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| "Présence des groupes talibans en Afghanistan" Source : Carte de Laura Margueritte, publiée dans Constance de Bonnaventure, "Afghanistan au plus près du pouvoir", Carto, n°7, septembre/octobre 2011. |
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Droits d'auteurs et citations
mercredi 29 février 2012
Afghan Rage : retours sur l'émission de France 24 (Adam Baczko)
mercredi 30 juin 2010
Géographie de Bagdad (1) : Bagdad, une ville morcelée
mercredi 9 juin 2010
Reportage "Les sirènes de Bagdad"
samedi 15 août 2009
Les ambassades : du haut-lieu du pouvoir au haut-lieu de la violence
Ce samedi 15 août 2009, un nouvel attentat-suicide a eu lieu dans les rues de Kaboul : au moins 3 personnes ont été tuées et on compte, pour l'heure, 14 blessés. La cible de cet attentat-suicide : le quartier général de l'OTAN ("Attentat suicide devant le quartier général de l'Otan à Kaboul", France 24, 15 août 2009). Tout comme dans les cas d'attentats récents dans la ville de Kaboul (par exemple, celui du 9 juillet 2009 ou celui du 17 janvier 2009), la question de la cible des attentats est primordiale. Un attentat-suicide est, en effet, une opération discursive et médiatique. Il s'agit d'un discours qui vise à exprimer par une violence le refus d'une présence politique (qu'elle soit interne comme un gouvernement, ou extérieure comme la présence d'une diplomatie ou de troupes militaires étrangères au pays). Il s'agit également d'une opération médiatique, dans la mesure où avec peu de moyens il s'agit de frapper le plus possible l'opinion publique interne et extérieure par le biais d'une forte médiatisation. Le sensationnel est donc recherché, ce qui souligne combien les attentats-suicides sont pleinement ancrés dans la mondialisation de l'information. Le sensationnel "se provoque" par le biais d'une mise en scène de l'émotion : "La spécificité de l’émotion est de produire paradoxalement une opinion à partir de ce qui, a priori, suspend le raisonnement. Pour produire le simulacre de la perception d’une situation extérieure au récepteur de l’information, les médias (presse et télévision) recourent à un ensemble de moyens qu’on peut analyser selon trois niveaux : le dispositif médiatique lui-même, la thématique, la rhétorique." (Jean-François Tétu, "L’émotion dans les médias : dispositifs, formes et figures", Mots. Les langages du politique, n° 75, Émotion dans les médias, juillet 2004).A noter toutefois l'enjeu de tels quartiers géosymboles du pouvoir : étant des cibles privilégiées pour toute forme de contestation (depuis les manifestations de contestation jusqu'aux formes les plus extrêmes de la violence), les hauts-lieux du pouvoir dans une ville sont non seulement des hauts-lieux de la violence "extraordinaire" (contrairement aux violences "ordinaires" qui s'ancrent dans l'organisation structurelle de la ville), mais aussi, en réponse à ces violences sensationnelles, des hauts-lieux de la sécurité puisque le maillage sécuritaire y est bien plus dense que dans des zones affectées par des violences ordinaires (pourtant plus régulières dans le temps et dans l'espace). La forte représentation symbolique du pouvoir dans un quartier urbain entraîne à la fois des violences moins nombreuses mais plus sensationnelles, et une réponse sécuritaire bien plus forte que dans des quartiers "ordinaires" : les enjeux sécuritaires sont aussi liés à la forte connotation symbolique des lieux, et la perception d'un quartier comme d'un haut-lieu (du pouvoir, de l'identité...) influence fortement l'organisation du maillage sécuritaire dans une ville.
vendredi 10 juillet 2009
Les Etats-Unis et la frontière : les murs, urbanisme de paix ou urbanisme de guerre ?
Cette question s'est posée suite à un constat relativement simple : les Etats-Unis utilisent le mur de séparation comme réponse territoriale et politique à deux enjeux sécuritaires divers : un enjeu de sécurité intérieure (la matérialisation de la frontière Etats-Unis / Mexique) et un enjeu de sécurité extérieure (la sécurisation et la pacification de l'Irak, tout particulièrement de la capitale Bagdad qui concentre les enjeux politiques, symboliques et médiatiques). Les murs, une réponse uniforme aux insécurités (au pluriel) ?
La question de la matérialisation de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, à travers la construction d'un mur, a fait coulé beaucoup d'encre parmi les journalistes. Le tracé de la frontière actuel a fait l'objet de nombreuses disputes territoriales au XIXe siècle, et ne s'est stabilisé qu'après 1853 (voir l'historique de cette frontière proposé par Fabien Guillot sur son site "Géographie sociale et politique"). Pour Michel Foucher, géographe spécialiste de la question des frontières, "Tracer une frontière est un acte géopolitique par excellence puisqu’il s’agit de délimiter des aires d’exercice de la souveraineté, d’inscrire le politique dans l’espace" (Frontières à retracer : un point de vue de géopoliticien", Frontières et limites, acte de séminaire, Centre Georges Pompidou, Paris, 1991, p. 69). De ce fait, la matérialisation de la frontière ne peut être vue comme une seule politique de sécurité : elle est aussi un symbole très fort pour les populations qui se retrouvent des deux côtés de ce mur-frontière.
Ainsi, la matérialisation de la frontière est un important marqueur spatial de la souveraineté d'un Etat sur son territoire. L'enjeu n'est pas seulement migratoire, il est également symbolique et politique. D'une part, contrôler son propre territoire estun des enjeux de la puissance d'un Etat, d'autant plus fondamental à l'heure d'une forte médiatisation de tous les recoins de la planète, pour un pays comme les Etats-Unis confronté à la recherche du maintien de leur puissance hégémonique. D'autre part, contrôler son propre territoire est également un enjeu politique intérieur, tout particulièrement dans les périodes électorales. Le thème de la sécurité est plus que jamais ancré dans les discours politiques : d'une part, la part de "l'Autre" a toujours marqué l'histoire des hommes, à la fois pour des thèses culturalistes (cet "Autre" aux moeurs et à la culture différentes) et pour des thèses malthusiennes (un afflux massif de populations ne pourra être absorbé, notamment face au manque de ressources qu'il engendrera). Il ne s'agit pas de discuter les bien-fondés et les fantasmes qui formatent ces peurs, mais de constater qu'elles engendrent des représentations particulières (avec un rejet marqué d'un "Autre" mal défini), qui elles-mêmes apppelent des réponses politiques (notamment au gré des enjeux électoraux). Force est de constater que la matérialisation de la frontière Etats-Unis/Mexique correspond à une "demande" en termes de sécurisation du territoire. Demande d'ailleurs précédée d'actions "associatives" (du fait de l'omniprésence de milices privées qui se sont auto-désignées pour assurer la surveillance de la frontière), qui montrent combien la peur d'une perte de souveraineté étatique et de contrôle territorial influence les représentations, et même les actions des habitants proches de la frontière Etats-Unis/Mexique. La matérialisation de la frontière a donc été précédée par une construction mentale (celle d'un "mur perçu", si l'on se réfère au concept de "frontière perçue" et de "frontière vécue") qui s'ancrait dans la société du Sud des Etats-Unis et s'inscrivait dans les pratiques spatiales. Du côté états-unien, le mur a donc été dans les têtes, avant d'être matérialisé. Du côté mexicain, la présence de milices privées a également marqué de longue date (bien avant la construction d'un mur) l'impossibilité ou du moins l'interdiction de passer la frontière illégalement : la frontière était déjà un territoire du danger pour tous les immigrés clandestins. Par conséquent, avant la matérialisation du mur, la frontière Etats-Unis se construisait déjà comme un mur-frontière, tant dans les représentations, dans les discours politiques que dans les pratiques spatiales.
A lire sur le mur-frontière entre les Etats-Unis et le Mexique :
- "Mexique / Etats-Unis : frontière, immigrations et inégalités sociales...", sur le site de Fabien Guillot Géographie sociale et politique.
- Des documents pédagogiques sur les sites et blogs de différents professeurs d'histoire-géographie : le blog du Lycée Molière de Villanueva de la Cañada ; le blog de M. Augris ; le site de l'académie de Nantes.
Les murs de séparation à Bagdad
Autre forme d'insécurité à laquelle sont confrontés les Etats-Unis, par le biais de leur intervention militaire menée en Irak : le maintien de l'ordre dans une opération militaire. Les murs de séparation sont dotés de plusieurs objectifs : stabiliser la situation entre les communautés qui s'opposent ; empêcher les acteurs déstabilisateurs d'opérer des exactions dans les territoires appropriés par l'autre groupe (quelque soit la façon dont les groupes se définissent en tant qu'ennemi dans une guerre larvée : différenciation politique, sociale, identitaire...) ; permettre aux militaires déployés à Bagdad d'établir des points de contrôle pour canaliser les déplacements urbains... Il s'agit là de la matérialisation de lignes de fracture intraurbaines, c'est-à-dire de frontières mentales qui marquent de fortes ségrégations dans l'organisation structurelle de la ville (et ce bien avant la guerre, qui a été un accélérateur de ces processus de différenciation et de regroupement communautaires).
Pourtant, les murs à Bagdad, comme tant d'autres, sont éphémères : "les frontières étanches n'ont jamais existé"("A bas les murs !", Cafés géo, 4 février 2008). Et les murs appelent également à de nouvelles territorialités entre enfermement (symbolisé par le seuil qu'il faut franchir, avec autorisation, pour pénétrer dans l'autre territoire) et transgression de l'interdit. Que ce soit par l'enclavement du territoire approprié ou par les flux transgressant cet enclavement, le mur laisse des stigmates dans les pratiques spatiales et la configuartion de l'espace socioculturel (voir le billet "La guerre, la ville et le mur" du 22 janvier 2009).
A lire sur le cas des murs de séparation à Bagdad :
- Le blog de Stéphane Taillat "En vérité", tout particulièrement les billets "Murs et mandats : maintien de l'ordre et sécurité à Bagdad" (31 décembre 2008) et "Retour à Sadr City" (15 mai 2008).
- Certains articles du Centre de recherche sur la mondialisation (Mondialisation.ca en français et GlobalResearch.ca en anglais), notamment "Les barrières de sécurité à Bagdad : consécration d'un nouvel apartheid intensifié par la guerre" (Jules Dufour, 26 avril 2007) et "Walls of Apartheid: Ghettoizing Baghdad" (Felicity Arbuhnot, 25 avril 2007).
En détournant le titre de l'ouvrage du géographe Michel Foucher L'obsession des frontières, on peut revenir au questionnement à l'origine de ce billet : aux Etats-Unis, y a-t-il une obsession des murs comme réponse aux insécurités sous des formes diverses ? Bien évidemment, on ne retrouve pas cette utilisation du mur et du barbelé comme outil sécuritaire aux seuls Etats-Unis (les murs en Israël-Palestine, les peacelines de Belfast, la ligne verte de Chypre, la frontière Liban/Israël...) : il s'agit ici de discuter un cas, mais l'étude mériterait d'être approfondie. Que ce soit dans le cas d'une séparation interétatique ou d'une séparation intra-urbaine, le mur a pour fonction de matérialiser la séparation, d'inscrire dans les paysages le cloisonnement des territoires, et de restreindre les pratiques spatiales en imposant un seuil entre deux territoires, qui ne peut être franchi sans autorisation. A l'heure de la globalisation, on assiste à un "retour" de la frontière, et tout particulièrement de la frontière matérialisée. Dans ce cas, le barbelé et le mur sont fortement chargés de symboles : celui d'un entre-soi extrême et d'un enfermement recherché ou imposé. Ainsi, par la barrière, il y a appropriation de la discontinuité entre deux territoires (que ce soient deux Etats, deux quartiers...).
Il est intéressant également de s'arrêter sur les discours qui entourent la construction des murs, et qui dépendent avant tout de l'utilisateur : concerné directement ou non ? D'une part, les murs semblent répondre à des demandes en termes de sécurisation de la part de certains habitants : la zone qui correspond à la juxtaposition entre deux territoires identifiés comme différents (deux Etats, deux territoires communautaires) est représentée comme une zone floue et dangereuse par les habitants. La proximité entre deux populations qui s'identifient nettement comme différentes n'est donc pas recherchée, voire même le plus brutalement rejetée, parce qu'elle est assimilée à une forte insécurité. C'est le cas de la frontière Etats-Unis/Mexique du point de vue des habitants états-uniens. Le point de vue des Mexicains est différent, puisqu'il s'agit pour eux de contrer l'effet positif de la frontière (avec le système de maquiladoras, qui apportent de nombreux emplois dans le Nord du Mexique) en le transformant en grande partie en effet-barrière. D'autre part, les discours des "observateurs", c'est-à-dire de ceux qui ne sont pas concernés par ces murs dans leurs territoires du quotidien et portent un regard extérieur. Il n'est pas rare de voir des commentaires sur les "murs de la honte" que ce soit pour parler de la frontière Etats-Unis/Mexique, des murs de séparation à Bagdad ou de tout autre mur dans le monde. Ce regard condamne la fin de la proximité, et ainsi l'impossibilité d'un multiculturalisme dans toutes les zones concernées par les murs. Ces observateurs s'interrogent sur la légitimité à matérialiser la séparation, la division, les discordes intercommunautaires.
De ce fait, le regard porter sur les murs-frontières dépend de qui pose ce regard, des intentionnalités des acteurs, de la situation politico-économique... mais également de leur vision du monde et du rôle même de la frontière dans leur espace socioculturel : la frontière est-elle un blocage ou une sécurité ? Se construit-elle en opposition aux modes d'habiter l'espace ou est-elle une légitimation de l'espace approprié ? Dans leur ouvrage Les frontières mondiales. Origines et dynamiques, Patrick Picouet et Jean-Pierre Renard donnent des exemples particulièrement illustratifs de cette représentation différenciée de la frontière en fonction du rôle que les hommes lui attribuent : "si elle est très visible sur la carte, remarquable par sa linéarité et régularité, la frontière est en revanche, parfois beaucoup plus floue dans l'espace vécu des populations. S. Lima [Stéphanie Lima, 2003, Découpage entre espace et territoire : la fin des limites ? La fin des territoires communaux dans la région de Kayes, Mali, thèse, Université de Poitiers, 532 p. + annexes] démontre que les sociétés rurales africaines continuent de fonctionner en réseau plutôt qu'à l'intérieur de territoires finement délimités. Alors qu'un nouveau maillage communal intérieur est en cours d'élaboration dans la région de Kayes (Mali), les sociétés rurales considèrent ces nouvelles lignes-frontières comme des contraintes, des limites "appauvrissantes". Fondamentalement, l'espace vécu des populations s'inscrit dans la mobilité et les échanges ; une limite nette, tranchée, divise, sépare et appauvrit les sociétés. Telle est la représentation de ces sociétés, non imprégnées historiquement, d'une organisation socio-spatiale aussi cloisonnée et rigide que la nôtre. En France, culturellement, le territoire se conçoit à partir d'un espace approprié et délimité ; au Mali, le territoire est un espace de mobilité, d'échanges, de négociations aux limites souvent floues." (Editions du Temps, collection Une géographie, Paris, pp. 72-73). On peut se demander si le fait d'envisager le mur comme moyen de sécurisation d'un territoire ne provient pas seulement de moyens techniques, mais également de la vision qu'entretiennent les acteurs de la construction du mur vis-à-vis du rôle de la frontière.
Le mur se construit comme une réponse à un "ennemi" perçu, qu'il soit n "ennemi" extérieur (à travers le bétonnage des frontières interétatiques, que ce soit entre les Etats-Unis et le Mexique, ou dans les enclaves européennes de Ceuta et Melilla) ou un "ennemi" intérieur. En ce sens, le mur n'est pas seulement un outil sécuritaire (dans le sens où il n'a pas pour seul but une efficacité vis-à-vis des objectifs sécuritaires qu'on lui attribue), il est également (et avant tout ?) la matérialisation d'un discours politique centré sur les enjeux sécuritaires. "Urbanisme de paix" ou "urbanisme de guerre" : la différence entre les deux conceptions accordées aux mêmes murs par des acteurs différents ne vient-elle pas de la représentation du mur comme outil sécuritaire ou outil de division ? Et derrière, se pose la question de la séparation des groupes d'hommes comme moyen de pacifier une ville, un Etat, une région... Derrière les représentations, se posent de multiples questions quant aux modalités d'intervention d'une force militaire avec ses propres représentations dans une zone où elle doit d'abord apprendre à connaître et comprendre les représentations des habitants.
A lire et à voir :
- "La guerre, la ville et le mur", billet de ce blog du 22 janvier 2009.
- Quelques cartes sur "Frontières et murs" réunies sur le site "Géographie de la ville en guerre" (dont toutes les cartes de l'émission Le dessous des cartes proposées ci-dessous).
- "Pourquoi le retour du thème des frontières ?", Café géo avec Michel Foucher, Daniel Nordmann et Philippe Rekacewicz, 6 octobre 2006.
- Le dossier "La frontière, discontinuités et dynamiques", sur le site Géoconfluences (avec notamment un article d'Olivier Clochard sur les "Jeux de frontières à Chypre").
- Pierre Renno, "Au-delà du mur : Israël face à sa frontière", EchoGéo, Sur le vif 2008, 2008.
- "La frontière, zone de contacts ou zone de ruptures ?", Café géo avec Henri Chamussy, 28 septembre 2001.
Quelques livres récents :
- Michel Foucher, 2007, L'obsession des frontières, Editions Perrin, 250 p.
- Alexandra Novosseloff et Frank Neisse, 2007, Des murs entre les hommes, La documentation française, Paris, 212 p.
- Patrick Picouet et Jean-Pierre Renard, 2007, Les frontières mondiales. Origines et dynamiques, Editions du Temps, collection Une géographie, Paris, 160 p.
Nouveaux murs
Emission du Dessous des cartes du 8 mars 2007
vendredi 27 février 2009
Conférence "Les risques liés à la pauvreté en Afrique. Géopolitique des insécurités"
La conférence "Les risques liés à la pauvreté en Afrique. Géopolitique des insécurités" aura lieu le jeudi 5 mars 2009 à la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine (MSHA), à l'Université Bordeaux 3 (Pessac), salle 2 (1er étage), de 16h00 à 18h00. Christian Bouquet (professeur de géographie à l'Université de Bordeaux 3) interviendra lors de cette conférence qui s'inscrit dans le cycle de conférences organisé par l'équipe du programme MSHA : "Risques en Afrique : conditions de vie - pouvoirs - travail".
mercredi 21 janvier 2009
Territoires de la délinquance et territoires de la police dans la ville
Les territoires de la criminalité et les territoires de la violence sont des sujets de préoccupation pour les géographes en tant que "modeleurs" de logiques spatiales et sociales, principalement dans les villes. Le recours à la cartographie pour comprendre les territoires de la délinquance dans la ville et également de mettre en exergue les stratégies territoriales des forces de maintien de l'ordre. Face à la mise en place d'un contrôle territorial, les acteurs de la délinquance et de la criminalité doivent réinventer les formes de leurs "actions" ainsi que leurs spatialités. L'interaction entre territoires de la criminalité et territoires policés transforme constamment les logiques d'appropriations territoriales par ces acteurs officieux et officiels. Plusieurs articles récents ont été consacrés à ces modalités d'occupation du territoire, tout particulièrement dans la ville, et étudient les formes de maillage installé dans la ville pour asseoir et diffuser la criminalité, ou au contraire surveiller et contrôler le territoire, voire punir les acteurs de la déstabilisation et de l'illégalité.
Londres : les lieux du crime
La lutte contre les diverses formes d'insécurité est devenu, de par le monde, un argument politique de plus en plus utilisé, voire convoité. Après la publication de la 1ère carte des crimes et des délits sexuels à Paris, c'est au tour de Londres de publier sa carte des délits en ligne, carte qui sera actualisée tous les mois. De quoi provoquer des pratiques spatiales "formatées" par la peur de l'insécurité et transformer les représentations des Londoniens sur certains quartiers. Laurent Grison analyse les objectifs politiques de cette décision de mettre en exergue des hauts-lieux de la violence et de l'illégalité dans la ville de Londres : "Pour le maire Boris Johnson, la cause est entendue : Crime mapping donne des informations aux Londoniens sur les délits dans leur quartier et vise à les rassurer car leur perception de la délinquance serait exagérée. Il encourage, aussi et surtout, les citoyens à collaborer activement avec la police pour rendre plus sûr leur lieu de vie". A voir si la publication de telles cartes renforce réellement un sentiment de sécurité quant à une perception de la délinquance exagérée, ou au contraire ne renforce pas le sentiment d'une insécurisation de plus en plus marquée. La cartographie criminelle constitue bien un outil d'aide dans l'élaboration d'un maillage sécuritaire, mais n'est-elle pas aussi - lorsqu'elle est publiée à des fins politiques - un moyen de rendre la ville de plus en plus vulnérable en affichant les dangers de celle-ci ?

Géocriminologie : quand la cartographie permet aux géographes d'investir la criminologie
Dans cet article, Claire Cunty, Fabrice Fussy et Pascale Perez analysent l'importance de la géographie comme outil d'analyse de la criminologie : comment la géographie permet-elle de comprendre les territoires de la délinquance, mais également les représentations des habitants sur cette "violence ordinaire" selon l'expression de Jérôme Tadié (Les territoires de la violence à Jakarta, Belin, collection Mappemonde, Paris, 2006) ? L'accent est porté sur la pertinence de la cartographie criminelle comme moyen d'affiner la compréhension des territoires de l'illégalité et de la criminalité, et sur les différents usages de ce type de cartes (usage de connaissance, usage tactique, usage stratégique et usage politique).

lundi 19 janvier 2009
Gaza-ville, espace vécu
Olivier Kempf propose un article sur "La guerre de Gaza, vu du Hamas", renversant ainsi le point de vue d'analyse, en analysant avec précision les objectifs militaires et politiques de cet autre belligérant. On peut également se poser la question de ce que représente Gaza-ville en fonction des différents acteurs dans cette guerre. (On retrouvera également les nombreuses analyses proposées sur les blogs Mars attaque et Historicoblog sur le déroulement de la guerre. Voir également la chronologie heure par heure du conflit proposée par Le Nouvel Observateur).
Des vidéos à consulter sur France 24 pour suivre le déroulement de la guerre à Gaza-ville :
- "Les troupes israéliennes sont entrées dans la ville de Gaza" - lundi 12 janvier 2009
- "Tsahal poursuit son incursion dans la ville de Gaza" - mardi 13 janvier 2009
- "Poursuite des combats dans Gaza-ville au 19e jour de l'offensive" - mercredi 14 janvier 2009
- "Combats à Gaza-ville, des bâtiments de l'ONU et des médias touchés" - jeudi 15 janvier 2009
- "Les civiles au coeur de la guerre à Gaza" - vendredi 16 janvier 2009
dimanche 28 décembre 2008
Géographie et conflits - conférences de l'Université de tous les savoirs
L'Université de tous les savoirs met en ligne plus de 4 000 vidéos de conférences, parmi lesquelles on retrouve quelques interventions sur les conflits en cours et les problématiques géopolitiques. Voici les liens et les résumés de quelques-unes d'entre elles en lien avec les guerres urbaines, les violences urbaines et les enjeux des conflits en cours. A noter, certaines conférences sont agrémentées de documents pédagogiques (notamment les textes des conférences et les diaporamas présentés par certains conférenciers). Retrouvez également toutes les vidéos sur la géographie.
Et également :
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