Découvrez une approche géographique de la ville en guerre,
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sur les enjeux de la guerre, le vivre en guerre,
les enjeux de la reconstruction et de la réconciliation.
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La photographe Eloïse Bollack a été nominée au Festival d'Arles 2009 pour son reportage photgraphique intitulé "Souviens-toi Sarajevo". Ancienne étudiante en géographie, elle a réalisé deux mémoires de maîtrise et de DEA sur la question des enfants à Sarajevo. Ces travaux lui ont permis de réaliser de nombreux reportages photographiques, notamment "Portraits de Sarajevo" (reportage finaliste du concours François Chalais du jeune reporter et du Grand Prix du photoreportage Paris Match / SFR). Ce nouveau photoreportage met en scène des témoignages d'habitants de Sarajevo, entre photographies et paroles. On y découvre le célèbre Jovan Divjak, commandant serbe en poste à Sarajevo au moment du déclenchement de la guerre, qui a choisi de rester dans sa ville "de coeur" et de résister contre le siège (auteur de Sarajevo, mon amour, où il témoigne de son expérience de la Yougoslavie, de la guerre, et des lendemains de la guerre, notamment autour de la création de l'association "L'éducation construit la BIH" (la Bosnie-Herzégovine) où il accueille les orphelins de la guerre). Mais également des habitants "ordinaires", tels une professeur d'urbanisme, le guide du Musée du tunnel (le tunnel a été construit pendant la guerre par les habitants de Sarajevo pour "contourner" le siège et permettre à la ville un approvisionnement depuis l'extérieur), une jeune étudiante, un chauffeur de taxi retraité, un invalide... Un reportage photographique particulièrement pédagogique, entre devoir de mémoire et déni. A découvrir (cliquez sur "Arles 2009") et à soutenir. Vous pouvez retrouver les autres photographies d'Eloïse Bollack sur Sarajevo sur son ancien site (notamment l'exposition "Portraits de Sarajevo") et sur son nouveau site.
La Russie a annoncé ce jeudi 16 avril 2009 sa décision de cesser les opérations dites "anti-terroristes" en Tchétchénie, qui ont marqué les interventions de l'armée russe sur ce territoire séparatiste depuis presque 10 ans (fin de la 2ème guerre de Tchétchénie début 2000). "De tous les problèmes graves ayant affecté le territoire de la Fédération de Russie depuis son accession à la souveraineté, seule la revendication de l'indépendance tchétchène a provoqué un conflit armé. Ce conflit perdure et s'envenime, malgré toutes les protestations officielles et l'apparente "régularisation" en cours" (Denis Eckert, 2004, Le monde russe, Hachette supérieur, collection Carré géographie, Paris, pp. 56-57).
Le 2 novembre 1991, la Tchétchénie auto-proclame son indépendance, qui n'est pas reconnue par le gouvernement russe. Très rapidement, l'Ingouchie se sépare de la Tchétchénie (4 juin 1992), territoire jugé rebelle par les autorités russes. Vont suivre 2 guerres : la 1ère guerre débute en 1994 et se termine par l'accord de paix de Khassaviourt en août 1996. La 2ème guerre de Tchétchénie débute le 7 août 1999 avec l'arrivée des troupes russes pour repousser un groupe d’extrémistes islamistes venus de Tchétchénie, se réclamant du wahhabisme, conduits par les chefs de guerre Bassaïev et Khatab, qui se sont emparés de quatre villages au sud du Daghestan. La guerre durera jusqu'en 2000, avec le retrait général des rebelles tchétchènes hors de Grozny le 1er février. Dès lors, le conflit s'enlise dans une guérilla urbaine (Voir une chronologie très détaillée jusqu'en 2007 sur le site de La Documentation française).
L'autoproclamation de l'indépendance par les Tchétchènes n'ayant été reconnue ni par les autorités russes, ni par les acteurs de la scène internationale, la Tchétchénie est officiellement l'un des 89 sujets de la Fédération de Russie. Elle se situe dans la partie orientale du Nord-Caucase, à la frontière avec la Géorgie et à proximité des autres Etats nouvellement indépendants du Sud-Caucase. Territoire de 15.600 km², sa "population était estimée en 1995 à 904.000 habitants, dont 337.000 urbains, et en 1998 à 796.000, dont 267.400 urbains. Un recensement effectué par les organisations internationales en pleine guerre (été 2000) donne 734.000 personnes, y compris celles qui sont réfugiées en Ingouchie" (Roger BRUNET, 2001, La Russie, dictionnaire géographique, CNRS-Libergéo - La Documentation française, Paris, p. 374). Ces chiffres sont très parlants et montrent bien l'impact de ces guerres sur la société tchétchène. Il est difficile d'estimer le nombre de morts (les estimations sont très partiales), le nombre de blessés, le nombre d'orphelins, le nombre de déplacés/réfugiés... Malgré l'absente de chiffres, les transformations de la société tchétchène sont évidentes : "en 1991, la population de Tchétchénie était, tout d'abord, pluriethnique. Dans la plaine, la moitié des habitants de la capitale, ainsi que d'autres villes (Goudermès, Argoun, Novogrozny...), étaient russes, cosaques, ukrainiens, juifs, ingouches, par opposition aux piémonts ou aux montagnes, peuplés presque exclusivement de Tchétchènes. La société tchétchène était fortement soviétisée et modernisée, comme l'attestent la sécularisation, l'alphabétisation massive, l'industrialisation, l'urbanisation, la place importante des femmes dans la vie publique" (Comité Tchétchénie, 2003, La Tchétchénie, dix clés pour comprendre, La Découverte, Paris, pp. 85-86). Les guerres de Tchétchénie et la poursuite du conflit sous la forme d'une guérilla urbaine sur la société tchétchène ont totalement transformé le paysage socioculturel de ce territoire : un dépeuplement , mais également une "tchétchénisation" de la population (c'est-à-dire une homogénéisation communautaire du fait du départ massif des populations autres que tchétchènes) et une transformation du mode de vie (avec un départ massif des populations urbaines tchétchènes vers les piémonts et les montagnes, une économie dévastée et une importante paupérisation de la population).
"Les images de Grozny parlent d'elles-mêmes : des quartiers rasés par les bombes ; des maisons éventrées où quelques appartements non calcinés demeurent occupés ; une vie chaotique pour les habitants soumis aux pressions des autorités tchétchènes et de l'armée russe omniprésente. Et, tout aussi injustifiables, d'autres images se superposent : celles de multiples attentats, à Moscou ou ailleurs ; celles, surtout, d'une école prise en otage le jour de la rentrée, à Beslan, en Ossétie du Nord, le 1er septembre 2004" (Jean RADVJANI et Gérard WILD, 2005, La Russie entre deux mondes, La Documentation photographique, n°8045, La Documentation française, Paris, p. 30).
La société russe toute entière est affectée par l'enlisement du conflit tchétchène. Les différents attentats et prises d'otage ont eu pour principal impact la montée de la xénophobie, déjà prégnante, mais fortement renforcée par la prise d'otages par un commando tchétchène dans un théâtre russe le 23 octobre 2002. Cet événement a profondément modifié la perception de la guerre de Tchétchénie dans la société russe : "avant la tragédie de Nord-Ost [du nom de la comédie musicale qui se jouait ce jour-là], l'opinion, lassée par la poursuite de la guerre, se déclarait à 60 % en faveur de négociations, tandis que 30 % y restaient opposés. Mais les partisans des négociations sont surtout préoccupés par les lourdes pertes dans les rangs russes, et n'adhèrent pas nécessairement au projet indépendantiste tchétchène. La prise d'otages à Moscou, qui s'est produite au moment où les négociations apparaissent envisageables, a retourné l'opinion : après son dénouement, seules 16 % des personnes interrogées sont restées en faveur de négociations, 30 % pour des négociations accompagnées d'actions militaires, et 25 % pour un règlement par la force" (Comité Tchétchénie, 2003, La Tchétchénie, dix clés pour comprendre, La Découverte, Paris, p. 80). Bien évidemment, la Tchétchénie est également un défi multiscalaire pour le pouvoir russe : remise en cause de la souveraineté russe et de la légitimité du gouvernement en Tchétchénie, mais également risque de diffusion des velléités séparatistes s'opposant au pouvoir russe dans d'autres régions du Nord-Caucase, problème de sécurisation des frontières entre la Tchétchénie et le Sud-Caucase où les républiques nouvellement indépendantes s'opposent régulièrement au pouvoir russe... "Les problèmes du Caucase-Nord intéressent la Fédération de Russie à trois titres au moins : l'avenir du fédéralisme russe, la question de la montée du danger islamiste, les enjeux du développement" (Michel NAZET, 2007, La Russie et ses marges : nouvel empire ?, Ellipses, collection CQFD, Paris, p. 156).
Isabelle FACON, 2007, "Un nouvel aplomb sur la scène internationale ? Une nouvelle doctrinemilitaire pour une nouvelle Russie", revue internationale et stratégique, n°68, n°2007/4, pp. 143-151.
Isabelle FACON, 2000, "L'armée russe et la seconde guerre de Tchétchénie", Le Courrier des pays de l'Est, n°124, avril 2000, pp. 27-48.
Denis ECKERT, 2004, "La Tchétchénie", Le monde russe, Hachette supérieur, collection Carré géographie, Paris, pp. 56-63.
Comité Tchétchénie, 2003, La Tchétchénie, dix clés pour comprendre, La Découverte, Paris, 128 pages.
Romain YAKEMTCHOUK, 2006, Le conflit de Tchétchénie, L'Harmattan, Paris, 152 pages.
Michel NAZET, 2007, "La Russie et "l'étranger de l'intérieur" ou le domino tchétchène", La Russie et ses marges : nouvel empire ?, Ellipses, collection CQFD, Paris, pp. 145-161.
Jean RADVJANI et Gérard WILD, 2005, "La Tchétchénie, mauvaise conscience de la Russie", La Russie entre deux mondes, La Documentation photographique, n°8045, La Documentation française, Paris, pp. 30-31.
Olga VENDINA, Vitali BELOZEROV et Andrew GUSTAFSON, 2007, "The wars in Chechnya and Their Effects on Neighboring Regions", Eurasian Geography and Economics, vol. 48, n°2, pp. 178-201 (traduit et publié sous le titre "Les guerres de Tchétchénie et leur impact régional" dans Denis ECKERT, 2007, La Russie, Hachette supérieur, collection Recueils pour les concours, Paris, pp. 41-65)
Petit arrêt sur les mots qui ont accompagné les images de violences à l'occasion du 60e Sommet de l'OTAN dans la ville de Strasbourg. Le sommet est terminé, les violences ont cessé et les médias nous (re)présentent l'heure du bilan. Et là, une expression, "guérilla urbaine", employée dans tous les médias, pose quand même quelques questions !
Quelques exemples pris parmi des journaux français :
"300 interpellations après les scènes de "guérilla urbaine" à Strasbourg" (Libération, 9 avril 2009)
"Après la "guérilla urbaine", les questions" (TF1, 9 avril 2009)
"Questions après la "guérilla urbaine" de Strasbourg" (L'Express, 9 avril 2009)
"A Strasbourg, succès politique et guérilla urbaine" (Le Parisien, 5 avril 2009)
"Anti-OTAN : première guérilla urbaine à Strasbourg" (L'Alsace, 3 avril 2009)
A noter que certains (mais pas tous !) médias emploient bien les guillemets pour l'expression "guérilla urbaine", tandis que les autres sites de diffusion d'une certaine information (msn, yahoo...), eux, ne se préoccupent certainement pas de cette distinction.
Si les informations sélectives présentées dans les médias créent des vides et des pleins dans notre imaginaire collectif, le poids des mots qui accompagnent les informations "choisies" comme dignes de devenir des événements pèse également sur la construction de cet imaginaire. Ces mots donnent un sens (ou plutôt créent un sens ?) sur les événements.
Les violences, les incendies, les destructions dans la ville de Strasbourg par des manifestants anti-OTAN relèvent-ils de la guérilla urbaine ? Sait-on de quoi on parle quand on utilise de tels mots ? Les violences dans la ville de Strasbourg traduisent-elles les mêmes moyens, les mêmes intentionnalités et les mêmes revendications que des cas avérés de guérilla urbaine comme en Tchétchénie, pour ne citer qu'un exemple ? Certes, les violences dans la ville de Strasbourg ont été le fait de petits groupes, très mobiles. Mais peut-on parler réellement là de stratégie de harcèlement ? Avaient-elles réellement pour objectif de renverser l'OTAN ? A côté de l'expression "guérilla urbaine", on retrouve dans tous ces articles le mot "casseurs"... Est-on réellement dans le même degré de violences, et plus encore dans les mêmes objectifs d'utilisation de la violence ?
Toujours est-il que l'opinion publique est marquée par cet usage abusif de l'expression "guérilla urbaine" à chaque moment de violence urbaine avec message politique. Mais également que la réflexion et l'action se trouvent compliquées du fait de cet amalgame. Les mots ont un sens, et ce sens a un poids sur les représentations que nous avons du monde, de ces menaces, des "Autres"...
"Connaissez vous la Moldavie ? Ce pays est apparu en 1991 sur nos cartes européennes, avec la fin de l’Union soviétique. Sur quoi repose cet Etat, situé aux confins de l’Europe et du monde slave, qui fut longtemps roumain, un temps russe, puis soviétique ? Et comment fonctionne-t-il aujourd’hui ?"
Plusieurs billets de ce blog ont posé la question de la création de l'événement par le biais des médias et, à l'inverse, "l'oubli" de certaines informations devenues trop "ordinaires" pour devenir des actualités (sur)médiatisées. Le sensationnel fait-il (ou doit-il faire) l'actualité ? Cette question s'est posée, dans ce blog, autour des violences à Mitrovica (ville qui a "disparu" de l'actualité médiatique, à l'exception de quelques articles lors de "moments" forts tels que l'auto-proclamation de l'indépendance le 17 février 2008 et l'anniversaire de ce "événement"), mais également les violences dans la ville de Bagdad, devenues "ordinaires", non dans leur "réalité" mais dans la perception qu'en a l'opinion publique, dans la façon dont les lecteurs/téléspectateurs des médias occidentaux "reçoivent" cette information.
Cette (re)présentation médiatique sélective de l'information "formate" une image du monde : quels sont les moments qui nous sont montrés ? Que nous disent ces événements sur les menaces, les risques, les dangers dans le monde actuel ? Quels sont, au contraire, les moments qui nous sont "cachés", devenant ainsi des non-événements, non pour l'importance de l'action, mais parce que leur non-présentation les fait devenir de simples "faits ordinaires" ? Il y a des moments qui "méritent" (le mot est volontairement provocateur) de devenir des événements, tandis que d'autres peuvent être oubliés dans cette information, dans cette mise en scène des dangers du monde, rythmée par la vitesse et "l'immédiat".
Et les lieux ? Des zones, des pays, des régions entières sont absents de l'actualité. Ou peu (re)présentés : mardi 7 avril, des violences en Moldavie. Mais que sait-on le reste du temps de la Moldavie ? Comment analyser ces violences ? Sont-elles structurelles ou conjoncturelles ? Combien de personnes, tout simplement, savent placer la Moldavie sur une carte (sans être très précis : la Moldavie, c'est sur quel continent ?), ou connaissaient même avant-hier le nom de cet Etat ? Provocateurs, ces propos ? Peut-être pas tant que cela. En tout cas, il est sûr qu'il existe des faits et des lieux qui sont fortement médiatisés, et ainsi transformés en événements et en hauts-lieux, alors que d'autres sont "oubliés", comme "rayés" de la carte de notre imaginaire collectif.
Une étude sur les moments et les lieux (re)présentés dans les médias permettrait certainement de montrer de façon plus rigoureuse comment des faits et des lieux sont mis en scène ou au contraire ignorés par les médias. Les médias participent à notre représentation du monde (tout particulièrement dans ces dangers), mais parallèlement, ils répondent avant tout à la demande du public (la question de l'audimat ou des ventes), et donc montrent ce que l'opinion publique attend. C'est donc un double mouvement. Il s'agit là de montrer avant tout un problème : les médias, par leurs "sur-objets" et leurs "non-objets", entre surmédiatisation et oubli, formatent-ils notre conception du monde qui elle-même est déjà ancrée dans l'idée de menaces ?
Ce lundi 6 avril 2009, 6 voitures piégées ont explosé dans différents quartiers de Bagdad. (voir notamment L'Express du 6 avril 2009), notamment à Sadr City, un des quartiers les plus pauvres, quartier chiite devenu un des hauts-lieux de la violence dans l'Irak quotidien (voir le blog de Stéphane Taillat qui analyse avec précision les phénomènes d'insurrection et de contre-insurrection en Irak). Une actualité parmi tant d'autres ? Malgré le bilan humain (on dénombre 34 morts en début d'après-midi) et l'importance du message politique (qui répond à la fois au Sommet du G20, au Sommet de l'OTAN, et aux orientations actuelles prises par le nouveau Président des Etats-Unis), cette démonstration, cette mise en scène de revendications, semble passer au "second plan" dans l'actualité médiatique. Des violences "ordinaires" pour reprendre l'expression du géographe Jérôme Tadié ? Cela renvoie à notre façon de "recevoir" l'actualité. Si les médias nous "vendent" des informations, les transformant ainsi en événements, les médias ne peuvent "vendre" ces informations que si l'opinion publique s'y intéresse. Et les violences dans la ville de Bagdad, comme celles de la ville de Mitrovica et de son célèbre pont - de moins en moins célèbre ! - depuis quelques années, ou de nombreuses villes en guerre, semblent aujourd'hui perdre de leur intérêt médiatique. Le lien entre les médias et l'opinion publique est indiscutable quant à la conception d'un "événement" : l'aspect sensationnel (re)présenté (il s'agit à la fois d'une présentation de l'information, et d'une représentation en tant que mise en scène de l'information pour la transformer en événement) est, en partie, un construit médiatique et social : médiatique parce que la mise en scène en fait un événement (c'est-à-dire une information extraordinaire), et social parce que la mise en scène ne fonctionne que si l'opinion publique y "adhère". Alors, les violences à Bagdad : ordinaires ou extraordinaires ?
Ces jours-ci, la question des violences urbaines préoccupe l'OTAN (voir une fiche synthétique proposée par le blog Planète Vivante et le blog d'Olivier Kempf, spécialiste de la géopolitique de l'OTAN) et ce de plusieurs façons : d'une part autour de la question d'un déploiement supplémentaire de militaires en Afghanistan, en proie à une guérilla urbaine qui met de plus en plus à mal les objectifs d'imposition de la paix dans ce pays ; d'autre part autour des violences de contestations dans la ville de Strasbourg où se déroule le Sommet du 60ème anniversaire de l'organisation. Deux "types" de violences urbaines, deux défis pour l'OTAN.
L'OTAN dans les violences urbaines : un Sommet sous haute tension
"Des incidents violents ont éclaté samedi [le 4 avril 2009] à Strasbourg en marge du sommet de l'Otan. Des émeutiers ont mis le feu à une pharmacie, à l'Office du tourisme et à l'hôtel Ibis près du Pont de l'Europe, selon la gendarmerie qui a précisé dans l'après-midi que les fauteurs de troubles avaient aussi vandalisé une station-service et tenté de dévaliser un distributeur de billets.De l'autre côté du Pont de l'Europe, à Kehl, sur la rive allemande, les policiers empêchaient environ 8.000 manifestants d'entrer sur le territoire français, à la demande de la préfecture de région Alsace. Des fourgons à eau étaient prêts à intervenir. Un peu plus tôt, un ancien poste des Douanes avait été incendié par des protestataires qui avaient brisé les fenêtres à coups de pierres et de barres métalliques. Des manifestants vêtus de noir ont attaqué les forces de police. Et des tas de pneus ont été incendiés. D'épaisses colonnes de fumée noire s'élevaient dans le ciel" (Le Figaro, 4 avril 2009). Voir, à ce propos, les billets de l'anthropologue Alain Bertho, spécialiste des émeutes urbaines : "Emeute à Strasbourg - 2-3 avril 2009" et "Emeute à Strasbourg - Sommet de l'OTAN - 4 avril 2009".
Ces incidents témoignent de la signification donnée dans nos sociétés aux "violences urbaines". Il s'agit avant tout d'une mise en scène. Ces jours-ci, toutes les caméras et tous les objectifs des médias sont focalisés sur le Sommet de l'OTAN dans la ville de Strasbourg. Les médias ont mis d'ailleurs l'accent sur le dispositif sécuritaire mis en place : suppression temporaire de Schengen (et donc réhabilitation temporaire des frontières nationales) et déploiement d'un important dispositif policier. Le "meilleur" moyen pour les contestataires est bien évidemment de répondre ce dispositif sécuritaire par une mise en scène de la contestation : les violences urbaines sont ici utilisées comme un discours politique. La relation entre les médias et "l'événement" doit être donc mise en exergue. Sans prétendre que les médias ont provoqué ces violences (loin de là), il est évident que leur présence permet à ces violences d'être non pas un fait ordinaire, mais bien un événement.
L'OTAN face aux violences urbaines : des choix pour l'avenir de l'organisation
Les violences urbaines sont également au coeur des choix stratégiques qui sont en cours de discussion au Sommet de Strasbourg. Tout particulièrement autour du cas de l'Afghanistan, où les noms des villes de Kaboul, de Kandahar... interpellent immédiatement l'imaginaire collectif dans nos sociétés pour "invoquer" des images de destructions, de violences urbaines, de guérilla urbaine. Cette imagerie est au coeur des décisions qui seront prises, puisqu'elles pèsent sur les perceptions de l'opinion publique, et donc sur les choix des hommes politiques. La question des "violences urbaines" ne relève pas là de la même symbolique ni de la même signification : il s'agit là de la guérilla urbaine, et des moyens à mettre en oeuvre pour empêcher le "règne" du chaos dans les villes afghanes (et cela pose également la question des modalités de l'action militaire dans tous les théâtres d'intervention de l'OTAN). Cela renvoie à l'importance prise par la ville dans les guerres actuelles, importance à la fois stratégique et symbolique. Egalement à un risque : celui de penser LA guérilla urbaine, dans un sens général, comme si cette modalité de combat était le reflet d'une même et unique forme de violence et de lutte. D'ailleurs, on ne parle pas de LA violence urbaine, mais bien DES violences urbaines, soulignant ainsi la diversité des formes de violence, mais surtout des intentionnalités des acteurs.
"Les espaces de la mort et la mort dans l'espace" Septième journée de la géographie le mardi 7 avril 2009 à Bordeaux
Résumé :
"Pour la septième année consécutive, l’association Doc'Géo organise la Journée de la géographie. Cette journée d’étude, ouverte en priorité aux jeunes chercheurs, a une vocation pluridisciplinaire. Le thème proposé est celui des rapports entre mort et espace. L’objectif de cette journée est d’envisager la dimension spatiale de la mort, thématique riche de possibles analyses mais jusque là trop peu abordée dans les sciences humaines. Il s’agit d’amorcer, avec toutes les disciplines (géographie, sociologie, ethnologie, anthropologie, histoire, histoire de l’art, philosophie, médecine, biologie, éthologie…) une analyse des rapports entre mort et espace. Trois axes ont été retenus : statut des vivants et traitement spatial des défunts ; rapport des vivants à la mort et encadrement des espaces consacrés aux défunts ; les espaces de la mort, des symboles territoriaux et identitaires ?"
9h15 : Accueil des participants
9h30 : Ouverture de la journée par Patrick BAUDRY (Professeur de sociologie à l'université de Bordeaux 3, chercheur associé au LAIOS, CNRS)
Atelier 1- Statut des vivants et traitement spatial des défunts Discutant - Maéva PAUPERT (ADES, CNRS, Pessac)
"Quels espaces d'inhumation pour les malades? Traitement funéraire des décès en milieu hospitalier au Moyen Age et à l'époque moderne"
10h20 : Mathieu VIVAS (CESCM, Université de Poitiers/Ausonius, Université de Bordeaux 3
"Unité et marges de l'espace cimeterial chrétien au Moyen Age. Quelle gestion funéraire pour les corps privés de sépulture chrétienne? (Xème-XIVème siècles)"
10h40 : Elena TADDIA (Docteure ENS CERPHIC CNRS) "L'infanticide, le corps mort de l'enfant et l'espace dans l'ancienne République de Gênes (XVIème-XVIIIème siècles)"
11h : Delphine RABIER (CESR, Université de Tours) "Les espaces de la mort dans l'œuvre de Jérôme Bosch: des destinées pour l'au-delà"
11h20 : Discussions
12h : Déjeuner
Atelier 2- Rapport des vivants à la mort et encadrement des espaces consacrés aux défunts Discutant - Emmanuelle PETIT (Université de Genève)
13h30 : Delphine BOYER-GARDNER (CESCM, Université de Poitiers et Université de Bordeaux 3) "Espaces des morts et espaces des vivants dans les villes entre Antiquité tardive et Moyen Age. De la séparation à la superposition"
13h50 : Catherine ARMANET (Docteure en Géographie, Université Lille1) "Etre incinéré et après? Le lieu de sépulture des adhérents d'associations crématistes"
14h10 : Julien BERNARD (ICoTEM, Université de Poitiers)
"Les lieux de travail des pompes funèbres"
14h30 : Discussions
15h10 : Pause
Atelier - 3 Les espaces de la mort, des symboles territoriaux et identitaires? Discutant- Anthony GOREAU (ADES, CNRS, Pessac)
A l'occasion du Sommet de l'OTAN à Strasbourg (60ème anniversaire de la création de l'Alliance Atlantique), Arte diffuse ce vendredi 3 avril 2009 de 21h00 à 22h15 un documentaire intitulé OTAN : machine de guerre, machine de paix ? (réalisé par Hubert Dubois en 2009). Présentation du documentaire : "Privée de sa raison d'être après l'effondrement du régime soviétique et du pacte de Varsovie, l'OTAN a pourtant survécu. A l'heure de son 60e anniversaire, l'organisation se porte bien, à en juger par le nombre de pays postulant pour en faire partie. L'OTAN s'est donné de nouvelles missions : il ne s'agit plus de défendre l'Europe, mais d'assurer la sécurité du monde occidental contre toutes sortes de menaces. Mais qu'est-ce qui définit ces menaces ? L'organisation est-elle un outil aux mains des Etats-Unis ? L'arrivée de Barack Obama va-t-elle changer la donne ? Pourquoi la France va-t-elle réintégrer les instances militaires ?". Autre diffusion : mardi 7 avril 2009 à 03h00.
Plusieurs émissions spéciales seront également consacrées à ce sommet de l'OTAN (notamment sur la TNT). Parmi elles, à noter l'émission 60e anniversaire de l'OTAN présentée par Marie Drucker, Pierre Servant, Nicole Bacharan, Xavier Bout de M. le samedi 4 avril 2009 de 08h15 à 10h05 sur France 2. Présentation de l'émission : "Depuis Kehl et Strasbourg. Les cérémonies du 60e anniversaire de l'Organisation du Traîté de l'Atlantique Nord auront lieu en présence des chefs d'Etats membres de l'OTAN, notamment du président américain Barack Obama. Des consultants militaires, des invités et des envoyés spéciaux de la chaîne commentent l'événement".
A lire dans la revue Echogéo (n°8, Mars/mai 2009, Rubrique Sur le Champ) un dossier intitulé "Moyen-Orient : conflits et mobilités dans un espace mondialisé".
William Berthomière : Avant-propos : "Le changement dans la continuité…"