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vendredi 24 février 2012

Deux événements sur le viol comme arme de guerre

Deux événements se tiennent parallèlement sur la question du viol comme arme et tactique de guerre. Le premier est une exposition qui se tient à la Sorbonne (Paris) et le second une conférence à Sarajevo. Ces deux événements ne sont pas sans rappeler l'importance des violences sexuelles, non seulement comme traumatismes personnels, mais aussi comme enjeu dans l'immédiat après-guerre. L'habiter et les pratiques spatiales des victimes sont profondément affectés par ces actes : par-delà le temps des violences, le viol s'inscrit durablement dans les territoires du quotidien. Dans cette perspective, le viol systématisé participe de la "modification coercitive du peuplement".

La Chair de la guerre, une histoire de femmes (Yvelyne Wood)

lundi 16 août 2010

Géographie des femmes : quelques cartes


Depuis le début des années 1980, et plus encore depuis le début des 2000, les études en "géographie du genre" se multiplient. Après avoir longtemps été longtemps marquées par une approche militante (féministe), les "gender studies" se sont développées dans les pays anglo-saxons et de plus en plus de chercheurs français se penchent sur la question. En géographie tout particulièrement, une question principale se pose : pratique-t-on et se représente-t-on l'espace de la même manière lorsque l'on est un homme ou une femme ? Le genre est-il un construit social qui "formate" l'habiter et les mobilités ? Parmi les travaux des géographes, on notera tout particulièrement ceux d'Yves Raibaud (voir notamment son article "Le genre et le sexe comme objets géographiques", Cahiers de l'ADES, n°2, 2007 : d'ailleurs, l'ensemble de ce numéro est consacré à cette thématique "Sexe de l'espace, sexe dans l'espace"), de Claire Hancock et de Francine Barthe (notamment co-directrices du numéro de la revue Géographie et Cultures consacré au "Genre. Constructions spatiales et culturelles", n°54, 2005 ; Francine Barthe est également auteur d'une Géographie de la nudité. Etre nu quelque part, Bréal, collection D'autrepart, 2003 : voir les notes de lecture de Claire Hancock et Yann Calbérac). A lire également l'article de Jacques Lévy : "Genre" (EspacesTemps.net, Mensuelles, 18 octobre 2004). Dans cette même persepctive, les géographes interrogent l'espace en fonction des pratiques sexuelles (à noter les travaux de Marianne Blidon sur les rapports entre homosexualité et espace : voir son article "Un espace pas si public ? Quand les gays se tiennent par la main", Les Cafés géographiques, Vox geographi, 26 avril 2008). La diversité et la richesse de ses approches montre que l'approche par le genre reste un champ à explorer.

 
Un important colloque se tiendra sur ces questions du jeudi 16 au samedi 18 septembre 2010 à Pessac (Université Bordeaux III) : des intervenants français, indiens, italiens, espagnols, suisses, allemands, autrichiens, finlandais, mexicains, roumains, anglais, togolais et grecs se réuniront pour aborder la question "Masculin/Féminin : questions pour la géographie". Voir le programme de ce colloque.

A noter également, la préparation d'un numéro de la revue Géographie et Cultures (sous la direction d'Yves Raibaud) consacré à la "Géographie du masculin" ; ainsi que celle d'un numéro de la revue L'Espace politique (sous la direction de Marianne Blidon et Sébastien Roux) consacré à la "Géo/politique du sexe" (à paraître en 2011).



Pour illustrer cette annonce de colloque, voici quelques cartes issues d'une exposition en ligne sur Les Femmes, le Pouvoir et la Politique, organisée par l'International Museum of Women. Les commentaires sont ceux de l'exposition.

La violence domestique
"Une partie significative de la population mondiale est régulièrement victime de la torture, de la faim, du terrorisme, de l'humiliation, de la mutilation et même du meurtre simplement parce qu'elle est constituée de femmes. Des crimes tels que ceux perpétrés contre tout autre groupe seraient reconnus comme une urgence civile et politique." Charlotte Bunch et Roxanna Carrillo

Pour des millions de femmes, le foyer est l'endroit le plus dangereux où se trouver. Loin d'être un havre de sécurité, la famille est souvent le berceau de la violence.



A leur place
Comme vaste observation politique, nous pouvons dire que les femmes du monde entier font face de facto à des restrictions quant à leur présence publique, à leur tenue vestimentaire et à leur comportement privé et public. Mais dans de nombreux pays, "garder les femmes à leur place" est une entreprise littérale. Des restrictions de mobilité et de tenue vestimentaire appliquées dans un nombre surprenant de pays, sont enracinées dans les suppositions standards patriarcales à propos du droit des hommes à contrôler les femmes, en forte combinaison avec les interprétations fondamentalistes religieuses.

Les femmes dans les gouvernements
Cette carte est un aperçu de la représentation des femmes au sein des gouvernements au début 2002. Quelques modèles persistent dans le temps et dans le monde : nulle part les femmes n'ont une représentation égale aux hommes dans le gouvernement, et dans seulement 22 pays les femmes représentent 25 pourcents ou plus des législateurs élus ; les états avec les plus grandes proportions de femmes élues en fonction sont ceux qui mettent en application des politiques en faveur de l'égalité - en particulier les pays scandinaves.


 
Travailler pour un salaire
Dans le monde, de plus en plus de femmes travaillent à l'extérieur pour un salaire, mais elles le font dans des conditions assez différentes des hommes. Elles sont d'habitude payées moins que les hommes pour leur travail. Cette divergence de revenus reflète plusieurs facteurs : une discrimination totale de genre, la concentration des femmes dans les emplois principalement féminins et le pourcentage plus élevé de femmes travaillant à temps partiel. La différence de salaire persiste dans les différents secteurs. Dans le secteur prestigieux et très bien rémunéré d'internet aux Etats Unis, par exemple, les femmes gagnent en moyenne 24 pourcents de moins que leurs homologues masculins.