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mercredi 3 juillet 2013

Café géo : Les frontières entre ouverture et fermeture : peut-on souhaiter la disparition des frontières ?

Le 1er février 2013, François Arnal organisait une journée d'étude consacrée à la géographie des frontières, qui se clôturait le soir par le tout premier Café géographique de Saint-Etienne. Après des discussions sur "Les frontières et les espaces frontaliers : objet d'étude géographique et géopolitique" dans la journée (voir notamment les comptes rendus des conférences de Daniel Soulié : "Frontières et ennemis à travers les arts : l’image de l’autre, des « Neuf Arcs » au mur de Berlin" et de Philippe Rekacewicz : "Cartographier les frontières" et les enregistrements audio des conférences de Philippe Rekacewicz : "Cartographier la frontière et les espaces frontaliers" et Bénédicte Tratnjek : "Les territoires post-yougoslaves : ce qui fait frontière"), le café géo proposait de croiser les regards journalistiques (Luisa Pace), cartographiques (Philippe Rekacewicz) et géographiques (Bénédicte Tratnjek) autour de la question : "Les frontières, entre ouverture et fermeture : peut-on souhaiter la disparition des frontières ?".

Luisa Pace, Philippe Rekacewicz et Bénédicte Tratnjek,
lors du 1er Café géographique de Saint-Etienne, 1er février 2013.

"Si de nombreux sujets ont été abordés pendant la journée, François Arnal a proposé aux intervenants de poursuivre le débat dans une salle comble. Les débats entre les intervenants et le public, mais aussi entre les intervenants eux-mêmes ont permis de montrer des divergences d’opinion. Comme l’a énoncé plus tôt dans la journée Philippe Rekacewicz, « on peut tous aller voir une frontière, mais on n’y voit pas la même chose ». François Arnal rappelle que si les avis divergent, c’est parce que la définition même de frontière est ambiguë, et que certains espaces de conflit sont sujets à certaines tensions, autour du tracé, du statut et de la matérialisation des frontières. Tout cela complique la vision extérieure que nous portons sur les frontières. Les notions de limites, de territoires, de conflits mais aussi de gestion, d’échanges et de relations humaines sont à prendre en compte pour (re)penser les frontières et les espaces frontaliers. Cet objet géographique « classique » est au cœur de très nombreuses publications ces dernières années, tant la question est d’une actualité brûlante. C’est pourquoi, pour ce café géo, François Arnal a invité trois intervenants aux parcours différents, qui tous abordent la frontière par ses dimensions spatiales, mais en ont, par leur métier, une approche différente : Philippe Rekacewicz (cartographe au Monde diplomatique, animateur du blog Visions cartographiques), Bénédicte Tratnjek (géographe, IRSEM, animatrice du blog Géographie de la ville en guerre) et Luisa Pace (journaliste, spécialiste de géopolitique). (...)"


Les deux visages de l'espace Schengen
Source : Philippe Rekacewicz, 2012.


Pour citer le compte rendu : Luisa Pace, Philippe Rekacewicz et Bénédicte Tratnjek, 2013? "Les frontières entre ouverture et fermeture : peut-on souhaiter la disparition des frontières ?", Cafés géographiques, rubrique "Des Cafés", compte rendu du café géographique du 1er février 2013, par Léna Faury, en ligne : http://cafe-geo.net/les-frontieres-entre-ouverture-et-fermeture/


jeudi 14 mars 2013

De l'autre côté : webdocumentaire sur les politiques migratoires européennes

Signalé par le groupe facebook "The Mobile Borders / La Frontière Mobile" (groupe créé autour du colloque éponyme : voir le billet "Frontières mobiles : quelques réflexions après le colloque BRIT XI"), le webdocumentaire De l'autre côté revient sur le fantasme spatial d'une invasion migratoire vers l'Europe et les conséquences de cet imaginaire spatial dans les politiques migratoires européennes. Ce webdocumentaire est accueilli sur le blog du projet Osons savoir qui présente de nombreux autres documents sur les questions de réfugiés et de demandeurs d'asile, tels qu'une vidéo de la Cimade : "Quand l'Europe cadenasse ses frontières", un diaporama de photographies sur "Le campement des Afghans dissimulé au milieu des champs", ainsi qu'une bibliothèque de liens vers des cartes et des articles sur la géographie et la politique migratoires.


A ce propos, voir les billets :




lundi 3 décembre 2012

"Guerre aux migrants. Le livre noir de Ceuta et Melilla" (Emmanuel Blanchard, Anne-Sophie Wender)

Migreurop, Emmanuel Blanchard et Anne-Sophie Wender (dir.), 2007, Guerre aux migrants. Le livre de Ceuta et Melilla, Editions Syllepse, Paris, 234 p.

"Les enclaves espagnoles, Ceuta et Melilla, reviennent très souvent sous les feux de l’actualité médiatique, dès lors qu’il est question d’immigration illégale. Dans les médias ces derniers mois, l’expression de « guerre aux migrants », très contestée il y a quelques années, est régulièrement évoquée : naufrages en mer Méditerranée, camps d’enfermement d’étrangers en Turquie aux frontières de l’Europe... Revenant sur le fantasme spatial d’une « invasion » de l’Europe par les migrants clandestins (bien que la réalité des migrations - forcées ou « choisies » - soit principalement des flux de proche en proche), le réseau Migreurop proposait en 2008 un ouvrage ouvertement militant sur la dizaine de migrants abattus alors qu’ils tentaient de pénétrer dans les enclaves espagnoles à la frontière avec le Maroc à l’automne 2005. Dès l’introduction, les auteurs du réseau Migreurop reviennent sur le titre : « guerre aux migrants » et situent leur propos : « jusqu’à l’automne 2005 et les événements de Ceuta et Melilla relatés dans cet ouvrage, le réseau Migreurop s’était abstenu, dans ses prises de positions publiques, de parler de ‘guerre aux migrants’ pour désigner les politiques de répression et de dissuasion de l’immigration. [...] A trop vouloir éviter les pièges de l’exagération et de l’emphase militante, nous avions oublié que le bellicisme envers les migrants, s’il laisse de rares traces verbales dans des discours institutionnels oscillant entre économisme et humanitarisme, est une réalité concrète pour l’immense majorité des habitants du Sud qui souhaitent faire valoir leur droit à quitter leur propre pays » (pp. 7-8). L’actualité médiatique nécessite de revenir sur la genèse de cette expression et sur les publications de certains collectifs, tels le réseau Migreurop, qui en ont défendu la pertinence."




Références de l'article : Bénédicte Tratnjek, "Guerre aux migrants. Le livre de Ceuta et Melilla (Emmanuel Blanchard, Anne-Sophie Wender)", Les Cafés géographiques, rubrique "Des Livres", 2 décembre 2012.


vendredi 30 novembre 2012

"Antimonde(s)" (Géo'rizon)

La 13e journée Géo'rizon (organisée par le département de géographie de l'Université de Savoie) aura pour thème : "Antimonde(s)". Elle aura lieu le jeudi 20 décembre 2012, à la Présidence de l'Université de Savoie à Chambéry (amphithéâtre Decottignies, rue Marcoz) de 8h30 à 17h30. A ce propos, voir le billet "Géographie de l'antimonde : bibliographie/sitographie" du 22 octobre 2012.



Jeudi 20 décembre 2012, Journée d'études Géo'rizon
13e édition : "Antimonde(s)"


Ouvert à tous, entrée gratuite
Amphithéâtre Decottignies, Rue Marcoz, Présidence de l'Université de Savoie-Chambéry

8h30 à 9h50
Fabrizio MACCAGLIA (Maître de conférences, Université de Tours) 
Mondialisation et criminalité organisée : acteurs, trafics et territoires

10h10 à 11h30
Elsa VIEILLARD-BARON (docteure de l’Université Paris-Diderot Paris 7, professeur agrégée au Lycée H. Berlioz, Vincennes)
La jungle entre nature et culture : un imaginaire de l’antimonde ?

13h45 à 15h05
Marie REDON (Maître de conférences, Université Paris 13-Nord)
L’envers des îles. Antimondes des Antilles

15h25 à 16h50
Olivier MILHAUD (Maître de conférences, Université Paris-Sorbonne)
Les prisons, entre monde et antimonde : du lieu de la peine à la peine du lieu ?

16h50 à 17h30
Table-ronde autour des conférenciers : L’ ”antimonde”, un concept opératoire ?


lundi 3 septembre 2012

Histoire des sièges militaires : Le siège de Sarajevo (La Fabrique de l'Histoire)

Cette semaine, 4 émissions de La Fabrique de l'Histoire (présentée par Emmanuel Laurentin, sur France Culture, de 9h00 à 10h00 du lundi au vendredi) seront consacrées à l'histoire des sièges militaires. Au programme :
- Le siège de Sarajevo (lundi 3 septembre 2012),
- Le siège de Stalingrad (mardi 4 et mercredi 5 septembre),
- Le siège de Troie (vendredi 6 septembre).

En attendant les prochains rendez-vous, voici le podcast de l'émission de ce lundi 3 septembre, consacrée au siège de Sarajevo. Rappelons qu'il y a juste 20 ans débutait le siège de Sarajevo, le plus long de l'histoire contemporaine. Dans l'émission, Emmanuel Laurentin nous invite à une réflexion très spatiale sur la destruction de l'urbanité : l'occasion de mettre dans ce billet une liste non exhaustive des billets (tous dotés d'éléments biblio/sitographiques) sur la "haine monumentale" et l'urbicide pour prolonger l'émission sur Sarajevo.





dimanche 19 août 2012

Retours sur "Bunker Cities" : compléments bibliographiques sur les "gated communities"

Le documentaire "Bunker Cities" proposé dans le billet précédent constitue une introduction à la question des ségrégations/fragmentations urbaines par les murs. La question ne peut être abordée en quelques minutes seulement, tant les représentations de l'(in)sécurité doivent être nuancées et confrontées les unes aux autres. A propos des "gated communities", nombreux sont les chercheurs à avoir proposé des réflexions riches qui, par-delà ce phénomène d'enclavement choisi, interrogent la condition urbaine. Voici quelques ressources pour dépasser le documentaire et à avoir une idée plus complète de ce que les "gated communities" nous apprennent de la ville et de notre habiter.

A noter : La littérature scientifique sur les "gated communities" est bien plus vaste que celle présentée ici, qui favorise les ressources accessibles en ligne, parce qu'accessibles au plus grand nombre. Mais chacun des articles et ouvrages cités ici se réfèrent à des biblio/sitographies bien plus complètes qu'il ne faut pas manquer de consulter.




vendredi 13 avril 2012

Dossier : "Avril 1992 - avril 2012 : il y a vingt ans commençait le siège de Sarajevo" (Le Courrier des Balkans)

Pour les francophones, Le Courrier des Balkans est une exceptionnelle source d'informations sur les Balkans, avec la traduction de nombreux articles choisis de la presse balkanique et la production d'articles par les correspondants de l'équipe du Courrier des Balkans dans les différents pays de l'espace balkanique. Pour les 20 ans du début du siège de Sarajevo, Le Courrier des Balkans propose un dossier ouvert le 2 avril 2012, compilant des articles (20 articles à l'heure actuelle) sur le déroulement du siège de Sarajevo et sur les cérémonies de commémoration dans la ville. Si certains articles ne sont accessibles qu'aux seuls abonnés (il est possible de s'abonner pour 14 jours ou pour un an : voir les conditions de vente), une grande partie est accessible à tous, notamment de nombreux articles sur la vie dans la ville de Sarajevo assiégée. Voici les liens et les résumés des premiers articles proposés dans le dossier "Avril 1992 - avril 2012 : il y a vingt ans commençait le siège de Sarajevo".



dimanche 8 avril 2012

Miss Sarajevo (U2 / Pavarotti)

Déjà connu pour l'un de leurs plus grands succès sur le massacre du Bogside à Derry/Londonderry lors du "Bloody Sunday" (dimanche 30 janvier 1972) : Sunday Bloody Sunday, le groupe U2 reprend la thématique de la ville en guerre dans sa chanson Miss Sarajevo interprétée avec Luciano Pavarotti. Si Sunday Bloody Sunday est une chanson sur en mémoire aux victimes, Miss Sarajevo aborde le quotidien dans une ville en guerre. Dans cette série de billets revenant sur le 20ème anniversaire du début du siège de Sarajevo, voici la vidéo de la chanson Miss Sarajevo, accompagnant un documentaire sur la vie dans la ville en guerre.



lundi 12 décembre 2011

Du "quartier-territoire" aux "nouveaux territoires" : l'inscription territoriale dans les villes en guerre

Alors que se préparent les 3èmes Rencontres du territoire sur la question de l'"Hybride, hybridation, hybridité : Les territoires et les organisations à l'épreuve de l'hybridation", voici les liens vers le texte préparatoire et la présentation proposés lors des "2èmes Rencontres du territoire : Les territoires, acteurs du changement" (TTT2010, Grenoble, 8-9 décembre 2010) lors de la session "Problèmes posés aux territorialités et à leurs devenirs" qui fut l'occasion de débattre avec Philippe Signoret ("Le territoire par la territorialisation" ainsi que le travail collectif avec Alexandre Moine et Horacio Bozzano : "Ancrages théoriques autour de la notion de territoire"), France Loubet ("La notion de capacités territoriales pour conceptualiser le rôle du territoire dans la construction des opportunités individuelles. Le cas des territoires ruraux marginaux"), Stéphanie Lima ("Territoires flous, territoires forts pour l'action"), Olivier Labussière ("Territoire, norme et changement : éléments de réflexion à partir de l'oeuvre de Jean Gottmann"), et Sophie Louargant ("Agencements post-territoriaux : arguments pour des territorialités construites"), lors d'ateliers animés par Olivier Labussière. De ces discussions (sous un format très original, puisqu'il ne s'agissait de chacun présenter son papier, mais autour du discutant d'avoir un véritable débat autour des problématiques de ces Rencontres du territoire), on retiendra de véritables éléments de débat, revenant sur les problématiques des 1ères Rencontres du territoire : "Territoires, territorialité, territorialisation : et après ?" (voir notamment l'ouvrage issu de ces journées : Martin Vanier (dir.), 2009, Territoires, territorialité, territorialisation. Controverses et perspectives, Presses Universitaires de Rennes, 232 p.) : s'entendre sur la définition du territoire, de la territorialité et de la territorialisation n'est pas simple, et rendre ces notions opératoires suppose de se retrouver sur le sens que chacun leur donne. Stéphanie Lima a également fait partager sa conception du territoire à partir de la notion élaborée par le géographe Denis Rétaillé : l'espace mobile. Des discussions particulièrement intéressantes, qui forcent à se confronter à sa propre conception des termes que l'on emploie : comment définir le territoire, comment le distinguer d'un espace borné ? Si les 2èmes Rencontres du territoire cherchaient à aborder le territoire non par le prisme de l'identité (comme ce fut notamment le cas lors du colloque Le territoire, lien ou frontière ? en 1995), mais par le prisme des acteurs, il fut également révélateur de voir combien acteurs et identité se croisaient dans cette discussion conceptuelle.


Quelques conseils de lecture :


Les sessions plénières (voir les vidéos et le programme) ont, elles aussi, permis la discussion sur le territoire agi et le territoire actant, sur le territoire comme dispositif, sur les territoires "vivants"... Des journées particulièrement riches ! En attendant que les géographes et chercheurs en sciences humaines et sociales ne se retrouvent pour discuter de l'hybride, de l'hybridation et de l'hybridité par le prisme des territoires en mars 2012 à Grenoble (autour d'un problématique centrale : "l'hybridation : nouvelle frontière, simple mélange des genres ou chimère ?), voici donc les liens vers le texte préparatoire (qui n'est pas un texte définitif, mais un texte qui visait à présenter des points concernant l'approche territoriale de la ville en guerre par le prisme de la territorialisation des quartiers par les acteurs en armes, comme l'a proposé la géographe Elisabeth Dorier-Apprill à propos de la guerre milicienne à Brazzaville au début des années 1990 : voir notamment Elisabeth Dorier-Apprill, 1999, "Brazzaville : des quartiers pour territoires ?", dans Joël Bonnemaison, Luc Cambrézy et Laurence Quinty-Bourgeois (dir.), 1995, Le territoire, lien ou frontière ?, tome 2 : La Nation et le territoire, L'Harmattan, collection Géographie et cultures, Paris, pp. 37-49 : voir le texte de présentation lors du colloque Le territoire, lien ou frontière ?) et la présentation power-point qui l'accompagnait.








Résumé de l'intervention :
L'inscription spatiale de la guerre dans les villes ne se mesure pas seulement au prisme des ruines et des destructions, qui laissent des empruntes dans les paysages urbains. En effet, l'approche territoriale se trouve particulièrement opératoire pour comprendre les recompositions des liens sociaux et des pratiques spatiales des habitants dans les villes pendant la guerre et dans le long terme de la pacification. La géographe Elisabeth Dorier-Apprill a proposé le concept de "quartiers-territoires" pour expliquer la stratégie particulière des milices qui s'ancrent dans des quartiers contrôlés par la mise en place de check-points qui construisent une discontinuité territoriale entre un "dedans" et un "dehors", défendus contre les acteurs "intrusifs" jugés comme "indésirables" dans le territoire approprié, et identifiés par des marqueurs spatiaux et symboliques. Une telle stratégie (qui s'oppose à celle des acteurs insurrectionnels qui ne repose pas sur l'appropriation d'un territoire doté d'une identité discursive) reconstruit les pratiques spatiales des habitants dans les villes en guerre, notamment en brisant la continuité spatiale dans leurs déplacements, mais également en transformant des logiques de distanciation inhérentes à la ville de l'immédiat avant-guerre en logique de différenciation (par des processus d'enclavement des habitants dans des territoires dans lesquels ils se sentent en sécurité). Ainsi, il est nécessaire de s'interroger sur les mobilités et les représentations spatiales des acteurs syntagmatiques et des habitants pour comprendre combien le "vivre ensemble" est mis à mal le temps du conflit. En quoi ces fragmentations urbaines (culturelles, sociales et/ou politiques) s'ancrent-elles dans le paysage urbain de l'après-guerre et dans l'imaginaire spatial des différents opérateurs spatiaux qui y vivent ou y agissent ? Cette proposition s'appuie sur des travaux empiriques et des réflexions menées dans le cadre d'une thèse de géographie sur les recompositions sociospatiales dans les villes en guerre, au prisme d'une approche comparative. On postule que la guerre recompose des territorialités spécifiques et on se propose d'en interroger la durabilité et les impacts sur le "vivre ensemble" dans l'après-guerre. A travers des exemples divers (principalement Abidjan, Beyrouth, Mitrovica et Sarajevo), il s'agit d'analyser le temps de l'immédiat après-guerre comme un défi posé aux acteurs de la pacification pour décloisonner des "quartiers-territoires" et reconstruire la ville comme un espace partagé par tous les habitants, alors même que le jeu des acteurs déstabilisateurs tend à renforcer les fragmentations territoriales comme des poursuites de la guerre dans le temps de la paix.


Pour citer ce texte : Bénédicte Tratnjek, 2010, "Du "quartier-territoire" aux "nouveaux territoires" : l'inscription territoriale dans les villes en guerre", communication aux 2èmes rencontres du territoire : Les territoires, acteurs du changement, 8-9 décembre 2010, Grenoble, 11 p. (en ligne sur le site des archives ouvertes du CNRS)



Extraits : Le territoire, une entrée opératoire pour l'analyse des villes en guerre ?
Questionner les «villes en guerre» au prisme de l’entrée territoire revient à s’interroger sur la pertinence de cette approche pour les belligérants, les réseaux criminels, les acteurs de la paix et les habitants. Le territoire constitue-t-il une échelle d’action, une ressource mobilisable, et/ou un vécu pour ces différents opérateurs spatiaux ? Le territoire ne peut être considéré comme un espace neutre, dénué de symbolique et de valeurs : dès lors, entrent en compte des processus d’appropriation et des sentiments d’appartenance à l’espace, au point que la territorialisation des différents groupes sociopolitiques dans la ville en guerre se traduit par leurs stratégies de (sur)vie et leurs pratiques spatiales. Si la ville en guerre est souvent analysée comme un espace de combats (au prisme du paradigme stratégique de la « guerre urbaine »1), elle n’en est pas moins un espace de (sur)vie pour les habitants comme pour les acteurs de la guerre et de la paix, et un espace médiatique dans lequel chaque acteur procède à des opérations aux objectifs à la fois militaires et symboliques. A travers ces opérations « discursives » (c’est-à-dire de théâtralisation des espaces de combat pour agir sur les représentations de l’(in)sécurité par les habitants), il est possible de mettre en exergue la conscience territoriale des différents acteurs et les conséquences pour les habitants dans la restructuration de leurs territoires du quotidien. Par l’analyse de cette territorialisation de la violence dans la ville en guerre, ce papier se propose d’interroger les fragmentations urbaines dans le temps de la guerre, et les territorialités des différents opérateurs spatiaux comme enjeu du processus de pacification/réconciliation dans l’immédiat après-guerre.


Sarajevo : de la ville multiculturelle à la ville "bosniaquisée"
Source : Bénédicte Tratnjek, 2005, Les militaires face au milieu urbain : étude comparative de Mitrovica et de sarajevo, mémoire de DEA en géographie, Université Paris-Sorbonne, p. 98.
Voir sur le site Géographie de la ville en guerre.



Présentation power-point :
(Cliquez sur l'image pour se rendre sur le power-point)





mardi 8 novembre 2011

Géographie des "Peacelines" à Belfast (Florine Ballif)


Les travaux de Florine Ballif (maître de conférences à l'Institut d'urbanisme de Paris) concernent la question des murs, des frontières et de la sécurité/insécurité. Son approche confronte à la fois l'urbanisme et la science politique. Elle a principalement travaillé sur Belfast (voir les billets du blog "Géographie de la ville en guerre" sur Belfast), ville à laquelle elle a consacré une thèse en urbanisme intitulée Les peacelines de Belfast. Du maintien de l'ordre à l'aménagement urbain (1965-2002) (soutenue en 2006).


"Cette thèse se propose d’étudier le processus de cloisonnement urbain à l’œuvre à Belfast depuis le début des désordres civils jusqu’à la période contemporaine. En 1969, une peaceline - un « mur de paix » - est érigée par l’armée après de graves émeutes intercommunautaires. D’autres murs seront construits ultérieurement dans le but de prévenir les affrontements. Ces structures mises en place dans l’urgence se sont pérennisées et elles deviennent un élément de la politique de maintien de l’ordre. Elles divisent durablement l’espace urbain. (...)
A Belfast, (...) le mur résulte d’un conflit intra-étatique. Dans la capitale d’Irlande du Nord, deux communautés s’opposent, aux religions différentes, protestante et catholique, aux identités nationales conflictuelles, britannique et irlandaise, et aux aspirations politiques divergentes, unioniste et nationaliste1. Depuis 1969, cette opposition a pris la forme d’une guerre civile. Les « Troubles » désignent les émeutes intercommunautaires et le terrorisme des milices paramilitaires. Les émeutes, les attentats à la bombe et les assassinats, impliquant des civils ou des forces de l’ordre, ont fait plus de 3000 morts en trente ans. Ce conflit « de faible intensité » a des incidences fortes sur les espaces ruraux et urbains. Les populations en mésentente organisent leur mise à distance réciproque. Belfast est modelée par la ségrégation communautaire. Plus de la moitié de la population de Belfast vit dans des zones homogènes à plus de 90 %, même s’il existe des quartiers mixtes. La division territoriale est complexe. La partie Est de la ville, protestante, enserre quelques enclaves nationalistes, tandis qu’à l’Ouest, quartiers catholiques et quartiers protestants se font face. A cause de la violence continue, le processus de repli résidentiel s’est amplifié et l’espace urbain a été de plus en plus cloisonné. Les «Troubles» ont pris fin officiellement en août 1994, lors du cessez-le-feu de l’IRA, suivi de la trêve des factions protestantes en octobre de la même année. Des tractations officieuses entre les milices paramilitaires ont permis la tenue de pourparlers mutli-partites qui ont abouti à des accords de paix, signés en avril 1998 et ratifiés par référendum en juin suivant.
Le cas de Belfast est singulier, car la fermeture des espaces urbains en raison du conflit est partielle. Les peacelines sont situées dans les quartiers ouvriers relativement proches du centre de Belfast. J’avais eu l’occasion de me rendre à Belfast au printemps 1995, quelques mois après les cessez-le-feu des milices paramilitaires, pour un tournoi universitaire d’escrime, alors que j’étudiais à Dublin dans le cadre d’un échange Erasmus. Avec mon équipe, nous étions cantonnés à l’espace du tournoi, près de l’université : un Bed & Breakfast, un gymnase et un pub. Cependant, j’ai pu visiter le centre ville proche, espace de commerces et de bureaux, désert le dimanche. De ce voyage éclair, je n’ai vu de la ville que des espaces centraux banals, hors des signes visibles de tout conflit. Lors de ma première enquête de terrain, en décembre 1997, en cherchant les « murs de paix », je me suis promenée dans les quartiers ouvriers de Belfast. Le paysage urbain était composé de petites maisons mitoyennes en brique, alignées le long de rues en damier, ou groupées en impasses dans les lotissements rénovés. Mon premier étonnement était lié à la difficulté d’apercevoir les peacelines. Hormis la structure imposante de béton dans Cupar Way, ils n’étaient pas reconnaissables immédiatement en tant que dispositifs de sécurité. De plus, ils étaient disséminés dans les quartiers ouvriers de la ville et la séparation qu’ils opéraient était discontinue. Les murs, érigés entre les jardinets des pavillons en briques, laissent parfois les rues adjacentes libres de tout obstacle. La discontinuité du cloisonnement urbain m’a interrogée sur la signification de ces murs. 
En outre, la fin officielle des hostilités ne coïncide pas avec la démolition des peacelines. Quelques mois après les accords de paix, un nouveau mur de sécurité était construit dans Belfast- Nord. Cette situation, à première vue, est due au décalage entre le processus politique de normalisation des rapports sociaux et les soubresauts de violence sur le terrain. En effet, le processus de paix se poursuit, bien que le conflit n’ait pas entièrement cessé. Les factions les plus radicales ont rompu la trêve et les émeutes intercommunautaires sont encore fréquentes. Cela légitime la construction de murs et justifie de ne pas les détruire. Il peut exister aussi un décalage entre la paix prévue par les accords et des solutions pratiques adaptées à la situation antérieure qui constituent encore un cadre de référence pour l’action publique. Il y aurait ainsi un phénomène de routine des solutions d’ordre public qui perdureraient alors même que le contexte a changé. Enfin, on peut également postuler qu’il existe un décalage entre processus spatiaux et sociaux. Les murs de sécurité subsistent même lorsque les conditions qui ont prévalu à leur réalisation ont disparu. La durée des objets matériels peut être supérieure aux conditions sociales et politiques qui les ont créés. Mais alors, leurs fonctions et leur signification changent. L’objet peut ainsi survivre à ses conditions de production, mais il peut être transformé ou réinvesti par un usage nouveau. Les murs de sécurité à Belfast ne sont pas démolis malgré le processus de paix. Ils sont incorporés à l’espace ordinaire et souvent enjolivés. Que signifie la pérennisation des murs malgré le retour de la paix civile ? Est-ce que leur fonction change ? Sont-ils toujours destinés à séparer ? J’ai voulu étudier la logique de leur construction, les étudier en tant que processus social de constitution de la ville en conflit. Il s’agissait de comprendre le processus de cloisonnement de la ville. Quelles sont les violences en cause ? Quel est le processus de décision qui aboutit à la construction des murs et qui décide ? Comment est déterminé leur tracé ? Que signifie leur perméabilité ?"
Source : Extraits de l'introduction de la thèse de Florine Ballif, pp. 15-17.




La première peaceline de Belfast dans Cupar Way
Source : Florine Ballif et Stéphane Rosière, 
"Le défi des « teichopolitiques ». Analyser la fermeture contemporaine des territoires", L'espace géographique, vol. 38, n°3, n°2009/3, 2009, p. 200.




Ces travaux analysent tout autant le processus de construction de ces "murs de la paix" (dont le nom est déjà un symbole et un paradoxe, puisqu'il présuppose que la paix ne peut se faire que dans la distance matérielle et symbolique entre deux populations), les acteurs de la décision de ces aménagements urbains de guerre, leur ancrage dans le paysage urbain et dans les pratiques spatiales, leur valeur symbolique et politique, etc. Ces travaux montrent bien combien la guerre s'inscrit dans les espaces urbains, remodèle les pratiques spatiales, les rapports sociaux et les enjeux politiques, dans un temps long. Cette territorialisation des conflictualités produit des identités excluantes, qui sont à leur tour porteuses de conflictualités.






QUELQUES RESSOURCES EN LIGNE :


Voici quelques ressources en ligne pour découvrir (par ordre chronologique) les travaux de Florine Ballif sur Belfast et sur les murs. Cette liste n'est bien évidemment pas exhaustive.




Belfast :


- ARTICLE : "Belfast : vers un urbanisme de paix ? Les recompositions spatiales au sortir de la guerre civile", Annales de la recherche urbaine, n°91, 2001, pp. 53-60.


- ARTICLE : "Les dynamiques urbaines contradictoires à Belfast : l'évolution des « interfaces »", Hommes et Terres du Nord, 2004-2005, n°2004-2005/1, pp. 35-43.


- THÈSE : Les peacelines de Belfast. Du maintien de l'ordre à l'aménagement urbain (1965-2002), thèse en aménagement et en urbanisme, Université Paris XII, 2006.


- ARTICLE : "Les peacelines de Belfast, entre maintien de l'ordre et gestion urbaine", Cultures & Conflits, 2009, n°73, n°1/2009, pp. 73-83 (voir une note de lecture de ce numéro de Cultures & Conflits).


- ARTICLE : "La construction des murs de sécurité et l'évolution de la politique de maintien de l'ordre à Belfast", Cahiers du MIMMOC, n°5, 2009.


- COMPTE-RENDU : "Belfast et l’Irlande du Nord : entre Eire et Royaume-Uni", Géorizon, n°9, 2010, pp. 16-20, compte-rendu par Marie-Lise Abidi et Laurianne Guiguet-Bologne.


- VIDÉO : "Le conflit nord-irlandais et l'espace urbain. L'exemple des peacelines de Belfast", séminaire Conflits et territoires, Agro Paris Tech, 29 mars 2011 (voir l'ensemble des vidéos du séminaire Conflits et territoires).


Le compartimentage urbain : Peaceline, Torrens
Source : Florine Ballif, 
Les peacelines de Belfast. Du maintien de l'ordre à l'aménagement urbain (1965-2002),
thèse en urbanisme et aménagement, Université Paris XII, 2006, p. 372. 






Murs et frontières :


- avec Stéphane Rosière, "Le défi des « teichopolitiques ». Analyser la fermeture contemporaine des territoires", L'espace géographique, vol. 38, n°3, n°2009/3, 2009, pp. 193-206.


Planisphère des frontières "fermées", état des lieux
Source : Florine Ballif et Stéphane Rosière, 
"Le défi des « teichopolitiques ». Analyser la fermeture contemporaine des territoires", L'espace géographique, vol. 38, n°3, n°2009/3, 2009, p. 198.





jeudi 21 juillet 2011

Géographie, ville et guerre : des articles à signaler (1)


Voici une sélection bibliographique (non exhaustive !) reprenant des articles publiés récemment (début 2011) dans des revues papier concernant les centres d'intérêt de ce blog (concernant les articles publiés dans des revues en ligne, on se reportera aux billets "Géographie des conflits récents : quelques articles" du 19 mai 2009 et "Géographie des conflits récents : quelques articles (2)" du 5 mai 2011). Des articles à (re)découvrir, notamment dans le cadre de la préparation de la question "Géographie des conflits" au programme des concours de l'enseignement, mais aussi pour tous qui s'intéressent aux situations conflictuelles de par le monde. Les résumés/introductions et les présentations des auteurs proposés sont ceux des articles ou des revues concernés.



La guerre et la ville

- Saskia Sassen, 2011, "L'urbanisation de défis globaux. Le cas des guerres asymétriques", Géographie Economie Société, vol. 13, n°1/2011, pp. 11-25 (en accès restreint).
"Cet essai repose sur l'idée que les villes rendent visibles les limites de la supériorité de la puissance militaire. Elles constituent des régimes faibles, qui peuvent contester, sans toutefois pouvoir renverser le pouvoir supérieur. L'étude des guerres asymétriques permet d'explorer les contradictions émergeant de l'urbanisation et de montrer que dans certaines circonstances, une puissance militaire supérieure peut trouver ses limites lorsque la guerre devient urbaine, ce qui rend l'impuissance complexe plutôt que simple. Cet article s'intéresse aux cas de Mubai et de Gaza, deux exemples permettant de comprendre l'immense variabilité de la guerre lorsqu'elle s'urbanise, et par là même le caractère protéiforme de la guerre asymétrique. Pour finir, une discussion est conduite sur les tendances les plus globales qui émergent en filigrane des cas présentés, telles que le repositionnement du territoire, de l'autorité et des droits."

Un article qui intéressera tous les lecteurs se préoccupant de la ville en guerre, de la guerre asymétrique, des modalités d'intervention dans le cas des guerres urbaines, et de la ville en général. Par l'une des plus grandes spécialistes en études urbaines (notamment connue pour le concept de "ville globale"). Voir également le site de Saskia Sassen.


- Yakov Semenov, 2011, "Comment j'ai pris le palais de Kaboul", interview, Guerres & Histoire, n°1, mars 2011, pp. 6-12.
"Le récit inédit de l'assaut qui a démarré en 1979 l'interminable conflit afghan. Comment, dans la confusion et le chaos, le groupe Zenit a rempli sa mission, à un contre quarante".

Yakov Semenov était colonel du KGB au moment de la prise du palais de Kaboul pour les forces soviétiques en 1979.

On retrouvera, par ailleurs, sur la page facebook de la revue Guerres & Histoire -accessible sans compte facebook-, la vidéo de cette interview réalisée lors de la conférence de presse du lancement de Guerres & Histoire, le 23 mars 2011, au Cercle National des Armées.

A noter concernant cette nouvelle revue, Guerres & Histoire, que l'on appréciera tout particulièrement le choix éditorial d'intégrer des encadrés "L'avis de Guerres & Histoire" ainsi que la présence de nombreuses cartes illustrant le déroulement des guerres ou des batailles. Voir des notes de lecture concernant le n°1 et le n°2, proposées par Stéphane Mantoux sur son blog Historicoblog (3).


- Infographie : Pierre Grumberg, 2011, "Les villes souterraines du Viêt-công", Guerres & Histoire, n°2, juin 2011, pp. 82-83.
"« Personne n'a démontré plus d'habileté à cacher ses installations que le Viêt-công, une organisation de taupes humaines ». Dans la bouche du général William Westmoreland, commandant en chef de l'armée américaine au Viêt Nam, il s'agit bien d'un compliment. Il n'est pas immérité : les communistes vietnamiens ont creusé - de la guerre contre la France à la fin des années 1940 jusqu'à la victoire finale en 1975 - un immense réseau souterrain abritant caches d'armes et de nourriture, cuisines, infirmeries, dortoirs, salles de classe, postes de commandement et même cinémas. Le complexe de Cu Chi, à 40 km au nord-ouest de Saigon, équivaut par sa taille au métro parisien : plus de 200 km de galeries étendues sur plus de 100 km2, capables d'abriter jusqu'à 16 000 clandestins. C'est de là que sortira l'offensive du Têt contre Saigon, en 1968. Le réseau possède même ses sorties au milieu du camp retranché de la 25e division US chargée de sa destruction !"




Géographie électorale et tensions politico-sociales

 - Caroline Ronsin, 2011, "Tensions postcoloniales au Nigeria", Carto, n°6 (sommaire), juillet/août 2011, pp. 28-29.
"Au mois d'avril 2011, trois élections se sont succédées au Nigeria : le Sénat et le Parlement ont été renouvelés, le président sortant, Goodluck Jonathan, réélu et les gouverneurs de 26 des 36 Etats fédérés réélus ou remplacés".

A noter que la revue Carto, qui fête son premier anniversaire, propose de très nombreux articles, tout aussi riches les uns que les autres, et que sa lecture, au fil des numéros, est toujours plus agréable. On pourra consulter certaines cartes et certains extraits d'articles sur le blog de la revue.


- Caroline Ronsin, 2011, "Réveil burkinabé ?", Carto, n°6, juillet/août 2011, p. 32.
"Quelques mois après les élections présidentielles du 21 novembre 2010 qui ont vu la troisième réélection de Blaise Compaoré avec 81 % des voix, un mouvement de contestation sans précédent secoue le Burkina Faso. Militaires, étudiants et professeurs font valoir leurs revendications respectives dans les rues des principales villes du « pays des hommes intègres ».


- Caroline Ronsin, 2011, "Vers une normalisation politique en Ouganda ?", Carto, n°5 (sommaire), mai/juin 2011, p. 29.
"Les récentes élections en Ouganda font espérer la poursuite de la démocratisation, bien qu'elle reste fragile dans un pays longtemps déchiré par les conflits."




- Julien Arnoult, 2011, "Indépendance du Kosovo : des lendemains difficiles", Carto, n°4 (sommaire), mars/avril 2011, pp. 28-29.

"Après trois ans d'indépendance, le Kosovo a connu en décembre 2010 sa première grande secousse politique avec le renouvellement anticipé de son Parlement. Le quatrième scrutin législatif du jeune Etat souligne davantage ses difficultés internes, ternissant un bilan relativement meilleur au niveau international."


- Frank Tétart, 2011, "Deux présidents pour la Côte d'Ivoire", Carto, n°4, mars/avril 2011, pp. 32-33.
"Loin de sortir le pays d'une décennie de conflit et de crise, les élections présidentielles qui se sont tenues à la fin de l'année 2010 n'ont rien réglé. Bien au contraire, le président sortant, Laurent Gbagbo, en contestant les résultats, cantonne son rival Alassane Ouattara, pourtant reconnu vainqueur à l'issue du scrutin et soutenu par la communauté internationale, à la marginalisation. Cette situation accroît les risques d'affrontements et de déclenchement d'un nouveau conflit."


- Caroline Ronsin, 2011, "Instabilités au Yémen, Carto, n°4, mars/avril 2011, p. 46.
"Dans un contexte politique dégradé par la perspective des élections législatives prévues en 2011, la révolution tunisienne a provoqué une vague de manifestations à Sanaa. Craignant l'extension des protestations, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir du pays réunifié depuis 1990, a finalement renoncé à faire amender la Constitution pour pouvoir se représenter aux présidentielles de 2013 et à proposer son fils pour lui succéder."






Géographie des conflits

- Tigrane Yégavian, 2011, "Le chaudron syrien", Carto, n°6, juillet/août 2011, p. 50.
"Après trois mois de révoltes et de répression, le régime des Assad a atteint un point de non-retour qui le place devant un dilemme : réformer ou se saborder. Le dixième anniversaire de l'arrivée à la présidence de Bachar al-Assad sera-t-il le dernier ?"


- Marc Lavergne, 2011, "Egypte : les lendemains incertains de la révolution", Diplomatie magazine, n°51 (sommaire), juillet/août 2011, pp. 24-27.
"La "révolution du 25 janvier" est née d'une apsiration générale au changement. A partir d'une volonté de mettre fin aux exactions et à la corruption de la police, un régime installé fermement depuis trente ans - si l'on se limite à l'ère Mourabak - a été ébranlé et son chef mis à l'écart."


- Carte : reliefweb et OCHA, 2011, "République démocratique du Congo : Insécurité et déplacement (au 26 mai 2011)", Diplomatie magazine, n°51, juillet/août 2011, p. 17.
"Les besoins humanitaires restent élevés en raison des conflits armés et de l'insécurité généralisée. Le nombre de personnes déplacées s'élèverait à 1,7 million. Des millions vivent dans la peur et dépendent de l'aide humanitaire pour leur survie."


- Azita Bathaïe, 2011, "Les relations familiales à distance. Ethnographies des migrations afghanes", Autrepart, n°57-58, n°2011/1-2, pp. 59-75 (en accès restreint).
"Cet article questionne les échanges et interrelations entre les membres d'une famille afghane, à travers le parcours migratoire d'un père au pakistan et en Iran, puis celui de son fils, vingt ans plus tard, vers l'Europe. Le premier s'appuie sur le "savoir-circuler" de ses germains et de ses amis, tandis que le second construit ses réseaux au gré des rencontres sur sa route. L'article expose les différentes étapes qui amèront le fils à interrompre ou à reprendre les liens avec sa famille restée en Iran. L'analyse de ses itinéraires rend compte du vécu des relations à distance entre les membres de la famille. A la seconde génération, il apparaît que le cycle de vie de la fratrie est intimement lié à la circulation de celui qui migre. Le fils absent peut participer pleinement à l'organisation d'un mariage, jouer un rôle crucial dans la gestion des conflits intergénérationnels, et va jusqu'à intervenir sur le choix matrimonial de sa soeur en favorisant la modification des pratiques."

A ce propos, on se reportera à l'ouvrage incontournable sur les migrations afghanes liées aux différentes guerres qui ont déchiré le pays : Alessandro Monsutti, 2004, Guerres et migrations. Réseaux sociaux et stratégies économiques des Hazaras d'Afghanistan, Editions de l'Institut d'ethnologie, Neuchâtel, 364 p.


- Julien Arnoult, 2011, "Kaboul parie sur ses mines pour se développer", Carto, n°5, mai/juin 2011, p. 32.
"Longtemps Etat tampon perdu entre plusieurs empires, l'Afghanistan est aujourd'hui à la croisée des chemins, notamment grâce à ses richesses minières et à sa proximité géographique avec de grands pays émergents. Si la sécurité s'est améliorée par endroits, il lui reste tout à bâtir pour acquérir un rôle de transit."


- Dossier : Pierre Blanc, 2011, "Etat palestinien : une réalité en 2011 ?", Carto, n°5, mai/juin 2011, pp. 10-20.
"Alors que la contestation arabe appelle à une refondation des Etats enkystés par une longue période d'autoritarisme et d'impéritie, l'année 2011 pourrait être celle de la fondation de l'Etat palestinien après plusieurs décennies de déni d'existence."


- Myriam Hamache, 2011, "Timor oriental : une difficile transition", Carto, n°5, mai/juin 2011, pp. 34-35.
"Pays d'Asie du Sud-Est environ 36 fois plus petit que la France, le Timor oriental (ou Timor Leste) a accédé à l'indépendance le 20 mai 2002, en prenant le nom officiel de Timor Loros'ae dans la langue nationale, le tétoum. Neuf ans plus tard, la situation sécuritaire, politique et humanitaire du pays reste précaire."


- Caroline Ronsin, 2011, "Le Sahara occidental : un conflit enlisé", Carto, n°4, mars/avril 2011, p. 31.
"Le 8 novembre 2010, à la veille de la reprise des négociations sous l'égide des Nations unies, le démantèlement par les autorités marocaines du camp de contestataires sahraouis de Gdeim Izit, près d'El-Ayoun, a de nouveau renforcé le pessimisme quant à la résolution du conflit du Sahara occidental."




- Dossier : "Trafics : géopolitique de l'illicite", Diplomatie magazine, n°50 (sommaire), mars/avril 2011, pp. 36-46.
- Mickaël R. Roudaut, "Géopolitique de l'illicite. La nouvelle main invisible", pp. 38-46.
- Maggy Lee, "Comment la définition de la traite des êtres humains oriente les réponses des Etats", pp. 47-48.
- Jean-Charles Antoine, "Le trafic d'armes dans les banlieues françaises. Causes profondes et enjeux d'une géopolitique interne française", pp. 49-52.
- Atlas : Thomas Delage, "Géopolitique des trafics illicites", pp. 53-58.


- Dossier : "Le Grand Baloutchistan", Diplomatie magazine, n°50, mars/avril 2011, pp. 59-70.
- Tableau de bord : "Le Balouchistan, au coeur des enjeux stratégiques", p. 60 (à retrouver sur le blog de Diplomatie magazine).
- Vincent Eiffing, "Le "Grand Balouchistan : quelle valeur géostratégique ?", pp. 61-64 (voir un extrait de ce texte sur le blog de Diplomatie magazine, ainsi que le blog de Vincent Eiffing : Chroniques persanes).
- Stéphane A. Dudoignon, "Le Sistan-Balouchistan. Un défi intérieur pour Téhéran", pp. 65-67.
- Nadège Reynolds, 2011, "Balouchistan. Une région dans la tourmente", pp. 68-70.


Le Grand Balouchistan au coeur des enjeux stratégiques
Diplomatie magazine, n°50, mars/avril 2011, p. 60.





Géographie de l'enfermement et des frontières

A propos de la "géographie de l'enfermement", on se reportera à la liste de blogs et de sites proposée dans la colonne gauche du blog, ainsi qu'aux différents billets du site sur cette question.


- Fabien Dany, 2011, "Un mur aux confins de l'Union européenne", Carto, n°6, juillet/août 2011, p. 27.
"Le printemps arabe et les vagues de migrants débarquant par bateau en Italie ont occulté le projet de "mur" à la frontière entre la Grèce et la Turquie, représentatif des mesures restrictives prises par l'Union européenne face aux migrations irrégulières".


- Caroline Ronsin, 2011, "Naissance du « Sud-Soudan »", Carto, n°6, juillet/août 2011, p. 33.
"Dix-huit ans après l'Erythrée, un nouvel Etat apparaît sur la carte de l'Afrique. Le 9 juillet 2011, le Sud-Soudan accède officiellement à l'indépendance. Il naît des cendres de deux guerres civiles, remettant en question les frontières héritées de la colonisation européenne".

A ce propos, on se reportera notamment au billet "Le Sud-Soudan vu par les géographes" du 13 juin 2011 et au dossier des Cafés géographiques : "Soudan(s)".


- Myriam Hamache, 2011, "Frontières litigieuses en Thaïlande", Carto, n°5, mai/juin 2011, p. 33.
" Au centre de la péninsule Indochinoise, la Thaïlande partage ses frontières avec quatre Etats : la Birmanie, le Laos, le Cambodge et la Malaisie. Depuis quelques mois, le pays connaît une intensification des violences dans les régions frontalières avec la Malaisie et à la frontière avec le Cambodge."

A ce propos, on se reportera à la carte "Thaïlande/Cambodge : le contentieux territorial du temple de Preah Vihea" publiée par le Ceriscope (9 juin 2011).




- Photographies satellites : UNITAR/UNOSAT, 2011, "Situation à Ras Ajdir, à la frontière entre la Tunisie et la Libye, le 3 mars 2011", Diplomatie magazine, n°50, mars/avril 2011, pp. 14-15.

Photographies satellites accompagnées d'un texte : "La situation en Libye. Comment l'UNOSAT aide à la décision" par Olivier Van Damme et Lars Bromley.