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lundi 23 septembre 2013

Aya de Yopougon : Représenter l'espace urbain dans la bande dessinée

Voici quelques billets réalisés dans le cadre de ma participation au Laboratoire junior Sciences Dessinées (ENS de Lyon) autour de la bande dessinée (presque incontournable cet été, lors du lancement de cette série de billets, du fait de son adaptation cinématographique) Aya de Yopougon.

Le choix d'exploiter dans cette série de billets un corpus restreint (une seule oeuvre, qui plus est limitée aux trois premiers albums), ne doit pas tromper sur la démarche : cet approfondissement s'inscrit dans une recherche plus générale sur les liens Ville/Bande dessinée qui a donné lieu à une journée d'études le 18 septembre 2013 à l'ENS de Lyon sur "Ville et Bande dessinée". Explorer Aya de Yopougon permet ici de s'interroger sur les liens entre la géographie et la bande dessinée : la bande dessinée peut-elle être un matériau de recherche pour penser les représentations de l'espace ? La bande dessinée nous permet-elle de mieux comprendre ce qui fait sens dans l'habiter ?, etc.

Si l'histoire s'est emparée de la question du lien Histoire/Bande dessinée assez tôt, la question reste plus récente pour les géographes. On citera tout de même la thèse de doctorat en géographie de Julien Champigny : L'espace dans la bande dessinée, soutenue en 2010 (un prochain billet fera le point sur les références biblio/sitographiques et les grands axes de réflexion autour du lien Géographie/Bande dessinée sur le carnet Sciences Dessinées). La série de billets aborde donc la bande dessinée Aya de Yopougon sous le prisme de la géographie.

"Cette bande dessinée est située dans le temps et dans l'espace : les années 1970 sont celles du “miracle ivoirien” et de l’émergence, notamment à Abidjan qui polarise les activités et le peuplement ivoiriens, d’une classe moyenne. Dans le temps, l’histoire se situe donc dans une période de prospérité économique à l’échelle de la Côte d’Ivoire. Dans l’espace, elle se situe à l’échelle du quartier : c’est par le prisme des territoires du quotidien d’Aya, jeune femme de 19 ans, que Marguerite Abouet propose de faire découvrir la ville dans laquelle elle a grandi. Cette échelle est déjà un repère pour le lecteur : la bande dessinée propose une géographie intime et subjective d’Abidjan. Le choix du quartier dans lequel se déroule l’histoire n’est pas neutre, lui non plus. Yopougon est non seulement un quartier à forte identité (notamment pour ses célèbres “maquis”, des restaurants populaires en plein air, qui ont un très important rôle dans la sociabilisation et la rencontre), mais aussi un quartier en pleine évolution dans les années 1970. C’est enfin un quartier qui est un haut-lieu du “miracle ivoirien”, que dépeint la bande dessinée en montrant les contrastes derrière le développement économique." (extrait du billet introductif).

Pour poursuivre la lecture : SÉRIE AYA DE YOPOUGON
A noter que cette série n'est pas achevée : il reste d'autres billets à venir (notamment sur les territoires de la fête, de la drague et de la nuit).

Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, 2005, Aya de Yopougon, tome 1, planche 15.



vendredi 12 avril 2013

Colloque : "Face à la guerre : combattants et non combattants dans les conflits contemporains"

Le trinôme académique de Grenoble (Education nationale et IHEDN-Défense) propose, en partenariat avec Grenoble Ecole de Management et la 27e Brigade d'Infanterie de Montagne (27 BIM), le colloque le vendredi 24 mai 2013 : "Face à la guerre : combattants et non combattants dans les conflits contemporains" (au grand auditorium de Grenoble Ecole de Management, 12 rue Pierre Sémard, Grenoble).




Programme du colloque :
(voir également le programme sous format pdf)


9h00 : Accueil du public

9h30 : Allocutions de bienvenue
- Olivier Audéoud (recteur de l'Académie de Grenoble)
- Général Benoît Houssay (commandant la 27e Brigade d'Infanterie de Montagne)
- Renaud Pras (président de l'association IHEDN Dauphiné-Savoie)

Présentation de la journée
Catherine Biaggi (inspectrice générale de l'Eduction nationale)

10h00 : Conférence introductive : L'EXPÉRIENCE COMBATTANTE AU REGARD DES CONFLITS DU XXe SIÈCLE
Olivier Wieviorka (historien, professeur à l'Ecole Normale Supérieure de Cachan, rédacteur en chef de la revue Vongtième siècle)



COMBATTANTS ET NON COMBATTANTS DANS LA GUERRE

10h30 : 1er débat
Modérateur : Colonel Yann Kervizic (adjoint au Général commandant de la 27e BIM)


L'EXPÉRIENCE COMBATTANTE
Commander au feu
Capitaine Pierre Malavaux (13e Bataillon de Chasseurs Alpins, Chambéry)

Gérer les traumatismes psychologiques du combattant
Docteur Thierry Bruge Ansel (médecin chef des services à l'hôpital d'instruction des armées Desgenettes)

Echanges avec l'auditoire


VILLES ET POPULATIONS EN GUERRE
Beyrouth : au coeur de la guerre civile
Bénédicte Tratnjek (chercheuse, enseignante et doctorante en géographie, Université Blaise Pascal à Clermont-Ferrand, IRSEM)

Sarajevo : vivre dans une ville assiégée
Henry Jacolin (ambassadeur de France en Bosnie-Herzégovine 1993-1995)


COUVRIR LA GUERRE : ÊTRE CORRESPONDANT DE GUERRE AU SEIN DES CONFLITS
Didier François (grand reporter à Europe I)

Echanges avec l'auditoire


Pause déjeuner libre


SORTIR DE LA GUERRE

14h15 : 2e débat
Modérateurs :
Catherine Biaggi (inspectrice générale de l'Education nationale)
Kevin Sutton (professeur agrégé au département de géographie de l'Université de Savoie)


DES OPÉRATIONS DE GUERRE AU MAINTIEN DE LA PAIX
L'engagement de la France dans une opération internationale
Général Antoine Noguier (chef du cabinet militaire du ministre de la Défense)

Echanges avec l'auditoire


RECONSTRUIRE L'ÉTAT ET L'ÉCONOMIE
Refonder l'Etat et garantir l'efficacité économique de la reconstruction
Hervé Hutin (PRAG, docteur en économie à l'Université de Savoie)
et Frédéric Turpin (professeur des Universités en histoire à l'Université de Savoie)


RECOMPOSER LES ÉQUILIBRES GÉOPOLITIQUES RÉGIONAUX
Circulations et territoires en Afrique de l'Ouest, un enjeu dans les conflits
Jean-Fabien Steck (maître de conférences au département de géographie de l'Université de paris Ouest-Nanterre)

La politique étrangère turque au Moyen-Orient : néo-ottomanisme ou nouvelle approche stratégique ?
Jean Marcou (professeur de droit public à l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble)

Echanges avec la salle


Conclusions du colloque : HISTOIRE ET MÉMOIRES DES CONFLITS CONTEMPORAINS
Olivier Wieviorka (historien, professeur à l'Ecole Normale Supérieure de Cachan, rédacteur en chef de la revue Vingtième siècle)

17h15 : Fin du colloque


mardi 29 janvier 2013

Géographie de la violence au Kenya

Ce mercreci 30 janvier 2013, dans le cadre des mercredis de la géographie, le département de géographie, aménagement et environnement de l'Université Toulouse Le Mirail accueille le géographe Bernard Charlery de la Masselière pour une conférence sur les "Violences au Kenya : enjeu territorial, enjeu électoral". La conférence aura lieu de 14h00 à 16h00, au département de géographie (salle 237, bloc 18, Université Toulouse Le Mirail).



L'occasion de proposer la vidéo d'une autre conférence de Bernard Charlery de la Masselière interrogé par Franck Vidal, mise en ligne sur le site de Canal-U, datant du 4 avril 2008, revenant sur la réélection contestée du président Kibaki en janvier 2008. Par la géographie électorale, Bernard Charlery de la Masselière revient sur la mise en valeur du territoire et le partage de l'espace hérité de la colonisation, sur les processus d'inégalités (entre les hautes terres agricoles dans lesquelles les grandes cultures ont fait la richesse du Kenya et le reste du Kenya), et sur la géographie des conflits au Kenya.


Kenya, conflits et territoires


Présentation de l'émission sur le site de Canal-U :
"En janvier 2008, après la réélection contestée du président Kibaki de violents affrontements secouent Nairobi, la capitale du Kenya. Si les médias ont bien souvent résumé ces violences à des oppositions interethniques, le point de vue du géographe, spécialiste de l’Afrique de l’Est replace le conflit dans un contexte beaucoup plus large : c’est à travers la géographie du Kenya - terre de contraste et de diversité, mais aussi à travers tous les processus de définition des territoires mis en place par la colonisation anglaise et enfin, à travers les phénomènes de mondialisation économique qu’il est nécessaire d’analyser les événements actuels au Kenya."



Source de la vidéo :
Bernard Charlery de la Masselière et Franck Vidal, 2008, "Kenya, conflits et territoires", Can-U, conférence du 4 avril 2008, Université Toulouse Le Mirail.


Quelques ressources bibliographiques :



lundi 28 janvier 2013

Penser les frontières africaines aujourd'hui (BRIT Mobile Borders / Michel Foucher)

Les XIe Rencontres du réseau BRIT (Borders Region in Transition) organisées à Genève et Grenoble les 6-9 septembre 2011 autour de la question des "Frontières mobiles" (voir le programme) posaient une question originale : celles des mobilités de la frontière, pas seulement dans le temps, mais aussi dans son inscription spatiale à un moment donné (voir le billet "Frontières mobiles : quelques réflexions après le colloque" du 16 septembre 2011). Les séances plénières ont été filmées, et sont mises à disposition sur le site de l'Université de Genève. Voici celle du géographe Michel Foucher : "Penser les frontières africaines aujourd'hui" (source de la vidéo : site de l'Université de Genève).


Penser les frontières africaines aujourd'hui
(Michel Foucher, BRIT XI, 2011)

BRIT / Penser les frontières africaines aujourd’hui/
Contemporary views on African borders
00:00:21 / 00:33:28
 Pause
207vues

























lundi 17 septembre 2012

Séminaire : "Enquêter en période de conflit : témoignages et réflexions sur des terrains africains"

Dans le cadre du séminaire Les sciences sociales en question : grandes controverses épistémologiques et méthodologiques, le Centre d'études européennes de Sciences Po paris organisera une séance sur "Enquêter en période de conflit : témoignages et réflexions sur des terrains africains", le jeudi 20 septembre 2012 à 17h00.



Présentation de la séance :
"L'enquête de terrain "en période de conflit" confronte les sciences sociales à des difficultés particulières. Dans quelles conditions le chercheur est-il en mesure de s'affranchir des pesanteurs d'une situation de vive tension, voire de danger physique pour lui ? Comment peut-il garder ses distances vis-à-vis des acteurs en conflit, ne pas paraître de parti pris ? L'Afrique offre à cet égard un terrain d'observation privilégié."


Intervenants :
Richard Banégas (Sciences Po, CERI)
Auteur notamment de : Côte d'Ivoire, une guerre de la modernité (Paris, Editions La Découverte, à paraître).

Roland Marchal (Sciences Po, CERI, CNRS)
Auteur notamment de : Guerres et sociétés. Etats et violence après a Guerre froide (Paris, Karthala, 2003, co-direction avec Pierre Hassner).


Discutantes :
Marielle Debos (Université Paris Ouest Nanterre La Défense, ISP)
Auteure notamment de : Le métier des armes au Tchad (à paraître).

Sandrine Perrot (Sciences Po, CERI)
Auteure notamment de : Le processus de reconstruction d'un ordre politique dans l'Ouganda de Yoweri Museveni (1986-2006) : de la réversibilité du chaos (Paris, Karthala, à paraître).

Le débat sera présidé par Samy Cohen (Sciences Po, CERI).


Informations pratiques :
Entrée livre dans la limite des places disponibles.
Contacts : nonna.mayer@sciences-po.fr et cohen@ceri-sciences-po.org
Sources de l'information : site du Centre d'études européennes de Sciences Po Paris.


Quelques lectures en ligne pour aller plus loin :

Enquêter en milieu « difficile », Revue française de science politique, vol. 57, n°2007/1
  • Magali Boumaza et Aurélie Campana, "Enquêter dans un milieu « difficile »", pp. 5-25.
  • Vincent Romani, "Enquêter dans les territoires paelstiniens. Comprendre un quotidien au-delà de la violence immédiate", pp. 27-45.
  • Patrick Bruneteaux, "Les politiques de l'urgence à l'épreuve d'une ethnobiographie d'un SDF", pp. 47-67
  • Daniel Bizeul, "Que faire des expériences d'enquête ? Apports et fragilité de l'observation directe", pp. 69-89.
Abel Kouvouama, "Les pratiques de terrain en situation de tensions sociales et de guerre civile au Congo-Brazzaville", SociologieS, rubrique Expériences de recherche, Champs de recherche et enjeux de terrain, 18 octobre 2011.

Et aussi :

samedi 25 août 2012

Géographie des conflits récents : quelques articles (3)

Voici une mise à jour des billets "Géographie des conflits récents : quelques articles" partie 1 (11 mai 2009) et partie 2 (5 mai 2011) qui vient compléter le journal Scoop.it "Géographie des conflits" (à ce jour, 242 ressources en ligne recensées). Ce dernier concerne l'ensemble des ressources qui mettent en avant la dimension spatiale de la conflictualité (ce que le géographe Lionel Laslaz nomme, dans la continuité des travaux sur les conflits environnementaux, la "polémogéographie"), qu'il s'agisse des conflits armés, environnementaux, d'usage, de représentation, d'aménagement... Mais comme tout n'est pas sur le net, il est tout de même important de signaler des articles parus dans des revues papier qui ne sont pas signalés dans ce journal Scoop.it, soit parce qu'ils ne sont pas encore disponibles en ligne (pour certaines revues, il existe un temps de délai entre la publication papier et la mise en ligne gratuite en ligne), soit parce qu'il s'agit de publications existant seulement sous format papier. Ces ressources ne doivent pour autant pas être négligées ! Pour continuer cette recension d'articles sur la géographie des conflits, voici les résumés (pour les articles) ou les premières lignes (pour les notices) d'un numéro des Cahiers d'Outre-Mer consacré aux conflits en Afrique (à suivre : un billet sur une autre revue de géographie : L'Information géographique avec un numéro sur les différentes approches géographiques de la conflictualité).


ATTENTION : Comme pour tous les billets, les cartes présentes ici sont la propriété de leurs auteurs. Pour les utiliser sur un site ou un blog, vous devez impérativement citer les références complète (nom du/des auteur(s), nom de l'article, nom de la revue, numéro, année, pagination) et citer l'url de référence ou insérer (comme c'est le cas ici) un hyperlien renvoyant systématiquement vers la source (en cliquant sur les cartes, vous pouvez accéder aux articles). Les cartes proposées ici sont donc volontairement réduites en termes de taille, pour vous inviter à aller lire les travaux originaux dont elles sont extraites.


vendredi 14 octobre 2011

Articles de Géoconfluences sur la géographie des conflits

Pour poursuivre le billet précédent qui proposait de retrouver les archives du Festival international de géographie sur la question "Géographie des conflits", voici la sélection de ressources du site Géoconfluences sur cette même question (réalisée en novembre 2010). Comme pour le précédent billet, ce dossier est présenté dans son intégralité et sans modification, et reste la propriété du site Géoconfluences.



• L'ensemble du dossier "Afrique subsaharienne : territoires et conflits", http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/etpays/Afsubsah/Afsubsah.htm , une sélection :

- La crise ivoirienne par les cartes
- Les parcs naturels d'Afrique australe : d'autres territoires de conflits
- L’État-nation en Afrique subsaharienne, un modèle en crise ?
- Les camps de réfugiés du Kenya : des territoires sous contrôle
- Agriculture et conflits en Côte d'Ivoire : terroirs maraîchers, territoires disputés
- Darfour : impacts ethniques et territoriaux d'une guerre civile en Afrique
- Crises, insécurité alimentaire et aides d'urgence. L'exemple de la Côte d'Ivoire

• Un certain nombre de pages du dossier "La frontière, discontinuités et dynamiques", http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/frontier/Front.htm , une sélection :
- Jeux de frontières à Chypre : quels impacts sur les flux migratoires en Méditerranée orientale ?
http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/frontier/FrontScient8.htm
- Océan Arctique : des frontières maritimes à l'épreuve d'une nouvelle donne climatique (enjeux et rivalités pour l'appropriation des ressources) http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/frontier/FrontDoc5.htm - Où passe la frontière entre la Corée et le Japon ? http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/frontier/FrontDoc2.htm
- Des populations réfugiées frontalières et leurs impacts, l'exemple de la Guinée forestière. Autres exemples contemporains. http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/frontier/FrontDoc3.htm

• Autour de la Russie et de ses frontières :
- Les frontières russes entre effets d'héritages et nouvelles polarités http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/etpays/Russie/RussieScient4.htm
- Politique et géopolitique du pétrole russe http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/etpays/Russie/RussieScient3.htm - Géopolitique des relations entre la Russie et le Japon : des enjeux énergétiques http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/etpays/Russie/RussieDoc5.htm

• Taiwan : naissance des frontières d'une démocratie insulaire (Une frontière entre indépendantisme taïwanais et irrédentismes chinois): http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/etpays/Chine/ChineScient6.htm

• Gouvernance territoriale et gestion des déchets : l'exemple de la Campanie italienne (les territoires de la Camorra) http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/transv/DevDur/DevdurDoc8.htm
> > Quelles images pour sensibiliser aux grands débats environnementaux ? L'exemple de la "crise des déchets" en Campanie italienne (autour de Gomorra) http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/transv/DevDur/DevdurDoc8.htm

• Questions foncières et politiques de réforme agraire au Brésil
http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/etpays/Bresil/BresilScient2.htm


mardi 27 septembre 2011

Programme du prochain Festival international de Géographie : l'Afrique plurielle



Le programme définitif du prochain FIG (Festival international de géographie) qui se déroulera à Saint-Dié-des-Vosges du jeudi 6 au dimanche 9 octobre 2011 et qui sera consacré à "l'Afrique plurielle : paradoxes et ambitions" est en ligne sur le site du FIG (à noter pour ceux qui se trouvent à proximité de Saint-Dié-des-Vosges que la programmation prévoit des activités autour du Festival dès le lundi 3 octobre).

En attendant, les Cafés géographiques proposent un dossier "Afrique(s)" et le site Géoconfluences propose de redécouvrir son dossier "Afrique subsaharienne : territoires et conflits".

Voici également les 6 itinéraires proposés lors du Festival, afin de découvrir l'Afrique et les pays à l'honneur et les territoires invités pour cette 22ème édition : le Rwanda, le Togo, la Réunion, Mayotte et les Terres Australes et Antarctiques Françaises.

A noter, à propos des thématiques intéressant ce blog, un itinéraire consacré aux "Crises et conflits", dans lequel on retrouvera notamment les interventions d'Elisabeth Dorier-Apprill, de Roland Pourtier, Jean-Louis Chaléard, Alain Dubresson, Christian Bouquet...




Itinéraire 1 - La diversité des paysages africains : usages et protections

Itinéraire 1 - La diversité des paysages africains

L’Afrique, cet immense continent où s’opposent des milieux secs (les déserts Sahara, Kalahari), et des fleuves immenses (le Congo, le Nil), des espaces semi-arides (le Sahel aux marges du Sahara) et de vastes forêts toujours vertes dans la cuvette très humides du Congo, porte aussi des montagnes (Maghreb, grands volcans de l’Est africain), de grands lacs (Victoria…), d’immenses littoraux ouverts sur la Méditerranée, l’Atlantique et l’océan Indien... L’Afrique a depuis longtemps suscité des convoitises pour ses ressources naturelles et notamment le bois. Mais, alors même que l’exploitation par les entreprises des pays européens progressait, un discours sur la protection s’est anciennement fait jour et des parcs, des réserves ont été implantés dès 1898 en Afrique du Sud (parc Kruger), en 1925 au Congo (parc Virunga). Le discours commun évoque aussi le désert qui «avance», ses marges qui se dessèchent (au Sahel notamment), et la désertification qui menace. Il insiste également sur le recul de la vaste forêt du bassin du Congo, sur la dégradation des sols agricoles, sur les maladies liées à la mauvaise qualité de l’eau… Bref, les discours sur l’Afrique sont systématiquement dramatisés, catastrophistes. Que faut-il penser de cela ? Et peut-on envisager l’Afrique dans sa globalité sans mettre en évidence la variété des situations ? Ces situations dramatiques sont dans la plupart des cas envisagées comme résultant des actions des sociétés africaines, et notamment des populations les plus pauvres qui dégradent leur environnement, en consomment les ressources. Comment envisager ces rapports entre la nature et les sociétés africaines ? Les réponses fournies par les ONG de protection de la nature, en termes de parcs, de réserves, d’où les populations sont souvent exclues autoritairement, sont-elles satisfaisantes ? C’est à ces questions que le parcours n°1 tentera de répondre. Les réponses ne peuvent être que nuancées et plurielles comme le sont les sociétés africaines qui depuis très longtemps utilisent diversement la nature.
Yvette Veyret, Professeur de Géographie, Paris X Nanterre



Itinéraire 2 - Crises et conflits

Itinéraire 2 - Crises et conflits

Les médias n’invitent l’Afrique que quand elle souffre ou menace l’Occident : famines, sida, guerres civiles, terrorisme islamique, piraterie. Depuis les indépendances, des conflits multiformes n’ont cessé de rythmer l’histoire d’un continent confronté à de multiples défis. Celui du nombre : le quadruplement de la population de l’Afrique noire depuis 1960 génère des conflits pour l’accès aux ressources vitales, terre et eau. Celui de laconstruction d’Etats dont les frontières tracées par les puissances coloniale ne coïcident pas avec des  configurations ethniques au demeurant mouvantes. Depuis les indépendances, la plupart des conflits armés ont été des guerres civiles ne remettant pas en cause le dogme de l’intangibilité des frontières de 1963. Toutefois, l’accession à la souveraineté du Sud-Soudan en juillet 2011 ouvre une brèche, aux conséquences imprévisibles, dans l’ordre territorial hérité. Les guerres expriment dans la violence la rivalité entre groupes rivaux, civils ou militaires, pour l’accession au pouvoir et aux avantages économiques auxquels il donne accès. Les fragilités institutionnelles inhérentes à la jeunesse des Etats et les difficultés à faire émerger des identités nationales dans des contextes de pluralité ethnique créent des conditions propices aux conflits. En s’émancipant des réseaux, comme ceux de la Françafrique qui ont longtemps bridé leur indépendance les Etats africains sont entrés de plain-pied dans la mondialisation. Les pays émergents ont rejoint les pays du Nord, redessinant une géopolitique dominée par la compétition pour les ressources naturelles, pétrole et minerais, au risque, pour l’Afrique, de la malédiction des matières premières. La diversité des situations interdit les analyses univoques. Les conflits entre agriculteurs et éleveurs ou ceux qui opposent autochtones et allochtones partout où le foncier est devenu un enjeu crucial sont d’une autre nature que les conflits mondialisés par les intérêts économiques des grandes puissances depuis la sécession du Katanga en 1960 jusqu’à la guerre de Libye en 2011.
Roland Pourtier, Professeur de Géographie émérite, Paris I Panthéon Sorbonne



Itinéraire 3 - Le continent de l'entre deux milliards

Itinéraire 3 - Le continent de l'entre deux milliards

Un milliard aujourd’hui, deux milliards en 2050, l’ampleur du défi démographique qui attend les Africains et leurs partenaires tient dans cette fourchette. Bien amorcée par la conjonction d’une forte baisse de la mortalité et du maintien d’un fort désir d’enfants, la transition démographique lance le continent sur une croissance supérieure à 2 % par an, proche pour certains Etats de 3 % ! Le caractère inédit de cette transition démographique est son extrême brutalité, qui impose à certains Etats des doublements de population tous les 20 ans ! Avec un âge médian proche de 20 ans, la principale caractéristique de cette population est sa jeunesse. Formidable jeunesse d’un continent qui lui insuffle sa vitalité quotidienne, son appétit de vivre, ses rêves, ses attentes, ses frustrations, ses impatiences en terme de consommation, d’éducation de participation. Formidable réservoir de main d’oeuvre en attente d’un emploi, dans le secteur informel aujourd’hui, dans les entreprises industrielles demain ? En quoi la transition sanitaire, le passage d’un complexe pathogène dominé par les parasites et les infections à un tableau clinique plutôt dessiné par les symptômes des maladies de la dégénérescence (cancers et maladies cardio-vasculaires) et de la mal-consommation (diabète) - elle aussi bien amorcée, et ce même au-delà des effets de la pandémie VIH-sida - fait-elle système avec ces dynamiques démographiques et géographiques ? Car, évidemment, ce qui intéresse le géographe, ce sont autant ces dynamiques que leurs conséquences spatiales voire territoriales. En effet, la croissance de la population, en remplissant les terroirs, amène à des adaptations, des diversifications, des réaménagements productifs mais aussi à de formidables redistributions de peuplement. Car, quoique sur la longue durée, la carte des densités africaines montre une remarquable résilience, le continent est travaillé par des migrations très importantes. Les migrations africaines concernent d’abord les Etats du continent et posent aux politiques publiques de formidables défis d’aménagement du territoire et redéfinissent les liens sociaux.
Bernard Calas, Bordeaux III



Itinéraire 4 - L'émergence de l'Afrique : un défi pour le continent ?

Itinéraire 4 - L'émergence de l'Afrique

Et si «le temps de l’Afrique», celui du décollage économique, était effectivement arrivé ? Après avoir été stigmatisée durant de nombreuses années sous les seuls aspects de l’afro-pessimisme (sida, guerres ethniques et civiles, famines, pauvreté, avancée du désert, sous-développement, etc.), les observateurs internationaux rivalisent désormais d’imagination pour faire état de la nouvelle dynamique très favorable dans laquelle l’Afrique subsaharienne semble emportée, constat qui trouve son pendant politique en Afrique du Nord au travers du «Printemps arabe». Mais ce changement de regard est trop unanime et soudain pour ne pas paraître à son tour un peu suspect. Au florilège des idées reçues de naguère, d’autres idées reçues ne se substitueraientelles pas ? Si la forte croissance du PIB (5 % en moyenne en 2010, soit plus du double de celle observée durant les années 1990) constitue un paramètre indiscutable, on sait cependant qu’elle ne se transforme pas facilement en développement et qu’il faudra encore plusieurs décennies au rythme actuel pour que soit éradiquée la pauvreté. Ce changement de perception doit beaucoup à l’activisme manifesté depuis quelques années par les grands pays émergents (Chine, Brésil, Inde, etc.) et des rivalités nouvelles qui naissent entre puissances extérieures du Nord et du Sud, d’une part à l’égard des prometteurs marchés de consommation africains qui constituent autant de relais de croissance, d’autre part des matières premières (énergétiques, agricoles et minérales) dont le sous-continent regorge et qui constituent un enjeu majeur dans le cadre de la mondialisation contemporaine. Ce décollage économique est enfin surtout un redoutable défi pour le continent africain, car il reste fragile et très dépendant de la conjoncture internationale. D’autre part, rien ne dit que les progrès enregistrés seront suffisants pour faire diminuer le sous-emploi chronique des populations et reculer la pauvreté. Par ailleurs, l’Afrique saura-t-elle se rendre plus attractive aux yeux des investisseurs, notamment dans les domaines d’activité qui lui font encore si largement défaut (industrie, nouvelles technologies, services sophistiqués) ?
François Bost, Maître de conférence, Paris X Nanterre



Itinéraire 5 - L'Afrique, un singulier pluriel !

Itinéraire 5 - L'Afrique, un singulier pluriel !

Quel est l’avenir de ce continent, faut-il cultiver des positions afro-pessimistes ou afro-optimistes ? Il est nécessaire de prendre suffisamment de recul pour s’installer dans une posture prospective tout en s’accordant sur son passé afin d’ouvrir ses sens géographiques pour imaginer son avenir. Ce continent a été sous la domination de puissances coloniales pendant des siècles jusqu’aux indépendances et parfois néocoloniales depuis. Son réveil de fait est récent et d’une certaine manière son futur lui appartient. Cette perspective est d’actualité et il sera au chevet de notre vieux continent européen pour lui éviter de sombrer à son tour. L’Afrique est un singulier pluriel ! Singulier car ce continent a subi des drames sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Dépouillé de ses richesses dont ses hommes et ses femmes, sa place dans les échanges commerciaux n’a jamais été équitable ! D’autres richesses lui ont été et lui sont encore prélevées dont ses matières premières. Guerres, razzias, famine, pauvreté extrême, stress hydrique sont le lot quotidien de ce continent, et il n’en finirait pas de sombrer au plus profond des abîmes. Pour quelles raisons est-il encore présent dans notre monde, pourquoi est-il malgré tout acteur de la scène mondialisée ? Face aux fardeaux de l’héritage historique, il a fallu résister. Et ici le pluriel s’impose ! Les sociétés africaines ont cultivé par obligation des stratégies dont l’objectif principal a été d’annuler ou de diminuer les conséquences des désastres subis. Connaître ces résistances oblige à demander à nos sens géographiques de changer d’échelle afin de percevoir sa diversité. Les innovations qui se construisent ont pour origine les particularités de ce continent : un autre singulier. Parmi la diversité des capacités de résistance et d’innovation, nous aborderons les mobilités géographiques à l’origine des transferts matériels et immatériels. Les Africains sont connectés avec notre monde, notre avenir dépend aussi des échanges qui se construisent dans bon nombres de domaines touchant nos sens.
Patrick Gonin, Univ de Poitiers, MIGRINTER



Itinéraire 6 - La Réunion, Mayotte et les Terres Australes et Antarctiques

Itinéraire 6 - La Réunion, Mayotte et les Terres Australes et Antarctiques

Les liens avec l’Afrique plurielle sont évidents, que ce soit pour les deux départements insulaires ou plus encore pour les îles Eparses, partie prenante des TAAF, qui festonnent la grande île de Madagascar. L’histoire, le peuplement, une partie de la culture sont communs ou offrent des parallèles saisissants. La Réunion, Mayotte et les Terres Australes et Antarctiques fascinent. Elles sont à la fois proches et lointaines. Un simple timbre à 58 centimes d’euro permet à un courrier de cheminer de France métropolitaine à Saint-Denis de la Réunion ou à Logoni sur l’île de Mayotte. Point de gros décalage horaire, les îles sont à 12 heures d’avion, plein sud, au milieu de l’océan Indien, accessibles, accueillantes et tellement différentes. Les TAAF, elles, fascinent et pas uniquement le philatéliste qui guette avec avidité la livraison annuelle des émissions des Kergelen ou de Crozet. Le dépaysement est radical. Le vent, le froid, l’isolement, la solitude sont convoqués. Les noms évoquent de lointaines découvertes, des paysages immaculés, des conditions extrêmes que l’on atteint avec la Terre Adélie. Les enjeux sont à la fois scientifiques, géostratégiques et diplomatiques. Au début du 21e siècle, le statut de ces territoires peut paraître incongru à l’aune de la géopolitique mondiale et des indépendances. Anciennes terres de relégation, elles continuent à attirer et à étonner. Régulièrement ces territoires s’invitent dans l’actualité française comme pour se rappeler à un bon souvenir. C’est le classement des payasages réunionais à l’UNESCO, la création d’un 101e département à Mayotte, l’arraisonnage d’un navire-usine asiatique pêchant illégalement dans les eaux territoriales ou les nouvelles avancées sur le statut du continent Antarctique. Pour quelques heures ou quelques semaines, les projecteurs sont tournés vers ces îles et puis le temps passe, les nouvelles défilent, l’intérêt faiblit. Le FIG est heureux de fêter et accueillir ces îles françaises de l’océan Indien. C’est l’occasion pour nous de mieux connaître ces territoires, et, pour eux, de se faire connaître. Nous demanderons donc aux géographes de les présenter, de les décrypter et d’expliciter les enjeux naturels, sociaux et géopolitiques de ces espaces insulaires originaux.