Droits d'auteurs et citations

Tous les éléments publiés sur ce blog peuvent être utilisés avec l'accord de l'auteur du blog et A LA CONDITION de citer les sources utilisées (qu'il s'agisse du ou des billets utilisés comme des auteurs cités dans le blog). Merci de respecter les droits d'auteur (pour tous les textes et documents utilisés dans le blog, y compris pour les auteurs cités). Pour me contacter : benedicte.tratnjek[at]gmail.com

dimanche 26 septembre 2010

Le regard d'un géographe sur l'Europe

Le géographe et diplomate Michel Foucher, notamment auteur de l'incontournable Fronts et frontières. Un tour du monde géopolitique (Fayard, 1ère édition 1988), et plus récemment de L'obsession des frontières (Perrin, 2007), était l'invité de l'émission "Les matins" sur France culture du 29 décembre 2009.

Dans cette émission, il revient sur la question de l'Union européenne, du traité de Lisbonne, sur l'identité européenne, sur "l'européanisation" comme projet politique, sur la perception de l'Europe par les pays extérieurs, sur l'indéfinition territoriale comme défi permanent... On remarquera notamment le cas particulier du Kosovo et la situation des Balkans comme enjeu dans la quête identitaire de l'Europe (ouverture de l'UE vers l'Europe du Sud-Est, problèmes de visas en Bosnie-Herzégovine qui relèvent de problèmes institutionnels et de l'impossible processus décisionnel dans la construction étatique issue des accords de Dayton...).



 
Présentation de l'émission :
"A partir du 1er janvier l'Europe va offrir un nouveau visage au reste du monde avec l'entrée en fonction du couple Herman Van Rompuy / Catherine Ashton, respectivement président permanent du Conseil européen et Haute représentante pour les affaires extérieures. Il s'agit d'une avancée institutionnelle incontestable. Néanmoins il reste des questions de fond sur l'Europe aujourd'hui et sa place dans le monde... Questions que nous aborderons avec notre invité, Michel Foucher, géographe et diplomate. Avec l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, l'Europe est-elle sortie de l'ornière ? L'Europe pourquoi faire : quelle place dans le jeu géopolitique mondial ? Que reste-t-il aujourd'hui de l'idée de convergence européenne à l'heure où la crise révèle des différences majeures dans les situations économiques des 27 ? Bilan ce matin de l'année 2009 pour l'Europe et perspectives pour 2010..."

Source de l'info :
Le site de l'émission "Les Matins".



mercredi 22 septembre 2010

Conférence "Question de géographie politique : un dialogue franco-brésilien"


L'université Jean Moulin Lyon 3 et l'UMR 5600 "Environnement Ville et Société" organisent une table-ronde sur le thème : "Questions de géographie politique : un dialogue franco-brésilien", le vendredi 24 septembre 2010, à partir de 14h à l'amphithéâtre Huvelin de l'université Jean Moulin Lyon 3 (15 quai Claude Bernard, 7ème arrondissement, Lyon)


Programme de la table-ronde :

Stéphane Rosière (université de Reims Champagne-Ardenne)
"Géopolitique du système-monde, réflexions sur la violence systémique à l'échelle globale"

Emmanuelle Boulineau (École normale supérieure de Lyon)
"Géographie politique de la construction de l'Union européenne, enjeux pour l'Europe centrale et orientale"

Ina Elias de Castro (université Fédérale de Rio de Janeiro)
"Les bases territoriales de la démocratie au Brésil et les problèmes de la représentation proportionnelle"

Michel Bussi (université de Rouen)
"Egalité géographique et démographique et maillage politico-électoral"

Pernette Grandjean (université de Reims Champagne-Ardenne)
"Habiter, une question géopolitique"

Delphine Papin (Journal Le Monde et les Cafés Géopolitiques)
"Les cafés géopolitiques, la géopolitique et le débat citoyen"

Bernard Bret (université Jean Moulin Lyon 3)
"Géoéthique et géographie politique"


Conférence "Le rôle de la diaspora haïtienne dans la reconstruction du pays"


Le Centre d'études et de recherches internationales de Sciences Po Paris (CERI) organise une conférence-débat intitulée "Haïtiens du dedans, Haïtiens du dehors. Le rôle de la diaspora haïtienne dans la reconstruction du pays" le mercredi 29 septembre 2010 de 16h00 à 19h00 à Paris (salle de conférences de Sciences Po, 56 rue Jacob, 6ème arrondissement) avec pour intervenantes Stéphanie Melyon-Reinette (Université Antilles-Guyane), Maud Laethier (IRD), Anne Lescot (Réseau Culture Haïti) et Audrey Célestine (Sciences Po-CERI).


Annonce par les organisateurs :
"Le 12 janvier 2010, Haïti a été au centre de l'intérêt international suite à un tremblement de terre meurtrier. Pour des millions de personnes à travers le monde, Haïti était un centre d'intérêt à plusieurs égards et depuis plusieurs décennies. Un symbole de liberté pour ses voisins caribéens après la proclamation de l'indépendance de l'île en 1804, un symbole de création artistique, littéraire, culturelle pour les amoureux des arts et des belles lettres, un lieu vers lequel les yeux et les coeurs de toute une diaspora haïtienne, de sang et d'adoption, se tournent perpétuellement. A l'heure de la reconstruction, du projet global à repenser et mettre en oeuvre pour Haïti, lil s'agit de revenir sur les liens qui unissent les "Haïtiens du dedans" et les "Haïtiens du dehors". Comment envisager les relations entre ceux qui sont restés et ceux qui sont partis ? La diaspora haïtienne est-elle de nature spécifique ? Dans quelle mesure la dichotomie entre ceux du dedans et ceux du dehors fait-elle sens pour les principaux concernés ? Quelle relation établir au-delà des actions de solidarité dans l'urgence ?"


A lire sur Haïti,la catastrophe et la reconstruction :

Source de l'information :


"Dead Cities" (Mike Davis)


Mike Davis, 2009, Dead Cities, Les Presses Ordinaires, collection Penser/Croiser, Paris, 140 p. (1ère édition en anglais, 2002, The New Press).

Si Yves Lacoste a écrit le célèbre La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre, Mike Davis aurait pu intituler cet ouvrage « La géographie urbaine, ça sert, aussi, à détruire les villes ». Dans cet essai, Mike Davis, incontournable spécialiste de géographie et de sociologie urbaines, entraîne ainsi le lecteur dans l’histoire urbaine (mal connue) de la destruction des villes. Immédiatement, le sujet fait penser à Stalingrad ou Bagdad, mais l’auteur nous propose ici d’analyser des « villes mortes » moins célèbres pour certaines, et surtout d’étudier les phases préalables de la destruction des villes, ainsi que l’utilisation de l’urbanisme et de la géographie urbaine comme outil de destruction orchestrée pour commettre des dégâts matériels et psychologiques profonds. Parce qu’il existe des villes créées seulement dans le but de les détruire.




mardi 21 septembre 2010

Les ponts de Mitrovica : l'Ibar, une rivière-frontière ?


Autre question qui m'a été posée récemment concernant la ville de Mitrovica : l'existence d'autres ponts que celui appelé "LE" pont par les médias. Si l'attention médiatique s'est focalisée sur un seul pont, celui qui relie les centres-villes albanais au Sud et serbe au Nord de la rivière Ibar (voir le billet "Le centre de Mitrovica"), cela ne signifie pas qu'il n'existe pas d'autres infrastructures qui permettent de relier les deux rives. On avait tenté de montrer dans le billet "Des ponts entre les hommes" que le pont-infrastructure n'était pas suffisant à produire des échanges entre les populations habitant sur deux rives, surtout lorsqu'il existe, comme à Mitrovica (mais également à Mostar), une forte communautarisation des espaces de vie. Petite "balade" sur les ponts et les passerelles de la rivière Ibar dans la ville Mitrovica.




"Le" pont de Mitrovica : un pont-symbole,
centralité dans la ville et lieu-discours dans les violences

Principalement point d'accès entre les deux rives de l'Ibar, ce pont (nommé pont Austerlitz sur les cartes baptême terrain de la KFOR*) relie les deux centres de la ville de Mitrovica : au Nord, on retrouve le centre-ville qui structure les spatialités des Serbes de Mitrovica, où les commerces utilisent encore le dinar (la monnaie officielle de la Serbie) et où les panneaux et publicités apparaissent en alphabet cyrillique. Au Sud, on retrouve le centre-ville albanais, qui se structure notamment autour du marché à ciel ouvert. Ce pont fait l'objet de toutes les attentions médiatiques, parce qu'il est devenu le géosymbole de la division de la ville en deux quartiers-territoires qui se font face. C'est pourquoi, le pont Ouest prend une grande importance symbolique dans les violences intercommunautaires : traverser le pont est à la fois un signe de provocation vis-à-vis de l'autre communauté, et un symbole de volonté de se réapproprier l'ensemble de la ville (signifiant ainsi le rejet de "l'Autre" qui marque encore la société dans un Kosovo en quête d'une identité culturelle et politique). Voir le billet "Le pont de Mitrovica : violences et médiatisations au Kosovo". Dans son recensement des violences intercommunautaires entre juin 1999 et mars 2004, le géographe Yann Braem note combien ce pont fait l'objet d'une théâtralisation de la dispute territoriale au coeur de la ville de Mitrovica (voir la chronologie des violences qu'il propose dans son article "Mitrovica/Mitrovicë : Géopolitique urbaine et présence militaire", Balkanologie, n°1, vol. VIII, juin 2004, pp. 73-104). Si ce pont est désormais ouvert à la circulation (circulation piétonne libre, et automobile autorisée après un contrôle d'identité par un check-point sur la rive sud, aux mains des autorités locales), force est de constater que les échanges ne sont pas du tout ceux que devraient inciter un pont avec une telle situation centrale dans la ville.

* Voir, à ce propos, le mémoire de maîtrise sur la géographie militaire à Mitrovica (en ligne), notamment les passages sur la cartographie militaire.



Les ponts de l'Est : des ponts-infrastructures

A l'Est de ce pont-symbole, existe deux autres ponts : en se baladant vers l'Est, on tombe d'abord sur un autre pont pour automobiles et piétons (le pont "Cambronne" sur les cartes militaires, ici à droite), et à l'extrême-Est, on tombe sur un pont ferroviaire (ici, à gauche). Ces deux ponts ont la même fonction dans la ville : ce sont des infrastructures auxquelles aucune symbolique n'a été attribuée. Les déplacements sur le pont Cambronne sont libres, les piétons et les automobiles peuvent actuellement le traverser sans aucun contrôle, et le pont n'a jamais fait l'objet d'un dispositif sécuritaire aussi important que le pont ouest (même dans les périodes d'immédiat après-guerre marquées par une très forte tension, la sécurisation de ce pont restait moins importante). Pourtant, ce pont-infrastructure ne permet pas aux échanges de se densifier, bien qu'il permette à chacun de contourner le pont central (point de tension dans la ville de Mitrovica).


Le pont Est de Mitrovica




Les ponts-passerelles : mobilités et contournements

La passerelle la plus connue (passerelle piétonne dite "Tancarville" sur les cartes de la KFOR) est une infrastructure construite par les militaires français (voir des photographies de la construction de la passerelle sur le site Novo Selo) afin de permettre aux Albanais vivant dans les Trois Tours de rejoindre, à pied, le Sud de la ville, principalement pour aller travailler et commercer. Les Trois Tours sont trois immeubles identiques qui formaient avant le déclenchement de la guerre un des rares lieux réellement multiculturel de Mitrovica, et même du Kosovo : à l'intérieur des tours, Serbes, Albanais, et petites minorités se côtoyaient. Mais avec la guerre, ces trois bâtiments se sont fortement homogénéisés, les Albanais et les petites minorités se regroupant dans deux tours, tandis que les Serbes s'installaient dans la dernière tour ou s'éloignaient de ce micro-quartier (voir le schéma illustrant les processus d'homogénéisation extrême des espaces de vie pendant la guerre du Kosovo). Les Trois Tours se trouvent à proximité du pont ouest (voir le schéma du centre de Mitrovica), pourtant il est dangereux pour les Albanais des Trois Tours de se rendre sur la rive sud par ce pont, puisqu'ils doivent transiter par les zones d'habitation serbe, et surtout passer à proximité des" Gardiens du pont", "des Serbes radicaux, recrutés comme supplétifs de la Kfor en 2000, mais qui se sont investis ensuite d'une compétence occulte de contrôle du Nord de la ville, en commençant par l'accès au pont [...], l'un des avatars des "structures parallèles" qui administrent le Nord et dont la communauté internationale voudrait bien se débarasser, sans encore oser en prendre les moyens" (lire Jacques Aben, "Une géographie politique de Mitrovitsa", Défense nationale, n°2/2003, février 2003, pp. 99-109). Depuis sa contruction, la structure de la passerelle a été renforcée, marquant la nécessité de sa nécessité de maintenir ce lieu d'échange pour décloisonner les Albanais des Trois Tours, ce qui témoigne de l'échec de la reconstruction du pont ouest, non en tant qu'infrastructure, mais en tant que géosymbole de la réconciliation. Aujourd'hui, la passerelle est devenue un point de passage privilégié pour les Roms de Mitrovica, entre leurs deux espaces de vie : "Ostérode" (ancienne base de l'Armée yougoslave, qui a été reprise par la KFOR au moment du déploiement de la force internationale, et sert, depuis le début du processus de désengagement des troupes à l'intérieur de la ville de Mitrovica, de camp de déplacés aux Roms) et Roma Mahala (le quartier rom, en partie reconstruit par la communauté internationale depuis 2008).


Plus à l'Ouest encore, on trouve un pont-passerelle qui permet de traverser la rivière Ibar. Les voitures ne peuvent circuler que dans un sens et ne peuvent pas se croiser sur ce pont-passerelle qui relie l'extrême-Ouest de la rive Sud (où l'on trouve notamment le grand stade de Mitrovica, toujours à l'abandon bien que des projets de réhabilitation aient été envisagés) et Suvi Do, une zone périurbaine située à l'extrême Ouest de la rive Nord de l'Ibar, traditionnellement peuplée d'Albanais. Bien que ce pont-passerelle ait une capacité très limitée (les voitures ne peuvent passer que dans un sens, à un rythme très ralenti, et même les piétons peuvent les gêner), il suffit largement aux besoins : on ne trouve pas de "bouchons" à cet endroit, le gué étant surtout utilisé par les Albanais de Suvi Do (peu nombreux) pour rejoindre le Sud de la ville .


Au final, le gigantisme du pont ouest, au centre de la ville de Mitrovica, ne permet pas d'imposer aux habitants cette infrastructure : les détours et les contournements (à l'Est comme à l'Ouest) restent des pratiques spatiales bien ancrées (même dans le cas où de telles trajectoires imposent aux habitants de parcourir une plus grande distance), et "LE" pont reste au coeur des attentions.



Les billets à lire sur la question des ponts à Mitrovica :

Les autres ponts dans les villes en guerre :


lundi 20 septembre 2010

Le centre de Mitrovica


Plusieurs questions m'ont été posées concernant le schéma du centre de Mitrovica publié dans le billet sur les "Affrontements à Mitrovica : de l'événement sportif aux tensions intercommunautaires" (14 septembre 2010).

Ce schéma avait pour but de montrer la proximité du gymnase et du pont ouest, non de montrer la totalité de la ville de Mitrovica (qui a déjà été développée dans d'autres billets, voir notamment les cartes proposées dans le billet "Kosovo : vers de nouvelles fragmentations territoriales ?", et le power-point "Les espaces de la mort à Mitrovica" qui propose des cartes de l'évolution de la répartition des populations, notamment de la réappropriation d'un quartier à l'extrême-Nord de Mitrovica par les Albanais, à proximité des cimetières musulmans).

Ce schéma ne donne pas à voir tous les espaces de Mitrovica, mais uniquement les alentours du pont ouest (souvent appelé "le" pont de Mitrovica, du fait de sa très forte symbolique). De part et d'autre de ce pont, se font face les centres-villes albanais au Sud, et serbe au Nord (ce qui ne signifie pas qu'il n'y a pas des poches de peuplement albanais au Nord de l'Ibar, mais ils ne sont pas à proximité immédiate du pont ouest). Voici donc les délimitations du schéma utilisé dans le billet sur les récents affrontements entre Serbes et Albanais à la suite d'un événement sportif, qui avait amené une réflexion sur l'utilisation des lieux sportifs dans la mise en scène des violences intercommunautaires au sein de la ville de Mitrovica.



Localisation du schéma

dimanche 19 septembre 2010

Le regard d'un géographe sur la mondialisation


Le géographe Jacques Lévy était l'invité de l'émission "Les matins" de France culture du 20 mai 2010. Voici la vidéo de l'enregistrement de cette émission qui questionnait l'apport de l'approche spatiale dans la compréhension des processus de mondialisation.

 

Présentation de l'émission :
Dans les salles du musée des Beaux Arts de Rouen, on peut découvrir un beau portrait signé du maître espagnol Diego Vélasquez... Cette toile représente un homme jovial, qui tend l'index de la main gauche vers une mappemonde. Elle est intitulée "Démocrite, ou Le Géographe"... Le géographe qui entend saisir et comprendre notre monde dans toutes ses dimensions... Nous recevons aujourd'hui une grande figure de la géographie contemporaine, Jacques Lévy, géographe, professeur à l’école polytechnique fédérale de Lausanne et professeur à Sciences-Po Paris. Jacques Lévy qui s'est notamment fait connaître pour ses travaux sur la mondialisation. Qu'est-ce que la géographie, discipline souvent mal-aimée, peut nous dire de notre monde de 2010... Vivons-nous la fin de la mondialisation heureuse ? Y a t-il jamais eu une mondialisation heureuse ? La crise marque t-elle l'apparition de nouvelles fractures sur le globe ? Ce matin, nous allons faire comme le géographe de Vélasquez, nous allons regarder le monde de haut...

Source de l'information :
Le site de l'émission "Les matins"

FIG 2010 : Forêt et Russie


Le programme du prochain Festival international de géographie, consacré à la forêt, avec pour pays invité la Russie, qui se déroulera du 7 au 10 octobre 2010, dans la capitale de la géographie Saint-Dié-des-Vosges, vient de paraître (à consulter sur le site de la ville de St-Dié). Les thématiques abordées seront très nombreuses (gestion de la forêt, aménagement du territoire, développement durable, démographie, géopolitique, géostratégie, risques, changement climatique, cartographie, gastronomie...).


Pour ceux qui ne pourraient se rendre au FIG, trois émissions de France Culture seront enregistrées sur place et permettront de suivre une partie des débats qui s'y dérouleront :

- "Les matins de France Culture" par Marc Voinchet, vendredi 8 octobre, 7h-9h (émission en direct et en public).

- "La fabrique de l'Histoire" par Emmanuel Laurentin, vendredi 8 octobre, 9h-10h (émission en direct et en public).

- "Planète Terre" par Sylvain Kahn, vendredi 8 octobre, 10h30-11h00 (enregistrement de l'émission diffusée le mercredi 13 octobre, 14h-14h30).





samedi 18 septembre 2010

Colloque "Villes et territoires réversibles"


Les colloques de Cerisy proposent toujours des regards particulièrement innovants sur la recherche en lettres, et en sciences humaines et sociales : on pense notamment à la conférence sur "Logiques de l'espace, Esprit des lieux" en 2000 (dont les actes ont été publiés en 2000 aux Editions Belin, et constituent un ouvrage de référence pour comprendre le "tournant culturel" de la géographie), sur "Guerres et totalitarismes dans la bande dessinée" en 2006, ou sur la "Normandie sensible : regards croisés de géographes et de plasticiens" en 2009 (voir le programme). Le prochain colloque intéressera tous ceux qui se questionnent sur la ville : organisé par Franck Scherrer et Martin Vannier, le colloque "Villes et territoires réversibles" réunira des chercheurs de toutes disciplines touchant aux études urbaines (géographes, urbanistes, architectes, philosophes de l'urbain, sociologues, économistes...) et des responsables artistiques et politiques qui font face chaque jour aux aménagements urbains, du lundi 20 septembre au lundi 27 septembre 2010 au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle (Manche). Voir le programme et les résumés des interventions.


Présentation par les organisateurs :
Un des fondements de la pensée moderne quant à l’action collective fut, comme condition historique du progrès, de produire de l’irréversibilité. La ville du XXe siècle, sa société, ses mondes d’action collective, ont été profondément structurés, mais aussi profondément marqués, par ce goût démiurgique pour l’irréversible. On sait aujourd’hui ce qu’a permis de produire cette posture immodeste, mais aussi ce qu'il en a coûté, et continue d’en coûter.

On fait l’hypothèse que le nouveau fondement de la pensée post-moderne — ou hyper-moderne si l’on préfère échapper à ce débat — de l’action collective est dans la promotion du principe inverse : la réversibilité, comme nouvelle posture de la relation à un futur désormais largement désigné comme incertain. L’injonction au développement durable elle-même porte en germe une nouvelle utopie de la ville et du territoire réversible : comment agir de façon équitable sans avoir pour horizon la ville sans cesse inachevée afin de pas obérer les capacités des générations futures à conduire leur propre développement ?

La ville réversible au sein de territoires et de réseaux qui le seraient tout autant, les uns comme les autres par leurs acteurs, leurs systèmes d’action, leurs mondes techniques, leurs univers de production matérielle et idéelle ? De quoi peut-il bien s’agir ? D'où une seconde hypothèse : la réversibilité qualifie, dans les sociétés développées, la relation que l'on construit avec le futur de la même manière que le patrimoine est devenu le filtre hégémonique de notre relation avec le passé.

Ce colloque résolument interdisciplinaire se donne pour objectif de répondre à ces questions en explorant la réversibilité dans le nouveau système de valeurs, dans les formes concrètes, techniques, organisationnelles de son avènement, dans les cultures professionnelles qui la fondent progressivement comme une nouvelle modalité structurante de nos rapports à un temps moins linéaire, et à un espace plus modulable.

Prioritairement destiné aux urbanistes et aux aménageurs, mais ouvert également à tous ceux, chercheurs, enseignants, étudiants, responsables de collectivités, que ces enjeux retiennent, ce colloque souhaite organiser une large rencontre sur la question de la réversibilité, telle qu’elle a déjà été abordée dans d’autres mondes, techniques ou culturels, que celui de la ville (en particulier celui de la production industrielle et du management de l’entreprise), et telle qu’elle a déjà cheminé, aussi bien dans les problématiques scientifiques (notamment les sciences de la matière et les sciences de l’univers) que dans la création artistique (notamment dans le Land Art ou les arts de la rue). 

"Pour une anthropologie de la mobilité" (Marc Augé)


Marc Augé, 2009, Pour une anthropologie de la mobilité, Payot & Rivages, Paris, 94 p.

Les géographes connaissent bien Marc Augé , notamment pour Le Temps en ruines (Galilée, 2003) ou pour les débats animés qui ont suivi la parution de Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité (Le Seuil, 1992). On le retrouve dans un nouvel essai où il complète sa conception de la surmodernité au prisme de la question des mobilités. Il s’attaque donc à un champ de recherche particulièrement fécond depuis une dizaine d’années. Dans cet ouvrage, qui se présente comme un court essai de réflexions, l’anthropologue Marc Augé nous entraîne au cœur des grandes problématiques actuelles des sciences humaines et sociales : annonçant une présentation des quelques notions-clés qu’il nous faut aujourd’hui penser pour appréhender le « monde “surmoderne” » qui, loin d’être un monde achevé, est sans cesse affecté par des mobilités matérielles, humaines, idéologiques et virtuelles, l’auteur propose ces mobilités comme grille de lecture de l’opposition entre globalisation et « “abcès de fixation” territoriaux ou idéologiques » (p. 8). La problématique semble, de prime abord, simple : comment analyser et comprendre le « paradoxe d’un monde où l’on peut théoriquement tout faire sans bouger et où l’on bouge pourtant » (p. 8) ?