, toujours mobiles et multiples, sont étroitement associées à des frontières imaginaires et des délimitations mentales. Ces frontières intérieures, qui interrogent expressément les jeux d’identité des intellectuels arabes à leur langue et leur culture, seront aussi mises en lumière.




dimanche 9 mars 2014

Café géo "Les déplacés de guerre dans la ville au Mozambique" (18 mars 2014, Montpellier)


Les Cafés géographiques de Montpellier invitent la géographe Jeanne Vivet (maître de conférences en géographie à l'Université Bordeaux III) le mardi 18 mars 2014 pour un débat sur « Les déplacés de guerre dans la ville au Mozambique » (au café Riche, place de la Comédie, Montpellier, entrée libre, salle à l’étage : voir toutes les informations et un plan d'accès sur le site des Cafés géographiques).

Jeanne Vivet est l'auteur d'une thèse de doctorat en géographie intitulée Déplacements forcés et citadinité. Les deslocados de guerre à Maputo (Mozambique) (Université Paris X, 2010 : voir la présentation de la thèse par Jeanne Vivet pour la revue Carnets de géographes). Sa thèse a été éditée sous le titre Déplacés de guerre dans la ville. La citadinisation des deslocados à Maputo (Mozambique) (Jeanne Vivet, éditions Karthala, 2012 : voir la recension de Catherine Fournet-Guérin pour la revue L'espace politique).

L'un des apports de ses travaux est d'avoir questionné les déplacés de guerre « invisibles », c'est-à-dire ceux qui ne sont pas pris en charge dans des camps de migrants de guerre et s'installent dans des espaces de vie « ordinaires » au sein du tissu urbain (voir également le billet du 8 février 2010).

Elle est également l'auteur de nombreux articles dont :
Voir l'ensemble de ses publications. Voir également : Karine Ginisty et Serge Weber, 2013, « Paroles d’invisibles : regards sur le droit à la ville à Maputo », EchoGéo, entretien autour de l'ouvrage de Jeanne Vivet, n°18.


mercredi 1 janvier 2014

Syrie, cartographie d'une guerre : représenter l'espace des conflits (2)

Après avoir servi à la production d'une carte pour The Economist (voir l'article précédent "Syrie, cartographie d'une guerre : représenter l'espace des conflits" qui présente le making-of de ces cartes), les cartes "Syria disunited: Regime dans Rebels Military Positions (october 2013)" et "The Strategy of ISIL: controlling thé Northern Border (october 2013)" produites pour le site Noria (voir l'article "Mapping Competing Strategies in thé Syrian Conflict", 5 novembre 2013) ont servi (comme le rappellent les sources) pour la production d'une carte par le journal Le Monde : "Syrie : l'enlisement de l'insurrection" (27 novembre 2013). La carte produite à partir de la nôtre par The Economist tendait à offrir aux lecteurs une légende simplifiée. Cette version mettait tout de même en avant un point important de notre carte : la question des densités de peuplement dans les réalités spatiales du contrôle territorial des différents acteurs en armes en Syrie. Notre carte "tranchait" avec les précédentes produites qui représentaient les aires de nomadisme comme "hors" de la guerre, laissant des aplats vierges ou blancs, voire parfois représentaient ces zones comme "inhabitées" (voir "Syrie, cartographie d'une guerre : représenter l'espace des conflits").

La carte proposée par Le Monde, qui s'appuie sur notre carte mais propose des données actualisées au 25 novembre 2013 (nos cartes représentent la situation en octobre 2013), représente elle aussi la question des densités comme élément explicatif de la répartition des différents acteurs en guerre. Cette nouvelle utilisation de nos cartes pour Noria est l'occasion de discuter un autre aspect de la représentation de l'espace des conflits par la carte, soulevé mais non détaillé dans le précédent billet : celui de la question du "dessus des cartes" (et non seulement du "dessous des cartes" pour reprendre le nom de la célèbre émission sur Arte), c'est-à-dire de questionner brièvement la cartographie participative d'une part, et la diffusion de la production cartographique d'autre part.

mercredi 4 décembre 2013

Soutenance de thèse : Vivre la guerre, construire la paix. Conflits et recompositions territoriales post-conflit en République du Congo (Pays du Niari)


Mathilde Jonceray soutiendra sa thèse de doctorat en géographie intitulée Vivre la guerre, construire la paix. Conflits et recompositions territoriales post-conflit en République du Congo (Pays du Niari) préparée sous la direction d'Elisabeth Dorier-Apprill à l'Université d'Aix-Marseille le 10 décembre 2013 à 14h30 au Centre St Charles (petit amphi des sciences naturelles, Marseille). La soutenance est publique.


Résumé de la thèse :
Les guerres sont d’importants facteurs de recompositions territoriales. Les territoires des « Pays du Niari », région créée par le politique, ont une place particulière dans l’histoire des conflits au Congo et celle-ci conditionne leur reconstruction. Après 10 ans de guerres, la région a du mal à se remettre, et se trouve au cœur d’enjeux socio-économiques, politiques et identitaires à différentes échelles.
Cette thèse étudie d’une part les conflits, procédant à une géohistoire méthodique d’une région et de populations occultés par les acteurs nationaux et internationaux. Elle étudie d’autre part la façon dont les différents acteurs s’approprient la notion de post-conflit et les répercussions territoriales des actions entreprises. Cela amène enfin à faire état du hiatus entre actions de reconstructions et besoins des populations et des territoires, visibles à travers des territoires et des temporalités fragmentés.

dimanche 24 novembre 2013

Syrie, cartographie d'une guerre : représenter l'espace des conflits

Réaliser des cartes d'une guerre actuelle, au cours de laquelle les "lignes de front" entre les adversaires sont particulièrement mouvantes, pose tout d'abord la question de l'accessibilité et de la fiabilité des données. Mais aussi (et surtout) celle des choix cartographiques. Une carte thématique n'est pas neutre (à ce propos, voir le billet "La carte-discours. Quelques éléments de réflexion"), elle est une représentation de l'espace (et non une présentation). Les choix du cartographe et/ou de son commanditaire construisent une représentation de l'espace, mais n'en rendent qu'une partie, celle qui correspond à leur démonstration. De plus, le lecteur de la carte possède ses propres filtres de représentation : il perçoit et interprète la carte. Si la cartographie thématique francophone a été très marquée par la sémiologie graphique proposée par Jacques Bertin, la profusion de cartes sur Internet, dont on ne connaît pas toujours la source (date et auteur notamment), et encore moins les intentionnalités (quelle objectivité ?), tend à permettre une surenchère de la part d'interprétation de l'auteur et/ou commanditaire de la carte, tout en se parant des atours de l'objectivité cartographique (tout du moins d'une perception, erronée, de la carte qui dirait le "vrai", telle une présentation des réalités spatiales, alors qu'elle est et reste une représentation des réalités spatiales).

Lors de la réalisation de cartes sur l'état actuel des différents adversaires dans la guerre en Syrie pour le site Noria, ces questions d'accessibilité des données (quelle objectivité et quelle méthodologie pour les sources qui servent de référents aux cartes que l'on veut produire) et de choix cartographiques se sont révélées cruciales. Au moment de la conception et de la réalisation de ces cartes "Mapping competing strategies in Syrian conflict", le géographe Fabrice Balanche publiait son article "L'insurrection syrienne et la guerre des cartes" (Orient XXI, 24 octobre 2013), interrogeant et confrontant différentes représentations cartographiques de la guerre en Syrie. On se propose, dans ce billet, de confronter les réalisations cartographiques existantes et les difficultés de conception/réalisation qui existent dans la production cartographique sur la guerre en Syrie. Dans le cas des conflits armés, ces représentations peuvent être particulièrement empreintes de subjectivité et d'idéologies spatiales, et se révèlent non pas toujours des outils d'information et d'explication de la guerre en tant que tels, mais avant tout un matériau pour la compréhension des conflits de représentation qui se surajoutent au conflit armé.

mardi 12 novembre 2013

La ville, nouveau champ de bataille (Demain la ville)

Voici le lien vers l'un entretien réalisé par le site Demain la ville, par téléphone, autour de la question de "La ville, nouveau champ de bataille". Cet entretien s'inscrit dans un cycle de publications de textes sur la ville, l'urbain, l'urbanité, parmi lesquels on notera des textes tels que "La ville dans les films de science-fiction", "Exode urbain : qui sont les néo-ruraux ?", "La ville nourricière et ses paradoxes", "L'espace public est un gymnase comme les autres"… Le site Demain la ville propose ainsi des textes courts autour de la ville d'aujourd'hui et surtout de la ville en train de construire aujourd'hui pour penser les villes du futur. L'imaginaire et les représentations de l'espace sont au coeur de nombreux textes.

Concernant les villes en guerre, l'entretien a été l'occasion de s'interroger sur le 11 septembre comme "événement spatial" qui a renforcé l'imaginaire de la ville vulnérable, du poids de l'urbanisation dans la conflictualité actuelle et future (qui ne signifie pas la disparition des "champs de bataille" non-urbains, le cas de l'Afghanistan étant parlant pour montrer que si les villes sont les espaces de l'urgence humanitaire, les espaces de l'intervention militaire se situent dans les montagnes moins densément peuplées, qui peuvent servir d'espaces-sanctuaires dans la guerre), et les "modèles" de villes en guerre (on postule que le découpage classique de "modèles" de villes par aires géographiques n'est pas suffisamment pertinent pour penser ce qui se joue dans les villes, mais surtout dans les pratiques spatiales et l'ancrage invisible de la guerre dans l'urbanité).


--> "La ville, nouveau champ de bataille", entretien avec Bénédicte Tratnjek, Demain la ville, 8 novembre 2013.


lundi 4 novembre 2013

3e Rencontres d'Histoire critique : Guerre et paix (28-30 novembre 2013, Gennevilliers)

Après "Vivre la ville" en 2009 (voir le billet "Vivre la ville en guerre") et "Etre d'ici et d'ailleurs" en 2011, l'Université populaire des Hauts-de-Seine organise les 3e Rencontres d'histoire critique autour du thème "Guerre et Paix" du 28 au 30 novembre 2013 à Gennevillers (Cinéma Jean-Vigo et Espace Grésillons).


Présentation des 3e Rencontres d'histoire critique "Guerre et Paix" :
"La guerre aux multiples visages, avec son cortège de morts, de ruines et de souffrances, marque profondément et durablement les sociétés. toujours menaçante. Toujours présente. Mais l'aspiration à la paix les travaille elle aussi.

Comment résister à la guerre et construire un avenir de paix ? Comment éviter la guerre et pourquoi souvent l'accepter ?

La confrontation est-elle la seule issue à la coexistence d'Etats et de nations en concurrence pour la domination ? Quelles sont les chances et l'efficacité des projets de construction de la paix ?"


Programme détaillé :


Sources de l'information :


lundi 16 septembre 2013

La ville sert-elle d'abord à faire la guerre ? (Planète Terre, France Culture)

Le podcast et le lien pour la ré-écoute de la dernière émission de Planète terre (France Culture, animée par Syvlain Kahn, 11 septembre 2013), "La ville sert-elle d'abord à faire la guerre ?" sont disponibles sur le site de France Culture.



Le titre de cette émission fait un clin d'œil assumé à la célèbre formule d'Yves Lacoste : "La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre" évoquant le titre de son ouvrage de 1976 qui, s'il évoquait non pas la méthode géopolitique telle que proposée par Yves Lacoste mais était un plaidoyer pour un retour d'une géographie active et engagée qui saurait non seulement se réapproprier les questions politiques (et pas seulement dans une perspective d'affrontements armés, l'ouvrage insistant tout particulièrement sur le rôle du géographe dans l'aménagement du territoire ou sur l'importance de la géographie scolaire), mais aussi d'affirmer dans son utilité sociale (à ce propos, voir Yann Calbérac et Aurélie Delage (dir.), 2010, "A quoi sert la géographie ?", Tracés, hors-série n°10).

L'émission elle-même, partant de la commémoration des attentats du 11 septembre, revient sur la question de la géographie de la guerre urbaine et de la ville en guerre. Voici quelques liens vers des ressources citées dans l'émission (et quelques autres qui n'ont eu le temps d'être évoquées) :




POUR (RÉ)ÉCOUTER L'ÉMISSION :
"La ville sert-elle d'abord à faire la guerre ?"
Planète Terre, France Culture, 11 septembre 2013.



dimanche 8 septembre 2013

Colloque : La fabrique de la paix : Acteurs, Processus et Mémoires (2-4 octobre 2013, Montpellier)

Le Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences humaines et Sociales de Montpellier (CRISES) organise un colloque du 2 au 3 octobre 2013 à Montpellier (Université Paul-Valéry, site Saint-Charles, salle des Colloques et salle du Conseil) autour de la question : "La fabrique de la paix : Acteurs, Processus et Mémoires".


fabrique paix 2013

Enfants vietnamiens et colombe devant les salles de l’Agent orange et des Vérités historiques, Musée des Vestiges de la Guerre, Hô Chi Minh Ville (clichés Antoine Coppolani, janvier 2013).

mercredi 10 juillet 2013

La guerre, la ville et l'économie (2)

Suite à la présentation de la communication "La ville, la guerre et l'économie" (voir la présentation power-point) lors du colloque Guerre et économie (organisé par le Club Participation & Progrès, l'Alliance géostratégique et l'Ecole de Guerre Economique le 1er juillet 2011 à l'Ecole militaire, Paris), voici le texte paru dans l'ouvrage Guerre et économie : de l'économie de guerre à la guerre économique, qui réunit les actes de ce colloque.

Lire l'avant-propos et découvrir le sommaire de l'ouvrage.



Premières lignes du chapitres :

« La guerre, la ville et l’économie » est un titre qui fait un « clin d’œil » au célèbre ouvrage de Jean-Louis Dufour : La guerre, la ville et le soldat. Questionner le lien entre guerre et économie au prisme du cas particulier des villes en guerre permet de procéder à un changement d’échelles : si de nombreux travaux analysent les liens entre guerre et économie à l’échelle de l’Etat qui finance la guerre (en particulier dans le cas des opérations extérieures menées par des Etats engagés au nom de leur Etat ou dans des coalitions, notamment onusiennes ou otaniennes), ou à l’échelle des entreprises impliquées dans l’effort de guerre ou à l’échelle mondiale (pour notamment mettre en exergue les rapports de pouvoir entre les différents Etats), cet article se propose de présenter les conséquences de la guerre sur l’économie urbaine à l’échelle locale.  S’appuyer sur une approche géographique permet de compléter les approches économiques et juridiques, dans la mesure où elle met en exergue les impacts des destructions et d’une géographie de la peur qui se construit dans la ville et tend à faire disparaître l’urbanité, c’est- à-dire le vivre-la-ville, celle-ci étant alors conçue comme un lieu d’échanges, de rencontres et de proximités. 

On distinguera trois types d’interrelations entre guerre et économie dans la ville en guerre. Tout d’abord, les destructions dans la ville provoquent des dysfonctionnements urbains très lourds : il s’agit là de questionner l’économie urbaine dans la guerre, c’est-à-dire la manière dont l’économie urbaine est affectée par la géographie des combats, qui dessine des zones- refuges et des zones-cibles, produisant une injustice spatiale profondément ancrée dans la ville. De plus, il est nécessaire de questionner le financement de la guerre au prisme de ces spatialités : la violence produit des fragmentations urbaines, qui sont (ré)activées, créées, apaisées ou renforcées par les acteurs de l’économie urbaine de guerre. Ainsi, l’échelle de la ville ne peut suffire à comprendre tous les enjeux des liens guerre/économie : on s’attachera, à l’échelle du quartier, à montrer l’émergence de quartiers-territoires comme producteurs de plusieurs économies fragmentées dans la ville, qui mettent à mal le processus de pacification dans l’immédiat après-guerre. Enfin, la question de la reconstruction permet de dépasser le temps des combats, et de questionner l’économie urbaine en guerre, dans la mesure où celle-ci reste affectée, voire « formatée », par les conflictualités qui persistent dans la ville.

Distinguer économie urbaine dans la guerre, économie urbaine de guerre et économie urbaine en guerre, consiste à mettre en avant les spatialités et les temporalités des acteurs et des habitants dans les villes en guerre : comment la géographie des combats s’ancre dans le (dys)fonctionnement économique de la ville au point d’être un enjeu prioritaire des processus de réconciliation et de pacification dans l’immédiat après-guerre ? On postule, dans cet article, que les tensions sociales de l’immédiat avant-guerre, de la guerre et de l’immédiat après-guerre sont des facteurs aggravants, utilisés et déformés par les acteurs de la guerre, des conflictualités qui déchirent les villes en guerre.

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Références complètes : Tratnjek, Bénédicte, 2013, "La guerre, la ville et l'économie", dans Kempf, Olivier (dir.), Guerre et économie : de l'économie de guerre à la guerre économique, L'Harmattan, collection Défense, Paris, pp. 93-121.

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dimanche 5 mai 2013

Le projet "Skopje 2014" (1) : la (re)construction de la mémoire comme mémoricide ?

Voir le dossier "Macédoine : Skopje 2014, kitsch
nationaliste et foire aux antiquités
",
Le Courrier des Balkans.
Les espaces et les spatialités de la mémoire ont déjà été abordés dans des billets sur les territoires éphémères de la commémoration et le stade olympique de Sarajevo, la reconstruction au Liban, les statues géantes bouddhiques de Bâmiyân, ou encore par l'analyse d'une carte postale ancienne du pont de Mostar. La question de la destruction des espaces de mémoire est double, comme on en avait discuté dans l'article "Les lieux de mémoire dans les villes en guerre : un enjeu de la pacification des territoires" pour Diploweb (31 octobre 2011) : la destruction et la (re)construction comme violences symboliques.

Le "mémoricide" est un néologisme créé à partir du terme génocide en substituant genos (le peuple) par la mémoire, et en gardant -cide (le meurtre). On notera qu'il existe deux usages (peu répandus l'un comme l'autre) du terme : le premier est particulièrement centré sur la guerre de Vendée, et a été utilisé par décrire, pour les tenants de cette thèse, le rôle du politique dans l'écriture des "vainqueurs" et des "victimes" dans la mémoire collective. C'est l'acte et la volonté politiques qui sont au coeur de l'utilisation de ce terme dans ce concept. On pourrait l'étendre à l'analyse de la destruction de la mémoire d'une guerre et de son déroulement par l'histoire telle que l'écrivent (notamment par le biais des manuels scolaires) les politiques.

Le second usage, que l'on peut dater des guerres de décomposition de la Yougoslavie (tout particulièrement pour les guerres de Croatie et de Bosnie-Herzégovine), a été formalisé pour décrire la destruction des bibliothèques comme lieu où la mémoire est entreposée (notamment dans l'article de Vesna Blazina, 1996, "Mémoricide ou la purification culturelle : la guerre contre les bibliothèques de Croatie et de Bosnie-Herzégovine", Documentation et bibliothèques, vol. 42, pp. 149-164). On peut l'élargir à la destruction de tous les espaces qui font mémoire par la guerre, dès lors que ces espaces sont des cibles choisies et pensées pour détruire la mémoire. La question de la destruction des mausolées et des manuscrits à Tombouctou dans la guerre actuelle au Mali participe de ces mémoricides.

Dans ces deux acceptions, les mémoricides sont entendus par la destruction. Mais l'approche par la destruction est-elle suffisante pour appréhender l'ensemble des mémoricides ? Ou, tout du moins, les seules destructions matérielles sont-elles suffisantes pour appréhender l'ensemble des destructions ? Pour le géographe Vincent Veschambre, qui reprend notamment les travaux sur les "Traces-mémoires" de Patrick Chamoiseau, les destructions et les démolitions ne sont pas les seuls processus qui permettent, par le marquage de l'espace, d'inscrire une signification politique dans l'espace qui peut aboutir à une violence symbolique, par la domination de celui qui s'approprie le territoire, qui lui permet de l'aménager, de le "modeler" : "de même que toute domination repose sur un travail symbolique de légitimation, toute forme d'appropriation de l'espace passe par la production (et/ou la destruction) de signes afin de rappeler quel est le pouvoir qui s'exprime et dans le même temps de le légitimer. Le marquage de l'espace correspond de ce point de vue à ce que l'on pourrait appeler dimension spatiale de la violence symbolique, dans le sens défini par Pierre Bourdieu" (Vincent Veschambre, 2004, "Appropriation et marquage symbolique de l'espace : quelques éléments de réflexion", Travaux et documents de l'ESO, n°21, p. 74).

Dans l'article "Les lieux de mémoire dans les villes en guerre : un enjeu de la pacification des territoires", on montrait que la (re)construction pouvait être une destruction : dans les cas des villes en guerre où des lieux de mémoire sont érigés dans la période post-conflit, ceux-ci peuvent être porteur non pas de la mémoire - au sens où Pierre Nora analysait les lieux de mémoire, par le prisme du cadre français, comme participant à la construction et à l'éducation à l'idée et l'identité nationales (voir notamment le compte rendu du café géographique du 29 janvier 2013 "Lieux de mémoire en Europe, lieux de mémoire de l'Europe"), mais d'une mémoire excluante, qui participe des "nettoyages territoriaux" en matérialisant la géographie du vivre-séparé et en territorialisant des identités qui entrent en concurrence pour l'appropriation de l'espace.

A suivre : une série de billets proposant quelques réflexions géographiques sur les conflictualités concernant le projet Skopje 2014 :

1/ Skopje 2014 : géographie d'un conflit d'aménagement
2/ La (re)construction comme violence symbolique ? Quelques pistes de réflexion pour une géographie de la pacification des territoires



"Macédoine : Skopje 2014, kitsch nationaliste et foire aux antiquités"
Dossier du Courrier des Balkans, source incontestable pour comprendre ce conflit mémoriel.
Les photographies de cette série de billets renvoie (en cliquant dessus) à des articles du Courrier des Balkans.


vendredi 12 avril 2013

Colloque : "Face à la guerre : combattants et non combattants dans les conflits contemporains"

Le trinôme académique de Grenoble (Education nationale et IHEDN-Défense) propose, en partenariat avec Grenoble Ecole de Management et la 27e Brigade d'Infanterie de Montagne (27 BIM), le colloque le vendredi 24 mai 2013 : "Face à la guerre : combattants et non combattants dans les conflits contemporains" (au grand auditorium de Grenoble Ecole de Management, 12 rue Pierre Sémard, Grenoble).




Programme du colloque :
(voir également le programme sous format pdf)


9h00 : Accueil du public

9h30 : Allocutions de bienvenue
- Olivier Audéoud (recteur de l'Académie de Grenoble)
- Général Benoît Houssay (commandant la 27e Brigade d'Infanterie de Montagne)
- Renaud Pras (président de l'association IHEDN Dauphiné-Savoie)

Présentation de la journée
Catherine Biaggi (inspectrice générale de l'Eduction nationale)

10h00 : Conférence introductive : L'EXPÉRIENCE COMBATTANTE AU REGARD DES CONFLITS DU XXe SIÈCLE
Olivier Wieviorka (historien, professeur à l'Ecole Normale Supérieure de Cachan, rédacteur en chef de la revue Vongtième siècle)



COMBATTANTS ET NON COMBATTANTS DANS LA GUERRE

10h30 : 1er débat
Modérateur : Colonel Yann Kervizic (adjoint au Général commandant de la 27e BIM)


L'EXPÉRIENCE COMBATTANTE
Commander au feu
Capitaine Pierre Malavaux (13e Bataillon de Chasseurs Alpins, Chambéry)

Gérer les traumatismes psychologiques du combattant
Docteur Thierry Bruge Ansel (médecin chef des services à l'hôpital d'instruction des armées Desgenettes)

Echanges avec l'auditoire


VILLES ET POPULATIONS EN GUERRE
Beyrouth : au coeur de la guerre civile
Bénédicte Tratnjek (chercheuse, enseignante et doctorante en géographie, Université Blaise Pascal à Clermont-Ferrand, IRSEM)

Sarajevo : vivre dans une ville assiégée
Henry Jacolin (ambassadeur de France en Bosnie-Herzégovine 1993-1995)


COUVRIR LA GUERRE : ÊTRE CORRESPONDANT DE GUERRE AU SEIN DES CONFLITS
Didier François (grand reporter à Europe I)

Echanges avec l'auditoire


Pause déjeuner libre


SORTIR DE LA GUERRE

14h15 : 2e débat
Modérateurs :
Catherine Biaggi (inspectrice générale de l'Education nationale)
Kevin Sutton (professeur agrégé au département de géographie de l'Université de Savoie)


DES OPÉRATIONS DE GUERRE AU MAINTIEN DE LA PAIX
L'engagement de la France dans une opération internationale
Général Antoine Noguier (chef du cabinet militaire du ministre de la Défense)

Echanges avec l'auditoire


RECONSTRUIRE L'ÉTAT ET L'ÉCONOMIE
Refonder l'Etat et garantir l'efficacité économique de la reconstruction
Hervé Hutin (PRAG, docteur en économie à l'Université de Savoie)
et Frédéric Turpin (professeur des Universités en histoire à l'Université de Savoie)


RECOMPOSER LES ÉQUILIBRES GÉOPOLITIQUES RÉGIONAUX
Circulations et territoires en Afrique de l'Ouest, un enjeu dans les conflits
Jean-Fabien Steck (maître de conférences au département de géographie de l'Université de paris Ouest-Nanterre)

La politique étrangère turque au Moyen-Orient : néo-ottomanisme ou nouvelle approche stratégique ?
Jean Marcou (professeur de droit public à l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble)

Echanges avec la salle


Conclusions du colloque : HISTOIRE ET MÉMOIRES DES CONFLITS CONTEMPORAINS
Olivier Wieviorka (historien, professeur à l'Ecole Normale Supérieure de Cachan, rédacteur en chef de la revue Vingtième siècle)

17h15 : Fin du colloque