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lundi 11 novembre 2013

Questionnements géographiques sur les monuments aux morts : symboliques et territoires de la commémoration (2)

Suite à la panne du site des Cafés géographiques (toutes les archives seront progressivement remises en ligne), voici l'intégralité d'un texte publié le 21 novembre 2009. Ce texte n'a d'autre prétention que de rappeler l'importance de penser les mémoires par la dimension spatiale, ici questionnées par le prisme des monuments aux morts. Ce texte avait été rédigé suite à l'émission Planète Terre du 11 novembre 2009 : "Traces de la guerre sur les territoires".


Références originales de l'article : TRATNJEK, Bénédicte, 2009, "Questionnements géographiques sur les monuments aux morts : symboliques et territoires de la commémoration", Cafés géographiques, rubrique Vox geographi, 21 novembre 2009 (version PDF).



Questionnements géographiques
sur les monuments aux morts :
symboliques et territoires de la commémoration



Mercredi 11 novembre 2009. Partout en France, les cérémonies de commémoration de l’armistice mettant fin à la Grande guerre ont réuni différentes générations autour des monuments aux morts. Fait historique, pour la première fois un chancelier allemand, Mme Angela Merkel, s’est tenu aux côtés du Président de la République française, rendant ainsi visible la réconciliation entre les deux pays par un acte symbolique. Un événement dont la presse nationale a beaucoup parlé, soulignant le rapprochement politique nécessaire dans la construction européenne en mal de développement. Une Union européenne qui s’est construite par instaurer durablement la paix sur le continent européen, comme l’avaient déjà préconisé les Lumières, premiers penseurs de l’idée européenne. L’événement est de taille puisqu’il s’agit pour Angela Merkel, représentante de la Nation allemande (le symbole est fort pour un pays qui fut notre principal adversaire dans la Grande guerre), de se recueillir sur un haut-lieu de l’identité française en ce jour de commémoration d’une victoire française. L’espace et le temps réunis pour commémorer la Nation française. Mais, l’intérêt géographique n’est pas seulement dans cette cérémonie dont on a beaucoup parlé dans la presse : il est également dans les pratiques spatiales complètement modifiées pour de nombreux Français se rendant auprès des monuments aux morts de leur commune en ce jour du 11 novembre. Un rituel qui s’ancre dans des lieux déterminés et chargés d’une forte symbolique.





Commémoration franco-allemande de l’armistice du 11 novembre 1918 :
la présence symbolique du chancelier allemand dans un haut-lieu de l’identité française
(source : Reuters, 11 novembre 2009)




samedi 9 novembre 2013

Carte postale ancienne de Stari Most (Mostar) : Les cartes postales sont-elles des « lieux de mémoire » ? (2)

Suite à la panne du site des Cafés géographiques (toutes les archives seront progressivement remises en ligne), voici l'intégralité d'un texte publié le 19 février 2013 sur le pont de Mostar. Cet article est republié à l'occasion de la célébration (très discrète dans les médias) du 20ème anniversaire de la destruction du pont de Mostar, le 9 novembre 1993.


Source de l'article : Tratnjek, Bénédicte, 2013, "Carte postale ancienne de Stari Most (Mostar) : Les cartes postales sont-elles des « lieux de mémoire » ?", Cafés géographiques, rubrique Cartes postales du monde, 19 février 2013, en ligne : http://cafe-geo.net/article.php3?id_article=2640





Carte postale ancienne de Stari Most (Mostar) :
Les cartes postales sont-elles des « lieux de mémoire » ?

Carte postale ancienne. Yougoslavie, 1951.
Source : Site Les ponts et leurs représentations en philatélie, page « Pont de Mostar ».


Cette carte postale a été envoyée, comme en témoignent le timbre et l’oblitération, en 1951. L’Etat émetteur de ce timbre est alors la Yougoslavie. Stari Most (le « Vieux pont » de Mostar, qui a donné son nom à la ville) est alors un haut-lieu de la Yougoslavie titiste[1] : haut-lieu de tourisme, ce pont en arche de pierre érigé sous la période ottomane (1566) est aussi un lieu polarisant un espace géosymbolique fondé sur l’entente entre les populations « yougoslaves » [2]. Stari Most, haut-lieu de la yougoslavité ? La carte postale, lieu de mémoire d’une yougoslavité disparue ?

9 novembre 1993 : La destruction du pont de Mostar, un géosymbole dans la guerre

Dans l'imaginaire collectif, la date du 9 novembre est immédiatement associée à la destruction (heureuse) du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989. 4 ans plus, une autre destruction (malheureuse) marquera tous les médias : celle de Stari Most, le "Vieux pont" de Mostar (la "ville du pont"). Si, depuis, le "Vieux pont" a été reconstruit, l'ancrage spatial de la guerre se laisse toujours entrevoir dans cette ville-symbole :
"Le 9 novembre 1993, les milices croates du HVO détruisaient le vieux Pont, symbole de la ville de Mostar. Vingt ans plus tard, certaines rues de cette ville toujours divisée portent encore les noms des dirigeants fascistes de l'Etat indépendant croate (NDH) des oustachis". ("Bosnie-Herzégovine : il y a vingt ans, la destruction du Vieux pont de Mostar", Le Courrier des Balkans, 9 novembre 2013).

Bien moins mis en avant dans la presse que la commémoration du 20ème anniversaire du déclenchement du siège de Sarajevo le 6 avril 2012, cette commémoration a été somme toute très sommaire, les autorités locales ne se déplaçant pas. Seuls quelques Mostaris ont sauté depuis le pont pour se jeter dans la rivière Neretva (les plongeons depuis le Vieux pont étaient, avant sa destruction, à la fois un "attrape-touristes" - les plongeurs attendant que les touristes aient déposé de l'argent pour sauter ou plonger -, et une "tradition" qui faisait de ceux qui osaient le grand plongeon des "héros" de la ville). Alors que l'ancien du quartier du Vieux pont de la vieille ville de Mostar est classé patrimoine mondial de l'Unesco et que la destruction de Stari Most avait été particulièrement couverte par les médias il y a 20 ans, cette absence de commémoration et de médiatisation ne doit pas faire oublier le poids de la symbolique des lieux qui se joue sur le pont et dans toute la ville de Mostar.

dimanche 8 septembre 2013

Colloque : La fabrique de la paix : Acteurs, Processus et Mémoires (2-4 octobre 2013, Montpellier)

Le Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences humaines et Sociales de Montpellier (CRISES) organise un colloque du 2 au 3 octobre 2013 à Montpellier (Université Paul-Valéry, site Saint-Charles, salle des Colloques et salle du Conseil) autour de la question : "La fabrique de la paix : Acteurs, Processus et Mémoires".


fabrique paix 2013

Enfants vietnamiens et colombe devant les salles de l’Agent orange et des Vérités historiques, Musée des Vestiges de la Guerre, Hô Chi Minh Ville (clichés Antoine Coppolani, janvier 2013).

lundi 1 juillet 2013

Le projet "Skopje 2014" (2) : géographie d'un conflit d'aménagement : approche par les espaces de la mobilisation et de la contestation

C'est dans la perspective présentée dans le billet introductif, où l'on appréhende la (re)construction comme destruction, que l'on se propose d'observer ici le projet "Skopje 2014" en Macédoine. La réécriture de l'histoire par l'espace participe ici d'un mémoricide, dans la mesure où il s'agit d'utiliser l'espace pour inscrire une mémoire (voir les billets sur les lieux de mémoire), et par voie de conséquence d'effacer d'autres aspects de la mémoire.

Afin d'appréhender ce conflit et ses différentes dimensions, on propose cette série de billets, autour de deux axes :
1/ Skopje 2014 : géographie d'un conflit d'aménagement
2/ La (re)construction comme violence symbolique ?

Voici un premier billet sur le premier axe : "Skopje 2014 : géographie d'un conflit d'aménagement", qui propose d'interroger les espaces de la mobilisation/contestation dans le cadre de ce projet d'aménagement conflictuel à plusieurs échelles.  Ce billet discutera d'une part quelques cadrages théoriques sur l'approche géographique des conflits (loin d'être exhaustifs !) qui permettront d'autre part de confronter les espaces de la mobilisation et les espaces de la contestation, afin de comprendre les différentes échelles de la diffusion spatiale de ce conflit d'aménagement.

dimanche 5 mai 2013

Le projet "Skopje 2014" (1) : la (re)construction de la mémoire comme mémoricide ?

Voir le dossier "Macédoine : Skopje 2014, kitsch
nationaliste et foire aux antiquités
",
Le Courrier des Balkans.
Les espaces et les spatialités de la mémoire ont déjà été abordés dans des billets sur les territoires éphémères de la commémoration et le stade olympique de Sarajevo, la reconstruction au Liban, les statues géantes bouddhiques de Bâmiyân, ou encore par l'analyse d'une carte postale ancienne du pont de Mostar. La question de la destruction des espaces de mémoire est double, comme on en avait discuté dans l'article "Les lieux de mémoire dans les villes en guerre : un enjeu de la pacification des territoires" pour Diploweb (31 octobre 2011) : la destruction et la (re)construction comme violences symboliques.

Le "mémoricide" est un néologisme créé à partir du terme génocide en substituant genos (le peuple) par la mémoire, et en gardant -cide (le meurtre). On notera qu'il existe deux usages (peu répandus l'un comme l'autre) du terme : le premier est particulièrement centré sur la guerre de Vendée, et a été utilisé par décrire, pour les tenants de cette thèse, le rôle du politique dans l'écriture des "vainqueurs" et des "victimes" dans la mémoire collective. C'est l'acte et la volonté politiques qui sont au coeur de l'utilisation de ce terme dans ce concept. On pourrait l'étendre à l'analyse de la destruction de la mémoire d'une guerre et de son déroulement par l'histoire telle que l'écrivent (notamment par le biais des manuels scolaires) les politiques.

Le second usage, que l'on peut dater des guerres de décomposition de la Yougoslavie (tout particulièrement pour les guerres de Croatie et de Bosnie-Herzégovine), a été formalisé pour décrire la destruction des bibliothèques comme lieu où la mémoire est entreposée (notamment dans l'article de Vesna Blazina, 1996, "Mémoricide ou la purification culturelle : la guerre contre les bibliothèques de Croatie et de Bosnie-Herzégovine", Documentation et bibliothèques, vol. 42, pp. 149-164). On peut l'élargir à la destruction de tous les espaces qui font mémoire par la guerre, dès lors que ces espaces sont des cibles choisies et pensées pour détruire la mémoire. La question de la destruction des mausolées et des manuscrits à Tombouctou dans la guerre actuelle au Mali participe de ces mémoricides.

Dans ces deux acceptions, les mémoricides sont entendus par la destruction. Mais l'approche par la destruction est-elle suffisante pour appréhender l'ensemble des mémoricides ? Ou, tout du moins, les seules destructions matérielles sont-elles suffisantes pour appréhender l'ensemble des destructions ? Pour le géographe Vincent Veschambre, qui reprend notamment les travaux sur les "Traces-mémoires" de Patrick Chamoiseau, les destructions et les démolitions ne sont pas les seuls processus qui permettent, par le marquage de l'espace, d'inscrire une signification politique dans l'espace qui peut aboutir à une violence symbolique, par la domination de celui qui s'approprie le territoire, qui lui permet de l'aménager, de le "modeler" : "de même que toute domination repose sur un travail symbolique de légitimation, toute forme d'appropriation de l'espace passe par la production (et/ou la destruction) de signes afin de rappeler quel est le pouvoir qui s'exprime et dans le même temps de le légitimer. Le marquage de l'espace correspond de ce point de vue à ce que l'on pourrait appeler dimension spatiale de la violence symbolique, dans le sens défini par Pierre Bourdieu" (Vincent Veschambre, 2004, "Appropriation et marquage symbolique de l'espace : quelques éléments de réflexion", Travaux et documents de l'ESO, n°21, p. 74).

Dans l'article "Les lieux de mémoire dans les villes en guerre : un enjeu de la pacification des territoires", on montrait que la (re)construction pouvait être une destruction : dans les cas des villes en guerre où des lieux de mémoire sont érigés dans la période post-conflit, ceux-ci peuvent être porteur non pas de la mémoire - au sens où Pierre Nora analysait les lieux de mémoire, par le prisme du cadre français, comme participant à la construction et à l'éducation à l'idée et l'identité nationales (voir notamment le compte rendu du café géographique du 29 janvier 2013 "Lieux de mémoire en Europe, lieux de mémoire de l'Europe"), mais d'une mémoire excluante, qui participe des "nettoyages territoriaux" en matérialisant la géographie du vivre-séparé et en territorialisant des identités qui entrent en concurrence pour l'appropriation de l'espace.

A suivre : une série de billets proposant quelques réflexions géographiques sur les conflictualités concernant le projet Skopje 2014 :

1/ Skopje 2014 : géographie d'un conflit d'aménagement
2/ La (re)construction comme violence symbolique ? Quelques pistes de réflexion pour une géographie de la pacification des territoires



"Macédoine : Skopje 2014, kitsch nationaliste et foire aux antiquités"
Dossier du Courrier des Balkans, source incontestable pour comprendre ce conflit mémoriel.
Les photographies de cette série de billets renvoie (en cliquant dessus) à des articles du Courrier des Balkans.


mercredi 20 février 2013

Carte postale ancienne de Stari Most (Mostar) : Les cartes postales sont-elles des « lieux de mémoire » ?

Carte postale ancienne de Stari Most (Mostar) : Les cartes postales sont-elles des « lieux de mémoire » ?


"Cette carte postale a été envoyée, comme en témoignent le timbre et l’oblitération, en 1951. L’Etat émetteur de ce timbre est alors la Yougoslavie. Stari Most (le « Vieux pont » de Mostar, qui a donné son nom à la ville) est alors un haut-lieu de la Yougoslavie titiste 1 : haut-lieu de tourisme, ce pont en arche de pierre érigé sous la période ottomane (1566) est aussi un lieu polarisant un espace géosymbolique fondé sur l’entente entre les populations « yougoslaves » 2. Stari Most, haut-lieu de la yougoslavité ? La carte postale, lieu de mémoire d’une yougoslavité disparue ? (...)"




Source de l'article : Tratnjek, Bénédicte, 2013, "Carte postale ancienne de Stari Most (Mostar) : Les cartes postales sont-elles des « lieux de mémoire » ?", Cafés géographiques, rubrique Cartes postales du monde, 19 février 2013, en ligne : http://cafe-geo.net/article.php3?id_article=2640


mardi 19 février 2013

Lieux de mémoire en Europe, lieux de mémoire de l'Europe : compléments biblio/sitographiques

Suite à la parution du compte rendu du café géographique "Lieux de mémoire en Europe, lieux de mémoire de l'Europe" (29 janvier 2013, Paris) avec pour intervenants l'historien Thomas Serrier (notamment co-auteur avec Etienne François de la Documentation photographique : "Lieux de mémoire européens", n°8087, 2012) et le géographe Olivier Lazzarotti (notamment auteur de l'ouvrage Des lieux pour mémoire. Monuments, patrimoine et mémoire-Monde, Armand Colin, collection Le temps des idées, 2012), voici la sélection biblio/sitographique réalisée pour poursuivre la discussion sur les spatialités de la mémoire.




A noter également sur le site des Cafés géographiques la publication à venir du café géo lyonnais de décembre 2012 avec Dominique Chevalier sur la « Spatialisation des mémoires douloureuses : l’exemple de la Shoah ».

Les lieux de commémoration de la Première Guerre mondiale dans le département de la Marne
Source : Denis Mckee, "Les lieux de mémoire de la 1ère guerre mondiale : l'exemple du département de la Marne", site du CRDP de Reims, extrait du manuel d'histoire de Première, Bréal, édition 1997.


dimanche 27 janvier 2013

Lieux de mémoire en Europe, lieux de mémoire de l'Europe (Cafés géo)

Le prochain café géographique de Paris portera sur les "Lieux de mémoire en Europe, lieux de mémoire de l'Europe". Pour croiser les regards de l'historien et du géographe, les Cafés géographiques ont invité l'historien Thomas Serrier (notamment co-auteur de la Documentation photographique n°8087 : "Lieux de mémoire européens" avec Etienne François, 2012, préfacée par Pierre Nora) et le géographe Olivier Lazzarotti (notamment auteur de l'ouvrage Des lieux pour mémoire. Monuments, patrimoines et mémoires-Monde, Armand Colin, collection Le temps des idées, 2012). Ce café géo aura lieu le mardi 29 janvier 2013 à partir de 19h30 au Café de Flore (172 boulevard Saint-Germain, 6ème arrondissement, Paris).



Présentation pour le site des Cafés géographiques :
"Les "lieux de mémoire" évoquent sans conteste les travaux dirigés par Pierre Nora sur l’identité et la construction de la nation française. Les approches historiques et géographiques de la mémoire permettent de différencier différents types de productions mémorielles : à partir de la notion de "lieux de mémoire", il devient possible de réinterroger la manière dont l’espace habité géographique est mémorable. Ce qui fait mémoire a des réalités spatiales que ce café géo propose d’explorer, autour de Thomas Serrier (notamment co-auteur de la Documentation photographique : "Lieux de mémoire européens") et d’Olivier Lazzarotti (notamment auteur de l’ouvrage Des lieux pour mémoire. Monuments, patrimoines et mémoires-Monde). Du très culturel South Bank londonien aux champs de bataille de l’histoire européenne, des lieux de l’opéra aux monuments aux morts, dans quels lieux s’incarne la mémoire ?"


Autour de ce café géographique : les ouvrages :

Olivier Lazzarotti, 2012, Des lieux pour mémoires. Monuments, patrimoines et mémoires-Monde, Armand Colin, collection Le temps des idées, Paris, 216 p.


"I, II, III… Lascaux. Lascaux, grotte ornée des premiers millénaires ; Lascaux, grotte fréquentée des années 1950 ; Lascaux des années 1980, reproduite pour être visitée ; Lascaux coquille déplacée des années 2010 et, génie sans fin, Lascaux IV, trou à creuser pour le décorer en grotte, à quelques mètres du premier sanctuaire. Lascaux, donc, fil conducteur d’une réflexion qui analyse, de Noyon la fière à Québec la Romantique, de Victor Hugo à Frederick Law Olmsted, les manières, différentes bien que souvent confondues, d’inscrire la mémoire dans les lieux. Des monuments aux patrimoines : géo–graphies. 

Dès lors, ne nous y trompons pas. Comme dans les années 1830, comme dans les années 1960, en ce début des années 2010, avec hier, c’est encore demain qui est en jeu. Du très culturel South Bank londonien aux vertigineuses cimes de Dubaï, le Monde se construit maintenant au métronome des « mémoires-Monde ». Participant à la singularisation des lieux, elles réfléchissent aussi un modèle d’enrichissement et sa norme politique. Et soudain, peut-être renforcé par l’aggravation des difficultés économiques, le doute : construire ainsi son futur, n’est-ce pas, du coup, priver le Monde de ses avenirs ?"

--> Voir également :
- Olivier Lazzarotti, 2011, Patrimoine et tourisme. Histoires, lieux, acteurs, enjeux, Belin, collection Belin Sup / Tourisme, Paris, 304 p.
- Olivier Lazzarotti, 2006, Habiter. La condition géographique, Belin, collection Mappemonde, Paris, 288 p.


Etienne François et Thomas Serrier, 2012, "Lieux de mémoire européens", Documentation photographique, n°8087, La Documentation française, Paris, 64 p.


"Existe-t-il une mémoire européenne ? Dans quels lieux s’incarne-t-elle ? Autour de quels éléments se structure-t-elle ? À la suite de Pierre Nora, qui en signe l’avant-propos, ce dossier tente de dresser un tableau équilibré des mémoires européennes, entre souvenirs des ténèbres et héritages heureux, tout en montrant que l’Europe ne peut être pensée sans sa relation au monde."

--> Voir également :
Pierre Nora (dir.), 1984-1992, Les lieux de Mémoire, 4 tomes.


Pierre Nora présentant l'ouvrage Les lieux de mémoire dans l'émission
Apostrophes présentée par Bernard Pivot, 7 décembre 1984.
Source : Jalons pour l'histoire du temps présent, site pédagogique de l'INA.



Sélection de ressources en ligne réalisée pour la page facebook des Cafés géographiques (voir la page consacrée à ce café géo) :


jeudi 18 octobre 2012

Le paysage-spectacle dans la guerre : de la haine de l’espace au paysage en guerre (FIG 2012, Café cartographique)

Photos et montage : Jasmine Salachas,
Cafés cartographiques, 13 octobre 2012.
Le café cartographique du samedi 13 octobre 2012 au Festival international de géographie (FIG 2012) qui était consacré aux "Facettes du paysage" (actes à venir sur le site du CNDP) a été l'occasion d'intervenir sur "Le paysage-spectacle dans la guerre : de la haine de l'espace au paysage en guerre". En voici le diaporama présenté et discuté autour de la question de l'urbicide, de la théâtralisation des lieux de combats, de l'utilisation de l'espace médiatique pour mettre en scène des idéologies spatiales par la violence... Et si derrière les aléas de la géographie des combats se cachait une volonté de détruire des lieux choisis pour leur symbolique ? A retrouver également les documents préparatoires publiés sur la page de ce café cartographique.


mercredi 10 octobre 2012

"Le paysage et la Turquie à l'honneur au 23e Festival International de Géographie de St Dié" (France Inter)

Disponible à la (ré)écoute jusqu'au 4 juillet 2015, l'émission La Tête au Carré était consacrée lundi 8 octobre 2012 au Festival international de géographie 2012 : au programme le thème de l'année : "Les facettes du paysage", et le pays invité : la Turquie. Une émission avec Bertrand Lemartinel (directeur scientifique du FIG, avec Louis Marrou) et Gilles Fumey (vice-président du FIG). D'autres émissions de radio seront prochainement enregistrées autour/pendant le FIG (11-14 octobre 2012) :
  • trois émissions de Planète Terre diffusées sur France Culture :
  • une émission de Sur la Route diffusée sur France Culture, enregistrée en public et en direct, le vendredi 12 octobre 17h00-19h00.




lundi 3 septembre 2012

Histoire des sièges militaires : Le siège de Sarajevo (La Fabrique de l'Histoire)

Cette semaine, 4 émissions de La Fabrique de l'Histoire (présentée par Emmanuel Laurentin, sur France Culture, de 9h00 à 10h00 du lundi au vendredi) seront consacrées à l'histoire des sièges militaires. Au programme :
- Le siège de Sarajevo (lundi 3 septembre 2012),
- Le siège de Stalingrad (mardi 4 et mercredi 5 septembre),
- Le siège de Troie (vendredi 6 septembre).

En attendant les prochains rendez-vous, voici le podcast de l'émission de ce lundi 3 septembre, consacrée au siège de Sarajevo. Rappelons qu'il y a juste 20 ans débutait le siège de Sarajevo, le plus long de l'histoire contemporaine. Dans l'émission, Emmanuel Laurentin nous invite à une réflexion très spatiale sur la destruction de l'urbanité : l'occasion de mettre dans ce billet une liste non exhaustive des billets (tous dotés d'éléments biblio/sitographiques) sur la "haine monumentale" et l'urbicide pour prolonger l'émission sur Sarajevo.





vendredi 24 août 2012

"Bâmiyân, le site martyr que les Taliban voulaient détruire" (France info par monde et merveilles)

L'émission France Info par monde et merveilles du 11 août 2011 était consacrée à "Bamiyan, le site martyr que les Taliban voulaient détruire". L'occasion de (re)découvrir cette émission (un peu plus de 5 minutes d'écoute), autour de la question de la reconstruction/non-reconstruction des géantes statues de Bouddha et de présenter une liste (bien loin d'être exhaustive) de quelques liens autour de ce que l'ethnologue Pierre Centlivres (l'un des meilleurs connaisseurs de l'Afghanistan) a qualifié de "terrorisme culturel" dans son ouvrage Les Bouddhas d'Afghanistan (Pierre Centlivres, 2001, Les Bouddhas d'Afghanistan, Editions Favre, Lausanne, p. 81).


Sanctuaire bouddhiste de Bamiyan, Afghanistan (Yann Arthus-Bertrand)
Voir le billet "Afghanistan, du lieu symbolique à la symbolique des lieux (2) : destruction et appropriation"


samedi 11 août 2012

Reconstruire au Liban : un enjeu de mémoire (La Grande Table, France Culture)

Au coeur de la série "Les espaces et les spatialités de la mémoire", voici un petit contournement, avec l'enregistrement de l'émission du 24 novembre 2011 de La Grande Table (sur France Culture), dont la première partie était consacrée à la question "Reconstruire au Liban : un enjeu de mémoire". Des témoignages sur le déni de mémoire et la patrimonialisation dans le processus de reconstruction à Beyrouth. L'occasion de signaler sur ce blog trois ouvrages sur la question de la mémoire dans les espaces de la reconstruction au Liban.



Résumé de l'émission :
C'est d'architecture comme enjeu de mémoire dont nous parlons aujourd'hui, en prenant l'exemple de Beyrouth. Philippe Tretiack, l'un des membres de notre petite bande, revient de la capitale du Liban qu'il a observée avec ses yeux d'arhitecte. Dans cette ville dévastée et marquée par la guerre, l'actualité de la reconstruction est permanente. Ce sont particulièrement les transformations du centre ville qui sont frappantes car elles posent à la fois des questions d'histoire, d'identité et de mémoire architecturale...

Quelle architecture adopter après le conflit ? Quelles sont les difficultés causées par la privatisation de la construction de la ville, confiée à des promotteurs immobiliers ? Reconstruit-on un théâtre nostalgique de la guerre ? Ou bien une vitrine internationale à destination des classes supérieures ?


Invités :
  • Philippe TRETIACK, architecte et urbaniste de formation, journaliste, écrivain.
  • Hyam YARED, écrivain.
  • Alain BUBLEX, artiste plasticien.





Sources de l'émission :
"Reconstruire au Liban : un enjeu de la mémoire", La Grande Table, France Culture, 24 novembre 2011, en ligne : http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-reconstruire-au-liban-un-enjeu-de-memoire-l-aventure-de-la-soul-2011-11-24


Pour aller plus loin : des lectures incontournables
  • Franck Mermier et Christophe Varin (dir.), 2010, Mémoires de guerre au Liban. 1975-1990, Sindbad/Actes Sud, 620 p. (voir une recension d'Elizabeth Picard pour la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée).
  • Mona Harb, 2010, Le Hezbollah à Beyrouth (1985-2005). De la banlieue à la ville, Karthala, 300 p. (voir une recension de Fabrice Balanche pour Géocarrefour).
  • Aïda Kanafi-Zahar, 2011, Liban. La guerre et la mémoire, Presses Universitaires de Rennes, 260 p.



mardi 7 août 2012

Les espaces et les spatialités de la mémoire (2) : Le stade olympique de Sarajevo, copsatialité de deux mémoires

Affiche officielle des Jeux
olympiques d'hiver de
Sarajevo en 1984
Source : site du CIO.
Depuis quelques années déjà, les touristes réinvestissent la ville de Sarajevo. Parmi les lieux visités, le stade olympique, trace des Jeux olympiques d'hiver de 1984, premiers jeux dans un pays communiste, alors encore Yougoslavie, est un incontournable du tourisme en Bosnie-Herzégovine. Sur les traces de ce grand événement sportif qui célébrait l'entente en Yougoslavie et la réussite politique du "titisme" (mort en 1980, Tito fut l'un des principaux acteurs de la candidature de la ville de Sarajevo à ses Jeux), les touristes ne manquent pas de photographier Vučko, la mascotte des JO de 1984 devant une carte défraîchie des installations olympiques à un point de panorama donnant offrant une vue sur le stade olympique, ou d'en acheter la peluche, dont le succès est empreint de "yougonostalgie" (voir l'article de Jean-Arnault Dérens, "Balade en Yougonostalgie", Le Monde diplomatique, août 2012).

Ce tourisme retrouvé n'est pas neutre : "par leurs présences physiques, les touristes éclairent les lieux des lumières de leurs regards. Tous ne sont pas savants, pas plus qu'ils ne sont artistes ou érudits. Ils sont urbains et mobiles. Et la curiosité et l'intérêt qui les ont conduits là où ils sont, pour élire comme remarquables les lieux touristiques qu'ils fréquentent, se projettent sur eux et les modifient : la mémoire n'est pas seulement dite, elle est vue et, par ce fait, transmise. Les touristes, à leur manière, en sont donc aussi les producteurs" (Olivier Lazzarotti, 2011, Patrimoine et tourisme. Histoires, lieux, acteurs, enjeux, Belin, collection BelinSup Tourisme, Paris, p. 49). S'il n'est pas rare de voir d'anciens stades olympiques devenus lieux touristiques, celui de Sarajevo porte en lui des symboliques particulières : les destructions pendant le siège de Sarajevo (1992-1996) et le manque d'entretien des installations olympiques depuis le début des années 1990 n'en font pas un haut-lieu du tourisme "sportif".

Le lancement des J.O. d'été à Londres est l'occasion de questionner cette installation olympique devenue un haut-lieu mémoriel. Haut-lieu de mémoire pour la Bosnie-Herzégovine, pour l'ensemble des espaces post-yougoslaves, pour l'Europe, et même pour le monde : "- "avant d'apporter la torche à Londres, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a effectué jeudi (26 juillet 2012, la veille de la cérémonie d'ouverture des JO de Londres 2012) une course symbolique dans le stade olympique de Sarajevo, ville hôte des JO d'hiver de 1984. Brandissant une torche, Ban Ki-moon a couru aux côtés du marathonien Islam Djugum, qui avait continué à s'entraîner quotidiennement pendant la guerre de 1992-1995, mais la nuit pour échapper aux snipers. Le secrétaire général de l'ONU a déclaré qu'il porterait l'esprit de résilience et de réconciliation de Sarajevo à Londre, parce qu'il a vu une ville renaître de ses cendres et des ruines, une ville dont le pouls bat d'une "vraie vie"." ("Ban Ki-Moon court sur le stade olympique de Sarajevo", Le nouvel observateur, 26 juillet 2012).


mercredi 11 juillet 2012

Les espaces et les spatialités de la mémoire (1) : Introduction

11 juillet 1995 : massacre de Srebrenica (environ 8.000 morts en l'espace de quelques jours) qualifié de génocide par la justice internationale. 11 juilllet 2012 : commémoration du 17ème anniversaire de ce massacre, en plein procès de Ratko Mladic et de Radovan Karadzic (voir la page "L'arrestation de Karadzic : des documents pour comprendre" sur le site Géographie de la ville en guerre - au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie - TPIY).
Source : Sandrine Monllor, "Srebrenica : mémoire d'un massacre", Idéoz, 20 mars 2012.

Ce 11 juillet 2012 est aussi l'occasion d'aborder la mémoire non par sa dimension politique et/ou psychologique, mais par l'approche géographique, en ouvrant un dossier sur "les espaces et les spatialités de la mémoire", principalement autour des commémorations du massacre de Srebrenica, mais aussi pour aborder quelques publications récentes (dont une à paraître en septembre 2012) qui mettent en exergue l'importance de penser la mémoire comme objet géographique.


vendredi 11 mai 2012

Carte postale d’une ligne rouge (Sarajevo)

Dans la continuité des billets sur les 20 ans du début de la guerre en Bosnie-Herzégovine, voici un texte autour d'une photographie parue dans la presse le 6 avril 2012, jour des commémorations du début du siège de Sarajevo 20 ans plus tôt. retour sur cette "ligne rouge", territoire éphémère de la commémoration, dans la rubrique "Cartes postales du monde" des Cafés géographiques.





"Avec sa vue de hauteur, la photographie semble montrer un immense « tapis rouge » traversant un boulevard par ce matin du 6 avril 2012. Des préparatifs pour un grand événement cinématographique ? La promotion d’un grand événement culturel ? L’architecture des bâtiments du premier plan entremêlant héritage austro-hongrois et ottoman, ainsi que les collines et les tours de la périphérie titiste [1] que l’on aperçoit en arrière-plan rappellent que nous sommes loin des événements mondains cinématographiques, mais à Sarajevo. Et cet immense « tapis rouge » est en réalité destiné à rester vide."




Références de l'article : Bénédicte Tratnjek, 2012, "Carte postale d'une ligne rouge (Sarajevo)", Les Cafés géographiques, rubrique Cartes postales du monde, 11 mai 2012, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2456

mardi 17 avril 2012

"Le musée du siège de Sarajevo" (Euronews)

Continuant la liste de billets consacrés aux reportages, articles et émissions sur les 20 ans du début du siège de Sarajevo et de la guerre en Bosnie-Herzégovine, voici une vidéo d'Euronews (voir également le billet "Sarajevo : 20 ans après le début du siège (Euronews)" du 6 avril 2012) qui présente l'exposition permanente sur le siège de Sarajevo au Musée de Sarajevo.

L'occasion de rappeler la poursuite du mémoricide (voir le billet "Les lieux de mémoire dans une ville en guerre : un enjeu de la pacification des territoires (Diploweb)" du 31 octobre 2011) par la fermeture de nombreux musées et institutions culturelles majeurs dans le devoir de mémoire : voir "Sarajevo ferme ses musées" sur le blog BHinfo.fr (9 janvier 2012).


samedi 14 avril 2012

Vidéo: "20ème anniversaire du début de la guerre en Bosnie" (France 24)

Dans la série des billets sur les 20 ans du début du siège de Sarajevo et de la guerre en Bosnie-Herzégovine, voici une autre vidéo sur la commémoration de cet "anniversaire", proposé sur le site de France 24. Ce reportage de Noémie Roche revient sur le concert donné devant la "Ligne rouge", composée de 11.541 chaises vides qui symbolisent les 11.541 victimes mortes pendant le siège de Sarajevo, toutes communautés confondues.

Sources :
Vidéo : Noémie Roche.
Texte : dépêche AFP.

En ligne sur le site de France 24, 6 avril 2012.



vendredi 13 avril 2012

"Sarajevo, 20 ans jour pour jour après le début du siège de la ville" (France info)

Un autre billet dans la continuité des billets sur les 20 ans du début du siège de Sarajevo, avec le podcast de l'émission Un monde d'infos du 6 avril 2012 sur France info. Un reportage de Sébastien Baer en direct de Sarajevo, autour des cérémonies de commémoration et de la "Ligne rouge" faite à partir des 11.541 chaises rouges qui symbolisent les victimes du siège de Sarajevo. Ce court reportage s'accompagne d'un dossier proposé par France info sur "La Bosnie, 20 ans après la guerre" avec d'autres reportages de Sébastien Baer.


Des chaises vides à la mémoire des victimes
© Radio France - Sébastien Baer