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jeudi 3 avril 2014

Semaine arabe de l'ENS 2014 : Territoires et frontières (4-11 avril 2014, Paris)

Pour l'édition 2014, la Semaine arabe de l'Ecole normale supérieure aura pour thème : "Territoires et frontières". Elle se déroulera du vendredi 4 au vendredi avril 2014. Le riche programme allie conférences et tables-rondes, théâtre, cinéma (My Land de Nabil Ayouch, Rome plutôt que vous de Tariq Tegula, Babylon d'Ismaël, Youssf Chebbi et Alaeddine Slim, Syrie : instantanés d'une histoire en cours du collectif syrien Abou Naddara, et de nombreux courts métrages), spectacles (concerts, contes orientaux…), ateliers (calligraphie, cuisine, écriture) et expositions.

L'une des expositions sera consacrée à une série de cartes réalisées par Noria (dont les cartes déjà publiées sur le site de Noria et certaines cartes inédites), qui sera inaugurée le lundi 7 avril à 17h00. Ce sera notamment l'occasion de revenir sur le making-of des cartes Syria Disunited: Regime and Rebel Military Positions (october 2013) et The Strategy of ISIL: Controlling thé Northern Border (october 2013) (voir la page "Mapping Competing Strategies in thé Syrian Conflict" sur le site de Noria). Voir également les billets "Syrie, cartographie d'une guerre : représenter l'espace des conflits" et "Syrie, cartographie d'une guerre : représenter l'espace des conflits (2)".

Illustration par Zeina Abirached



Présentation de la Semaine arabe de l'ENS 2014 :
Alors que les « révolutions arabes » en Tunisie, Egypte, Syrie et ailleurs restent marquées par l’importance des circulations politiques et des déplacements humains mais aussi par la singularité des contextes nationaux, la Semaine arabe a choisi cette année d’interroger le thème des frontières et des territoires.

Les frontières constituent un objet d’étude privilégié des recherches sur le monde arabe, dessinant les contours territoriaux de la souveraineté des États et déplaçant sans cesse les limites du « monde arabe » lui-même. En explorant l’épaisseur historique de ces tracés, la Semaine arabe espère apporter un éclairage sur la formation conflictuelle des démarcations étatiques, leur matérialisation (par un mur, un fleuve, etc.) et la contingence de leur représentation cartographique. Cet éclairage permettra en outre d’interroger le mythe intégrateur de la mondialisation, conçue comme l’avènement imminent d’un monde sans frontières. En effet, les tensions persistantes autour du Sahara ou de la frontière israélo-palestinienne semblent rendre illusoire l’image d’un monde “dé-territorialisé”.

Au-delà des enjeux géopolitiques, les frontières arabes apparaissent aussi comme des espaces privilégiés de rencontres et de confluences. En effet, les frontières s’inscrivent au cœur d’oppositions dialectiques reflétant leurs diverses fonctions : le cloisonnement et la circulation, l’obstacle et le passage, le contrôle et l’échange, la marge et l’interface. Structurée par cette dualité fonctionnelle entre coupure spatiale et espace de contacts, la frontière se révèle propice à l’analyse des circulations et des échanges.

Enfin, si assigner des limites et circonscrire revient à conférer une identité à un territoire, ces démarcations ne peuvent laisser indemne le sujet parlant et écrivant. En effet, les dynamiques d’appartenance à un lieu, un pays ou une culture, propres à chaque individu, toujours mobiles et multiples, sont étroitement associées à des frontières imaginaires et des délimitations mentales. Ces frontières intérieures, qui interrogent expressément les jeux d’identité des intellectuels arabes à leur langue et leur culture, seront aussi mises en lumière.




mercredi 1 janvier 2014

Syrie, cartographie d'une guerre : représenter l'espace des conflits (2)

Après avoir servi à la production d'une carte pour The Economist (voir l'article précédent "Syrie, cartographie d'une guerre : représenter l'espace des conflits" qui présente le making-of de ces cartes), les cartes "Syria disunited: Regime dans Rebels Military Positions (october 2013)" et "The Strategy of ISIL: controlling thé Northern Border (october 2013)" produites pour le site Noria (voir l'article "Mapping Competing Strategies in thé Syrian Conflict", 5 novembre 2013) ont servi (comme le rappellent les sources) pour la production d'une carte par le journal Le Monde : "Syrie : l'enlisement de l'insurrection" (27 novembre 2013). La carte produite à partir de la nôtre par The Economist tendait à offrir aux lecteurs une légende simplifiée. Cette version mettait tout de même en avant un point important de notre carte : la question des densités de peuplement dans les réalités spatiales du contrôle territorial des différents acteurs en armes en Syrie. Notre carte "tranchait" avec les précédentes produites qui représentaient les aires de nomadisme comme "hors" de la guerre, laissant des aplats vierges ou blancs, voire parfois représentaient ces zones comme "inhabitées" (voir "Syrie, cartographie d'une guerre : représenter l'espace des conflits").

La carte proposée par Le Monde, qui s'appuie sur notre carte mais propose des données actualisées au 25 novembre 2013 (nos cartes représentent la situation en octobre 2013), représente elle aussi la question des densités comme élément explicatif de la répartition des différents acteurs en guerre. Cette nouvelle utilisation de nos cartes pour Noria est l'occasion de discuter un autre aspect de la représentation de l'espace des conflits par la carte, soulevé mais non détaillé dans le précédent billet : celui de la question du "dessus des cartes" (et non seulement du "dessous des cartes" pour reprendre le nom de la célèbre émission sur Arte), c'est-à-dire de questionner brièvement la cartographie participative d'une part, et la diffusion de la production cartographique d'autre part.

dimanche 24 novembre 2013

Syrie, cartographie d'une guerre : représenter l'espace des conflits

Réaliser des cartes d'une guerre actuelle, au cours de laquelle les "lignes de front" entre les adversaires sont particulièrement mouvantes, pose tout d'abord la question de l'accessibilité et de la fiabilité des données. Mais aussi (et surtout) celle des choix cartographiques. Une carte thématique n'est pas neutre (à ce propos, voir le billet "La carte-discours. Quelques éléments de réflexion"), elle est une représentation de l'espace (et non une présentation). Les choix du cartographe et/ou de son commanditaire construisent une représentation de l'espace, mais n'en rendent qu'une partie, celle qui correspond à leur démonstration. De plus, le lecteur de la carte possède ses propres filtres de représentation : il perçoit et interprète la carte. Si la cartographie thématique francophone a été très marquée par la sémiologie graphique proposée par Jacques Bertin, la profusion de cartes sur Internet, dont on ne connaît pas toujours la source (date et auteur notamment), et encore moins les intentionnalités (quelle objectivité ?), tend à permettre une surenchère de la part d'interprétation de l'auteur et/ou commanditaire de la carte, tout en se parant des atours de l'objectivité cartographique (tout du moins d'une perception, erronée, de la carte qui dirait le "vrai", telle une présentation des réalités spatiales, alors qu'elle est et reste une représentation des réalités spatiales).

Lors de la réalisation de cartes sur l'état actuel des différents adversaires dans la guerre en Syrie pour le site Noria, ces questions d'accessibilité des données (quelle objectivité et quelle méthodologie pour les sources qui servent de référents aux cartes que l'on veut produire) et de choix cartographiques se sont révélées cruciales. Au moment de la conception et de la réalisation de ces cartes "Mapping competing strategies in Syrian conflict", le géographe Fabrice Balanche publiait son article "L'insurrection syrienne et la guerre des cartes" (Orient XXI, 24 octobre 2013), interrogeant et confrontant différentes représentations cartographiques de la guerre en Syrie. On se propose, dans ce billet, de confronter les réalisations cartographiques existantes et les difficultés de conception/réalisation qui existent dans la production cartographique sur la guerre en Syrie. Dans le cas des conflits armés, ces représentations peuvent être particulièrement empreintes de subjectivité et d'idéologies spatiales, et se révèlent non pas toujours des outils d'information et d'explication de la guerre en tant que tels, mais avant tout un matériau pour la compréhension des conflits de représentation qui se surajoutent au conflit armé.

lundi 25 février 2013

Colloque : "Le Liban et la crise syrienne"

Organisé par le laboratoire GREMMO (Groupe de recherches et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient), le colloque Le Liban et la crise syrienne se tiendra les 14 et 15 mars 2013 à Lyon (2 adresses : Grand amphi de Sciences Po Lyon, 14 avenue Berthelot, le 14 mars ; et Communauté urbaine de Lyon, 20 rue du Lac, le 15 mars).


Présentation du colloque par le GREMMO :
"Ce colloque sur “Le Liban et la crise syrienne” s’inscrit dans un programme de recherche plus vaste : “Le Proche-Orient et la crise syrienne”.La crise syrienne va se prolonger, même si les combats cessaient en 2013-2014. Les conséquences sur la Syrie et le Proche-Orient sont durables, ce qui justifie une réflexion sur le long terme. Quelles sont les consequences sur le Liban ? Sur la politique intérieure ? Sur son économie ? S’agit-il de la faillite de la politique de reconstruction du Liban après la guerre civile, précipitée par la crise syrienne, ou d’un simple retournement de conjoncture?

Le Liban est une poudrière. Les deux coalitions qui s’opposent au Liban participent directement ou indirectement au conflit syrien. Dans ces conditions, le Liban peut-il de nouveau basculer dans la guerre civile ? Quelles sont les conséquences de la crise syrienne sur la politique intérieure libanaise ? Par ailleurs, l’économie libanaise est durement affectée par la crise syrienne, au point que la croissance du PIB devrait être quasiment nulle en 2012. Le Liban, pourtant habile dans le passé pour tirer profit des crises dans les pays voisins, semble aujourd’hui entré dans une crise durable, au point que des inquiétudes sur le secteur bancaire libanais commencent à apparaître."

La répartition territoriale des communautés en Syrie et au Liban
Source : Fabrice Balanche, 2011, "Géographie de la révolte syrienne", Outre-Terre, n°29, p. 452.


mercredi 4 mai 2011

Le printemps arabe vu par les géographes


De nombreux chercheurs et experts ont commenté les révolutions actuelles en Egypte, Tunisie, Libye, Syrie, Yémen... Voici une sélection de ressources (par ordre chronologique de leur mise en ligne) pour appréhender ces mouvements de contestation et de révolte et les conflictualités qu'ils ont engendrées par l'approche spatiale et territoriale. A noter que dans beaucoup de ces articles/billets, on retrouvera de très nombreux liens particulièrement intéressants vers des travaux de chercheurs, des reportages ou articles de presse, etc. (notamment dans les billets des blogs d'Eric Verdeil et de Sylvain Kahn), qui permettront d'approfondir cette sitographie (bien loin d'être exhaustive !) et de retrouver une mise en contexte essentielle à la compréhension de ces événements.


Dossier "Une cartographie géomédiatique de la crise tunisienne", Collège International des Sciences du Territoire :


Des billets, des entretiens, des articles :
- Marc Lavergne, "Après la Tunisie, l'Egypte : les raisons de la colère", TV5 Monde, entretien réalisé par Sylvie Braibant, 26 janvier 2011.

- Eric Verdeil, "Villes arabes en révolution", Rumor, 31 janvier 2011 (voir une version actualisée publiée sur le site Métropolitiques le 7 février 2011).

- Sylvain Kahn, "Géographie de l'Egypte et du Caire en révolte", Globe (blog de l'émission Planète Terre animé par Sylvain Kahn), 2 février 2011. Ce billet a été rédigé en complément de l'émission Planète Terre du 2 février 2011 consacrée aux "Territoires de la révolution au Caire et en Egypte" avec pour invités Marc Lavergne, Bénédicte Florin et Agnès Deboulet.

- Marc Lavergne, "En Egypte, l'armée va-t-elle s'allier aux Frères musulmans ?", Libération, 18 février 2011. 


- Eric Verdeil, "Tahrir Square : histoire et analyse d'un espace reconquis par le public", Rumor, 2 mars 2011.

- Caroline Ronsin, "Instabilités au Yémen", Carto, 23 mars 2011.

- Eric Verdeil, "Tunisie : la révolution et l'aménagement du territoire", Rumor, 13 avril 2011.
- Eric Verdeil, "Le développement urbain durable dans la Tunisie post-Ben Ali", Rumor, 26 avril 2011.


A écouter prochainement :
- Fabrice Balanche, "Le printemps arabe : les territoires de la révolte en Syrie", Planète Terre, France Culture, mercredi 11 mai 2011, 14h00-14h30, présentée par Sylvain Kahn.

- "Le printemps arabe : les territoires de la révolte en Tunisie", Planète Terre, France Culture, mercredi 18 mai 2011, 14h00-14h30, présentée par Sylvain Kahn (le nom du (des) invité(s) n'est pas encore connu).

- Fabrice Balanche, "Le printemps des peuples arabes : révolte ou révolution ?", Café géographique, mercredi 18 mai 2011, 18h00-20h00, Café de La Cloche, Lyon.


A surveiller :
- Rumor, le blog du géographe Eric Verdeil.
- Les billets qui seront consacrés aux prochaines émissions de Planète Terre sur Globe, le blog du géographe Sylvain Kahn.