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dimanche 9 mars 2014

Café géo "Les déplacés de guerre dans la ville au Mozambique" (18 mars 2014, Montpellier)


Les Cafés géographiques de Montpellier invitent la géographe Jeanne Vivet (maître de conférences en géographie à l'Université Bordeaux III) le mardi 18 mars 2014 pour un débat sur « Les déplacés de guerre dans la ville au Mozambique » (au café Riche, place de la Comédie, Montpellier, entrée libre, salle à l’étage : voir toutes les informations et un plan d'accès sur le site des Cafés géographiques).

Jeanne Vivet est l'auteur d'une thèse de doctorat en géographie intitulée Déplacements forcés et citadinité. Les deslocados de guerre à Maputo (Mozambique) (Université Paris X, 2010 : voir la présentation de la thèse par Jeanne Vivet pour la revue Carnets de géographes). Sa thèse a été éditée sous le titre Déplacés de guerre dans la ville. La citadinisation des deslocados à Maputo (Mozambique) (Jeanne Vivet, éditions Karthala, 2012 : voir la recension de Catherine Fournet-Guérin pour la revue L'espace politique).

L'un des apports de ses travaux est d'avoir questionné les déplacés de guerre « invisibles », c'est-à-dire ceux qui ne sont pas pris en charge dans des camps de migrants de guerre et s'installent dans des espaces de vie « ordinaires » au sein du tissu urbain (voir également le billet du 8 février 2010).

Elle est également l'auteur de nombreux articles dont :
Voir l'ensemble de ses publications. Voir également : Karine Ginisty et Serge Weber, 2013, « Paroles d’invisibles : regards sur le droit à la ville à Maputo », EchoGéo, entretien autour de l'ouvrage de Jeanne Vivet, n°18.


samedi 26 octobre 2013

France : un droit d'asile à géographie variable (2)

Suite à la panne du site des Cafés géographiques (toutes les archives sont progressivement en train d'être remises en ligne), voici l'intégralité d'un texte publié en 2012, qui prend ces derniers jours une actualité forte : "France : une géographie du droit d'asile".


Références de l'article original : TRATNJEK, Bénédicte, 2012, "France : un droit d'asile à géographie variable", Cafés géographiques, rubrique Vox geographi, 14 février 2012.



France : un droit d’asile
à géographie variable




Introduction

En 2011, les institutions internationales, les instances et associations agissant pour la protection des demandeurs d’asile ont célébré le soixantième anniversaire de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés de 1951 qui assure la protection des réfugiés, des apatrides et des demandeurs d’asile. A priori, la question du droit d’asile semble dessiner une géographie « uniformisée », ou tout du moins une géographie de la sécurité/insécurité qui s’établit à l’échelle de chaque Etat qui la regarde. Mais les diverses interprétations de la Convention de Genève de 1951 peuvent être plus ou moins restrictives, et donnent à voir diverses représentations du statut de demandeur d’asile et une géographie de la discrimination et des persécutions à géométrie variable, qui construit un imaginaire spatial de la migration à destination de la France.

Le 11 mars 2011, le conseil d’administration de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) décide d’ajouter à la liste des « pays d’origine sûrs » : l’Albanie et le Kosovo. Mise en place pour la première fois en place en 2005, « la notion de pays d’origine sûr a été introduite dans le droit français par la loi n°2003-1176 du 10 décembre 2003 modifiant la loi n°52-893 du 25 juillet 1952 relative au droit d’asile. Aux termes de la loi, un pays est considéré comme sûr « s’il veille au respect des principes de liberté, de la démocratie et de l’état de droit, ainsi que des droits de l’homme et des libertés fondamentales ». C’est le conseil d’administration de l’OFPRA qui fixe la liste des pays d’origine sûrs » [1]. Le Kosovo était, en 2009 et en 2010, le principal territoire [2] d’origine des demandeurs d’asile en France [3].

Le 2 décembre 2011, cette liste s’allonge, passant de 16 à 20 Etats placés sur la liste des « pays d’origine sûrs », avec l’ajout de l’Arménie, du Bangladesh, du Monténégro et de la Moldavie. En 2011, le Bangladesh était devenu le premier pays d’origine des demandeurs d’asile en France, et la demande en provenance de l’Arménie avait doublé [4]. De nombreuses associations de protection des demandeurs d’asile dénoncent l’imbrication des enjeux socio-politiques internes (la liste des pays d’origine sûrs étant perçue comme un moyen de réguler les flux migratoires) et des enjeux socio-politiques des pays que quittent les demandeurs d’asile, au nom de la protection accordée par la Convention de Genève de 1951. C’est donc un regard multiscalaire qu’il est nécessaire de poser sur ces questions, tant l’entremêlement des échelles permet de comprendre les conflits de représentation qui se jouent entre institutions étatiques et protecteurs des demandeurs d’asile.

La liste des « pays d’origine sûrs » ne vise pas à dessiner une géographie de la sécurité et de l’insécurité dans le monde : comme son nom l’indique, elle ne s’attache qu’à définir, parmi les différents pays d’origine des demandeurs d’asile en France (et non ceux qui ne sont pas concernés par le départ de migrants qui se déclareront dans le pays d’accueil comme relevant de la Convention de Genève de 1951), les pays dans lesquels la sécurité des habitants est garantie par les institutions étatiques. Ce sont donc les pays « producteurs » de demandeurs d’asile qui sont visés dans cette liste. En 2010, « pour la troisième année consécutive, la France enregistre une hausse de la demande d’asile sur son territoire. 52 762 demandes ont été formulées contre 47 686 en 2009, soit un écart de près de 11 % » (Forum Réfugiés, 2011, p. 129).

Cette même année 2010, les principaux pays de provenance des primo-arrivants (première demande d’asile, en opposition aux dossiers en réexamen, c’est-à-dire aux demandeurs ayant déjà fait une tentative) sont le Kosovo (avec 3 267 demandes – hors mineurs accompagnants, soit 8,8 % de la demande globale), le Bangladesh (3 061 demandes, soit 8,3 %), la République démocratique du Congo (2 616 demandes, soit 7 %), la Russie (2 424 demandes, soit 6,6 %), Sri Lanka (2 265 demandes, soit 6,1 %), la Chine (1 805 demandes, soit 4,9 %), la Guinée (1 712 demandes, soit 4,6 %), Haïti (1 500 demandes, soit 4 %), l’Arménie (1 278 demandes, soit 3,5 %) et la Turquie (1 240 demandes, soit 3,3 %) (Forum Réfugiés, 2011, p. 130).

Ce sont ces pays qui sont concernés par un examen par l’OFPRA sur l’(in)sécurité des habitants, et qui sont potentiellement inscrits sur la liste des pays d’origine sûrs. Des Etats voisins de la France comme la Belgique, l’Allemagne ou encore la Suisse n’étant pas des pays d’origine de demandeurs d’asile, ils n’apparaîtront pas sur cette liste. Pourtant, celle-ci reste une manière de concevoir, par le prisme des pays « producteurs » de demandeurs d’asile, une géographie de l’insécurité et une géographie du droit d’asile « légitime ». En quoi la proportion de la demande d’asile dessine-t-elle une géographie de l’(in)sécurité telle que perçue par les autorités françaises ?

mercredi 3 juillet 2013

Café géo : Les frontières entre ouverture et fermeture : peut-on souhaiter la disparition des frontières ?

Le 1er février 2013, François Arnal organisait une journée d'étude consacrée à la géographie des frontières, qui se clôturait le soir par le tout premier Café géographique de Saint-Etienne. Après des discussions sur "Les frontières et les espaces frontaliers : objet d'étude géographique et géopolitique" dans la journée (voir notamment les comptes rendus des conférences de Daniel Soulié : "Frontières et ennemis à travers les arts : l’image de l’autre, des « Neuf Arcs » au mur de Berlin" et de Philippe Rekacewicz : "Cartographier les frontières" et les enregistrements audio des conférences de Philippe Rekacewicz : "Cartographier la frontière et les espaces frontaliers" et Bénédicte Tratnjek : "Les territoires post-yougoslaves : ce qui fait frontière"), le café géo proposait de croiser les regards journalistiques (Luisa Pace), cartographiques (Philippe Rekacewicz) et géographiques (Bénédicte Tratnjek) autour de la question : "Les frontières, entre ouverture et fermeture : peut-on souhaiter la disparition des frontières ?".

Luisa Pace, Philippe Rekacewicz et Bénédicte Tratnjek,
lors du 1er Café géographique de Saint-Etienne, 1er février 2013.

"Si de nombreux sujets ont été abordés pendant la journée, François Arnal a proposé aux intervenants de poursuivre le débat dans une salle comble. Les débats entre les intervenants et le public, mais aussi entre les intervenants eux-mêmes ont permis de montrer des divergences d’opinion. Comme l’a énoncé plus tôt dans la journée Philippe Rekacewicz, « on peut tous aller voir une frontière, mais on n’y voit pas la même chose ». François Arnal rappelle que si les avis divergent, c’est parce que la définition même de frontière est ambiguë, et que certains espaces de conflit sont sujets à certaines tensions, autour du tracé, du statut et de la matérialisation des frontières. Tout cela complique la vision extérieure que nous portons sur les frontières. Les notions de limites, de territoires, de conflits mais aussi de gestion, d’échanges et de relations humaines sont à prendre en compte pour (re)penser les frontières et les espaces frontaliers. Cet objet géographique « classique » est au cœur de très nombreuses publications ces dernières années, tant la question est d’une actualité brûlante. C’est pourquoi, pour ce café géo, François Arnal a invité trois intervenants aux parcours différents, qui tous abordent la frontière par ses dimensions spatiales, mais en ont, par leur métier, une approche différente : Philippe Rekacewicz (cartographe au Monde diplomatique, animateur du blog Visions cartographiques), Bénédicte Tratnjek (géographe, IRSEM, animatrice du blog Géographie de la ville en guerre) et Luisa Pace (journaliste, spécialiste de géopolitique). (...)"


Les deux visages de l'espace Schengen
Source : Philippe Rekacewicz, 2012.


Pour citer le compte rendu : Luisa Pace, Philippe Rekacewicz et Bénédicte Tratnjek, 2013? "Les frontières entre ouverture et fermeture : peut-on souhaiter la disparition des frontières ?", Cafés géographiques, rubrique "Des Cafés", compte rendu du café géographique du 1er février 2013, par Léna Faury, en ligne : http://cafe-geo.net/les-frontieres-entre-ouverture-et-fermeture/


jeudi 14 mars 2013

De l'autre côté : webdocumentaire sur les politiques migratoires européennes

Signalé par le groupe facebook "The Mobile Borders / La Frontière Mobile" (groupe créé autour du colloque éponyme : voir le billet "Frontières mobiles : quelques réflexions après le colloque BRIT XI"), le webdocumentaire De l'autre côté revient sur le fantasme spatial d'une invasion migratoire vers l'Europe et les conséquences de cet imaginaire spatial dans les politiques migratoires européennes. Ce webdocumentaire est accueilli sur le blog du projet Osons savoir qui présente de nombreux autres documents sur les questions de réfugiés et de demandeurs d'asile, tels qu'une vidéo de la Cimade : "Quand l'Europe cadenasse ses frontières", un diaporama de photographies sur "Le campement des Afghans dissimulé au milieu des champs", ainsi qu'une bibliothèque de liens vers des cartes et des articles sur la géographie et la politique migratoires.


A ce propos, voir les billets :




lundi 3 décembre 2012

"Guerre aux migrants. Le livre noir de Ceuta et Melilla" (Emmanuel Blanchard, Anne-Sophie Wender)

Migreurop, Emmanuel Blanchard et Anne-Sophie Wender (dir.), 2007, Guerre aux migrants. Le livre de Ceuta et Melilla, Editions Syllepse, Paris, 234 p.

"Les enclaves espagnoles, Ceuta et Melilla, reviennent très souvent sous les feux de l’actualité médiatique, dès lors qu’il est question d’immigration illégale. Dans les médias ces derniers mois, l’expression de « guerre aux migrants », très contestée il y a quelques années, est régulièrement évoquée : naufrages en mer Méditerranée, camps d’enfermement d’étrangers en Turquie aux frontières de l’Europe... Revenant sur le fantasme spatial d’une « invasion » de l’Europe par les migrants clandestins (bien que la réalité des migrations - forcées ou « choisies » - soit principalement des flux de proche en proche), le réseau Migreurop proposait en 2008 un ouvrage ouvertement militant sur la dizaine de migrants abattus alors qu’ils tentaient de pénétrer dans les enclaves espagnoles à la frontière avec le Maroc à l’automne 2005. Dès l’introduction, les auteurs du réseau Migreurop reviennent sur le titre : « guerre aux migrants » et situent leur propos : « jusqu’à l’automne 2005 et les événements de Ceuta et Melilla relatés dans cet ouvrage, le réseau Migreurop s’était abstenu, dans ses prises de positions publiques, de parler de ‘guerre aux migrants’ pour désigner les politiques de répression et de dissuasion de l’immigration. [...] A trop vouloir éviter les pièges de l’exagération et de l’emphase militante, nous avions oublié que le bellicisme envers les migrants, s’il laisse de rares traces verbales dans des discours institutionnels oscillant entre économisme et humanitarisme, est une réalité concrète pour l’immense majorité des habitants du Sud qui souhaitent faire valoir leur droit à quitter leur propre pays » (pp. 7-8). L’actualité médiatique nécessite de revenir sur la genèse de cette expression et sur les publications de certains collectifs, tels le réseau Migreurop, qui en ont défendu la pertinence."




Références de l'article : Bénédicte Tratnjek, "Guerre aux migrants. Le livre de Ceuta et Melilla (Emmanuel Blanchard, Anne-Sophie Wender)", Les Cafés géographiques, rubrique "Des Livres", 2 décembre 2012.


samedi 17 novembre 2012

Les migrants en Europe, une géographie critique des politiques migratoires : quelques cartes

La réédition de l'Atlas des migrants en Europe. Géographie critique des politiques migratoires par le réseau ". a été l'occasion de nombreuses émissions de radio. La première édition est parue en 2009 (voir un compte-rendu de lecture pour les Cafés géographiques) avait été l'occasion d'un café géo le 27 octobre 2009 (voir le compte-rendu : "L'Europe et la misère du monde : mobilités, politiques migratoires en débats") avec deux des auteurs, le géographe Olivier Clochard et l'ethnologue Alain Morice. Cette seconde édition est l'occasion d'une biblio/sitographie présentée autour de quelques cartes extraites de cet atlas et/ou réalisées par les auteurs de cet atlas.


mardi 4 septembre 2012

Des murs et des hommes (CulturesMonde, France Culture)

Extraits de l'ouvrage Guerre et Spray
(Bansky, 1ère édition en 2005,
en anglais sous le titre Wall and Piece).
En juin 2012, l'émission Culturesmonde sur France Culture a consacré trois volets à la question des murs-frontières :
- le mur-frontière Etats-Unis/Mexique,
- les frontières emmurées de l'Union européenne (enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, frontière Grèce/Turquie),
- les murs produits par des conflits ou pour éviter des conflits (Irlande du Nord, Cisjordanie, Cachemire).
Dans ces trois émissions, il est donc question des deux aspects de la construction de murs-frontières :
- les murs contre l'immigration,
- les murs de séparation entre des populations à l'intérieur d'un territoire, voire d'une ville.

Voici les trois émissions disponibles à la (ré)écoute. L'occasion de signaler le billet biblio/sitographique proposant sur ce blog des éléments pour aller plus loin : "Murs et frontières" : une sitographie. Voir également les billets sur les murs et les frontières (ainsi que les billets sur Belfast et l'Irlande du Nord, Israël et la Palestine, qui proposent tous des éléments biblio/sitographiques complémentaires).




mercredi 8 août 2012

Circuler dans la ville, ce plaisir !


(PNG)
Circuler. Quand nos mouvements façonnent les villes, Exposition du 4 avril au 26 août 2012, Cité de l’architecture et du patrimoine, Palais de Chaillot, Paris.


« Sur 1 500 m², la Cité de l’architecture & du patrimoine consacre sa prochaine grande exposition à la mobilité urbaine ». Circulez, mesdames et messieurs, au cœur de cette exposition consacrée à l’histoire des transports dans la ville et la manière dont ceux-ci ont agencé l’espace urbain. Rythmée par les bruits des transports urbains (le fond sonore de l’exposition participe du voyage proposé aux visiteurs), cette exposition, confiée à l’architecte et ingénieur Jean-Marie Duthilleul (avec l’architecte-urbaniste Marcel Bajard), est au cœur des préoccupations de la Cité de l’architecture et du patrimoine en s’intéressant à « l’architecture des lieux où l’on passe » : les mobilités sont observées par le prisme de l’architecture des lieux de la circulation en ville. Plus que nos « mouvements » tels qu’ils façonnent la ville, l’exposition entraîne davantage le visiteur dans «  un parcours chronologique pour découvrir l’histoire des lieux façonnés par les hommes pour circuler  ». C’est aussi un parcours dans les paradigmes, c’est-à-dire dans l’évolution de la manière dont a été pensée la circulation dans la ville, tout particulièrement dans le cas des villes européennes, et principalement françaises (bien que d’autres cas de villes ponctuent l’exposition). L’histoire des circulations dans la ville est accompagnée des nombreuses innovations en termes de transports urbains, qui ont modelé les villes à leur image. Dans ce parcours, le visiteur passe des transports aux mobilités, de la ville à l’urbain diffus. L’exposition reflète ainsi les évolutions des acteurs dans la manière de penser les aménagements de l’espace : d’une part par le passage du paradigme des transports centré sur la technicité et ses évolutions à celui de l’homme en mouvement qui vit et pratique ses déplacements (l’approche mobilitaire n’étant pas seulement une question d’évolutions techniques, mais appréhende le vécu des usagers et les conflits d’aménagements) ; d’autre part par une histoire de l’évolution de l’urbanisation qui a produit des espaces de vie très différents depuis l’âge de la ville circonscrite dans ses limites territoriales et paysagères très marquées jusqu’à, aujourd’hui, l’âge de l’urbain diffus dont l’étalement rend floues les frontières entre urbain et non-urbain et remet en question nos pratiques mobilitaires. Parce que « l’histoire de la ville est étroitement liée à celle de l’évolution des modes de transports », l’exposition interroge « le lien entre transports, urbanisme et architecture ».




Références de l'article : Bénédicte Tratnjek, 2012, "Circuler dans la ville, ce plaisir !", Les Cafés géographiques, rubrique Des expos, 17 juillet 2012, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2480

Références du complément biblio/sitographique : Bénédicte Tratnjek, 2012, "Complément biblio/sitographique au compte-rendu de l'exposition Circuler. Quand nos mouvements façonnent les villes", Les Cafés géographiques, rubrique Des expos, 17 juillet 2012, en ligne : https://docs.google.com/open?id=1D0FVUN2rlf4cuwWRHzDH_Ske-o59PLbzbxaa6aj-hysZT2XM3KOegHlVTB7B


mercredi 15 février 2012

France : un droit d’asile à géographie variable


Aborder la géographie du droit d'asile en France au prisme de la création et des variations de la "liste des pays d'origine sûrs" permet à la fois de comprendre l'entremêlement d'enjeux politiques multiscalaires qui dépassent parfois nettement la question du droit à la protection internationale pour s'ancrer dans les réalités des politiques migratoires des pays d'accueil, de revenir sur la question de la carte-discours pour montrer que les choix cartographiques permettent de représenter des discours spatiaux "modelés" en fonction des intentions des auteurs/commanditaires des cartes. La géographie du droit d'asile en France est multiple et se traduit dans des conflits de représentations entre les différents acteurs de la protection internationale.


Références de l'article : Bénédicte Tratnjek, 2012, "France : un droit d'asile à géographie variable", Les Cafés géographiques, rubrique Vox geographi, 14 février 2012, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2370


samedi 11 février 2012

Le regard d'un géographe sur le Darfour : Marc Lavergne

Voici les vidéos de l'entretien accordé par le géographe Marc Lavergne (voir son blog) à l'émission Arte Reportage dans le cadre de l'émission "Quoi de neuf au Darfour ?", diffusée le 11 février 2012 (émission de Nathalie Georges, Eric Bergeron, Frédéric Grimm et Frida Dumont, Arte GEIE, 2012).


Quoi de neuf au Soudan ?
Source : Arte reportage, Arte, 2012.




Présentation de l'émission sur le site d'Arte :


"Quoi de neuf au Darfour ? Février 2003, la violence éclate au Darfour, province du Soudan. Depuis, rien n'a été réglé. Le conflit a fait plus de 300.000 morts.


Aujourd'hui, la situation est encore instable et très complexe. Omar El Béchir est recherché par la justice internationale pour génocide et crimes contre l'humanité.



Que sont devenus les 2,5 millions de déplacés ? Où en est le processus de pais ? Réponse avec Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS, spécialiste du Soudan".



dimanche 29 janvier 2012

Déplacés de guerre en Côte d'Ivoire : les conséquences de la guerre de 2011

Le site Internal displacement monitoring centre (IDMC) a mis en ligne des cartes sur la répartition des populations déplacées en Côte d'Ivoire, qui permettent de visualiser l'évolution de la répartition des populations déplacées en Côte d'Ivoire en 2011. Ces différentes cartes ont servi de point de départ à ce billet : ces cartes permettent à la fois de comprendre les conséquences des affrontements armés entre les troupes loyales à Laurent Gbagbo et les troupes loyales à Alassane Ouattara aux lendemains du second tour des élections présidentielles de fin 2010 où les deux candidats se sont déclarés vainqueurs ; et de revenir sur la carte comme discours (la carte ne donne pas "tout", elle donne à voir une partie de la réalité sociale et spatiale, sélectionnée par son auteur) et sur son analyse.




Pour une mise en contexte, voir les billets :

Ce billet fait suite à la conférence-débat "Des violences post-électorales à la bataille d'Abidjan : géographie du conflit ivoirien de 2010-2011" organisée par   l'Association des Géographes de Savoie et le département de géographie de l'Université de Savoie à Chambéry le 19 janvier 2012. Qu'ils soient remerciés de cette invitation par ce billet !





vendredi 6 janvier 2012

Géographie vécue : Sarajevo et la lutte anti-sniper par le Colonel Goya


Quelques jours avant d'être à ses côtés pour le Forum de l'IRSEM sur les "Nouveaux espaces conflictuels" du 10 janvier 2012 autour du sujet : "De la guerre urbaine à la ville en guerre" (Ecole militaire, amphithéâtre De Bourcet, 12h30-14h00), voici quelques extraits d'un témoignage du Colonel Michel Goya (directeur du domaine "Nouveaux conflits" à l'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire - IRSEM, auteur de nombreux ouvrages sur le fait militaire parmi lesquels Res militaris. De l'emploi des forces armées au XXIe siècle (Economica, 2010) et Irak. Les armées du chaos (Economica, 2008), et animateur du blog La voie de l'épée) sur la lutte anti-snipers menée à Sarajevo. C'est incontestablement l'un des observateurs les plus avertis de la "guerre urbaine". De Sarajevo à Kaboul, son expérience de terrain l'a amené à se confronter à la réalité de cet enjeu stratégique, tactique et doctrinal majeur pour le XXIe siècle.

lundi 2 janvier 2012

"La mobilité des pauvres" (Sylvie Fol)

Il a souvent fait référence à la question des mobilités contraintes/forcées dans les billets de ce blog. Mais, avant d'être "en guerre", les villes questionnées ici sont des villes "ordinaires". La question des mobilités/immobilités des habitants "ordinaires" pendant la guerre ne peut être comprise sans prendre en compte le contexte de l'immédiat avant-guerre, c'est-à-dire les infrastructures de transport (avant destructions/entraves à la mobilité) et les inégalités socio-spatiales pré-existantes telles qu'elles dessinent une (in)justice spatiale dans la ville. Celle-ci peut devenir un facteur aggravant dans la guerre, et plus encore dans l'immédiat après-guerre. La question des (im)mobilités contraintes/restreintes/interdites (voir le billet "Mobilités éprouvantes : se déplacer dans les villes en guerre" du 4 avril 2010) dans la guerre ne doit pas faire l'économie des travaux sur les mobilités urbaines dans les villes "ordinaires", tant il s'agit dans le contexte de l'immédiat après-guerre et de la reconstruction d'un potentiel facteur d'émergence ou de réactivation de tensions sociales qui mettent à mal la pacification des territoires (voir le billet "Les risques de la reconstruction" du 26 février 2009).



Sylvie Fol, 2009, La mobilité des pauvres. Pratiques d'habitants et politiques publiques, Belin, collection Mappemonde, Paris, 264 p.


"A partir d’exemples de villes en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, Sylvie Fol interroge dans cet ouvrage la réalité d’une « injonction à la mobilité » pour ceux qui n’y ont pas ou peu accès : les groupes sociaux les plus défavorisés dans les villes. Elle questionne les pratiques spatiales des ménages pauvres au prisme de la dépendance automobile pour les uns, de la dépendance à des réseaux de transport en commun qui dessine une géographie des inégalités pour les autres. « Les mobilités apparaissent ainsi aujourd’hui « constitutives de la société urbaine contemporaine ». La possibilité de se mouvoir, dans des sociétés urbaines de plus en plus complexes et diversifiées, conditionne l’accès à des ressources qui se trouvent rarement à proximité les unes des autres » (p. 11). Sylvie Fol, prenant acte de ces transformations majeures dans les villes des pays dits développés depuis les années 1990, propose un regard éclairé et éclairant sur les (im)mobilités des plus pauvres : elle questionne les réalités de l’ancrage dans le quartier, qu’elle confronte à l’idée d’« assignation », osant un regard sans concession sur les effets des politiques publiques et termes d’aménagements urbains, d’aide à la motorisation et de développement des transport en commun. La mobilité, considérée dans les politiques urbaines comme un capital, est-elle toujours vécue par les habitants comme un « progrès » ?".




Source du compte-rendu : Bénédicte Tratnjek, "La mobilité des pauvres. Pratiques d'habitants et politiques publiques (Sylvie Fol)", Cafés géographiques, rubrique "Des livres", 2 janvier 2012, en ligne : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2332


mercredi 14 décembre 2011

"La peur de « l’Autre » dessine une géographie du « vivre séparé »" (Entretien pour Globe, Planète Terre, Sylvain Kahn)

Voici le lien vers un entretien réalisé par Sylvain Kahn et Laure Birckel pour Globe, le blog de l'émission Planète Terre sur France Culture, en lien avec l'émission de ce 14 décembre 2011 (jour symbolique pour une émission portant sur un tel thème, puisqu'il s'agit de la date anniversaire de l'entérinement des Accords de Dayton, qui mirent fin à la guerre de Bosnie-Herzégovine en 1995 et proposèrent le découpage territorial de cet Etat en deux entités politiques - la Fédération croato-bosniaque au Sud et la Republika Srpska au Nord de la ligne-frontière inter-entités -, auxquelles s'ajoutent le corridor de Brčko, district "neutre" ; ce découpage pose aujourd'hui de nombreux problèmes politiques - la Bosnie-Herzégovine n'a toujours pas de gouvernement depuis les législatives d'octobre 2010, et se trouve aujourd'hui au bord de la banqueroute, avec la question en suspens d'une éventuelle indépendance de la Republika Srpska qui hante la vie politique comme le quotidien : voir le billet "Bosnie-Herzégovine : d'une indépendance à l'autre ?" du 30 avril 2011 ; et le dossier "Crise politique en Bosnie-Herzégovine : plus d'un an sans gouvernement", Le Courrier des Balkans), consacrée au "nettoyage ethnique" avec le géographe Stéphane Rosière (l'émission est disponible à la ré-écoute sur le site de France Culture). Stéphane Rosière a également répondu aux questions de Sylvain Kahn et Laure Birckel, dans un entretien qui poursuit l'émission.


Pour citer l'entretien : Bénédicte Tratnjek, 2011, "La peur de « l’Autre » dessine une géographie du « vivre séparé »", Entretien réalisé par Sylvain Kahn et Laure Birckel, Globe, France Culture, 14 décembre 2011.
En ligne : http://www.franceculture.fr/blog-globe-2011-12-14-la-peur-de-«-l’autre-»-dessine-une-geographie-du-«-vivre-separe-»-0



Sylvain Kahn et Laure Birckel m'ont proposé de parler du "nettoyage ethnique" autour de 3 questions :
  • Quelles différences peut-on établir entre nettoyage et purification ethniques ? Quand ces expressions ont-elles été employées pour la première fois ?
  • Un nettoyage ethnique est-il toujours organisé ou peut-il être spontané ? Un déplacement massif et forcé est-il forcément un nettoyage ethnique ?
  • Quelles sont les échelles du nettoyage ethnique : nationale, urbaine ?





A (re)trouver également sur Globe :


Villes et répartition ethnique au Kosovo : la ville, le lieu du nettoyage ethnique ?
Source : Bénédicte Tratnjek, "
La peur de « l’Autre » dessine une géographie du « vivre séparé »",
Entretien réalisé par Sylvain Kahn et Laure Birckel, Globe, France Culture, 14 décembre 2011.