Droits d'auteurs et citations

Tous les éléments publiés sur ce blog peuvent être utilisés avec l'accord de l'auteur du blog et A LA CONDITION de citer les sources utilisées (qu'il s'agisse du ou des billets utilisés comme des auteurs cités dans le blog). Merci de respecter les droits d'auteur (pour tous les textes et documents utilisés dans le blog, y compris pour les auteurs cités). Pour me contacter : benedicte.tratnjek[at]gmail.com
Affichage des articles dont le libellé est note de lecture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est note de lecture. Afficher tous les articles

jeudi 11 juillet 2013

La localisation des industries. Enjeux et dynamiques (B.Mérenne-Schoumaker)

Bernadette Mérenne-Schoumaker, 2011, La localisation des industries. Enjeux et dynamiques, Presses Universitaires de Rennes, collection Didact Géographie, Rennes, nouvelle édition (1e édition : 2002), 255 p.

"Dans ce manuel destiné principalement aux étudiants, la géographe Bernadette Mérenne-Schoumaker revient sur les répartitions des structures industrielles, leurs enjeux et leurs dynamiques. Deux axes préoccupent la géographe dans une démarche pédagogique visant à expliciter la place de l’industrie dans les territoires et les économies : « l’axe spatial (via les thèmes de la localisation et de l’espace) et l’axe temporel (à travers l’étude des dynamiques) » (p. 7). L’ouvrage croise à la fois approche théorique (notamment par des définitions et des typologies, particulièrement utiles aux candidats préparant la question « Systèmes productifs »1 ou aux étudiants confrontés à la géographie économique), conceptuel (Bernadette Mérenne-Schoumaker ne propose pas seulement un panorama des localisations des industries, mais confronte le lecteur aux grands cadres explicatifs de ces localisations et de leurs conséquences, par un regard pluridisciplinaire croisant notamment géographie et économie) et documents particulièrement précieux pour les étudiants (schémas théoriques et applications pratiques sur des études de cas à différentes échelles). (...)"




Source du compte-rendu : Tratnjek, Bénédicte, 2013, "La localisation des industries. Enjeux et dynamiques (Bernadette Mérenne-Scoumaker)", Cafés géographiques, rubrique Des livres, 10 juillet 2013, en ligne : http://cafe-geo.net/la-localisation-des-industries-enjeux-et-dynamiques-b-merenne-schoumaker/

vendredi 28 décembre 2012

Les communautés tamoules et le conflit sri lankais (D. Madavan, G. Dequirez, E. Meyer)

Delon Madavan, Gaëlle Dequirez et Eric Meyer (dir.), 2011, Les communautés tamoules et le conflit sri lankais, L’Harmattan, collection Géographie et Cultures, Paris, 214 p. 

"Fruit d’un colloque organisé en février 2010 1, cet ouvrage rassemble huit articles majeurs dans la compréhension des spatialités des communautés tamoules et de leurs stratégies d’adaptation face au conflit sri lankais. « Après plus de 25 ans de conflit violent, la question sri lankaise a fait à nouveau irruption sur la scène médiatique au cours du premier semestre de l’année 2009, durant l’avancée inexorable de l’armée sri lankaise qui a réduit, en mai, sans merci, le dernier bastion des séparatistes tamouls de l’organisation des Tigres de Libération de l’Eelam tamoul (LTTE) » (p. 7). Géographie du conflit et géographie du risque (les territoires du conflit armé en 2009 sont aussi ceux qui ont été touchés par le tsunami en décembre 2004) ont dessiné, à Sri Lanka, une géographie de lacatastrophe humanitaire. Pourtant, malgré des sursauts médiatiques autour de la question sri lankaise, les communautés tamoules restent méconnues. Les auteurs réunis dans cet ouvrage bilingue 2 se sont donnés pour objectif de donner des clefs de compréhension sur les conséquences du conflit intercommunautaire pour les populations tamoules à Sri Lanka comme pour la diaspora dispersée. Depuis le très utile ouvrage d’Eric Meyer, Sri Lanka. Entre particularismes et mondialisation paru en 2001, les travaux sur les populations tamoules se sont multipliés, et cet ouvrage propose le net avantage d’en proposer non seulement une synthèse, mais aussi un regard croisé entre la recherche en langue française et la recherche en langue anglaise. (...)"




Source du compte-rendu : Tratnjek, Bénédicte, 2012, "Les communautés tamoules et le conflit sri lankais (D. Madavan, G. Dequirez, E. Meyer)", Les Cafés géographiques, rubrique Des livres, 28 décembre 2012, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2598

"Atlas géopolitique des Balkans. Un autre visage de l'Europe" (Amaël Cattaruzza et Pierre Sintès)


Amaël Cattaruzza et Pierre Sintès, 2012, Atlas géopolitique des Balkans. Un autre visage de l’Europe, Autrement, collection Atlas/Monde, Paris, 95 p.


"Si les Balkans, et tout particulièrement les Etats post-yougoslaves, ont été au cœur de nombreux ouvrages dans les années 1990 et 2000, un atlas de langue française manquait cruellement. Les quelques rares productions 1 qui existaient s’intéressaient davantage à l’histoire des Balkans, laissant peu de place pour les explications sur les conflits récents, et plus encore pour la situation post-conflit. Avec l’atlas d’Amaël Cattaruzza et Pierre Sintès, ce « vide » est comblé, et ce pour le plus grand bonheur de ceux pour qui les Balkans restent synonymes d’une région violente, sans plus d’éléments. Parce que, comme l’explique l’historienne étatsunienne Maria Todorova, les Balkans, comme appellation géographique, sont devenus péjorativement empreints de représentations négatives 2. Si des guerres particulièrement violentes ont marqué la décomposition de la Yougoslavie, il serait inapproprié de réduire les Balkans à la seule violence. Et, dans cet atlas, Amaël Cattaruzza et Pierre Sintès sont soucieux d’éviter des stéréotypes abusifs, et s’intéressent, dans cet atlas, aux territoires du quotidien (l’habiter, le tourisme, l’environnement, le patrimoine, le sport, la musique... sont autant de thèmes abordés dans l’atlas). Pour les lecteurs plus avertis sur cette région, la production cartographique de Romain Imbach viendra offrir un complément essentiel pour la compréhension de cette région où le « péché cartographique » montre combien la carte peut être un discours sur les réalités spatiales. Parce que les statistiques sont souvent aux mains de discours géonationalistes, mais aussi parce que les choix du cartographe (ou de son commanditaire) opèrent une sélection sur les réalités spatiales, en appuyant ou exacerbant certains phénomènes, en minimisant ou effaçant d’autres. (...)"




Source du compte-rendu de lecture : Bénédicte Tratnjek, 2012, "Atlas géopolitique des Balkans. Un autre visage de l'Europe (Amaël Cattaruzza, Pierre Sintès)", Les Cafés géographiques, rubrique Des livres, 17 décembre 2012, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2593


lundi 3 décembre 2012

"Guerre aux migrants. Le livre noir de Ceuta et Melilla" (Emmanuel Blanchard, Anne-Sophie Wender)

Migreurop, Emmanuel Blanchard et Anne-Sophie Wender (dir.), 2007, Guerre aux migrants. Le livre de Ceuta et Melilla, Editions Syllepse, Paris, 234 p.

"Les enclaves espagnoles, Ceuta et Melilla, reviennent très souvent sous les feux de l’actualité médiatique, dès lors qu’il est question d’immigration illégale. Dans les médias ces derniers mois, l’expression de « guerre aux migrants », très contestée il y a quelques années, est régulièrement évoquée : naufrages en mer Méditerranée, camps d’enfermement d’étrangers en Turquie aux frontières de l’Europe... Revenant sur le fantasme spatial d’une « invasion » de l’Europe par les migrants clandestins (bien que la réalité des migrations - forcées ou « choisies » - soit principalement des flux de proche en proche), le réseau Migreurop proposait en 2008 un ouvrage ouvertement militant sur la dizaine de migrants abattus alors qu’ils tentaient de pénétrer dans les enclaves espagnoles à la frontière avec le Maroc à l’automne 2005. Dès l’introduction, les auteurs du réseau Migreurop reviennent sur le titre : « guerre aux migrants » et situent leur propos : « jusqu’à l’automne 2005 et les événements de Ceuta et Melilla relatés dans cet ouvrage, le réseau Migreurop s’était abstenu, dans ses prises de positions publiques, de parler de ‘guerre aux migrants’ pour désigner les politiques de répression et de dissuasion de l’immigration. [...] A trop vouloir éviter les pièges de l’exagération et de l’emphase militante, nous avions oublié que le bellicisme envers les migrants, s’il laisse de rares traces verbales dans des discours institutionnels oscillant entre économisme et humanitarisme, est une réalité concrète pour l’immense majorité des habitants du Sud qui souhaitent faire valoir leur droit à quitter leur propre pays » (pp. 7-8). L’actualité médiatique nécessite de revenir sur la genèse de cette expression et sur les publications de certains collectifs, tels le réseau Migreurop, qui en ont défendu la pertinence."




Références de l'article : Bénédicte Tratnjek, "Guerre aux migrants. Le livre de Ceuta et Melilla (Emmanuel Blanchard, Anne-Sophie Wender)", Les Cafés géographiques, rubrique "Des Livres", 2 décembre 2012.


mercredi 20 juin 2012

"Mathieu Guidère, Atlas des pays arabes. Des révolutions à la démocratie ?"

Mathieu Guidère, Atlas des pays arabes. Des révolutions à la démocratie ?", Autrement, collection Atlas/Autrement, Paris, 2012.

"Ecrire et publier un ouvrage de synthèse sur les « printemps arabes », alors même que les révolutions sont en cours est un pari audacieux : proposant un atlas, dans la célèbre collection des éditions Autrement, Mathieu Guidère remporte ce pari, en proposant aux lecteurs à la fois un « outil » pour comprendre les événements actuels, et une synthèse efficace sur les conflictualités, les rivalités de pouvoir, les peuples, le développement et les (r)évolutions. Les cartes, les textes et les encadrés sont au service d’une approche pédagogique veillant, dans l’atlas, à préciser les grands enjeux du monde arabe, d’en donner les grandes caractéristiques politiques, mais aussi économiques et sociales."




Références de la recension : Bénédicte Tratnjek, "Mathieu Guidère, Atlas des pays arabes. Des révolutions à la démocratie ?", Lectures / Liens socio, rubrique "Les comptes rendus", 7 juin 2012.


jeudi 26 janvier 2012

Lectures croisées : La tentation des frontières

  • Michel Foucher, 2007, L'obsession des frontières, Perrin, Paris, 249 p.
  • Bernard Reitel, 2011, "La frontière internationale, objet sémique, processus multidimensionnel, interface signifiante", Working Papers, n°43, CEPS/INSTEAD, Esch-sur-Alzette, 36 p., en ligne : http://www.ceps.lu/pdf/6/art1661.pdf


"Si l’on pourrait penser a priori la frontière comme un objet géographique (trop) bien connu, l’actualité nous rappelle chaque jour combien il est plus que jamais nécessaire de repenser et de requestionner les frontières, entre discontinuités et interfaces : que ce soit dans les propositions politiques de ce printemps 2011 visant, en France et en Italie, à suspendre temporairement les Accords de Schengen pour redonner aux Etats leurs prérogatives en matière de défense du territoire pour faire face à un afflux éventuel de réfugiés en provenance de Libye ou de Syrie ; ou encore dans les débats autour de la représentation cartographiques des frontières d’Israël et de la Palestine dans les manuels scolaires d’histoire dans l’enseignement du secondaire, les frontières sont plus que jamais l’objet de discours spatiaux et de disputes territoriales, mêlant des enjeux politiques nationaux et internationaux. Le Working Paper du géographe Bernard Reitel s’inscrit totalement dans ces questionnements sans cesse renouvelés, et propose de discuter les « changements qui caractérisent les frontières internationales et de voir ce que ces changements révèlent sur la nature des frontières » (p. 1). Il propose à la fois une synthèse sur les différentes conceptions de la frontière dans la pensée géographique au prisme de l’exemple de l’Europe, et une réflexion sur la frontière comme objet/interface/processus. L’ouvrage du géographe Michel Foucher, qui rappelle combien sonFronts et frontières (1988 pour la 1ère édition) avait marqué la réflexion sur la question de la construction des territoires étatiques par la matérialisation d’une discontinuité territoriale et politique, s’intéresse lui aux disputes frontalières, c’est-à-dire aux frontières litigieuses qui font l’objet d’une matérialisation mise en scène (murs) et/ou d’un conflit interétatique".




Références du compte-rendu de lecture : Tratnjek, Bénédicte, 2011, "Lectures croisées : La tentation des frontières", Les Cafés géographiques, rubrique Des livres, 25 janvier 2011, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2338





dimanche 15 janvier 2012

"Pratiques de sécurité en ville (Justice spatiale)"

« Pratiques de sécurité en ville », Justice spatiale | spatial justice, n°4, décembre 2011. En ligne : http://jssj.org/index.php



"« La sécurité des uns peut entraîner l’insécurité des autres ». L’introduction des géographes Marie Morelle et Jérôme Tadié au n°4 de la revue en ligne Justice spatiale | spatial justice, pose bien les problématiques des « pratiques de sécurité en ville ». Conformément aux interrogations de la revue sur la justice et l’injustice spatiales, ce ne sont pas les politiques urbaines de sécurité dans leur théorisation et dans les discours politiques qui sont questionnées dans ce numéro, mais leur mise en pratique et leurs conséquences spatiales, en termes de redistribution de l’(in)sécurité en ville et de représentations des « territoires du danger » (pour reprendre le titre de l’ouvrage de Jérôme Tadié sur les territorialités de la dangerosité dans la ville de Jakarta). Audacieux, ce numéro n’interroge pas la sécurité là où on l’attend dans la ville, dans les quartiers les plus riches, mais se focalise sur la question des pratiques de sécurité dans les quartiers pauvres. Comme le disent les deux géographes le dirigeant, il « s’attache à montrer comment les politiques institutionnelles de sécurité et les actions des citadins pour assurer leur sécurité sont révélatrices d’injustice et de justice spatiale à différentes échelles »."
 
 
 
 
Références du compte-rendu de lecture : Bénédicte Tratnjek, 2012, "Pratiques de sécurité en ville (Justice spatiale | spatial justice, n°4, 2011)", Cafés géographiques, rubrique Des livres, 15 janvier 2012, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2345
 



lundi 2 janvier 2012

"La mobilité des pauvres" (Sylvie Fol)

Il a souvent fait référence à la question des mobilités contraintes/forcées dans les billets de ce blog. Mais, avant d'être "en guerre", les villes questionnées ici sont des villes "ordinaires". La question des mobilités/immobilités des habitants "ordinaires" pendant la guerre ne peut être comprise sans prendre en compte le contexte de l'immédiat avant-guerre, c'est-à-dire les infrastructures de transport (avant destructions/entraves à la mobilité) et les inégalités socio-spatiales pré-existantes telles qu'elles dessinent une (in)justice spatiale dans la ville. Celle-ci peut devenir un facteur aggravant dans la guerre, et plus encore dans l'immédiat après-guerre. La question des (im)mobilités contraintes/restreintes/interdites (voir le billet "Mobilités éprouvantes : se déplacer dans les villes en guerre" du 4 avril 2010) dans la guerre ne doit pas faire l'économie des travaux sur les mobilités urbaines dans les villes "ordinaires", tant il s'agit dans le contexte de l'immédiat après-guerre et de la reconstruction d'un potentiel facteur d'émergence ou de réactivation de tensions sociales qui mettent à mal la pacification des territoires (voir le billet "Les risques de la reconstruction" du 26 février 2009).



Sylvie Fol, 2009, La mobilité des pauvres. Pratiques d'habitants et politiques publiques, Belin, collection Mappemonde, Paris, 264 p.


"A partir d’exemples de villes en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, Sylvie Fol interroge dans cet ouvrage la réalité d’une « injonction à la mobilité » pour ceux qui n’y ont pas ou peu accès : les groupes sociaux les plus défavorisés dans les villes. Elle questionne les pratiques spatiales des ménages pauvres au prisme de la dépendance automobile pour les uns, de la dépendance à des réseaux de transport en commun qui dessine une géographie des inégalités pour les autres. « Les mobilités apparaissent ainsi aujourd’hui « constitutives de la société urbaine contemporaine ». La possibilité de se mouvoir, dans des sociétés urbaines de plus en plus complexes et diversifiées, conditionne l’accès à des ressources qui se trouvent rarement à proximité les unes des autres » (p. 11). Sylvie Fol, prenant acte de ces transformations majeures dans les villes des pays dits développés depuis les années 1990, propose un regard éclairé et éclairant sur les (im)mobilités des plus pauvres : elle questionne les réalités de l’ancrage dans le quartier, qu’elle confronte à l’idée d’« assignation », osant un regard sans concession sur les effets des politiques publiques et termes d’aménagements urbains, d’aide à la motorisation et de développement des transport en commun. La mobilité, considérée dans les politiques urbaines comme un capital, est-elle toujours vécue par les habitants comme un « progrès » ?".




Source du compte-rendu : Bénédicte Tratnjek, "La mobilité des pauvres. Pratiques d'habitants et politiques publiques (Sylvie Fol)", Cafés géographiques, rubrique "Des livres", 2 janvier 2012, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2332


dimanche 13 novembre 2011

"La ville face aux crises" (Humanitaires en mouvement n°8)


Le groupe URD (urgence réhabilitation développement) a organisé le 26 avril 2011 une journée d'études consacrée à La ville face aux crises sous le prisme de l'action humanitaire. Les vidéos de cette journée sont disponibles sur le blog Géographie de la ville en guerre et sur le site de l'URD. Suite à cette journée d'études, le groupe URD a publié un numéro de sa revue Humanitaires en mouvement qui reprend les actes des interventions.


"La ville face aux crises", Humanitaires en mouvement, n°8, octobre 2011, 44 p.


" « Tandis que les villes prenaient de plus en plus d’importance, avec l’accélération des processus d’exode rural et d’urbanisation, les conflits de la Guerre Froide orientaient l’action humanitaire vers les campagnes ». Pourtant, face aux guerres de décomposition de la Yougoslavie, dans le contexte de l’immédiat après-guerre froide, les acteurs de l’humanitaire, souvent formés aux pratiques agricoles, vont être confrontés à un fait nouveau : la ville, devenue un théâtre d’opérations pour les militaires, va aussi devenir un espace de l’urgence humanitaire, où se confrontent des défis très divers : guerre, catastrophes, conflits sociaux, troubles politiques, mouvements de déplacés/réfugiés, inondations, insécurité alimentaire... Les crises urbaines sont nombreuses, et le métier des humanitaires a été profondément affecté par ce défi urbain. Proposant les actes de la conférence La ville face aux crises du 26 avril 2011, le numéro 8 de la revue Humanitaires en mouvement fait le point sur ces « crises dans la ville », qui sont peut-être, comme le rappelle François Grünewald dans son édito, des symptômes de la « crise de la ville » (p. 1). Si l’objectif de ce numéro est d’interpeller les acteurs de l’humanitaire à une meilleure compréhension des enjeux de leurs interventions en cours et à venir, il intéresse également les géographes, en questionnant les espaces de l’urgence et de l’intervention humanitaires, en précisant les enjeux de la reconstruction dans des villes affectées par des conflits ou des catastrophes, ou encore en discutant la notion de « ville vulnérable ». "




Source du compte-rendu de lecture : Bénédicte Tratnjek, "La ville face aux crises (Humanitaires en mouvement, n°8)", Les Cafés géographiques, rubrique Des livres, 13 novembre 2011, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2303


samedi 12 novembre 2011

"Villes afghanes, Défis urbains. Les enjeux d’une reconstruction post-conflit" (Béatrice Boyer)


Béatrice Boyer, 2010, Villes afghanes, Défis urbains. Les enjeux d'une reconstruction post-conflit, Karthala/Groupe URD, collection Pratiques humanitaires, Paris, 408 p.

"L’Afghanistan serait-il encore une terra incognita ? Certes, des toponymes tels que Kaboul ou la vallée de la Kapisa sont souvent évoqués dans les médias, mais que connaissons-nous réellement de l’Afghanistan ? Qui sont les Afghans ? Où vivent-ils ? Quels sont aujourd’hui les enjeux de la reconstruction dans ce pays, à la veille du retrait des troupes de la coalition internationale engagée dans ce pays depuis 2001 ? Si de nombreux ouvrages, articles et études paraissent sur la question des acteurs et des processus politiques, rares sont ceux à faire le point sur les espaces de vie en Afghanistan. L’ouvrage de Béatrice Boyer n’est pas remarquable seulement parce qu’il se distingue de la littérature existante : il l’est surtout par la qualité des informations et des réflexions que servent une écriture agréable et un recours à de très nombreux cartes et schémas. Se penchant sur les enjeux de la reconstruction dans les villes afghanes, cette urbaniste qui travaille pour le Groupe URD (urgence réhabilitation développement) entraîne le lecteur dans son expérience de terrain, dans « l’ordre et le désordre urbains » afghans, dans les difficultés pour les acteurs de la reconstruction à faire face aux enjeux imbriqués de l’arrivée massive de populations depuis les espaces de combats dans les zones rurales, et aux déficiences urbanistiques préexistantes dans un Afghanistan où les acteurs - y compris ceux de l’aide internationale - peinent à comprendre l’ensemble de la question urbaine".




Source du compte-rendu de lecture : Bénédicte Tratnjek, "Villes afghanes, Défis urbaines. Les enjeux d'une reconstruction post-conflit (Béatrice Boyer)", Cafés géographiques, rubrique "Des livres", 4 novembre 2011, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2292




Ressources en ligne
pour aller plus loin


Les espaces de l’humanitaire en Afghanistan :



Des revues sur l'humanitaire :



dimanche 16 octobre 2011

"50 fiches pour comprendre la géopolitique" (Delphine Papin)

Delphine Papin (dir.), 2010, 50 fiches pour comprendre la géopolitique, Bréal, Paris, 215 p.

"Nombreux sont les ouvrages qui se proposent être des manuels de la géopolitique. Mais souvent le géographe « grince des dents » tant l’approche spatiale est absente d’une « géopolitique » qui s’apparente davantage à une science politique ou d’une « géopolitique » dans laquelle la géographie est assimilée à la cartographie, voire à une seule question de localisation. Ce n’est pas le cas dans l’ouvrage dirigé par Delphine Papin : ici, le terme « géopolitique » n’est pas pensé en faisant l’économie de l’approche géographique. Et l’efficacité de cet ouvrage tient à la fois de la concision et de la précision des fiches qui sont proposées (qui offrent ainsi un outil de culture générale) que de la rigueur intellectuelle et de la mise en avant des phénomènes spatiaux dans ces fiches (l’ouvrage proposant alors un véritable outil pour les étudiants, les enseignants et tous les passionnés qui aimeraient découvrir comment l’approche spatiale permet d’appréhender, de manière originale et complémentaire aux sciences politiques, les questions de conflictualités). Autre point fort de l’ouvrage : le travail d’équipe permet à chaque auteur d’aborder des lieux, des pays et des régions qu’il connaît parfaitement, et d’en proposer une synthèse très efficace. Le découpage de l’ouvrage, enfin, est pensé pour que le lecteur puisse choisir entre deux types de lecture : une lecture linéaire qui permet une progression multiscalaire dans les différents enjeux conflictuels ; et une lecture « choisie » où le lecteur « pioche » les fiches qui répondent à ces attentes. Autant d’atouts qui font de cet ouvrage un manuel incontournable pour aborder la géopolitique et la géographie des conflits."

Lire la suite du compte-rendu de lecture sur le site des Cafés géographiques ->


Source du compte-rendu de lecture : Bénédicte Tratnjek, "50 fiches pour comprendre la géopolitique (Delphine Papin)", Cafés géographiques, rubrique "Des livres", 15 octobre 2011, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2275



dimanche 14 août 2011

"Le patrimoine militaire et la question urbaine" (In situ, n°16, 2011)


"Le patrimoine militaire et la question urbaine", In situ. Revue des patrimoines, n°16, 2011.


"La revue en ligne In situ consacre son dernier numéro au « patrimoine militaire et la question urbaine » (n°16, 2011). Sous la direction de Dorothée Chaoui-Derieux (conservateur du patrimoine) et d’Emilie d’Orgeix (maître de conférences en histoire de l’art moderne à Bordeaux 3), qui signent unéditorialparticulièrement efficace qui présente avec synthèse les différents enjeux de la réflexion sur le patrimoine militaire urbain, ce numéro propose un regard éclairant sur les processus de reconversion et de patrimonialisation des patrimoines militaires, question qui est aujourd’hui au cœur de l’actualité dans de nombreuses villes, du fait de la fermeture progressive de nombreuses casernes en France d’une part, et de la question de la réhabilitation de nombreuses traces archéologiques d’autre part. Cette thématique intéressera, de plus, tous ceux que la géohistoire des formes urbaines intrigue, dans la mesure où ce numéro apporte de nombreux compléments à l’analyse de l’urbanisation et des politiques urbaines dans des villes telles que Strasbourg, Lyon ou Saint-Nazaire, dont les étudiants parcourent les cartes topographiques. A travers une démarche principalement historique, « il s’agit ici de s’interroger sur les principes d’identification, d’inventaire et d’étude de ce patrimoine antique, médiéval, moderne ou contemporain, conservé ou disparu, d’évaluer l’impact du fait militaire sur les sites d’implantation des villes et sur la structuration urbaine (emprise au sol, réoccupation d’anciens édifices ou emprises, créations de nouveaux pôles d’urbanisation...) et, enfin, d’analyser les différents processus de patrimonialisation, de reconversion des sites et la perception qu’en ont aujourd’hui leurs usagers »."




Source du compte-rendu : Bénédicte Tratnjek, 2011, "Le patrimoine militaire et la question urbaine (In situ, n°16, 2011)", Cafés géographiques, rubrique "Des livres", 13 août 2011, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2235




mardi 2 août 2011

"Imaginaire des Balkans" (Maria Todorova)



Maria Todorova, 2011, Imaginaire des Balkans, Editions EHESS, collection "En temps & lieux", Paris, 352 p. (traduction de l'ouvrage Imagining the Balkans).



(JPEG)Travail incontournable pour qui s’intéresse aux Balkans, l’ouvrage Imagining the Balkans de l’historienne Maria Todorova vient d’être traduit en français. Cette traduction ne manquera pas d’intéresser non seulement les chercheurs, les étudiants et les passionnés que le sort des Balkans intrigue, mais aussi tous ceux que l’imaginaire, l’identité, les représentations et la mythification de l’histoire interrogent. Par-delà l’étude de cas, l’auteur questionne l’appartenance identitaire, l’appropriation territoriale, les spatialités des minorités. Elle décortique le poids des toponymes, la géographie imaginaire au prisme de la littérature et des récits de voyage, ou encore l’impact des discours sur la construction des peuples, de leurs territoires et de la différenciation identitaire. Derrière la question « que sont les Balkans ? », elle interroge ainsi la fabrique des identités et le poids des représentations dans la construction d’ « aires régionales » définies par des critères d’unité parfois contestables, parfois imposés de l’extérieur, parfois créés artificiellement, mais qui nécessitent toujours d’être questionnés.




Source du compte-rendu de lecture : Bénédicte Tratnjek, "Imaginaire des Balkans (Maria Todorova)", Cafés géographiques, rubrique "Des livres", 2 août 2011, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2232



dimanche 17 juillet 2011

"Etrangers. Une obsession européenne" (Télérama, hors-série n°4)



« L’étranger »,« l’Autre », « l’immigré » et les minorités sont des sujets récurrents dans la vie politique et médiatique, en France comme dans l’ensemble de l’Europe. C’est justement à ce thème que Télérama consacre son dernier hors-série : « Etrangers. Une obsession européenne » qui, par le biais de photographies, d’un lexique, d’articles et d’entretiens avec des chercheurs, interroge les figures de l’étranger.

Quatre axes structurent ce hors-série : « la fabrique du barbare » questionne l’invention et les usages du terme « étranger », devenu si familier dans les discours, mais terme qui n’en reste pas moins dérangeant du fait des nombreuses connotations négatives qui lui sont associées. « L’étranger n’a pas toujours été étranger. Il a fallu, pour qu’il devienne et soit traité comme tel, des histoires de territoire, d’appartenance, de domination... et que des hommes s’inventent des origines pures et sans mélange » (p. 20). L’anthropologue Marcel Détienne rappelle ainsi, questionnant « l’Autre », le peuple « allogène », « l’autochtone » ou encore « l’exilé », que « l’étranger, c’est banalement le voisin » (p. 20). Cette partie permet au lecteur de découvrir les différentes figures de « l’étranger » à la fois dans l’Histoire, dans les mythologies, dans les textes (comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen), ou encore dans les problèmes de traduction.




Références du compte-rendu de lecture : Bénédicte Tratnjek, 2011, "Etrangers. Une obsession européenne (Télérama, hors-série n°4, 2011)", Cafés géographiques, rubrique "Des livres", 28 juin 2011, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2217


mardi 14 juin 2011

"L'Afrique. Un continent en questions" (A. François, N. Lanzi et A. Le Pape)


Alain François, Nathalie Lanzi et Aline Le Pape, 2010, L’Afrique. Un continent en questions, Scérén/CRDP Poitou-Charentes, Collection Trait d’union - Géographie, Poitiers, 90 p. + CR-rom.

"Inaugurant une nouvelle collection adressée principalement aux enseignants du secondaire ou aux étudiants se destinant à cette carrière, le choix de consacrer ce premier volume au continent africain peut étonner. Certes, l’Afrique en tant que telle - ou plutôt les Afriques, comme le rappellent les auteurs en préambule - n’a qu’ « une place réduite dans les programmes », mais les auteurs rappellent d’emblée combien l’enseignant peut trouver dans ce continent de nombreuses possibilités d’études de cas éclairant des questions aussi diverses que les frontières, l’inégal développement, l’espace proche, les littoraux, les risques, le tourisme, l’eau... Se donnant pour objectif de faire le lien entre les différents besoins de l’enseignant, les auteurs lui mettent à disposition une synthèse permettant de répondre à plusieurs de ces attentes : une mise au point scientifique (qui donne à l’enseignant les principales conclusions des recherches récentes sur l’Afrique dans sa diversité) et une aide pédagogique (notamment en termes de documents sélectionnés en fonction des différentes parties du programme dans lesquelles l’enseignant pourrait vouloir explorer un exemple africain pour appuyer un cours). C’est dans ce sens que sont proposés deux supports : un court ouvrage et un CD-rom se complètent dans cette volonté de faire le lien entre les connaissances universitaires, les savoirs des enseignants du secondaire et les besoins des élèves. L’approche est immédiatement donnée par les auteurs : ils ne prétendent pas proposer un état de la recherche sur le continent africain, ou encore une épistémologie des études africaines, mais bien mettre à disposition de l’enseignant ou du futur enseignant un outil pratique dans sa conception (ouvrage + CR-rom) comme dans son contenu. Huit questions vont ainsi structurer l’ouvrage, dont les marges sont mises à disposition de l’enseignant de deux manières : d’une part, des références bibliographiques sélectionnées lui permettent de prolonger tel ou tel point ; d’autre part, les liens vers les pistes pédagogiques et les documents proposés dans le CD-rom font le lien entre les programmes et la synthèse des connaissances scientifiques [...]".




Référence du compte-rendu de lecture :
Bénédicte Tratnjek, "L'Afrique. Un continent en questions (A. François, N. Lanzi et A. Le Pape)", Cafés géographiques, rubrique "Des livres", 14 juin 2011.


samedi 7 mai 2011

"La guerre des ruines. Archéologie et géopolitique" (Jean-Pierre Payot)


Jean-Pierre Payot, 2010, La guerre des ruines. Archéologie et géopolitique, Choiseul, Paris, 192 p.


"Rangé indifféremment sur les étals de géopolitique et sur ceux d’archéologie dans les librairies, ce classement témoigne de la nouveauté de cet ouvrage. La guerre des ruines est un ouvrage très original, qui se démarque fortement par son sujet : la dimension géopolitique de l’archéologie. Parce que si construire des édifices n’est pas neutre, les restaurer, les entretenir ou les détruire ne l’est pas non plus ! C’est de ce préalable que part Jean-Pierre Payot, pour retracer dans l’histoire les nombreuses utilisations politiques de l’archéologie dans la construction d’une identité ou dans l’affirmation d’un pouvoir. A tous ceux qui auraient pu croire jusqu’à maintenant que les édifices religieux « d’antan » n’avaient que des fonctions religieuses, que les hauts-lieux étaient forcément teintés de « divinité » et de « sacralité » ou encore que la restauration de ruines ne pouvait avoir pour cause qu’une grande passion pour l’archéologie et l’histoire, Jean-Pierre Payot rappelle combien les intérêts politiques se cachent toujours derrière de tels investissements en temps, en argent et en hommes. Mais surtout, il montre combien l’idée d’une utilisation politique de l’archéologie n’est pas neuve : restaurer des ruines pour asseoir son pouvoir sur l’idée d’une « légitimité » politique accordée par d’illustres prédécesseurs ou par des divinités n’a rien d’une « découverte » des contemporains. Mais pourquoi donc les rois, les empereurs, les chefs d’Etats qui se sont succédés à la tête d’institutions politiques pourtant très diversifiées sont-ils tant préoccupés par cette utilisation de l’archéologie, alors qu’ils sont au quotidien confrontés à des difficultés économiques, à des rivalités de pouvoir, ou encore à des menaces venant des pays voisins ?"




Références de ce compte-rendu : Bénédicte Tratnjek, "La guerre des ruines. Archéologie et géopolitique (Jean-Pierre Payot)", Les Cafés géographiques, rubrique "Des livres", 7 mai 2011, en ligne : http://cafe-geo.net/article.php3?id_article=2189


lundi 18 avril 2011

"Guerres, conflits, violence. L’état de la recherche" (Le Mook, Autrement)

Guerres, conflits, violence. L’état de la recherche, Autrement, coll. Le Mook, Paris, 2010, 128 p.

Le magazine Le Mook propose un état des lieux de la recherche sur la thématique « Guerres, conflits, violence », à travers des synthèses de programmes de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) en cours. De la préhistoire à nos jours, des territoires européens aux territoires népalais, arabo-persiques ou américains, de la guerre interétatique aux violences urbaines, cet ouvrage décrypte ainsi des périodes, des lieux et des thématiques très variées, au prisme d’une approche toujours pluridisciplinaire. Parce que les trois termes sont parfois l’objet d’un amalgame, mais recouvrent pourtant des réalités très différentes, dans les intentionnalités des acteurs, comme dans le vécu quotidien des habitants. La conflictualité des territoires est ainsi présentée autour de cinq chapitres, structurés selon un ordre chronologique, qui amène le lecteur à « progresser » par l’épaisseur temporelle dans sa compréhension des guerres, des conflits et des violences. Le sous-titre de l’ouvrage est révélateur des objectifs des auteurs : il s’agit de proposer aux lecteurs un état des lieux, se présentant à la fois comme un bilan des recherches en cours et comme une ouverture à des pistes de recherches qui restent à mener. Guerres, conflits, violence s’adresse tout autant aux chercheurs impliqués par ces thématiques qu’à un public plus large désireux d’appréhender les questions de conflictualités et de violences.



Réferences du compte-rendu de lecture :
Bénédicte Tratnjek, "Guerres, conflits, violence. L'état de la recherche", Cafés géographiques, rubrique "Des livres", 18 avril 2011, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2177

mercredi 16 mars 2011

"Beyrouth et ses urbanistes. Une ville en plans (1946-1975)" (Eric Verdeil)

Eric Verdeil, géographe spécialiste de la ville de Beyrouth en particulier et des villes du monde arabe en général, propose un ouvrage consacré à l'urbanisme de Beyrouth non dans l'immédiat après-guerre (période à laquelle il a d'ailleurs consacré une thèse de géographie), mais dans la période située entre l'indépendance du Liban et la guerre civile. Parce que l'urbanisme est un outil du politique, il analyse dans cet ouvrage non seulement les projets urbanistiques réalisés, mais aussi tout ceux qui ont été abandonnés en cours de route, présente les rivalités de pouvoir, d'influence, d'idées qui se dessinent dans l'agglomération beyrouthine, ville rêvée, ville disputée, ville construite.


Eric Verdeil, Beyrouth et ses urbanistes. Une ville en plans (1946-1975), Presses de l’IFPO (Institut français du Proche-Orient), Beyrouth, 2010, 397 p.

"Si l’on parle souvent de Beyrouth comme du symbole d’une « ville en guerre » (et ce, même dans des expressions du langage courant), se focalisant principalement sur la période 1975-1990, il est moins courant de lire des ouvrages sur la ville d’avant-guerre. Pourtant, cette période est particulièrement passionnante, notamment pour comprendre les enjeux d’un Etat libanais accédant à l’indépendance et cherchant à asseoir une identité nationale et son autorité sur le territoire. Beyrouth, la capitale, devient une « scène » de ces profondes transformations politiques, sociales et culturelles, qui se traduisent notamment dans l’urbanisme".




A découvrir également :
Eric Verdeil, Ghaleb Faour et Sébastien Velut, 2007, Atlas du Liban. Territoires et société, Presses de l'Institut français du Proche-Orient (IFPO) / CNRS Liban, Beyrouth, 210 p. (disponible dans son intégralité en ligne sur le site des Collections électroniques de l'IFPO).


samedi 26 février 2011

"L’Afrique en mouvement" (Hommes & Migrations)


« L’Afrique en mouvement », Hommes & Migrations, n°1279, mai/juin 2009, dossier coordonné par Christophe Daum et Isaïe Dougnon.


Le dossier « L’Afrique en mouvement », dirigé par les anthropologues Christophe Daum et Isaïe Dougnon, plonge le lecteur dans les différents processus migratoires internes (c’est-à-dire les migrations au cœur du continent africain) qui traversent aujourd’hui le continent africain, au travers d’une introduction et de 12 articles qui présentent chacun des études de cas (voir le compte-rendu du café géo avec Alain Bonnassieux et Olivier Pliez, sur « Migrations africaines : les raisons du départ ? »). Les lieux et les échelles analysés varient, mais répondent tous à une problématique générale : en quoi les mouvements migratoires africains transforment les territoires du quotidien, les espaces politiques et les relations sociospatiales entre migrants et habitants anciennement installés dans les villes ou les quartiers étudiés ? Comme le rappellent les deux coordinateurs de ce numéro, « on l’oublie souvent en Europe, mais la majorité des migrants demeure à l’intérieur même du continent [africain] » p. 6 (voir, à ce propos, l’ouvrage L’asile au Sud dirigé par Luc Cambrézy, Smaïn Laacher, Véronique Lassailly-Jacob et Luc Legoux, qui propose un regard très original sur les migrations internes dans les pays du Sud, notamment en Afrique, mais aussi en Asie et au Moyen-Orient). « En fait, « l’invasion » des pays européens par ces migrations n’est qu’un « mythe » [...]. La réalité des migrations africaines se joue donc principalement sur le continent, avec autant de trajectoires collectives et singulières qu’il y a de contextes de départ ou d’arrivée, à l’instar de ce continent trop souvent présenté comme un tout homogène alors qu’il est multiple » (p. 6). Les articles proposés dans ce numéro propose des situations diverses selon trois axes : les migrations rurales (5 articles), les migrations africaines provoquées par des crises de diverses natures (4 articles) et des migrations plus « éloignées » (3 chapitres).