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dimanche 1 mai 2016

Dessine-moi la géographie ! (Quelques pistes sur l'enseignement et l'épistémologie de la géographie)

© Cécile Cornet-Forestier, L1 Histoire,
TD initiation à la géographie, L1 semestre 1,
Université Savoie Mont-Blanc 2014-2015.
Il n’est pas rare que la géographie soit encore perçue comme un catalogue de connaissances qui énumère les lieux, les pays, les capitales, les fleuves et rivières, les montagnes. Et ce, y compris pour des étudiants qui se destinent à enseigner l’histoire-géographie [1] ou les lettres-histoire-géographie [2]. La géographie a longtemps porté cette image qui l’enferme aujourd’hui encore dans une image négative. Face à des étudiants en première année de licence 1 en histoire, faire accepter un cours de géographie obligatoire dans leur cursus revient souvent à faire face à des réticences assez profondes, qui reflètent une image enfermante d’une géographie qui, pourtant, « n’est plus ce que vous croyez »[3]. En tout début d’année, lors de 5 séances de 2 heures chacune de travaux dirigés (TD) – dont une qui consiste en une évaluation ! –, le défi est tout d’abord de faire comprendre ce qu’est la géographie, avant d’entamer des exercices plus « traditionnels ». « La géographie : pourquoi ? »[4]. Tout comme François Arnal face à ses élèves d’hypokhâgne à qui il propose de dessiner une île, « c’est l’occasion de déconstruire les représentations spatiales et l’image classique de la géographie afin d’ouvrir plus largement le champ des outils possibles et les concepts de la géographie »[5]. Et peut-être de susciter un intérêt plus vif pour la géographie et ses manières de décrypter le Monde tel qu’il s’offre quotidiennement aux citoyens.




  • Le contexte de l'exercice
    • À la recherche de l'« intention cartographique »
    • À la recherche de la géographie... dans la bande dessinée
  • Pourquoi la géographie ?
  • Représenter la géographie

© Laura Peticca, L1 Histoire, TD initiation à la géographie, L1 semestre 1, Université Savoie Mont-Blanc 2014-2015.

© Mélanie Verhague, L1 Histoire, TD initiation à la géographie, L1 semestre 1, Université Savoie Mont-Blanc 2014-2015.


© Laura Fernandes Pereira, L1 Histoire, TD initiation à la géographie, L1 semestre 1, Université Savoie Mont-Blanc 2014-2015.



mercredi 13 novembre 2013

La géographie vue par Marcel Roncayolo

Voici la vidéo d'une conférence du géographe Marcel Roncayolo, datant du 6 avril 2000. Si la vidéo semble "dater" (beaucoup de publications sont venues renouveler la géographie ces 10-15 dernières années, notamment par un renouveau des objets géographiques), elle propose des points sur l'épistémologie et l'histoire de la géographie importants, qui permettent (en gardant à l'esprit que cette conférence est située dans le temps) d'écouter l'un des géographes qui ont contribué à replacer la géographie dans son utilité sociale (notamment autour de l'urbanisme et de la ville). A noter que cette conférence a été proposée dans le cadre d'un cycle qui proposait de faire le point sur les différentes sciences humaines et sociales (histoire, histoire de l'art, anthropologie, sociologie, mais aussi économique, psychologie, philosophie de l'esprit…). Cette vidéo témoigne également de la place de la question "A quoi sert la géographie ?" dans le raisonnement disciplinaire.



Présentation de la vidéo par Canal-U :
Le paradigme de la géographie paraît évoluer entre deux termes depuis l'institutionnalisation de la discipline, à la fin du XIXè siècle. Enracinée dans la tradition, confortée par l'éclat des théories biologiques, la géographie privilégie, avec nuance et refus d'un déterminisme mécanique, la nature comme fixant les conditions de l'activité humaine. A la suite non d'une rupture mais d'un débat complexe, les espaces sont plutôt considérés comme des constructions humaines, sociales, même si on doit tenir compte des mécanismes individuels.

Toute une série de changements se dessinent, se chevauchant les uns les autres : par exemple, les paysages agraires sont rapportés d'abord au milieu naturel, puis aux traditions ethniques, enfin à une évolution historique de plus en plus précise qui conduit de l'économie domaniale à l'individualisme agraire. En même temps que la géographie devient historicité, elle fait une place aux rythmes sociaux, aux mouvements, au temps. La géographie se place ainsi comme instance de réflexion par rapport aux changements techniques qui peuvent la dissoudre, mondialisation, individualisme et surtout, plus humblement, distance et temps, proche et lointain, vieilles contraintes rassurantes. Elle s'interroge sur ce que devient la territorialité, quand la mobilité des hommes et celle de l'information se conjuguent, vers les processus de construction des espaces (mémoire et projet) et sur l'ampleur des risques dans une société vulnérable, y compris dans son environnement naturel.


Source de la vidéo : Canal-U.

samedi 1 décembre 2012

Entretien avec Yves Lacoste : Géopolitique des régions françaises (archive)

La réédition de La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre d'Yves Lacoste qui a fait l'objet, ces derniers mois, de nombreux commentaires, billets et articles sur Internet (ce qui a permis à beaucoup de (re)découvrir l'intérêt de ne pas oublier les virgules dans ce titre : on a longtemps prêté à Yves Lacoste des idées va-t-en-guerre, alors que le "d'abord" entouré de virgules ne signifie pas "surtout", mais "en premier lieu", et que cet ouvrage se proposait de discuter "à quoi d'autre sert la géographie ?") est ici l'occasion de proposer la vidéo (proposée sur le site de vidéos à usage pédagogique de l'Institut national de l'audiovisuel) d'un court entretien d'Yves Lacoste avec Bernard Pivot à propos d'un autre de ses ouvrages majeurs : Géopolitique des régions françaises (dirigé par Yves Lacoste, 1986, Fayard, Paris, 3 volumes, 3645 p.).

L'émission, extraite d'Apostrophes, a été diffusée le 5 décembre 1986. Elle est l'occasion pour Bernard Pivot de questionner Yves Lacoste sur sa vision de la géographie ("un géographe prend en compte toutes les caractéristiques spatiales de phénomènes qui relèvent de la sociologie, de l'économie, de la géologie, de la climatologie. Du moment que c'est cartographiable, ça fait partie de la géographie ; de même que ce qui peut se penser dans le temps, ça fait partie de l'histoire"), mais aussi de sa distinction entre géographie politique et géopolitique (que tous les géographes ne partagent pas, mais qui a fondé "l'école lacostienne"). Rappelons que si la géopolitique d'Yves Lacoste a "fait école", celui-ci n'a cessé de se présenter comme géographe.

L'émission est aussi un témoignage sur l'histoire de la géographie, comme en témoigne l'entrée en matière de Bernard Pivot qui relève que "les spectateurs vont sursauter" par le fait que l'ouvrage ait pu être écrit par des géographes. Rappelons que si la géographie souffre encore de l'image d'une géographie-catalogue qui se contenterait de localiser les choses et les phénomènes, les représentations sur la discipline dans les années 1980 étaient encore plus ancrées dans cette perspective.


Source de la vidéo : "Entretien avec le géographe Yves Lacoste", INA Jalons pour l'Histoire du temps présent.

samedi 24 novembre 2012

Le géographe et le terrain : "Ce qui fait terrain"

Si la géographie n'est pas la seule discipline à recourir au terrain dans sa recherche (sociologie, anthropologie, ethnologie...), celui-ci prend une dimension particulière en géographie, discipline à l'identité de laquelle il a contribué à forger une identité. Les travaux du géographe Yann Calbérac (et notamment sa thèse Terrains de géographes, géographes de terrain. Communauté et imaginaire disciplinaires au miroir des pratiques de terrain des géographes français du XXe siècle) reviennent, notamment, sur le terrain comme "ordre du discours dominant qui structure durablement les représentations et les pratiques" pour les géographes (extrait du résumé de la thèse, page de couverture, p. 394). "En effet, par sa nature même, le terrain ne peut être exploré autrement qu'avec les yeux de celui qui considère un fragment d'espace comme son terrain : le tiers ne peut donc qu'être qu'inclus et c'est cette inclusion qui est constitutive du terrain comme discours de vérité. Dans cette perspective, le terrain s'apparente aussi à un processus de légitimation qui met en tension quatre instances (...) : des espaces (les terrains), des acteurs (des géographes de terrain et l'ensemble de la communauté à laquelle ils appartiennent), des pratiques (les gestes du terrain) et des savoirs" (extrait de la thèse, p. 6). La question du terrain a, notamment, été l'objet d'un colloque A travers l'espace de la méthode : les dimensions du terrain en géographie et de numéros de revues de géographie, ainsi que le sujet de plusieurs rubriques de revues/sites de géographie (voir en fin de billet la courte biblio/sitographie). Comprendre "ce qui fait terrain" est au coeur de la méthodologie du géographe. C'est aussi l'objet d'un documentaire réalisé par Yann Calbérac, qui est revenu sur sa démarche à l'occasion d'une chronique dans la première édition de l'émission de géographie Les Grands Espaces animée par Rémi Desmoulières et Thibaut Sardier sur Trensistor (la radio web des étudiants de l'ENS de Lyon) du 21 novembre 2012. Cette chronique est l'occasion de présenter le film Ce qui fait terrain. Fragments de recherches.