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lundi 9 novembre 2009

Géographie de la ville en guerre ou géopolitique de la ville en guerre ?


L'heure est au débat entre géographie politique et géopolitique. D'une part, Sylvain Kahn a invité, dans son émission Planète Terre sur France Culture ce mercredi 4 novembre 2009 (à réécouter en ligne pendant un mois ou à podcaster) Stéphane Rosière et Frédéric Encel, tous deux géographes, à débattre autour de la question "Géographies politiques et Géopolitiques". Dans son ouvrage Géographie politique et géopolitique : une grammaire de l'espace politique (Ellipses, 2007), Stéphane Rosière a ainsi proposé une distinction opératoire entre géographie politique en tant que qu'étude du "cadre politique" et géopolitique en tant qu'étude de l'espace considéré comme un enjeu. Dans la continuité de cette définition, on pourrait ainsi dire que la géographie politique s'appuie donc sur les espaces, tandis que la géopolitique s'appuie sur les actions et les représentations des acteurs face à ces espaces. D'autre part, Olvier Kempf, dans son blog Etudes géopolitiques européennes et atlantiques, pose la même question à travers la relecture qu'il propose de l'ouvrage d'Yves Lacoste : La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre (le billet est particulièrement à lire pour tous ceux qui pensent avoir une idée du contenu de l'ouvrage à l'épreuve de son seul titre et seraient assez surpris de découvrir qu'il s'agit d'un plaidoyer pour une refonte épistémologique des objectifs de la géographie). Le débat est riche, parce que la frontière entre les deux disciplines est parfois floue et reste encore à mettre en exergue. Le débat n'est d'ailleurs pas récent, comme le rappelle Sylvain Kahn en introduction de son émission, dans laquelle il fait référence à l'article de Karoline Postel-Vinay : "Géographie et pouvoir", paru dans le n°10 de Critique internationale en janvier 2001 (pp. 51-58). On pourrait également citer l'article de Paul Claval paru dans la revue Stratégique n°55 (n°3/1992) : "Géographie politique, géopolitique et géostratégie", ou Yves Lacoste dans le compte-rendu de son intervention à l'ENS-SHS Lyon le 28 février 2002 sur "Le géographe et le politique", ou encore Christian Daudel dans le n°50 de la revue Stratégique : "Les termes de l'échange. Géographie, Géopolitique et Géostratégie".

Une citation paraît ici appropriée, extraite de l'ouvrage de Ladis K.D. Kristof, Les origines de la géopolitique et son évolution, traduit par Martin Motte pour le site de l'Institut de Stratégie Comparée (ISC). Abordant le cas spécifique de la distinction entre géographie politique et géopolitique aux Etats-Unis, l'auteur pointe du doigt des problèmes similaires à ceux de la recherche française : "La seule vraie différence entre la géographie politique et la géopolitique est une différence de perspectives. La géographie politique, en tant que géographie, insiste sur les phénomènes géographiques, dont elle donne une interprétation politique ou dont elle étudie les aspects politiques. Inversement la géopolitique, comme science politique, privilégie les phénomènes politiques dont elle tente de fournir une interprétation géographique ou d'étudier les aspects géographiques. Mais les plus récents travaux des spécialistes américains de géographie politique, dans leurs thèmes comme dans leurs méthodes, incitent à douter de cette distinction elle-même. On peut dire en fait qu'aux Etats-Unis, géographie politique et géopolitique ont fusionné" (extrait du chapitre "Géographie politique et géopolitique").
L'occasion ici de revenir sur le titre de ce blog : "Géographie de la ville en guerre", et non géopolitique. Parce que le travail de thèse en cours et les réflexions proposées sur ce blog s'ancrent bien dans la géographie, c'est-à-dire que l'analyse part des espaces et des territoires, des spatialités et des territorialités. Aborder ces questions au prisme de la géopolitique, de la sociologie et de l'anthropologie permettrait certainement d'obtenir des résultats similaires, mais la voie d'entrée de telles analyse serait différente : les territoires pour le géographe, les acteurs pour le géopoliticien, la société pour le sociologue et l'individu pour l'anthropologue. Cela ne revient pas à dire que ces disciplines s'ignorent, loin de là elles se nourissent les unes les autres, mais le point de départ de l'observation du chercheur n'est pas le même. Il s'agit là d'un résumé très bref et schématique des distinctions entre ces disciplines, je le concède volontiers, mais il s'agissait de montrer le plus simplement possible que ces disciplines sont à la fois différentes et complémentaires !



L'approche de la ville en guerre par la géographie



L'approche de la ville en guerre par la géopolitique



L'approche de la ville en guerre par la sociologie



L'approche de la ville en guerre par l'anthropologie



5 commentaires:

Adam a dit…

tu as oublié la philosophie!!! et la nature du phénomène dans tout ça...

Tratnjek Bénédicte a dit…

L'idée n'était pas d'être exhasutive quant à la question, mais de souligner les approches prises dans les travaux déjà écrits sur la question de la ville en guerre. A ma connaissance, la philosophie politique s'est peu intéressée à cette question très pragmatique, et je n'ai pas pensé à un exemple précis de travaux sur la question. Mais, en effet, il faut citer la philosophie !

Géolibertarien a dit…

2e croquis, il y a deux fois "acteurs", en bleu ce devrait être "territoire" non?..

Tratnjek Bénédicte a dit…

Merci de me l'avoir fait remarquer ! C'est en effet "territoires" en bleu, ce sera changé le plus rapidement possible, dès que j'aurais mon ordinateur à disposition.

Tratnjek Bénédicte a dit…

Voilà c'est corrigé ! Une erreur d'inattention de ma part, qui perdait l'intérêt de ces schémas. Merci de l'avoir signalé !