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mardi 9 avril 2013

Journée internationale du peuple rom : sélection biblio/sitographique

Chaque 8 avril, est célébrée la journée internationale du peuple rom. Le 8 avril 1971 est une date symbolique pour les Roms/Rroms, jour de la fondation de l'Union Romani internationale à Londres, où les Roms se dotèrent d'un drapeau et d'un hymne. Le 8 avril 2011, pour le 40ème anniversaire de l'Union Romani Romani internationale et pour le 2ème Sommet européen sur les Roms à Cordoue (8-9 avril 2010), est lancée la journée internationale du peuple rom.

Ces dernières années, les travaux de recherche se sont multipliés sur la question rom, et ce 8 avril 2013 est l'occasion de présenter une sélection (non exhaustive !) de quelques ressources permettant d'approfondir la "question rom", notamment sous les angles de la géographie, de la sociologie, de la science politique et de l'ethnologie.


mardi 12 mars 2013

Le regard des géographes sur la géographie de la catastrophe au Japon (2)

Une première sélection biblio/sitographique sur la géographie du séisme du 11 mars 2011 et ses conséquences, avait déjà été proposée dans le billet du 11 mars 2012 : "Le séisme du 11 mars 2011 au Japon : géographie d'une catastrophe". Depuis, d'autres ressources sont venues enrichir cette biblio/sitographie qui met en avant l'analyse spatiale de la catastrophe. L'occasion de faire un point sur ces nouvelles ressources et celles qui n'avaient pas été identifiées lors du premier billet, avec le mercredi 13 mars 2013, une émission de Planète Terre consacrée au bilan des deux ans de la catastrophe. Une biblio/sitographie plus complète a également été réalisée pour le compte-rendu du café géo lyonnais du 26 septembre 2012 "Fukushima et après ?" (à retrouver en fin de compte rendu de ce café géo).

Les populations touchées par le séisme au large de Tôhoku du 11 mars 2011
Source : Rémi Scoccimarro, site JapGeo.

samedi 17 novembre 2012

Les migrants en Europe, une géographie critique des politiques migratoires : quelques cartes

La réédition de l'Atlas des migrants en Europe. Géographie critique des politiques migratoires par le réseau ". a été l'occasion de nombreuses émissions de radio. La première édition est parue en 2009 (voir un compte-rendu de lecture pour les Cafés géographiques) avait été l'occasion d'un café géo le 27 octobre 2009 (voir le compte-rendu : "L'Europe et la misère du monde : mobilités, politiques migratoires en débats") avec deux des auteurs, le géographe Olivier Clochard et l'ethnologue Alain Morice. Cette seconde édition est l'occasion d'une biblio/sitographie présentée autour de quelques cartes extraites de cet atlas et/ou réalisées par les auteurs de cet atlas.


samedi 25 août 2012

Géographie des conflits récents : quelques articles (3)

Voici une mise à jour des billets "Géographie des conflits récents : quelques articles" partie 1 (11 mai 2009) et partie 2 (5 mai 2011) qui vient compléter le journal Scoop.it "Géographie des conflits" (à ce jour, 242 ressources en ligne recensées). Ce dernier concerne l'ensemble des ressources qui mettent en avant la dimension spatiale de la conflictualité (ce que le géographe Lionel Laslaz nomme, dans la continuité des travaux sur les conflits environnementaux, la "polémogéographie"), qu'il s'agisse des conflits armés, environnementaux, d'usage, de représentation, d'aménagement... Mais comme tout n'est pas sur le net, il est tout de même important de signaler des articles parus dans des revues papier qui ne sont pas signalés dans ce journal Scoop.it, soit parce qu'ils ne sont pas encore disponibles en ligne (pour certaines revues, il existe un temps de délai entre la publication papier et la mise en ligne gratuite en ligne), soit parce qu'il s'agit de publications existant seulement sous format papier. Ces ressources ne doivent pour autant pas être négligées ! Pour continuer cette recension d'articles sur la géographie des conflits, voici les résumés (pour les articles) ou les premières lignes (pour les notices) d'un numéro des Cahiers d'Outre-Mer consacré aux conflits en Afrique (à suivre : un billet sur une autre revue de géographie : L'Information géographique avec un numéro sur les différentes approches géographiques de la conflictualité).


ATTENTION : Comme pour tous les billets, les cartes présentes ici sont la propriété de leurs auteurs. Pour les utiliser sur un site ou un blog, vous devez impérativement citer les références complète (nom du/des auteur(s), nom de l'article, nom de la revue, numéro, année, pagination) et citer l'url de référence ou insérer (comme c'est le cas ici) un hyperlien renvoyant systématiquement vers la source (en cliquant sur les cartes, vous pouvez accéder aux articles). Les cartes proposées ici sont donc volontairement réduites en termes de taille, pour vous inviter à aller lire les travaux originaux dont elles sont extraites.


dimanche 19 août 2012

Retours sur "Bunker Cities" : compléments bibliographiques sur les "gated communities"

Le documentaire "Bunker Cities" proposé dans le billet précédent constitue une introduction à la question des ségrégations/fragmentations urbaines par les murs. La question ne peut être abordée en quelques minutes seulement, tant les représentations de l'(in)sécurité doivent être nuancées et confrontées les unes aux autres. A propos des "gated communities", nombreux sont les chercheurs à avoir proposé des réflexions riches qui, par-delà ce phénomène d'enclavement choisi, interrogent la condition urbaine. Voici quelques ressources pour dépasser le documentaire et à avoir une idée plus complète de ce que les "gated communities" nous apprennent de la ville et de notre habiter.

A noter : La littérature scientifique sur les "gated communities" est bien plus vaste que celle présentée ici, qui favorise les ressources accessibles en ligne, parce qu'accessibles au plus grand nombre. Mais chacun des articles et ouvrages cités ici se réfèrent à des biblio/sitographies bien plus complètes qu'il ne faut pas manquer de consulter.




vendredi 23 mars 2012

Géographie et cartographie électorale (1) : des sites et des cartes

Les élections ont leur géographie. On peut distinguer plusieurs approches au sein de la géographie : "les enjeux électoraux nous donnent à voir les territoires à vivre, les territoires identitaires, les territoires politiques : derrière les cartes dites "électorales", se cachent des réalités contrastées. Et sur ces questions, les géographes apportent leur contribution et tout leur savoir-faire proposant des analyses éclairant les enjeux électoraux de par le monde !" (Bénédicte Tratnjek, 2012, "Géographie électorale, géographie des élections", Les Cafés géographiques, rubrique Des Dossiers, 6 février 2012).

2012 est une année électorale majeure pour de nombreux pays : élections présidentielles en France, aux Etats-Unis, en Russie, mais aussi en Espagne, au Sénégal, au Mali, en Sierra Leone, au Ghana, au Kenya, à Madagascar, en Angola, au Mexique, au Venezuela, en République dominicaine, en Albanie, en Finalnde, en Islande, en Slovénie, à Taiwan, au Timor oriental...

Les cartes donnant à voir les résultats électoraux, particulièrement dans les médias, sont souvent contestées pour les choix de langage cartographique, le plus souvent non explicité : des discours sur la "couleur politique" d'un territoire sont produits par ce type de représentations (voir le billet "La carte-discours. Quelques éléments de réflexion" du 13 septembre 2009), notamment pour les cartes, les plus caricaturales mais aussi les plus "banales", qui représentent non la diversité des votes, mais une "uniformité" de votes à l'échelle des régions par exemple. C'est ainsi que Gilles Fumey donne un "Carton rouge pour les cartes électorales" (Les Cafés géographiques, rubrique Brèves de comptoir, 21 mars 2010) qui donnent à voir une couleur majoritaire sur un département, une région, voire un pays, oubliant par là-même les réalités sociopolitiques locales, et de fait l'existence des autres votes.

Expliquer les cartes que l'on nous donne à voir est un premier enjeu pour les géographes. Mais aussi produire des cartes qui sont des représentations mettant en scène la complexité des enjeux électoraux. Voici quelques sites pour vous aider à saisir les différents aspects de la géographie des élections, les impacts du territoire sur le vote et les impacts du vote sur les territoires. Bien évidemment, cette sitographie (un second billet sera consacré à la bibliographie) est très sélective, et ne recouvre pas l'ensemble des ressources existantes ! En espérant qu'elle soit un premier pas à une sensibilisation à la géographie comme décryptage d'enjeux politiques.



lundi 6 février 2012

Géographie des conflits : sélection de 100 articles en ligne

Voici la liste des 100 premiers articles sélectionnés dans le journal Scoop it ! : "Géographie des conflits". Ils reviennent sur différents aspects de la question de la géographie des conflits : conflits armés, conflits environnementaux, conflits d'usages, conflits d'aménagements... Concernant la géographie de la ville en guerre, ils reviennent sur différentes études de cas : Brazzaville, Bagdad, Mitrovica, Sarajevo, Belfast... De même pour la géographie des guerres avec des analyses de la Côte d'ivoire, du Darfour, de Sri Lanka, de la Syrie, de l'Afghanistan... Il ne s'agit en rien d'une sélection exhaustive, d'autant qu'elle ne concerne que des ressources disponibles en ligne et accessibles à tous (les articles accessibles en accès restreint ne figureront que quand cette restriction sera levée). Cette sélection d'articles sera complétée quotidiennement dans les jours à venir.



mardi 6 décembre 2011

Géographie, ville et guerre : des articles à signaler (2)

Voici une sélection bibliographique qui fait suite au billet "Géographie, ville et guerre : des articles à signaler (1)" du 21 juillet 2011 reprenant des articles publiés entre août et décembre 2011 sur les villes en guerre et la géographie des conflits. Voir aussi les bibliographies/sitographies proposées dans les billets "Géographie des conflits récents : quelques articles" (19 mai 2009), "Géographie des conflits récents : quelques articles (2)" (5 mai 2011), "Archives du festival international de géographie : Géographie des conflits" (13 octobre 2011) et "Articles de Géoconfluences sur la géographie des conflits" (14 octobre 2011).


Cette bibliographie/sitographie fait l'état (non exhaustif) de numéros de revue récents (et ne prend pas en compte les chapitres de manuels récemment publiés sur la question aux concours "Géographie des conflits). Les résumés/introductions ou les premières lignes/extraits proposés sont ceux des auteurs ou des éditeurs concernés. Les cartes et photographies utilisées sont celles des articles (se reporter aux articles concernés pour les citer avec précision).


Plan de la bibliographie/sitographie :
- Géographie des conflits
- Villes et conflits
- Frontières et conflits
- De la guerre à la paix ?
- Souveraineté, contrôle territorial et conflits
- Géographie des "printemps arabes"


lundi 5 décembre 2011

Géographie des diasporas : bibliographie/sitographie (2)

Suite de la bibliographie/sitographie proposée à l'occasion de la 11ème Journée Géo'rizon consacrée au(x) "Diaspora(s)". La 1ère partie de la bibliographie/sitographie présentait un état des lieux de la manière de penser les diasporas en géographie et par l'approche spatiale (en 2 parties : 1/ Les diasporas : à la recherche d'une définition ; 2/ Les espaces et les identités diasporiques) : voir le billet "Géographie des diasporas : bibliographie/sitographie (1)" (5 décembre 2011). Ce billet présente, quant à lui, des études de cas. Il s'agit, comme pour la sélection précédente, d'une liste non exhaustive et subjective. Elle s'est construite au fil des lectures sur la question, principalement par le prisme des travaux de géographes ou abordant la question de la diaspora par ses spatialités et ses territorialités.

De nombreuses études de cas auraient pu être présentées dans cette bibliographie/sitographie. Néanmoins, on s'arrêtera principalement aux études de cas des intervenants de la Journée Géo'rizon : les Grecs (Michel Bruneau), les Indiens (Eric Leclerc), les Arméniens (Sarah Mekdjan) et les Chinois (Emmanuel Ma Mung), ainsi que le cas de la diaspora palestinienne, dans la mesure où ces 5 études de cas montrent bien les différents types de stratégies migratoires et territoriales qu'adoptent les différentes diasporas, ainsi que les enjeux identitaires dans les processus d'intégration/ségrégation dans les lieux d'installation. Les enjeux mémoriels, la symbolique des lieux, le recours aux différents espaces virtuels, etc. sont autant de points de réflexion qui sont éclairés par le prisme de ces études de cas. En fin de bibliographie/sitographie, d'autres études de cas sont également présentées, de manière plus partielle : les diasporas noires, la diaspora juive, la diaspora italienne, les diasporas caribéennes, les diasporas de l'ex-URSS et de l'Asie centrale, les diasporas tamoule et sri lankaises, etc.


Géographie des diasporas : bibliographie/sitographie (1)

La 11ème Journée Géo'rizon consacrée au(x) "Diaspora(s)" est l'occasion de proposer une bibliographie et une sitographie sur la géographie des diasporas. Cette liste est loin d'être exhaustive, tant les géographes sont productifs sur ces questions, mais aussi tant la question des diasporas implique de très nombreux thèmes de recherche et de réflexion : mobilités/migrations, identité/territoire, intégration/ségrégation, mondialisation... Comme toutes les bibliographies/sitographies proposées sur ce site, cette liste prétend seulement être une introduction à la question des diasporas.

Devant la diversité des cas et l'abondance de la bibliographie, n'ont été choisies que des sources en français : il s'agit aussi de proposer une bibliographie/sitographie qui donne à voir la manière de penser en français la notion de diaspora, ce qui soulève d'autres questions : "diaspora" est-il un intraduisible, ou tout du moins un terme qui ne comporte pas le même bagage épistémologique une fois traduit dans d'autres langues ? (voir le compte-rendu du café géographique avec Barbara Cassin, animé par Olivier Milhaud : "Dire le monde en plusieurs langues", 25 novembre 2008). C'est un questionnement à la fois pour la recherche d'une définition du terme "diaspora", mais aussi pour comprendre le vécu de ces populations : se perçoivent-elles comme diaspora ? Quel sens donnent-elles à ce vécu dans leur imaginaire spatial, leurs ancrages territoriaux et dans leurs pratiques spatiales ?

Pour établir cette bibliographie/sitographie, il a été fait plusieurs choix : tout d'abord, il a été choisi de ne prendre en compte que les travaux qui questionnent directement la notion de diaspora. De plus, il s'agissait de favoriser les travaux qui questionnent la dimension spatiale d'une part, et les travaux accessibles sur Internet (de manière non exclusive, notamment pour les ouvrages fondateurs de la réflexion sur la diaspora) d'autre part. Enfin, comme expliqué, on a choisi exclusivement des travaux principalement écrits (et pensés) en français. Les sources sont présentées par ordre chronologique croissant, afin de permettre aux lecteurs de découvrir comment ces travaux se sont enrichis les uns les autres. Le tout constitue une bibliographie/sitographie qui reste très partielle, et subjective. N'hésitez pas à signaler des travaux oubliés !

Cette bibliographie/sitographie sera présentée en 2 parties :
- Penser les diasporas en géographie : approche théorique (ce billet)
- Géographie des diasporas : des études de cas (le prochain billet)



mardi 15 novembre 2011

La ville-capitale, le pouvoir, la symbolique et la toponymie : sélection bibliographique/sitographique



A l'occasion de la mise en ligne de l'article de Julien Arnoult : "Quand les capitales déménagent", publié dans le magazine Carto (n°4, mars/avril 2011, p. 35), voici une sélection (bien évidemment subjective et non exhaustive) de ressources bibliographiques et sitographiques concernant les liens entre pouvoir et symbolique dans les villes-capitales.

Quand les capitales déménagent
Source : Julien Arnoult, "Quand les capitales déménagent", Carto, n°4, mars/avril 2011, p. 35.

On peut s'étonner, sur la carte proposée par Julien Arnoult, dans son article de l'absence de certains déménagements de capitales, et notamment de l'absence de l'Afrique sur cette carte (on pense notamment à la Côte d'Ivoire avec Yamoussoukro, au Nigeria avec Abuja, ou encore à la Tanzanie avec Dodoma), mais également le Brésil (avec Brasilia). Pourtant, la carte fait état de changement de capitales plus anciens que ceux-ci (Kyoto -> Edo/Tokyo en 1868 ; Istanbul -> Angora/Ankara en 1923, et plus récemment Karachi -> Islamabad en 1967) : y aurait-il des changements de capitales plus marquants, plus "sensationnels", dans l'imaginaire collectif ? Cette absence est intéressante en termes de perceptions et de représentations, dans la mesure où elle nous donne à voir les lieux marquants de l'imaginaire spatial collectif. L'absence de Brasilia sur cette carte, souvent citée comme exemple emblématique des transferts de capitales, rappelle qu'il existe deux types d'enjeux : la symbolique des lieux comme matérialisation d'un nouveau pouvoir et l'aménagement du territoire (le premier enjeu marquant davantage l'imaginaire collectif, dans la mesure où il s'agit d'un urbanisme autoritaire).

L'idée de changement de villes-capitales est tout d'abord liée, dans l'imaginaire spatial, à l'indépendance de certains Etats : la carte montre ainsi de nouvelles capitales en Asie centrale (avec Astana au Kazakhstan), mais l'on pourrait aussi penser aux indépendances africaines. Autre logique de déplacement de la ville-capitale : la volonté d'affirmer une rupture avec l'émergence d'un nouveau pouvoir ou d'un nouveau régime (sans qu'il y ait pour autant nécessairement une redéfinition des frontières nationales) : Julien Arnoult parle ainsi du Japon avec Edo - devenant Tokyo - au détriment de Kyoto, de la Turquie avec Angora - devenant Ankara - au détriment d'Istanbul...

C'est aussi un enjeu toponymique qui se joue dans la symbolique des lieux du pouvoir : la rupture n'est pas seulement mise en visibilité par le déplacement de la capitale dans une autre ville, mais aussi par le nouveau toponyme attribué à cette nouvelle capitale. Pour d'autres nouvelles villes-capitales, le pouvoir s'installe dans des villes nouvelles, créées "sur mesure" pour accueillir le nouveau pouvoir. L'architecture et le paysage sont alors modelés et mis en scène pour montrer le poids de ce nouveau pouvoir : c'est le cas du village de Yamoussoukro devenant la capitale de la Côte d'Ivoire indépendante sous le règne de Félix Houphouët-Boigny (qui fait ainsi de son village natal une ville nouvelle dotée de tous les ministères, de palais, d'une basilique gigantesque, d'une école militaire...).

Sur la carte de Julien Arnoult, on note enfin que des projets de déplacement de capitale sont en cours, comme par exemple "annoncé en 2005, le projet de déplacer neuf ministères et plusieurs agences gouvernementales d'ici 2014 de Séoul vers la ville nouvelle de Sejong, actuellement en construction en Corée du Sud" (à ce propos voir l'excellent Atlas de Séoul de Valérie Gelezeau, Autrement, collection Atlas Mégapoles, 2011 ; ainsi que l'émission "Séoul, nouvelle ville monde ?", Planète Terre, diffusée le 16 novembre 2011), ou encore le déplacement en projet de Jakarta au profit de Palangkaraya (à propos de Jakarta, voir l'excellent ouvrage de Jérôme Tadié : Les territoires de la violence à Jakarta, Belin, collection Mappemonde, 2006).

"Ville nouvelle ou remodelée, les récents changements de capitale ont été accompagnés de projets architecturaux et urbains démesurés. telle est la marque du nouveau départ des dirigeants à poigne" (Julien Arnoult, "Quand les capitales déménagent", Carto, n°4, mars/avril 2011, p. 35). Il est intéressant de noter le rôle de l'urbanisme et de l'architecture dans ces changements de villes-capitales : le pouvoir est, le plus souvent, mis en scène par des formes géométriques, symbolisant l'ordre et le contrôle. Le transfert des capitales pose la question de la symbolique des lieux et celle des pouvoirs dans la ville.



D'Abidjan à Yamoussoukro, de Yamoussoukro à Abidjan : la ou les ville(s)-capitale(s) ivoirienne(s)


Interroger des élèves, des étudiants ou des passants dans la rue : "quelle est la capitale de la Côte d'Ivoire ?". Une grande majorité vous répondra : "Abidjan". Pourtant, la capitale ivoirienne est bien Yamoussoukro, le village natal du premier président de la Côte d'Ivoire indépendante, Félix Houphouët-Boigny. Cette réponse ne souligne pas seulement une connaissance parfois approximative d'une Afrique regardée par le prisme du regard eurocentré (voir "Comprendre l'Afrique en évitant les idées reçues", compte-rendu du café géographique du 8 octobre 2011, animé par Georges Courade) : elle témoigne aussi de la relation entre Abidjan et Yamoussoukro, cette dernière ne s'étant jamais imposée comme capitale économique de la Côte d'Ivoire. Malgré le changement de capitale, Abidjan est restée le pôle économique de la Côte d'Ivoire, et progressivement certains fonctions politiques déplacées à Yamoussoukro ont été "rapatriées" à Abidjan, ville de l'ouverture de la Côte d'Ivoire sur le monde.


Pour le géographe Roland Pourtier, "Yamoussoukro est le plus bel exemple de "ville du prince" de l'Afrique contemporaine. Sa création a été décidée par Félix Houphouët-Boigny, qui domina la vie politique de Côte d'Ivoire de la Deuxième Guerre mondiale jusqu'à sa mort en 1993. Le lieu choisi est son village natal, dans les savanes du pays Baoulé. La ville a été construite grâce aux ressources provenant des exportations agricoles, principalement le cacao. L'ordre géométrique d'un schéma d'urbanisme grandiose et l'architecture monumentale gravent dans l'espace ivoirien la gloire de son fils le plus illustre. Aménagée pour accueillir 400 000 personnes, Yamoussoukro n'en compte pas encore la moitié : la crise économique ivoirienne de la fin des années 1980 a ralenti sa croissance. La ville cependant n'est plus une épure d'architecte ; elle occupe désormais une place bien réelle dans le réseau urbain ivoirien." (Roland Pourtier, "Villes africaines", Documentation photographique, n°8009, juin 1999, p. 40).


La ville de Yamoussoukro illustre bien les transferts de capitales dont il est question dans l'article de Julien Arnoult, c'est-à-dire celles qui ont pour objectif d'affirmer le pouvoir d'un homme et/ou d'un régime, en le rendant visible.





Bibliographie/sitographie sur Yamoussoukro, la ville du Prince :




Autres ressources sur Yamoussoukro :

  • Sylvy Jaglin, 1993, "L'ajustement gestionnaire à Yamoussoukro (Côte d'Ivoire) : le "Vieux" et la commune au "village" ", dans Alain Dubresson et Sylvy Jaglin (dir.), 1993, Pouvoirs et cités d'Afrique Noire : la décentralisation en question, Karthala, Paris, pp. 141-173.
  • Jean-Fabien Steck, 1997, Transports par cars et dynamique spatiale en Côte d'Ivoire : le cas de Yamoussoukro, mémoire de maîtrise en géographie, Université de Paris X, Nanterre, 175 p.
  • Jean-Fabien Steck, 2004, "Requiem pour une gare routière. Succès et fragilités d'un territoire informel à Yamoussoukro", Autrepart, n°32, pp. 95-114.





Brasilia (Brésil) : le transfert d'une capitale pour le rééquilibrage d'un pays


Devenue capitale du Brésil en 1960, "créée pour rééquilibrer la distribution de population brésilienne" (Neli Aparecida De Mello, François-Michel Le Tourneau, Hervé Théry et Laurent Vidal, 2004, Brasilia, quarante ans après, Editions de l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine (IHEAL) / La Documentation française, Paris, p. 9) en conquérant les terres intérieures, Brasilia est souvent citée comme un exemple emblématique de la mise en scène du pouvoir dans l'architecture, l'urbanisme et la toponymie. 40 ans après sa création, Brasilia est souvent considérée comme un succès dans la mesure où "Brasília a rempli ces deux fonctions à la fois : elle est bien « un centre politique et administratif, jouissant de toutes les commodités possibles, pour elle-même et dans son voisinage », au point d’attirer des migrants fascinés par cet îlot de richesse, et même si elle n’était pas « placée dans une zone déjà très peuplée », le mouvement migratoire s’est chargé de créer cette situation. Elle a également été « un ferment, un centre de colonisation et d’irradiation », par l’intermédiaire des routes construites pour la desservir et la relier tant aux régions déjà peuplées qu’aux fronts pionniers de l’Ouest et du Nord. (...) Capitale politique incontestée, capitale pionnière dépassée par son succès même, Brasília est aussi aujourd’hui une métropole parmi les autres. On peut le regretter, parce que son projet original s’est affadi et parce qu’elle connaît désormais les mêmes tensions sociales que les autres métropoles. On peut aussi penser que, de ce fait, elle revient dans la norme et devient plus représentative de la nation brésilienne" (Neli Aparecida De Mello, François-Michel Le Tourneau, Hervé Théry et Laurent Vidal, 2004, Brasilia, quarante ans après, Editions de l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine (IHEAL) / La Documentation française, Paris, pp. 108-109).


L'exemple de Brasilia n'illustre pas le cas de transferts de villes-capitales pour l'affirmation du pouvoir d'un homme ou d'un régime, mais bien comme outil de l'aménagement du territoire national. Ce n'est pas la ville comme symbole du pouvoir qui est alors pensée, mais la ville comme outil de la construction nationale, autour des problématiques de rééquilibrage du peuplement et des activités.




Bibliographie/sitographie sur Brasilia :


D'autres ressources sur le Brésil à surveiller :
  • Le blog Braises du géographe Hervé Théry.
  • La revue franco-brésilienne Confins.






D'autres transferts de villes-capitales récents


La liste n'étant pas exhaustive, n'hésitez pas à me faire part des transferts de capitales récents (depuis la moitié du XXème siècle) que j'ai pu oublier. La liste sera mise à jour en fonction de votre aide, merci d'avance !




Pakistan : Karachi -> Islamabad
Nigeria : Lagos -> Abuja
Tanzanie : Dar-es-Salaam -> Dodoma
Kazakhstan : Almaty -> AstanaMalaisie : Kuala Lumpur -> Putrajaya
Birmanie : Rangoon -> Naypyidaw




La construction d’une capitale dans un lieu auparavant désert n’est pas un fait isolé dans l’histoire, bien au contraire. Plusieurs exemples de capitale de ce type peuvent, au contraire, êtres rapprochés de l’expérience brésilienne.• La construction de la ville de Washington date-t-elle de la fin du XVIIIe siècle. Un siècle plus tard, en 1800, la ville devenait la capitale des États-Unis.• Canberra, elle, a été fondée en 1913, et fut élevée au rang de capitale le 9 mai 1927. Le plan de Canberra fut choisi parmi 113 concurrents lors d’un concours international d’architecture. Le vainqueur, Walter Burlet Griffin, déclara que Canberra ne devrait ressembler à aucune autre ville du monde.• Islamabad est un peu plus récente que Brasília, puisqu’elle fut élevée comme capitale du Pakistan en 1959 et construite pendant les années 1960. Selon le journal officiel local, « Le plan directeur de cette ville, la plus moderne qui soit, a été dressé en 1960 par le cabinet grec d’architecture Constantinos Doxiades. Le chantier fut lancé en octobre 1961, et la ville fut inaugurée le 26 octobre 1966, date de la première installation d’un immeuble de bureau. ».Il faut noter que ces trois villes ont été construites à proximité d’autres grandes villes. Ainsi Canberra n’est qu’à 244 kilomètres de Sydney et Washington à 327 kilomètres de New York. Quant à Islamabad, elle est si proche de Rawalpindi qu’elles sont considérées comme une seule agglomération. Brasília, elle, se situe à 931 kilomètres de Rio de Janeiro et 870 kilomètres de São Paulo, à vol d’oiseau, la nouvelle capitale devant promouvoir la conquête de l’intérieur du pays.
Source : Neli Aparecida De Mello, François-Michel Le Tourneau, Hervé Théry et
Laurent Vidal, 2004, Brasilia, quarante ans après, Editions de l'Institut des Hautes
Etudes de l'Amérique Latine (IHEAL) / La Documentation française, Paris,  pp. 36-37.






Bibliographie/sitographie concernant Astana et le Kazakhstan :


"La mainmise présidentielle s’est illustrée de manière plus explicite encore au Kazakhstan par le changement de capitale. Le président Nazarbaev apparaît d’ailleurs comme la tête pensante de ce projet : il est souvent présenté comme l’instigateur de la réforme, un homme providentiel, le « grand architecte » de l’indépendance mais aussi du vaste chantier qu’est devenue la ville d’Astana. C’est ce qu’illustre cette phrase, que l’on peut lire dans un musée de la capitale kazakhstanaise : « Astana, la jeune capitale du Kazakhstan souverain, est devenue l’incarnation concrète de la conception eurasiatique du Président de la République du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev ». La décision unilatérale de déplacer la capitale vers Astana est symptomatique d’une structure pyramidale de l’appareil d’Etat. Le président se trouve au sommet, il règne en maître sur la « destinée » du pays et de la nation. L’impossible remise en question du projet et l’absence de concertation au sein de la classe politique témoignent d’un  processus de « présidentialisation » du pouvoir. Dans un tel contexte, on comprend mieux pourquoi opposition au projet de transfert du centre administratif était synonyme d’opposition au pouvoir en place et donc au président. Sans aller jusqu’à qualifier le projet de caprice présidentiel ou de pulsion mégalomane, le transfert de la capitale apparaît malgré tout comme le projet « fétiche » de Noursoultan Nazarbaïev"

Source : 
Adrien Fauve et Cécile Gintrac, 2009,
"Production de l'espace urbain et mise en scène du pouvoir dans deux capitales présidentielles d'Asie centrale", L'Espace politique, n°8, n°2009/2, paragraphe 10.


jeudi 21 juillet 2011

Géographie, ville et guerre : des articles à signaler (1)


Voici une sélection bibliographique (non exhaustive !) reprenant des articles publiés récemment (début 2011) dans des revues papier concernant les centres d'intérêt de ce blog (concernant les articles publiés dans des revues en ligne, on se reportera aux billets "Géographie des conflits récents : quelques articles" du 19 mai 2009 et "Géographie des conflits récents : quelques articles (2)" du 5 mai 2011). Des articles à (re)découvrir, notamment dans le cadre de la préparation de la question "Géographie des conflits" au programme des concours de l'enseignement, mais aussi pour tous qui s'intéressent aux situations conflictuelles de par le monde. Les résumés/introductions et les présentations des auteurs proposés sont ceux des articles ou des revues concernés.



La guerre et la ville

- Saskia Sassen, 2011, "L'urbanisation de défis globaux. Le cas des guerres asymétriques", Géographie Economie Société, vol. 13, n°1/2011, pp. 11-25 (en accès restreint).
"Cet essai repose sur l'idée que les villes rendent visibles les limites de la supériorité de la puissance militaire. Elles constituent des régimes faibles, qui peuvent contester, sans toutefois pouvoir renverser le pouvoir supérieur. L'étude des guerres asymétriques permet d'explorer les contradictions émergeant de l'urbanisation et de montrer que dans certaines circonstances, une puissance militaire supérieure peut trouver ses limites lorsque la guerre devient urbaine, ce qui rend l'impuissance complexe plutôt que simple. Cet article s'intéresse aux cas de Mubai et de Gaza, deux exemples permettant de comprendre l'immense variabilité de la guerre lorsqu'elle s'urbanise, et par là même le caractère protéiforme de la guerre asymétrique. Pour finir, une discussion est conduite sur les tendances les plus globales qui émergent en filigrane des cas présentés, telles que le repositionnement du territoire, de l'autorité et des droits."

Un article qui intéressera tous les lecteurs se préoccupant de la ville en guerre, de la guerre asymétrique, des modalités d'intervention dans le cas des guerres urbaines, et de la ville en général. Par l'une des plus grandes spécialistes en études urbaines (notamment connue pour le concept de "ville globale"). Voir également le site de Saskia Sassen.


- Yakov Semenov, 2011, "Comment j'ai pris le palais de Kaboul", interview, Guerres & Histoire, n°1, mars 2011, pp. 6-12.
"Le récit inédit de l'assaut qui a démarré en 1979 l'interminable conflit afghan. Comment, dans la confusion et le chaos, le groupe Zenit a rempli sa mission, à un contre quarante".

Yakov Semenov était colonel du KGB au moment de la prise du palais de Kaboul pour les forces soviétiques en 1979.

On retrouvera, par ailleurs, sur la page facebook de la revue Guerres & Histoire -accessible sans compte facebook-, la vidéo de cette interview réalisée lors de la conférence de presse du lancement de Guerres & Histoire, le 23 mars 2011, au Cercle National des Armées.

A noter concernant cette nouvelle revue, Guerres & Histoire, que l'on appréciera tout particulièrement le choix éditorial d'intégrer des encadrés "L'avis de Guerres & Histoire" ainsi que la présence de nombreuses cartes illustrant le déroulement des guerres ou des batailles. Voir des notes de lecture concernant le n°1 et le n°2, proposées par Stéphane Mantoux sur son blog Historicoblog (3).


- Infographie : Pierre Grumberg, 2011, "Les villes souterraines du Viêt-công", Guerres & Histoire, n°2, juin 2011, pp. 82-83.
"« Personne n'a démontré plus d'habileté à cacher ses installations que le Viêt-công, une organisation de taupes humaines ». Dans la bouche du général William Westmoreland, commandant en chef de l'armée américaine au Viêt Nam, il s'agit bien d'un compliment. Il n'est pas immérité : les communistes vietnamiens ont creusé - de la guerre contre la France à la fin des années 1940 jusqu'à la victoire finale en 1975 - un immense réseau souterrain abritant caches d'armes et de nourriture, cuisines, infirmeries, dortoirs, salles de classe, postes de commandement et même cinémas. Le complexe de Cu Chi, à 40 km au nord-ouest de Saigon, équivaut par sa taille au métro parisien : plus de 200 km de galeries étendues sur plus de 100 km2, capables d'abriter jusqu'à 16 000 clandestins. C'est de là que sortira l'offensive du Têt contre Saigon, en 1968. Le réseau possède même ses sorties au milieu du camp retranché de la 25e division US chargée de sa destruction !"




Géographie électorale et tensions politico-sociales

 - Caroline Ronsin, 2011, "Tensions postcoloniales au Nigeria", Carto, n°6 (sommaire), juillet/août 2011, pp. 28-29.
"Au mois d'avril 2011, trois élections se sont succédées au Nigeria : le Sénat et le Parlement ont été renouvelés, le président sortant, Goodluck Jonathan, réélu et les gouverneurs de 26 des 36 Etats fédérés réélus ou remplacés".

A noter que la revue Carto, qui fête son premier anniversaire, propose de très nombreux articles, tout aussi riches les uns que les autres, et que sa lecture, au fil des numéros, est toujours plus agréable. On pourra consulter certaines cartes et certains extraits d'articles sur le blog de la revue.


- Caroline Ronsin, 2011, "Réveil burkinabé ?", Carto, n°6, juillet/août 2011, p. 32.
"Quelques mois après les élections présidentielles du 21 novembre 2010 qui ont vu la troisième réélection de Blaise Compaoré avec 81 % des voix, un mouvement de contestation sans précédent secoue le Burkina Faso. Militaires, étudiants et professeurs font valoir leurs revendications respectives dans les rues des principales villes du « pays des hommes intègres ».


- Caroline Ronsin, 2011, "Vers une normalisation politique en Ouganda ?", Carto, n°5 (sommaire), mai/juin 2011, p. 29.
"Les récentes élections en Ouganda font espérer la poursuite de la démocratisation, bien qu'elle reste fragile dans un pays longtemps déchiré par les conflits."




- Julien Arnoult, 2011, "Indépendance du Kosovo : des lendemains difficiles", Carto, n°4 (sommaire), mars/avril 2011, pp. 28-29.

"Après trois ans d'indépendance, le Kosovo a connu en décembre 2010 sa première grande secousse politique avec le renouvellement anticipé de son Parlement. Le quatrième scrutin législatif du jeune Etat souligne davantage ses difficultés internes, ternissant un bilan relativement meilleur au niveau international."


- Frank Tétart, 2011, "Deux présidents pour la Côte d'Ivoire", Carto, n°4, mars/avril 2011, pp. 32-33.
"Loin de sortir le pays d'une décennie de conflit et de crise, les élections présidentielles qui se sont tenues à la fin de l'année 2010 n'ont rien réglé. Bien au contraire, le président sortant, Laurent Gbagbo, en contestant les résultats, cantonne son rival Alassane Ouattara, pourtant reconnu vainqueur à l'issue du scrutin et soutenu par la communauté internationale, à la marginalisation. Cette situation accroît les risques d'affrontements et de déclenchement d'un nouveau conflit."


- Caroline Ronsin, 2011, "Instabilités au Yémen, Carto, n°4, mars/avril 2011, p. 46.
"Dans un contexte politique dégradé par la perspective des élections législatives prévues en 2011, la révolution tunisienne a provoqué une vague de manifestations à Sanaa. Craignant l'extension des protestations, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir du pays réunifié depuis 1990, a finalement renoncé à faire amender la Constitution pour pouvoir se représenter aux présidentielles de 2013 et à proposer son fils pour lui succéder."






Géographie des conflits

- Tigrane Yégavian, 2011, "Le chaudron syrien", Carto, n°6, juillet/août 2011, p. 50.
"Après trois mois de révoltes et de répression, le régime des Assad a atteint un point de non-retour qui le place devant un dilemme : réformer ou se saborder. Le dixième anniversaire de l'arrivée à la présidence de Bachar al-Assad sera-t-il le dernier ?"


- Marc Lavergne, 2011, "Egypte : les lendemains incertains de la révolution", Diplomatie magazine, n°51 (sommaire), juillet/août 2011, pp. 24-27.
"La "révolution du 25 janvier" est née d'une apsiration générale au changement. A partir d'une volonté de mettre fin aux exactions et à la corruption de la police, un régime installé fermement depuis trente ans - si l'on se limite à l'ère Mourabak - a été ébranlé et son chef mis à l'écart."


- Carte : reliefweb et OCHA, 2011, "République démocratique du Congo : Insécurité et déplacement (au 26 mai 2011)", Diplomatie magazine, n°51, juillet/août 2011, p. 17.
"Les besoins humanitaires restent élevés en raison des conflits armés et de l'insécurité généralisée. Le nombre de personnes déplacées s'élèverait à 1,7 million. Des millions vivent dans la peur et dépendent de l'aide humanitaire pour leur survie."


- Azita Bathaïe, 2011, "Les relations familiales à distance. Ethnographies des migrations afghanes", Autrepart, n°57-58, n°2011/1-2, pp. 59-75 (en accès restreint).
"Cet article questionne les échanges et interrelations entre les membres d'une famille afghane, à travers le parcours migratoire d'un père au pakistan et en Iran, puis celui de son fils, vingt ans plus tard, vers l'Europe. Le premier s'appuie sur le "savoir-circuler" de ses germains et de ses amis, tandis que le second construit ses réseaux au gré des rencontres sur sa route. L'article expose les différentes étapes qui amèront le fils à interrompre ou à reprendre les liens avec sa famille restée en Iran. L'analyse de ses itinéraires rend compte du vécu des relations à distance entre les membres de la famille. A la seconde génération, il apparaît que le cycle de vie de la fratrie est intimement lié à la circulation de celui qui migre. Le fils absent peut participer pleinement à l'organisation d'un mariage, jouer un rôle crucial dans la gestion des conflits intergénérationnels, et va jusqu'à intervenir sur le choix matrimonial de sa soeur en favorisant la modification des pratiques."

A ce propos, on se reportera à l'ouvrage incontournable sur les migrations afghanes liées aux différentes guerres qui ont déchiré le pays : Alessandro Monsutti, 2004, Guerres et migrations. Réseaux sociaux et stratégies économiques des Hazaras d'Afghanistan, Editions de l'Institut d'ethnologie, Neuchâtel, 364 p.


- Julien Arnoult, 2011, "Kaboul parie sur ses mines pour se développer", Carto, n°5, mai/juin 2011, p. 32.
"Longtemps Etat tampon perdu entre plusieurs empires, l'Afghanistan est aujourd'hui à la croisée des chemins, notamment grâce à ses richesses minières et à sa proximité géographique avec de grands pays émergents. Si la sécurité s'est améliorée par endroits, il lui reste tout à bâtir pour acquérir un rôle de transit."


- Dossier : Pierre Blanc, 2011, "Etat palestinien : une réalité en 2011 ?", Carto, n°5, mai/juin 2011, pp. 10-20.
"Alors que la contestation arabe appelle à une refondation des Etats enkystés par une longue période d'autoritarisme et d'impéritie, l'année 2011 pourrait être celle de la fondation de l'Etat palestinien après plusieurs décennies de déni d'existence."


- Myriam Hamache, 2011, "Timor oriental : une difficile transition", Carto, n°5, mai/juin 2011, pp. 34-35.
"Pays d'Asie du Sud-Est environ 36 fois plus petit que la France, le Timor oriental (ou Timor Leste) a accédé à l'indépendance le 20 mai 2002, en prenant le nom officiel de Timor Loros'ae dans la langue nationale, le tétoum. Neuf ans plus tard, la situation sécuritaire, politique et humanitaire du pays reste précaire."


- Caroline Ronsin, 2011, "Le Sahara occidental : un conflit enlisé", Carto, n°4, mars/avril 2011, p. 31.
"Le 8 novembre 2010, à la veille de la reprise des négociations sous l'égide des Nations unies, le démantèlement par les autorités marocaines du camp de contestataires sahraouis de Gdeim Izit, près d'El-Ayoun, a de nouveau renforcé le pessimisme quant à la résolution du conflit du Sahara occidental."




- Dossier : "Trafics : géopolitique de l'illicite", Diplomatie magazine, n°50 (sommaire), mars/avril 2011, pp. 36-46.
- Mickaël R. Roudaut, "Géopolitique de l'illicite. La nouvelle main invisible", pp. 38-46.
- Maggy Lee, "Comment la définition de la traite des êtres humains oriente les réponses des Etats", pp. 47-48.
- Jean-Charles Antoine, "Le trafic d'armes dans les banlieues françaises. Causes profondes et enjeux d'une géopolitique interne française", pp. 49-52.
- Atlas : Thomas Delage, "Géopolitique des trafics illicites", pp. 53-58.


- Dossier : "Le Grand Baloutchistan", Diplomatie magazine, n°50, mars/avril 2011, pp. 59-70.
- Tableau de bord : "Le Balouchistan, au coeur des enjeux stratégiques", p. 60 (à retrouver sur le blog de Diplomatie magazine).
- Vincent Eiffing, "Le "Grand Balouchistan : quelle valeur géostratégique ?", pp. 61-64 (voir un extrait de ce texte sur le blog de Diplomatie magazine, ainsi que le blog de Vincent Eiffing : Chroniques persanes).
- Stéphane A. Dudoignon, "Le Sistan-Balouchistan. Un défi intérieur pour Téhéran", pp. 65-67.
- Nadège Reynolds, 2011, "Balouchistan. Une région dans la tourmente", pp. 68-70.


Le Grand Balouchistan au coeur des enjeux stratégiques
Diplomatie magazine, n°50, mars/avril 2011, p. 60.





Géographie de l'enfermement et des frontières

A propos de la "géographie de l'enfermement", on se reportera à la liste de blogs et de sites proposée dans la colonne gauche du blog, ainsi qu'aux différents billets du site sur cette question.


- Fabien Dany, 2011, "Un mur aux confins de l'Union européenne", Carto, n°6, juillet/août 2011, p. 27.
"Le printemps arabe et les vagues de migrants débarquant par bateau en Italie ont occulté le projet de "mur" à la frontière entre la Grèce et la Turquie, représentatif des mesures restrictives prises par l'Union européenne face aux migrations irrégulières".


- Caroline Ronsin, 2011, "Naissance du « Sud-Soudan »", Carto, n°6, juillet/août 2011, p. 33.
"Dix-huit ans après l'Erythrée, un nouvel Etat apparaît sur la carte de l'Afrique. Le 9 juillet 2011, le Sud-Soudan accède officiellement à l'indépendance. Il naît des cendres de deux guerres civiles, remettant en question les frontières héritées de la colonisation européenne".

A ce propos, on se reportera notamment au billet "Le Sud-Soudan vu par les géographes" du 13 juin 2011 et au dossier des Cafés géographiques : "Soudan(s)".


- Myriam Hamache, 2011, "Frontières litigieuses en Thaïlande", Carto, n°5, mai/juin 2011, p. 33.
" Au centre de la péninsule Indochinoise, la Thaïlande partage ses frontières avec quatre Etats : la Birmanie, le Laos, le Cambodge et la Malaisie. Depuis quelques mois, le pays connaît une intensification des violences dans les régions frontalières avec la Malaisie et à la frontière avec le Cambodge."

A ce propos, on se reportera à la carte "Thaïlande/Cambodge : le contentieux territorial du temple de Preah Vihea" publiée par le Ceriscope (9 juin 2011).




- Photographies satellites : UNITAR/UNOSAT, 2011, "Situation à Ras Ajdir, à la frontière entre la Tunisie et la Libye, le 3 mars 2011", Diplomatie magazine, n°50, mars/avril 2011, pp. 14-15.

Photographies satellites accompagnées d'un texte : "La situation en Libye. Comment l'UNOSAT aide à la décision" par Olivier Van Damme et Lars Bromley.