Pages
Droits d'auteurs et citations
mercredi 7 novembre 2012
Géographie des élections présidentielles étatsuniennes : premières cartes de l' "Amérique pourpre"
mardi 4 septembre 2012
Des murs et des hommes (CulturesMonde, France Culture)
![]() |
| Extraits de l'ouvrage Guerre et Spray (Bansky, 1ère édition en 2005, en anglais sous le titre Wall and Piece). |
- le mur-frontière Etats-Unis/Mexique,
- les frontières emmurées de l'Union européenne (enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, frontière Grèce/Turquie),
- les murs produits par des conflits ou pour éviter des conflits (Irlande du Nord, Cisjordanie, Cachemire).
Dans ces trois émissions, il est donc question des deux aspects de la construction de murs-frontières :
- les murs contre l'immigration,
- les murs de séparation entre des populations à l'intérieur d'un territoire, voire d'une ville.
Voici les trois émissions disponibles à la (ré)écoute. L'occasion de signaler le billet biblio/sitographique proposant sur ce blog des éléments pour aller plus loin : "Murs et frontières" : une sitographie. Voir également les billets sur les murs et les frontières (ainsi que les billets sur Belfast et l'Irlande du Nord, Israël et la Palestine, qui proposent tous des éléments biblio/sitographiques complémentaires).
vendredi 10 juillet 2009
Les Etats-Unis et la frontière : les murs, urbanisme de paix ou urbanisme de guerre ?
Cette question s'est posée suite à un constat relativement simple : les Etats-Unis utilisent le mur de séparation comme réponse territoriale et politique à deux enjeux sécuritaires divers : un enjeu de sécurité intérieure (la matérialisation de la frontière Etats-Unis / Mexique) et un enjeu de sécurité extérieure (la sécurisation et la pacification de l'Irak, tout particulièrement de la capitale Bagdad qui concentre les enjeux politiques, symboliques et médiatiques). Les murs, une réponse uniforme aux insécurités (au pluriel) ?
La question de la matérialisation de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, à travers la construction d'un mur, a fait coulé beaucoup d'encre parmi les journalistes. Le tracé de la frontière actuel a fait l'objet de nombreuses disputes territoriales au XIXe siècle, et ne s'est stabilisé qu'après 1853 (voir l'historique de cette frontière proposé par Fabien Guillot sur son site "Géographie sociale et politique"). Pour Michel Foucher, géographe spécialiste de la question des frontières, "Tracer une frontière est un acte géopolitique par excellence puisqu’il s’agit de délimiter des aires d’exercice de la souveraineté, d’inscrire le politique dans l’espace" (Frontières à retracer : un point de vue de géopoliticien", Frontières et limites, acte de séminaire, Centre Georges Pompidou, Paris, 1991, p. 69). De ce fait, la matérialisation de la frontière ne peut être vue comme une seule politique de sécurité : elle est aussi un symbole très fort pour les populations qui se retrouvent des deux côtés de ce mur-frontière.
Ainsi, la matérialisation de la frontière est un important marqueur spatial de la souveraineté d'un Etat sur son territoire. L'enjeu n'est pas seulement migratoire, il est également symbolique et politique. D'une part, contrôler son propre territoire estun des enjeux de la puissance d'un Etat, d'autant plus fondamental à l'heure d'une forte médiatisation de tous les recoins de la planète, pour un pays comme les Etats-Unis confronté à la recherche du maintien de leur puissance hégémonique. D'autre part, contrôler son propre territoire est également un enjeu politique intérieur, tout particulièrement dans les périodes électorales. Le thème de la sécurité est plus que jamais ancré dans les discours politiques : d'une part, la part de "l'Autre" a toujours marqué l'histoire des hommes, à la fois pour des thèses culturalistes (cet "Autre" aux moeurs et à la culture différentes) et pour des thèses malthusiennes (un afflux massif de populations ne pourra être absorbé, notamment face au manque de ressources qu'il engendrera). Il ne s'agit pas de discuter les bien-fondés et les fantasmes qui formatent ces peurs, mais de constater qu'elles engendrent des représentations particulières (avec un rejet marqué d'un "Autre" mal défini), qui elles-mêmes apppelent des réponses politiques (notamment au gré des enjeux électoraux). Force est de constater que la matérialisation de la frontière Etats-Unis/Mexique correspond à une "demande" en termes de sécurisation du territoire. Demande d'ailleurs précédée d'actions "associatives" (du fait de l'omniprésence de milices privées qui se sont auto-désignées pour assurer la surveillance de la frontière), qui montrent combien la peur d'une perte de souveraineté étatique et de contrôle territorial influence les représentations, et même les actions des habitants proches de la frontière Etats-Unis/Mexique. La matérialisation de la frontière a donc été précédée par une construction mentale (celle d'un "mur perçu", si l'on se réfère au concept de "frontière perçue" et de "frontière vécue") qui s'ancrait dans la société du Sud des Etats-Unis et s'inscrivait dans les pratiques spatiales. Du côté états-unien, le mur a donc été dans les têtes, avant d'être matérialisé. Du côté mexicain, la présence de milices privées a également marqué de longue date (bien avant la construction d'un mur) l'impossibilité ou du moins l'interdiction de passer la frontière illégalement : la frontière était déjà un territoire du danger pour tous les immigrés clandestins. Par conséquent, avant la matérialisation du mur, la frontière Etats-Unis se construisait déjà comme un mur-frontière, tant dans les représentations, dans les discours politiques que dans les pratiques spatiales.
A lire sur le mur-frontière entre les Etats-Unis et le Mexique :
- "Mexique / Etats-Unis : frontière, immigrations et inégalités sociales...", sur le site de Fabien Guillot Géographie sociale et politique.
- Des documents pédagogiques sur les sites et blogs de différents professeurs d'histoire-géographie : le blog du Lycée Molière de Villanueva de la Cañada ; le blog de M. Augris ; le site de l'académie de Nantes.
Les murs de séparation à Bagdad
Autre forme d'insécurité à laquelle sont confrontés les Etats-Unis, par le biais de leur intervention militaire menée en Irak : le maintien de l'ordre dans une opération militaire. Les murs de séparation sont dotés de plusieurs objectifs : stabiliser la situation entre les communautés qui s'opposent ; empêcher les acteurs déstabilisateurs d'opérer des exactions dans les territoires appropriés par l'autre groupe (quelque soit la façon dont les groupes se définissent en tant qu'ennemi dans une guerre larvée : différenciation politique, sociale, identitaire...) ; permettre aux militaires déployés à Bagdad d'établir des points de contrôle pour canaliser les déplacements urbains... Il s'agit là de la matérialisation de lignes de fracture intraurbaines, c'est-à-dire de frontières mentales qui marquent de fortes ségrégations dans l'organisation structurelle de la ville (et ce bien avant la guerre, qui a été un accélérateur de ces processus de différenciation et de regroupement communautaires).
Pourtant, les murs à Bagdad, comme tant d'autres, sont éphémères : "les frontières étanches n'ont jamais existé"("A bas les murs !", Cafés géo, 4 février 2008). Et les murs appelent également à de nouvelles territorialités entre enfermement (symbolisé par le seuil qu'il faut franchir, avec autorisation, pour pénétrer dans l'autre territoire) et transgression de l'interdit. Que ce soit par l'enclavement du territoire approprié ou par les flux transgressant cet enclavement, le mur laisse des stigmates dans les pratiques spatiales et la configuartion de l'espace socioculturel (voir le billet "La guerre, la ville et le mur" du 22 janvier 2009).
A lire sur le cas des murs de séparation à Bagdad :
- Le blog de Stéphane Taillat "En vérité", tout particulièrement les billets "Murs et mandats : maintien de l'ordre et sécurité à Bagdad" (31 décembre 2008) et "Retour à Sadr City" (15 mai 2008).
- Certains articles du Centre de recherche sur la mondialisation (Mondialisation.ca en français et GlobalResearch.ca en anglais), notamment "Les barrières de sécurité à Bagdad : consécration d'un nouvel apartheid intensifié par la guerre" (Jules Dufour, 26 avril 2007) et "Walls of Apartheid: Ghettoizing Baghdad" (Felicity Arbuhnot, 25 avril 2007).
En détournant le titre de l'ouvrage du géographe Michel Foucher L'obsession des frontières, on peut revenir au questionnement à l'origine de ce billet : aux Etats-Unis, y a-t-il une obsession des murs comme réponse aux insécurités sous des formes diverses ? Bien évidemment, on ne retrouve pas cette utilisation du mur et du barbelé comme outil sécuritaire aux seuls Etats-Unis (les murs en Israël-Palestine, les peacelines de Belfast, la ligne verte de Chypre, la frontière Liban/Israël...) : il s'agit ici de discuter un cas, mais l'étude mériterait d'être approfondie. Que ce soit dans le cas d'une séparation interétatique ou d'une séparation intra-urbaine, le mur a pour fonction de matérialiser la séparation, d'inscrire dans les paysages le cloisonnement des territoires, et de restreindre les pratiques spatiales en imposant un seuil entre deux territoires, qui ne peut être franchi sans autorisation. A l'heure de la globalisation, on assiste à un "retour" de la frontière, et tout particulièrement de la frontière matérialisée. Dans ce cas, le barbelé et le mur sont fortement chargés de symboles : celui d'un entre-soi extrême et d'un enfermement recherché ou imposé. Ainsi, par la barrière, il y a appropriation de la discontinuité entre deux territoires (que ce soient deux Etats, deux quartiers...).
Il est intéressant également de s'arrêter sur les discours qui entourent la construction des murs, et qui dépendent avant tout de l'utilisateur : concerné directement ou non ? D'une part, les murs semblent répondre à des demandes en termes de sécurisation de la part de certains habitants : la zone qui correspond à la juxtaposition entre deux territoires identifiés comme différents (deux Etats, deux territoires communautaires) est représentée comme une zone floue et dangereuse par les habitants. La proximité entre deux populations qui s'identifient nettement comme différentes n'est donc pas recherchée, voire même le plus brutalement rejetée, parce qu'elle est assimilée à une forte insécurité. C'est le cas de la frontière Etats-Unis/Mexique du point de vue des habitants états-uniens. Le point de vue des Mexicains est différent, puisqu'il s'agit pour eux de contrer l'effet positif de la frontière (avec le système de maquiladoras, qui apportent de nombreux emplois dans le Nord du Mexique) en le transformant en grande partie en effet-barrière. D'autre part, les discours des "observateurs", c'est-à-dire de ceux qui ne sont pas concernés par ces murs dans leurs territoires du quotidien et portent un regard extérieur. Il n'est pas rare de voir des commentaires sur les "murs de la honte" que ce soit pour parler de la frontière Etats-Unis/Mexique, des murs de séparation à Bagdad ou de tout autre mur dans le monde. Ce regard condamne la fin de la proximité, et ainsi l'impossibilité d'un multiculturalisme dans toutes les zones concernées par les murs. Ces observateurs s'interrogent sur la légitimité à matérialiser la séparation, la division, les discordes intercommunautaires.
De ce fait, le regard porter sur les murs-frontières dépend de qui pose ce regard, des intentionnalités des acteurs, de la situation politico-économique... mais également de leur vision du monde et du rôle même de la frontière dans leur espace socioculturel : la frontière est-elle un blocage ou une sécurité ? Se construit-elle en opposition aux modes d'habiter l'espace ou est-elle une légitimation de l'espace approprié ? Dans leur ouvrage Les frontières mondiales. Origines et dynamiques, Patrick Picouet et Jean-Pierre Renard donnent des exemples particulièrement illustratifs de cette représentation différenciée de la frontière en fonction du rôle que les hommes lui attribuent : "si elle est très visible sur la carte, remarquable par sa linéarité et régularité, la frontière est en revanche, parfois beaucoup plus floue dans l'espace vécu des populations. S. Lima [Stéphanie Lima, 2003, Découpage entre espace et territoire : la fin des limites ? La fin des territoires communaux dans la région de Kayes, Mali, thèse, Université de Poitiers, 532 p. + annexes] démontre que les sociétés rurales africaines continuent de fonctionner en réseau plutôt qu'à l'intérieur de territoires finement délimités. Alors qu'un nouveau maillage communal intérieur est en cours d'élaboration dans la région de Kayes (Mali), les sociétés rurales considèrent ces nouvelles lignes-frontières comme des contraintes, des limites "appauvrissantes". Fondamentalement, l'espace vécu des populations s'inscrit dans la mobilité et les échanges ; une limite nette, tranchée, divise, sépare et appauvrit les sociétés. Telle est la représentation de ces sociétés, non imprégnées historiquement, d'une organisation socio-spatiale aussi cloisonnée et rigide que la nôtre. En France, culturellement, le territoire se conçoit à partir d'un espace approprié et délimité ; au Mali, le territoire est un espace de mobilité, d'échanges, de négociations aux limites souvent floues." (Editions du Temps, collection Une géographie, Paris, pp. 72-73). On peut se demander si le fait d'envisager le mur comme moyen de sécurisation d'un territoire ne provient pas seulement de moyens techniques, mais également de la vision qu'entretiennent les acteurs de la construction du mur vis-à-vis du rôle de la frontière.
Le mur se construit comme une réponse à un "ennemi" perçu, qu'il soit n "ennemi" extérieur (à travers le bétonnage des frontières interétatiques, que ce soit entre les Etats-Unis et le Mexique, ou dans les enclaves européennes de Ceuta et Melilla) ou un "ennemi" intérieur. En ce sens, le mur n'est pas seulement un outil sécuritaire (dans le sens où il n'a pas pour seul but une efficacité vis-à-vis des objectifs sécuritaires qu'on lui attribue), il est également (et avant tout ?) la matérialisation d'un discours politique centré sur les enjeux sécuritaires. "Urbanisme de paix" ou "urbanisme de guerre" : la différence entre les deux conceptions accordées aux mêmes murs par des acteurs différents ne vient-elle pas de la représentation du mur comme outil sécuritaire ou outil de division ? Et derrière, se pose la question de la séparation des groupes d'hommes comme moyen de pacifier une ville, un Etat, une région... Derrière les représentations, se posent de multiples questions quant aux modalités d'intervention d'une force militaire avec ses propres représentations dans une zone où elle doit d'abord apprendre à connaître et comprendre les représentations des habitants.
A lire et à voir :
- "La guerre, la ville et le mur", billet de ce blog du 22 janvier 2009.
- Quelques cartes sur "Frontières et murs" réunies sur le site "Géographie de la ville en guerre" (dont toutes les cartes de l'émission Le dessous des cartes proposées ci-dessous).
- "Pourquoi le retour du thème des frontières ?", Café géo avec Michel Foucher, Daniel Nordmann et Philippe Rekacewicz, 6 octobre 2006.
- Le dossier "La frontière, discontinuités et dynamiques", sur le site Géoconfluences (avec notamment un article d'Olivier Clochard sur les "Jeux de frontières à Chypre").
- Pierre Renno, "Au-delà du mur : Israël face à sa frontière", EchoGéo, Sur le vif 2008, 2008.
- "La frontière, zone de contacts ou zone de ruptures ?", Café géo avec Henri Chamussy, 28 septembre 2001.
Quelques livres récents :
- Michel Foucher, 2007, L'obsession des frontières, Editions Perrin, 250 p.
- Alexandra Novosseloff et Frank Neisse, 2007, Des murs entre les hommes, La documentation française, Paris, 212 p.
- Patrick Picouet et Jean-Pierre Renard, 2007, Les frontières mondiales. Origines et dynamiques, Editions du Temps, collection Une géographie, Paris, 160 p.
Nouveaux murs
Emission du Dessous des cartes du 8 mars 2007
vendredi 23 janvier 2009
Le blog "Carnets de géographie sociale et politique"

Le site donne des approfondissements épistémologiques et conceptuels sur la branche qu'est la géographie sociale, ainsi que sur la notion de frontière. Les études de cas proposées y sont particulièrement développées et permettent de comprendre l'originalité et l'efficacité du regard géographique pour comprendre les enjeux des frontières conflictuelles. "Tracer une frontière est un acte géopolitique par excellence puisqu’il s’agit de délimiter des aires d’exercice de la souveraineté, d’inscrire le politique dans l’espace" (Michel Foucher ("Frontières à retracer : un point de vue de géopoliticien", Frontières et limites, acte de séminaire, Centre Georges Pompidou, Paris, 1991, p. 69). Fabien Guillot présente l'historique des frontières, les enjeux de la conflictualité qui les entourent et les impacts spatiaux qui en découlent entre ouverture et fermeture. De plus, le site est doté d'une remarquable cartothèque dans laquelle on retrouve des productions cartographiques de l'auteur.
Le blog, quant à lui, propose une lecture géographique de l'actualité nationale et internationale. Le Proche et le Moyen-Orient ainsi que les Etats-Unis sont des sujets de prédilection pour Fabien Guillot qui a fait de nombreuses recherches sur ces terrains. Autant dire combien son blog se place au coeur de l'actualité de ces derniers temps !
mercredi 5 novembre 2008
Les élections présidentielles des Etats-Unis en cartes
Quelques cartes et quelques liens sur la géographie électorale des Etats-Unis. Cela sort de la ligne de ce blog : il s'agit avant tout de quelques repères parmi les très nombreux articles disponibles sur Internet, et de quelques conseils de lecture parmi les blogs bien plus compétents sur la question !
La géographie électorale analyse la répartition géographique des votes : "on pouvait ainsi étudier de façon très détaillée la réalité des opinions et chercher des opinions à cette réalité. Dans la mesure où il existe des contrastes permanents entre certaines régions proches les unes des autres, il devient possible de comprendre quels sont les facteurs de structure sociale ou d'histoire qui produisent ces différences" (François Goguel, "Géographie électorale et science politique : un itinéraire", dans Jacques Lévy (dir.), Géographies du politique, Presses de la fondation nationale des sciences politiques, Paris, 1991, p.42). Les cartes produites après des élections sont à la fois démonstratives et subjectives. Pour le cas des Etats-Unis, représenter les résultats par Etats ou par comtés, en valeur absolue ou selon le poids relatif, ne donne pas la même "impression". Les cartes sont toujours un message : leurs auteurs, malgré leur démarche scientifique, font le choix des figurés, des couleurs, des phénomènes représentés... A ce propos, l'article de Cris Beauchemin sur les "Élections présidentielles aux États-Unis : « The Great Divide », mythe ou réalité spatiale ?" dans la revue électronique Mappemonde, à propos des élections présidentielles de 2004 est tout à fait éloquent. Il revient sur les résultats en proposant différentes cartes des résultats qui ne laissent pas la même "impression" quant à la victoire de George W. Bush. Les lignes de division qui apparaissent sont différentes entre les cartes présentant les résultats de l'élection présidentielle de 2004 par Etats (carte de gauche) et par comtés (carte de droite).
Il présente également les mêmes découpages électoraux avec des cartes par anamorphose qui montrent le poids relatif des Etats/comtés en fonction de leur nombre de grands électeurs. Enfin, il analyse des cartes montrant des nuances particulièrement démonstratives : il ne s'agit pas seulement de figurer le candidat vainqueur dans tel ou tel Etat ou comté, mais de figurer les nuances du vote populaire, en pourcentage. Les lignes de fracture apparaissant dans les cartes précédentes disparaissent : les Etats et les comtés n'apparaissant plus tout rouge ou tout bleu, ces cartes montrent combien la victoire des candidats dans certains Etats ou comtés est très disputée et modeste.

- le blog d'Olivier Kempf "Etudes Géopolitiques Européennes et Atlantiques" (qui, avant l'annonce des résultats, a d'ores et déjà écrit un article très intéressant et très démonstratif sur "les défaites de G. W. Bush", à une heure où la question du bilan du président sortant est peu débattue, comme "absorbée" par l'enjeu des élections en cours)
- le blog de Stéphane Staillat "En vérité (Narrations alternatives et contre-insurrection)" qui offre de très nombreux articles précis et riches, et ne manquera certainement pas d'analyser les résultats de ces élections, notamment quant à la présence militaire états-unienne en Irak
- le site de La Documentation française avec ses dossiers sur les élections présidentielles aux Etats-Unis en 2000, en 2004 et en 2008, qui permettent de faire le point sur les candidats, les enjeux, la situation économique et sociale du pays à chacune de ces élections.
A l'éclairage de tous ces documents, voici les cartes des résultats des élections présidentielles de 1992 à 2008 par comtés.




Au moment où j'écris ces quelques lignes, on annonce 338 grands électeurs pour Obama et 160 pour Mac Cain (source : I télé, consulté le 4 novembre 2008 à 8h00). Les cartes présentées montrent les résultats par comtés selon le nombre de grands électeurs, et de ce fait illustre une victoire "écrasante" pour Barack Obama. Les cartes du vote populaire et les cartes par comtés permettront d'affiner cette anaylse des résultats et de comprendre les nuances qui se cachent derrière ce vote et le poids réel de la nouvelle opposition. La comparaison avec les cartes des résultats des élections présidentielles précédentes montre également l'enjeu du "basculement" de certains Etats qui sont des bastions des conservateurs.



