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mercredi 23 avril 2014
Géo'rizon : Géographie des crises (24 avril 2014, Chambéry)
mardi 12 mars 2013
Le regard des géographes sur la géographie de la catastrophe au Japon (2)
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| Les populations touchées par le séisme au large de Tôhoku du 11 mars 2011 Source : Rémi Scoccimarro, site JapGeo. |
dimanche 11 mars 2012
Géographie des risques et de la catastrophe : le cas des séismes
Le séisme du 11 mars 2011 au Japon : géographie d'une catastrophe
mardi 7 février 2012
L'action humanitaire en milieu urbain en Haiti (groupe URD)
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| La sismicité historique dans l'île d'Haïti Source : François Grünewald et Yvio Georges, "La vulnérabilité d'Haiti aux séismes : pour une perspective historique et une meilleure analyse des risques", Humanitaires en mouvement, n°6, septembre 2010, groupe URD, p. 25. |
dimanche 13 novembre 2011
"La ville face aux crises" (Humanitaires en mouvement n°8)
mardi 7 juin 2011
"Côte d’Ivoire : le cacao de la discorde" (Arte Reportage)
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| "Côte d'Ivoire : le cacao de la discorde" Arte Reportage - 4 juin 2011. |
L'une de nos équipes s'est rendue dans l'Ouest de ce que l’on appelle la boucle du cacao : la région de Duékoué où, ces derniers mois, les violences interethniques ont fait plus de trois cents morts. Cette année, la récolte a été bonne mais la filière peine à redémarrer. La guerre a exacerbé les tensions entre petits propriétaires terriens, en grande majorité des Guérés, favorables à l'ex-président Gbagbo et les populations allogènes venues s'installer au fil des ans, favorables, elles, à Alassane Ouattara.
La région reste peu sûre et de nombreux planteurs ont peur de se rendre dans leurs champs désormais à l'abandon. Pourtant, c'est dans la boucle du cacao que se joue l'avenir de la Côte d'Ivoire. Les Ivoiriens devront se réconcilier et réapprendre à travailler ensemble pour reconstruire un pays dévasté par dix années de crise et de conflit."
mardi 17 août 2010
Anthropologie et émeutes urbaines (2)
mardi 27 avril 2010
Des événements sur la guerre et l'humanitaire
- William T. DEAN (Associate Professor of Comparative Military Studies U.S. Air Force Air Command and Staff College, Air University, Maxwell AFB)
"The Battle of Horseshoe Band, 1814 British Unconventional Warfare and the Creek Indians" - L. Michael ALLSEP Jr. (Professor of Comparative Military Studies U.S. Air Force Air Command and Staff College, Air University, Maxwell AFB Department of Leadership and Strategy)
"Where is the American Colonial Office ? The War Department and the American Empire"
mercredi 10 mars 2010
"La ville du risque"
"L’instrumentalisation du risque : l’exemple de la rénovation urbaine"
"L’empreinte des risques"
"Les engagements militaires en zone urbaine"
"Les risques terroristes et la ville : limiter l’impact et produire une résilience urbaine"
vendredi 15 janvier 2010
Port-au-Prince, géographie d'une ville vulnérable : la catastrophe et la ville
lundi 23 novembre 2009
Une géographie de la piraterie maritime
jeudi 8 octobre 2009
Guerriers et pirates : mythes et réalités
Le Festival international de géographie 2009 avait pour thème "Géographie des mers et des océans", et plusieurs conférences ont abordé le thème de la piraterie maritime. L'intérêt est venu des intervenants qui ont pris le temps de confronter la part de la mythification du pirate et la part de la réalité de la piraterie maritime. Le festival a peine terminé, l'actualité rappelait la prégnance de la piraterie maritime, avec l'attaque du navire de commandement des forces françaises dans l'Océan Indien (La Somme) dans la nuit du mardi 6 et du mercredi 7 octobre 2009. Les interventions au festival ont permis de rappeler un point essentiel : l'événement est aussi créé par les médias, dans leur construction du monde et de ses dangers, au prisme des vides (les zones, les conflits, les faits oubliés) et des pleins (les lieux, les conflits et les faits surmédiatisés) qu'ils mettent en scène. La piraterie maritime, qui connaît certes un réel renouveau, est aussi une construction médiatique. Eric Frécon a ainsi rappelé, dans sa conférence "Pavillon noir sur l'Asie du Sud-Est" (voir le power-point) tout comme dans la table-ronde "Pirates à l'horizon : une scorie des océans mondialisés ?", que la piraterie maritime représente 3796 attaques entre 1991 et 2005, mais que tous ces actes de piraterie n'ont pas été des réussites, et n'ont pas toujours abouti. On assiste à un doublement de tels actes depuis 2004-2005, mais il n'en reste pas moins que la piraterie maritime n'est pas la menace qui fait le plus grand nombre de victimes, en comparaison à d'autres formes de violences. La piraterie maritime accompagne les vagues de mondialisation, selon une équation que l'on simplifie volontairement ici :
Mais la piraterie maritime et la construction médiatique de cette menace répond également à une mythification de l'image du pirate. Alain Miossec a d'ailleurs rappelé dans la table-ronde "Pirates à l'horizon : une scorie des océans mondialisés ?" (dont la vidéo sera rapidement en ligne sur le site des Actes du FIG) la fascination autour du pirate des mers (beaucoup moins développée pour le pirate des airs, à quelques exceptions de science fiction telles que le dessin animé Albator). La mythification de ce "gentil voyou", de ce "pauvre type sympathique" est bien traduite par la place du pirate des mers dans le cinéma (Pirate des Caraïbes) et les dessins animés (même dans le monde manichéen de Peter Pan de Walt Disney, le "méchant" pirate et ses acolytes maladroits sont mis en scène avec un regard bienveillant).
Eric Frécon a également démontré combien la piraterie maritime est également surmédiatisée au vu de sa réalité tant en termes quantitatifs qu'en termes de pertes économiques. En 2008, par exemple, il y a eu 293 actes de pirateries, dont seulement 34 % ont été des "réussites" (pour les attaquants bien évidemment !). Il ne s'agit pas là de dire que la piraterie maritime est une menace qu'il ne faut pas prendre en compte, mais de montrer les intérêts à une surmédiatisation de cette menace, entre fascination face à ces guérilleros des mers (qui, avec seulement une petite embarcation, peuvent prendre d'assaut d'énormes navires) et redéfinition en cours pour les armées des objectifs prioritaires.
Power-point réalisé par Eric Frécon
présenté lors de sa conférence "Pavillon noir sur l'Asie du Sud-est"
(vendredi 2 octobre 2009 - FIG)
La table-ronde "Pirates à l'horizon : une scorie des océans mondialisés ?", notamment l'intervention du géographe Alain Miossec qui est revenu sur un historique des pirates des mers et sur les réalités de leur conditions de vie, très éloignées des images lttéraires et cinématographiques qui "formatent" notre imaginaire sur la piraterie (par exemple, le personnage de Barbe-Noire), a bien montré que la piraterie maritime, malgré la prégnance de la menace, faisait appel à un sentiment d'indulgence ou de sympathie né de cette mythification.
Mais cette imagerie n'est pas seulement utilisée pour les "guerriers des mers". On retrouve également l'utilisation de tout un folklore qui recourt à toutes formes d'arts (bande dessinée, chansons populaires, poèmes...) autour de l'image du guerrier (celui-ci terrestre) défenseur du territoire dans les pays issus de l'ex-Yougoslavie. C'est ce que montre avec pertinence l'ouvrage récemment traduit en français d'Ivan Colovic : Le Bordel des guerriers. Folklore, politique et guerre (Editions Non-Lieu, Paris, 2009, 204 p.). On est là plus dans le mythe de Robin des Bois, défenseur des opprimés, mais également dans l'utilisation de toute une imagerie du mythe du défenseur du territoire et de l'identité. Ces "guerriers des terres" sont ainsi récupérés dans la construction identitaire à des fins politiques, justifiant la mythification des criminels de guerre, comme défenseurs des "vraies" valeurs, des "bonnes gens", sur un territoire approprié et identifié comme "mon" territoire (et pas celui de "l'Autre", ce "criminel" qui usurpe "mes" terres !). De la terre à la mer, les contes pour enfants, la culture populaire, les Arts sont utilisés pour "formater" notre conception du monde.
A lire en ligne sur la piraterie maritime :
- quelques références concernant la piraterie au large des côtes somaliennes ont déjà été données en fin de billet "La guerre, la ville et la mer" (11 juin 2009)
- La thèse de doctorat de sciences politiques d'Eric Frécon La réaction des Etats est-asiatiques au défi de la piraterie sur les mers de l'après-Guerre froide (soutenue le 10 juillet 2007, Sciences Po Paris).
- Eric Frécon et Henri Grant, "Des terroristes dans le sillage des pirates asiatiques : une menace stratégique ?", Revue Défense nationale, n°08-09, 2003.
- Gilles Huberson et Eric Frécon, "Pavillon noir : la piraterie maritime contemporaine", Bulletin de l'Institut d'Etudes internationales de Montréal, n°72, décembre 2004.
- Eric Frécon, "Le retour des pirates. La piraterie maritime au large de l'Indonésie et de la Somalie", La Vie des idées, 4 septembre 2009.
- Les cartes comentées des actes de piraterie maritime dans le monde en 2005, 2006, 2007 et 2008 sur le blog de M. Augris.
- Les cartes présentées dans l'émission Le Dessous des cartes du 29 avril 2000 sur "La nouvelle piraterie".
Revues à lire :
- "Combattre la piraterie maritime", Sécurité globale, n°7, printemps 2009? 135 p.
- "Pillages et pirateries", Hérodote, n°134, 3ème trimestre 2009, 230 p.
samedi 13 juin 2009
Guerre et fragmentation urbaine (Elisabeth Dorier-Apprill)
Dans la série des "documents fondamentaux" pour comprendre les liens entre guerre et ville, ce texte de la géographe Elisabeth Dorier-Apprill est à la fois clair, précis et concis. Extrait de l'ouvrage collectif Vies citadines, qui propose une analyse de la ville par-delà les spécificités locales et régionales, et pose de multiples pistes de réflexion très stimulantes.
Cliquez sur le texte pour l'agrandir !
Parmi les références citées dans l'article, 2 sont disponibles sur Internet :
- Baudouï, Rémi, 2001, « De la menace atomique aux conflits de “faible intensité”. L’emprise croissante de la guerre sur la ville », Les Annales de la recherche urbaine, n°91, pp. 27-34.
- Verdeil, Eric, 2001, « Reconstructions manquées à Beyrouth. La poursuite de la guerre par le projet urbain », Les Annales de la recherche urbaine, n°91, pp. 84-93.
- Le site "Citadinité" créé pour présenter ce projet (mené par une équipe de chercheurs, le projet a abouti à un réel ouvrage collectif : les chapitres ne sont pas une accumulation d'articles rédigés par des auteurs différents, mais sont tous écrits à plusieurs mains et relus par tous les auteurs).
- Les notes de lecture dans les Cafés géo et Géocarrefour sur cet ouvrage.
- Le compte-rendu du Café géo du 30 octobre 2007 : "Une nouvelle géographie des villes", avec pour invitées 5 des 15 auteurs de l'ouvrage : Elisabeth Dorier-Apprill, Sophie Didier, Sophie Lehman-Frisch, Bénédicte Florin et Florence Bouillon.
vendredi 12 juin 2009
La sécurité alimentaire vue par Frédéric Landy
Frédéric Landy est maître de conférences en géographie à l'Université Paris 10, spécialiste de l'Inde. Il a travaillé tout particulièrement sur la question de la sécurité alimentaire dans son ouvrage Un milliard à nourrir. Grain, territoires et politique en Inde (Belin, collection Mappemonde, 2006). Pour Le Mensuel de l'Université, il revient sur le concept de sécurité alimentaire (vidéo publiée le 5 mai 2009).
- le compte-rendu du Café géo "Espaces ruraux et alimentation en Inde : comment dépasser la révolution verte ?", du 13 février 2008.
- un entretien avec Frédéric Landy pour Le Café pédagogique dans la rubrique "5 questions à...", n°98.
- "La politique alimentaire de l'Inde : le blé ou l'oseille ?", Actes du FIG, 2004.
dimanche 7 juin 2009
Les déplacés à Mogadiscio
La reprise des combats à Mogadiscio depuis février 2009 (tout particulièrement depuis le 7 mai) repose la question des déplacés à l'intérieur de la ville, alors même que la question des camps de déplacés datant des affrontements des années 1990 pose toujours de nombreux problèmes de gestion dans la capitale.
"Somalie, le chaos" - Envoyé spécial - France 2.
La reprise des combats fait suite à une période de violences continues dans la ville de Mogadiscio. On peut ainsi qualifier la ville de "chaotique", dans la mesure où aucun retour à la paix n'a pu se faire depuis maintenant plus de 20 ans.
La question des déplacés s'est déjà posée dans les années 1990, comme le démontre parfaitement Marc-Antoine Pérouse de Montclos : "Les raisons d'une attraction urbaine en temps de guerre. On peut donc se demander pourquoi des déplacés continuent de venir sur Mogadiscio. Le fait que les ressources de la prédation se trouvent en ville a pu constituer un premier élément d'explication. Puis, une fois la ville pillée, la débrouille, la contrebande et la focalisation de l'aide humanitaire sur la capitale ont pu compensé le manque à gagner. Des trafics de toutes sortes ont alimenté les flux commerciaux. [...] La logistique humanitaire aussi a joué un rôle essentiel dans l'attraction urbaine, ceci expliquant d'ailleurs le gonflement des chiffres de 1992 quant au nombre de déplacés. [...] A l'échelle du pays, la concentration de l'opération Restore Hope sur Mogadiscio a privilégié la ville au détriment des campagnes, à tel point que des experts favorables à la fédéralisation de la Somalie ont proposé un déménagement de la capitale une fois la paix rétablie" (Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Villes en guerre en Somalie : Mogadiscio et Hargeisa, Les dossiers du CEPED, n°59, Centre français sur la population et le développement, Pars, avril 2000, pp. 23-24). Marc-Antoine Pérouse de Montclos estime à 201 le nombre de camps de déplacés installés à l'intérieur de la ville de Mogadiscio en 1997 (voir la carte, op. cit., p. 29). Si les médias s'intéressent ces derniers jours à la question des déplacés, suite à la recrudescence des combats, cette question n'est donc pas une nouveauté. Dans de tels camps, l'aide humanitaire s'est restreinte au fur et à mesure du temps : fortement mise à contribution pendant l'opération Restore Hope, elle est devenue très difficile à mettre en place d'une part pour le degré de dangerosité de la ville (d'autant plus intense pour les différents réseaux humanitaires que la ville de Mogadiscio a été laissée à son propre sort, avec l'arrêt d'opérations militaires internationales pour tenter de ramener la paix en Somalie, suite à l'échec de la "bataille de Mogadiscio", les 3 et 4 octobre 1993, mis en scène dans le film de Ridley Scott La chute du faucon noir datant de 2001) ; d'autre part pour le désintérêt progressif des contributeurs financiers pour le cas des déplacés de guerre à Mogadiscio, la Somalie à mesure que celle-ci disparaissait des intérêts médiatiques (voir le billet "Les médias, la violence, l'événement et le haut-lieu" du 8 avril 2009).
Au final, les camps de déplacés, qui bénéificiaient d'une aide humanitaire très réduite, sont devenus des camps de "la débrouille" : " d'après les sondages de SCF en 1993, 52 % des déplacés se nourrissaient exclusivement de l'aide alimentaire, 90 % en dépendaient d'une manière ou d'une autre et 13 % touchaient une rétribution en nature de la part des ONG. A l'époque, on estimait qu'un tiers vivaient de la revente de leur ration et personne ne se plaignait d'insécurité dans les camps" (Marc-Antoine Pérouse de Monclos, op. cit., p. 24). Mais la dégradation de la situation dans les camps de déplacés a immédiatement suivi le départ de la plus grande partie des ONG : "accompagné d'une réduction drastique de l'aide humanitaire à partir de 1996, le départ des Américains et de l'ONU a bien sûr entraîné des changements majeurs à cet égard. Peu avant leur retrait, les organisations caritatives ont voulu se donner bonne conscience en tablant prématurément sur une stabilisation de la situation et ont tenté de faciliter un rapatriement des déplacés vers leur région d'origine, essentiellement la province de Bay : le Camp 124, la Kitchen 53, Asli et Jirde-Fish ont ainsi été vidés de leur population pour ces raisons. Plus simplement, bien des camps et des orphelinats ont fermé leurs portes faute de soutien extérieur, tels Shuke, Shureye, Eno, Anzilotti, Port Africa, Shandinle, Polygram, Urdo ou UNICEF dans le quartier de Hamar Jajab" (op. cit., p. 25). Pour les camps de déplacés qui ont "survécu" à cette période, on peut noter quelques points communs : une pérennisation du camp (qui est censé n'être qu'une solution temporaire), une dégradation des conditions de vie (notamment d'un point de vue sanitaire), une précarisation des sources d'approvisionnement permettant la survie des populations "encampées", une "professionalisation" des personnes habitant dans le camp (ne pouvant plus compter sur l'aide humanitaire, les déplacés - en principe enfermés dans le camp - ont ainsi nettement élargi leur espace pratiqué par des migrations pendulaires pour se rendre sur leur lieu de travail - ce qui est contraire aux logiques d'organisation d'un camp régulé par la communauté internationale ou par une ONG) et la prédominance de l'économie informelle (qui témoigne également d'une forte ouverture du camp vers l'extérîeur, avec des déplacements des personnes vivant dans le camp vers les zones commerciales, les zones d'échange informel... du reste de la ville de Mogadiscio). Les stratégies de survie face à la misère dans les camps de déplacés sont donc très diverses.
Aux périodes de combats (avec la pérennisation de l'état de guerre, on peut qualifier ces violences de structurelles tant elles s'inscrivent désormais dans les logiques sociospatiales d'organisation et de fonctionnement de la ville de Mogadiscio : on parlera même, pour reprendre le terme du géographe Jérôme Tadié, de "violences ordinaires"), se surajoutent des risques sociaux conjoncturels, qui amplifient ainsi le "chaos urbain". Ainsi, les émeutes de mai 2008 dans la capitale ont éclaté suite à des manifestations contre la hausse des prix des denrées alimentaires, que la police a tenté de disperser (voir sur le blog de l'anthropologue Alain Bertho : "Emeutes à Mogadiscio - mai 2008"). En plein coeur de la crise alimentaire de 2008, les "désordres" issus de l'incessante poursuite de la guerre et de l'émergence de zones échappant à l'autorité et au contrôle du pouvoir en place à l'intérieur même de la capitale ont été amplifiés par ce facteur conjoncturel. Aujourd'hui, la reprise des combats depuis février 2009, et tout particulièrement depuis le 7 mai, s'inscrit dans une logique de contestations et de violences qui témoignent du rejet le plus absolu de la part des chefs miliciens de l'autorité du gouvernement provisoire, mis en place fin 2006. Les médias "pointent" ces derniers jours sur la situation des nombreux déplacés de guerre - autant dans la ville de Mogadiscio elle-même (en provenance des quartiers Nord affectés par des combats particulièrement violents) qu'en provenance des autres régions de la Somalie. Pourtant, ces nouveaux déplacés ne posent pas la question d'un problème nouveau de gestion de l'afflux de population dans une ville soumise à un chaos généralisé et une remise en cause de la souveraineté des autorités officielles, mais réaffirment des problématiques déjà bien ancrées dans la ville depuis maintenant plus de 20 ans.
Quelques articles pour aller plus loin :
- Alain Gascon, "La Somalie en mauvais État", EchoGéo, Rubrique Sur le vif, 2008.
- Alain Gascon, "Les frontières du refus ? Frontières et conflits dans la Corne de l'Afrique", Actes du FIG, Festival International de Géographie, 2008.
- Jean-Christophe Mabire, "Somalie : l'interminable crise", Hérodote, n°111, 2003, pp. 57-80 (voir une analyse de cet article réalisée par Stéphane Mantoux sur son blog Historicoblog 2)
- Mohamed Mohamed-Abdi, "Les bouleversements induits par la guerre civile en Somalie : castes marginales et minorités", Autrepart, n°15, 2000, pp. 131-147.
- Jean-Paul Brodeur, "Maintien et imposition de la paix en Somalie (1992-1995)", Cultures & Conflits, n°29-30, automne-hiver 1998, pp. 175-228 : partie I, partie II et partie III.
- Alain Gascon, "La guerre comme rite géographique : l'exemple de la corne de l'Afrique", Cultures & Conflits, n°01, hiver 1990, pp. 69-84.
Et également : l'article "Somalie" dans l'excellent site Aménagement linguistique du monde tenu par Jacques Leclerc (chercheur à l'Université Laval à Québec).











