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jeudi 15 mars 2012

"Geographies of Terror" (Cities and the New Wars Conference)

Pour compléter la série de billets "Afghanistan, du lieu symbolique à la symbolique des lieux" (voir 1/ "Introduction : Les lieux de pouvoir, les espaces de la contestation et la mise en scène de l'espace public", 2/ "Destruction et appropriation" et 3/ "Les lieux de la présence étrangère") et en préambule des prochains billets (4/ "Les lieux de la contestation : émeutes et attentats" et 5/ "Conclusion : L'approche spatiale de la contestation"), voici la vidéo de la session (en anglais) "Geographies of Terror" lors de la conférence Cities and the New Wars (25-26 septembre 2009, Columbia University). Après le "détour" par le billet "Penser la base militaire : approches géographiques", cette vidéo sert d'introduction au prochain billet "Les lieux de la contestation" avec les travaux des géographes anglo-saxons sur l'approche spatiale du terrorisme.

Si ce dernier est le plus souvent analysé au prisme de la science politique et des relations internationales, l'approche géographique les complète en croisant les échelles : la géographie des terrorismes ne pense pas seulement cette utilisation politique de la violence et de la stratégie du harcèlement à l'échelle mondiale, mais aussi par le choix des lieux-cibles. Le prochain billet de la série "Afghanistan, du lieu symbolique à la symbolique des lieux" reviendra donc sur la construction de lieux-cibles.


Penser la base militaire : approches géographiques

Voici un petit "détour" au sein de la série de billets "Afghanistan, du lieu symbolique à la symbolique des lieux" pour interroger la base militaire, par-delà le cas afghan. Détour soulevé par le 3ème billet "Les lieux de la présence étrangère" qui questionnait les ambassades et les bases militaires comme lieux emblématiques de la présence de la coalition internationale en Afghanistan.


Comment penser la base militaire dans le dispositif sécuritaire d'un théâtre d'opérations : lieu, haut-lieu, point, espace, territoire ? Comment penser la base militaire sur le territoire national ? Voici quelques pistes de réflexions pour croiser les différentes approches géographiques.


mercredi 14 mars 2012

"Cities Under Siege" (Stephen Graham)

Voici la vidéo d'une intervention (en anglais) du géographe Stephen Graham, qui a notamment écrit Cities Under Siege: The New Military Urbanism (Verso, Londres, 2010, 402 p.) et dirigé l'ouvrage Cities, War and Terrorism. Towards an Urban Geopolitics (Blackwell Publishing, 2004, 384 p.) dans lequel il signe les chapitres "Cities as Strategic Sites: Place Annihilation and Urban Geopolitics" et "Constructing Urbicide by Buldozer in the Occupied Territories". Cette conférence a eu lieu le 7 juin 2010 à la New Academic Building. Pour poursuivre cette vidéo, retrouvez également en fin de billet une sélection bibliographique sur les travaux de Stephen Graham, incontournables pour penser les liens guerre/ville au prisme de la militarisation croissante de l'urbanisme. Par son approche spatiale des conflictualités urbaines et des aménagements de l'espace public pour établir un urbanisme de contrôle, c'est avant tout une réflexion sur la ville, l'urbanité et l'habiter que propose Stephen Graham à travers ses différentes publications. Son analyse des dispositifs sécuritaires dans les villes dépasse en effet le contexte particulier de la guerre, et l'on retrouve là la tentation d'un urbanisme de contrôle qui avait déjà régi l'urbanisme dit "hygiéniste" (depuis les aménagements haussmanniens dans les villes françaises, notamment Paris et Lyon, jusqu'aux urbanismes communistes, depuis les aménagements des villes de l'ex-URSS par Staline ou l'urbanisme titiste dans les périphéries des villes ex-yougoslaves). 



Atelier : "Les frontières du XXIe siècle"

Signalé sur l'incontournable blog Enigmur qui propose une veille attentive sur "le thème des murs contemporains, dans leur fonction de séparation et de contrôle (frontières blindées, camps de rétention, urbanisme défensif, etc.)", le deuxième atelier sur "Les frontières du XXIe siècle" organisé par Stéphane Rosière, Nicola Maï et Cédric Parizot les 22 et 23 mars 2012 à l'Institut d'études avancées d'Aix-Marseille (2 place Le Verrier, Marseille) aura pour thème : "Matérialisation/Dématérialisation des frontières". En voici le programme et les résumés des intervenants. Cet atelier poursuit, en le complétant, le colloque "Frontières mobiles".

mardi 13 mars 2012

Afghanistan, du lieu symbolique à la symbolique des lieux (3) : les lieux de la présence étrangère

Après une interruption liée à des billets concernant la commémoration de la triple catastrophe (séisme, tsunami, explosion nucléaire) au Japon le 11 mars 2011 (voir les billets : "Le séisme du 11 mars 2011 au Japon : géographie d'une catastrophe" et "Géographie des risques et de la catastrophe : le cas des séismes" du 11 mars 2012), voici la suite de la série de billets "Afghanistan, du lieu symbolique à la symbolique des lieux" (voir le billet introductif et le billet "destruction et appropriation"), avec quelques pistes de réflexion sur les hauts-lieux de la présence étrangère, notamment autour de deux figures : l'ambassade et la base militaire.


Celles-ci sont interrogées au prisme de "l'affaire des Corans brûlés", la base militaire de Bagram où a eu lieu cette incinération d'exemplaires du Coran étant le lieu de déclenchement d'une contestation sous forme de manifestations, d'émeutes et d'attentats qui ont notamment touché des ambassades. Questionner ces lieux de la présence étrangère permettra dans le prochain billet ("Les lieux de la contestation : émeutes et attentats") de discuter des spatialités de la contestation en Afghanistan. Par la violence extrême et très restreinte dans le temps comme dans l'espace, l'attentat est un discours spatial : ses acteurs utilisent la symbolique des lieux ou la foule comme cible privilégiée pour produire une peur ou exprimer le rejet d'un pouvoir. Dans cette perspective, il est nécessaire de comprendre comment des lieux véhiculent plusieurs symboliques qui entrent en rivalité et sont des cibles des actions sur l'espace, qu'elles soient ou non violentes.


Cette série de billets avait été initiée suite à "l'affaire des Corans brûlés" en février 2012 tel que l'événement est nommé dans les médias. Depuis, l'actualité a rejoint cette série de billets, avec le massacre de 16 civils afghans (dont 9 enfants) par un soldat étatsunien sorti dans la nuit du 10 au 11 mars 2012 de sa base militaire. L'incinération des exemplaires du Coran avait été suivie de manifestations, émeutes, violences et attentats qui avaient rapidement gagné le Pakistan. Ce dernier événement risque lui aussi de provoquer la colère, avec l'utilisation de l'espace public comme espace médiatique (au sens d'espace-signe) où cette colère se matérialise. 


dimanche 11 mars 2012

Géographie des risques et de la catastrophe : le cas des séismes

En complément au billet : "Le séisme du 11 mars 2011 au Japon : géographie d'une catastrophe" qui proposait une sélection d'articles et d'événements sur l'approche géographique de ce séisme, des répercussions de la catastrophe nucléaire et de l'habiter après la catastrophe, voici un complément biblio/sitographique avec des ressources sur d'autres séismes : tsunami du 26 décembre 2004 dans l'océan indien, séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, risques sismiques dans le bassin caribéen...


Le séisme du 11 mars 2011 au Japon : géographie d'une catastrophe

Les événements se multiplient autour de la commémoration du séisme du 11 mars 2011 au Japon : émissions radio, documentaires télévisés, conférences... Parmi ceux-ci, voici une sélection d'événements animés par des géographes et d'articles ou de billets de blogs insistant sur les conséquences spatiales de cette catastrophe ainsi que la dimension spatiale et territoriale des enjeux de la (re)construction. C'est également les question sdes représentations et des imaginaires spatiaux, de la vulnérabilité et de l'acceptation du risque, et de la gestion de crise qui sont interrogées par cette approche géographique.


vendredi 9 mars 2012

Carte postale d'une signalétique au Kosovo

La "Carte postale du cimetière serbe de Mitrovicë/Kosovska Mitrovica (Kosovo)" interrogeait la symbolique des lieux par le prisme d'un espace de la mort (voir sur ce blog les billets : "Les espaces de la mort à Mitrovica" du 2 mai 2009 ; "Les espaces de la mort au Kosovo : des territoires de conflit" du 24 novembre 2011) : le cas du cimetière serbe de la ville de Mitrovicë (toponyme albanais) / Kosovska Mitrovica (toponyme serbe) est l'un des exemples de la territorialisation des identités excluantes en rejet de "l'Autre" et de la production de territoires de conflits par la différenciation communautaire.

Néanmoins, ce cimetière n'est pas le seul espace interrogeant la dispute territoriale intercommunautaire : l'appartenance et l'appropriation du territoire sont contestées et deviennent des enjeux dans les lieux les plus "ordinaires", tout particulièrement dans la ville divisée de Mitrovica, devenue un symbole de cette dispute territoriale. Après avoir présenté les espaces de la mort et les ponts, cette "Carte postale d'une signalétique au Kosovo" questionne la violence symbolique (voir l'article de Vincent Veschambre : "Appropriation et marquage symbolique de l'espace : quelques éléments de réflexion", Travaux et documents de l'ESO, n°21, mars 2004, pp. 73-77) au prisme d'un lieu "ordinaire" : un panneau signalétique.

Sans connaître l'emplacement de ce panneau ni voir les alentours, il est possible, par ce marquage de l'espace, de se situer dans la ville...




Références de l'article : Bénédicte Tratnjek, 2012, "Carte postale d'une signalétique au Kosovo", Les Cafés géographiques, rubrique Cartes postales du monde, 9 mars 2012, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2395


samedi 3 mars 2012

Afghanistan, du lieu symbolique à la symbolique des lieux (2) : destruction et appropriation

Suite au billet "Afghanistan, du lieu symbolique à la symbolique des lieux (1) : Les lieux du pouvoir, les espaces de la contestation et la mise en scène de l'espace public (Introduction)", voici quelques pistes de réflexion sur la destruction, l'appropriation et la symbolique de lieux de pouvoir en Afghanistan. Deux types de lieux du pouvoir sont présents en Afghanistan : les lieux du pouvoir des autorités afghanes (tels que le Palais de Darulaman) et les lieux-symboles de la présence de la coalition armée internationale. S'il ne s'agit pas de tout dire sur la symbolique des lieux de pouvoir, voici quelques éclairages sur l'importance de l'approche spatiale pour la pacification des territoires et sur les apports de la multiscalarité dans la pensée stratégique.

Afghanistan, du lieu symbolique à la symbolique des lieux (1) : Les lieux du pouvoir, les espaces de la contestation et la mise en scène de l'espace public (Introduction)

L'affaire des Corans brûlés en Afghanistan a fait couler beaucoup d'encre, et intervenir de nombreux spécialistes sur la question afghane, la contre-insurrection, la problématique des outils pour imposer la démocratie, etc. En complément du billet "Afghan Rage : retours sur l'émission de France 24 (Adam Baczko)" du 29 février 2012, voici l'introduction d'une série de billets présentant quelques éléments de réflexion géographique sur la question des lieux de la guerre et des géosymboles dans la conflictualité, ainsi que celle de la géographie de la démocratie.