![]() |
| La Grande Traversée du Zanskar (c) Daniel Balland, 17 août 2011. Voir tout l'album. |
Pages
Droits d'auteurs et citations
samedi 18 mai 2013
Hommage au géographe Daniel Balland
mardi 31 août 2010
"La réhabilitation des quartiers précoloniaux dans les villes d'Asie centrale" (Guillemette Pincent)
dimanche 20 juin 2010
Osh, une ville en guerre (1) : Le Kirghizistan, quelques enjeux stratégiques et géopolitiques
frontières artificielles à travers le cas de l'Asie centrale", Cahiers de
géographie du Québec, vol. 47, n°132, décembre 2003.
frontières artificielles à travers le cas de l'Asie centrale", Cahiers de
géographie du Québec, vol. 47, n°132, décembre 2003.
De plus, Isabelle Facon analyse la stabilisation et la sécurisation de l'Asie centrale comme une nécessité pour la coopération stratégique sino-russe. Pour la Russie, il s'agit davantage d'enjeux sécuritaires : "L’Asie centrale s’inscrit naturellement dans la politique russe visant à sécuriser les « frontières extérieures » de la Communauté des États indépendants (CEI), élément perçu comme indissociable de la sécurité nationale russe (la Russie est longtemps restée très impliquée dans la surveillance des frontières de la plupart des républiques d’Asie centrale). Ses quelque 7 000 km de frontières communes avec le Kazakhstan, renommées pour leur grande porosité, la sensibilisent particulièrement au danger de contagion des risques et instabilités centre-asiatiques sur son territoire, déjà particulièrement vulnérable sur son flanc sud (cf. les problèmes de sécurité et les conflits dans le Caucase du nord et du sud). La présence d’une population musulmane relativement nombreuse au sein de la Fédération de Russie amène Moscou à appréhender avec vigilance tout indice d’une montée de forces islamistes radicales en Asie centrale. Enfin, la présence de diasporas russes dans les républiques centre-asiatiques alimente l’intérêt de la Russie pour les conditions de sécurité dans cette région. Plus globalement, la Russie considère l’Asie centrale comme une zone tampon devant protéger son territoire des instabilités du sud (situation en Afghanistan et en Iran, risque conflictuel entre Inde et Pakistan, etc.) mais elle la sait trop fragile, en l’état actuel des choses, pour remplir ce rôle (cf. faiblesse et corruption des appareils étatiques, situations économiques et sociales difficiles…)" (Isabelle Facon, 2008, L'Asie centrale comme enjeu dans le « partenariat stratégique » sino-russe, FRS, coll. Recherches & Documents, n°6/2008, p. 9). Pour la Chine, l'apparition de nouveaux Etats indépendants sur sa frontière est à la fois l'occasion d'opportunités diplomatiques et économiques, et un enjeu sécuritaire.
Des articles scientifiques pour comprendre le Kirghizistan
- Patrice Gonon, 2010, "La crise au Kirghizistan : analyse des différentes dimensions spatiales", Diploweb, 18 juin 2010.
- Julien Thorez, 2006, "Flux et dynamiques spatiales en Asie centrale. Géographie de la transformation post-soviétique", E.S.O. Travaux et dcumennts, n°24, mars 2006, pp. 65-69.
- Olivier Ferrando, 2005, "Du concept de minorité en Asie centrale : l’exemple de la vallée du Ferghana", Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien, n°39-40, pp. 73-100.
- Les cartes de l'émission Le Dessous des cartes du 15 novembre 2006 consacrée à la vallée de Ferghana.
- Rapport Environment and Security: Transforming risks into cooperation - Central Asia, Ferghana / Osh / Khujand area, OSCE, 2005, 56 p.
- Vincent Braconnay, La vallée du Ferghana en Asie centrale. Evaluation des politiques de gestion des indépendances post-soviétiques et conditions de santé dans une région transfrontalière, mémoire de master II, sous la direction de Denis Cogneau, septembre 2007, 92 p.
Autres ressources (non disponibles en ligne)
- Daniel Balland, 2007, "La montée des tensions frontalières en Asie centrale", Revue internationale et stratégique, n°64.
- Daniel Balland (dir.), 2000, Hommes et terres d'islam. Mélanges offerts à Xavier de Planhol, 2 tomes, IFRI, Téhéran (également publié en anglais en 2001).
- Olivier Roy, 1992, "Frontières et ethnies en Asie centrale", Hérodote, n°64, pp. 169-182.
- Olivier Roy, 2001, L’Asie centrale contemporaine, PUF, coll. Que Sais-je ?, Paris (une réédition vient de paraître).
- Julien Thorez, Flux et dynamiques spatiales en Asie centrale – Géographie de la transformation post-soviétique, thèse de doctorat en géographie, sous la direction de Michel Sivignon, soutenue en 2005 à l'Université de Paris X – Nanterre.
- Dossier "Asie centrale", Courrier des pays de l'Est, n°1057, 2006/5.
mardi 7 octobre 2008
Achgabat, une capitale ostentatoire (Anne Fénot et Cécile Gintrac)
Comme le souligne Olivier Kempf dans son blog Etudes Géopolitiques Européennes et Atlantiques à propos de l'Afghanistan, on entend régulièrement des phrases telles que "Il faut mettre en place un dictateur. Mais un « dictateur convenable »", et ce pas seulement à propos de l'Afghanistan. Mais une question se pose alors : qu'est-ce que la dictature et ses réalités quotidiennes aujourd'hui ? Si l'on a des images des dictatures de la Guerre froide, l'imaginaire collectif a beaucoup de mal à se représenter les dictatures d'aujourd'hui. Quel vécu pour les populations qui se retrouvent aujourd'hui sous une dictature ? C'est une des pistes de lecture de l'ouvrage de 2 géographes, Anne Fénot et Cécile Gintrac, dans leur analyse d'Achgabat, la capitale du Turkménistan sous Niazov.
L'ouvrage Achgabat, une capitale ostentatoire. Urbanisme et autocratie au Turkménistan (L'Harmattan et IFEAC, collection Centre-Asie, Paris, 228 pages) sort quelque peu du cadre conceptuel de ce blog, mais relève de 2 intérêts majeurs : être le fruit d'une réflexion géographique sur l'urbanisme conçu comme un outil de propagande (et l'on pense là à la cathédrale Saint-Pierre de Yamoussoukro, véritable réplique de celle de Rome, mais en plus grand, promue comme symbole de l'identité chrétienne du Président Houphouët-Boigny et donc des Ivoiriens, ainsi que comme symbole du transfert de la capitale vers son village ainsi transformé en ville de fonctionnaires ; mais l'on pourrait aussi rapprocher ces méthodes et moyens urbanistiques à la réflexion concernant les "murs de la paix" pensés comme moyens d'apaisement des tensions de Belfast à Bagdad), et offrir une des rares analyses scientifiques sur le Turkménistan de Niazov, permettant aux lecteurs d'entrer directement dans la réalité quotidienne des habitants de la capitale soumis aux "frasques" du dictateur et de son culte de la personnalité. Une analyse à la fois originale et riche en réflexions.Cette monographie urbaine est divisée en 3 parties retraçant les différentes périodes urbanistiques qui ont transformé la ville en "Disneyland stalinien". La 1ère partie retrace les héritages de la domination russe sur la capitale turkmène. A la lumière de sources qu'elles sont allées chercher au Turkménistan dans des conditions d'accès très difficiles, les 2 auteurs mettent en perspective les évolution de la ville depuis sa fondation (avec la problématique du choix du site) sous le prisme des principes urbanistiques socialistes. Ce chapitre montre ainsi comment Achgabat est passée "du camp militaire turkmène à la ville soviétique". L'analyse de la ville planifiée met en oeuvre une étude de géographie urbaine originale présentant les caractéristiques de l'application des principes urbanistiques soviétiques à la ville centre-asiatique. On y découvre, par exemple, comment le pouvoir soviétique a utilisé la reconstruction suite au tremblement de terre de 1948 comme un moyen d'ériger une "fierté idéologique".
La 2ème partie "La ville d'un seul homme" nous plonge dans la démesure urbanistique du Turkmenbachy. A la lumière de la prise de pouvoir de plus en plus radicale et dictaturial de Saparmurat Niazov, les 2 auteurs montrent comment celui-ci va utiliser la capitale comme moyen de propagande, autant vis-à-vis des populations turkmènes que de l'extérieur. Achgabat devient alors une ville à l'image du dictateur. Les auteurs nous entraînent dans les modifications urbanistiques, la désertion progressive du centre-ville vidé de ces populations afin d'y construire des bâtiments gigantesques à la gloire du président, d'y instaurer une multitude de géosymbole construisant un mythe autour de son histoire familiale, de son rôle dans l'histoire du pays, de sa place dans la construction identitaire turkmène. Les populations, elles, sont refoulées aux périphéries de la ville, dans des conditions d'insalubrité et de paupérisation dramatique, tandis que le centre-ville devient de plus en plus le lieu d'un faste urbanistique démesuré.
La 3ème partie conclut sur "une capitale au fonctionnement entravé". L'analyse de l'utilisation de l'eau est particulièrement éclairante : tandis que des fontaines gigantesques fonctionnent à toutes heures et chaque jour en plein milieu désertique, le reste de la ville n'est pas approvisionné en eau. La croissance démographique de la capitale est elle aussi un défi majeur, alors que les seules constuctions nouvelles sont celles d'un centre-ville réservé au président et à son entourage proche, vidé de la population "ordinaire" et devenu un géosymbole de la dictature, de l'identité et d'une puissance que l'on cherche à afficher, ces images étant "offertes" aux quelques Occidentaux autorisés à pénétrer le pays. Bien évidemment, les visites des hommes industriels, hommes politiques et diplomates étrangers se limitent à ce centre-ville à l'urbanisme déconcertant, cherchant à faire correspondre une modernité contestable à une identité turkmène qui cherche à se construire et s'ancre dans des mythes fondateurs choisis par Niazov, transformant à son gré l'histoire nationale. Cette partie illustre parfaitement l'exacerbation de la dualité centre-ville/périphérie, du fait d'un urbanisme inégalitaire. Et l'on voyage entre un centre-ville "non-vécu", vidé de sa population et devenu un outil de propagande ; et des périphéries vécues mais sombrant dans tous les risques urbains, avec une paupérisation, un accès à l'eau potable s'affaiblissant, un manque cruel de logements, et aucun investissement, tandis que les populations continuent à s'y entasser.
Un ouvrage de géographie qui permet de comprendre les concepts de "ville insoutenable", de "ville vulnérable", à travers le prisme de l'urbanisme pensé comme outil politique diffusant un message et implantant des géosymboles politiques.
Afin de se faire une 1ère idée sur ce livre, retrouvez des articles en ligne de ces auteurs sur la ville d'Achgabat :
- un article dans Regards sur l'Est par Anne Fénot et Cécile Gintrac sur "Achgabat : de la ville nouvelle à la ville renouvelée"
- un article sur le site des Cafés géo par Cécile Gintrac : "Carte postale d'Achgabat (Turkménistan)"
- une émission sur Radio Vatican avec Cécile Gintrac : "Le Turkménistan, quinze ans après l'indépendance"
Retrouvez également sur le site "Géographie de la ville en guerre", une sélection d'extraits de documents sur le Turkménistan et la dictature de Niazov (utilisables dans le cadre d'une séance pédagogique sur la dictature aujourd'hui, mais également pour tout curieux), dont un extrait de cet ouvrage.
lundi 6 octobre 2008
Café géopolitique : Géorgie-Russie
- "Russie-Géorgie : une guerre aux enjeux multiples" (une séance proposée par le Web pédagogique)
"Géorgie-Russie : un affrontement complexe (1ère partie)" et la 2ème partie du même article (sur le blog de Richard Tribouilloy, professeur d'histoire-géographie au lycée Portes de l'Oisans à Vizille en Isére)
"Polémique cartographique autour de la Géorgie" (sur le blog d'Histoire Géographie ECJS du Lycée du Parc des Chaumes à Avallon)
"Vers l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abhkazie" (sur le blog Histoire-Géographie et Education Civique au Collège, tenu par des professeurs membres de l'association des Clionautes)
Et des ressources plus anciennes sur les enjeux de la région caucasienne :
"Turbulences au Caucase" (le compte-rendu d'un café géo animé par Niko Beroutchachvili, professeur de géographie à l’Université d’Etat de Tbilissi, tenu le 30 novembre 2005 à Toulouse)
"Enjeux géopolitiques aux marges de la Russie" (le compte-rendu d'un café géo animé par Vladimir Kolossov, professeur de géographie politique à Moscou)
"La politique extérieure de la Russie de Poutine" (par Isabelle Facon)
"Les enjeux de sécurité en Asie centrale : la politique de la Russie", (par Isabelle Facon, publié dans Annuaire français de relations internationales, Bruylant, 2004, pp. 653-666.)











