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mercredi 21 janvier 2009

Territoires et identité : du nouveau aux Cafés géo


Plusieurs Cafés géo ont traité ces derniers temps du lien entre territoires et identité. A consulter pour ceux qui s'intéressent à la double problémtique questionnant les territoires comme porteurs d'identité ou l'identité comme productrice de territoires, plusieurs Cafés géo rendent compte de l'intérêt des géographes pour ces questions.




Les Cafés géo de Rouen ont invité le 19 novembre 2008 France Guérin-Pace, Elena Filippova et Yves Guermond, auteurs de l'ouvrage Ces lieux qui nous habitent. Identité des territoires, territoires des identités (dirigé par France Guérin-Pace et Elena Filippova, 2008, Paris-La Tour d'Aigue, INED-L'Aube, 275 pages). Le compte-rendu montre la pertinence de lier les concepts de territoire et d'identité pour comprendre les appropriations spatiales et les appartenances territoriales qui "formatent" les espaces de vie et les représentations mentales des habitants de la planète.




Le Café géo de Paris du 28 octobre 2008 a proposé de s'interroger sur le drapeau et le blason comme reflets d'une volonté de s'approprier le territoire et de montrer cette appropriation. Le territoire est ainsi identifié par des symboles qui permettent de se distinguer d'un "Autre" (que ce soit le village voisin, la communauté définie comme différente...). Les drapeaux et les blasons marquent le territoire en le délimitant et en lui signifiant une identité. Ils reflètent également une appartenance des habitants à une identité et à un territoire. Alors que l'on travaille plus volontiers sur la frontière comme marqueur spatial d'un territoire associé à une identité (que cette frontière soit réelle ou imaginée), les autres marqueurs d'une identité territoriale sont moins souvent interrogés, et pourtant l'exemple des drapeaux et des blasons montrent combien ils sont nombreux et chargés de sens.





Les Cafés géo de Paris ont acceuilli le 25 novembre 2008 la philosophe Barbara Cassin pour présenter l'ouvrage Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles (2004, Le Seuil, Paris, 1680 pages) et tenter de dépasser la simple approche cartographique des langues. Le fait de penser le Monde dans une langue impose déjà un filtre de représentation (selon l'expression de Jean-Pierre Paulet qui démontre ainsi combien notre représentation du monde réel est transformée par un jeu de filtres qui tiennent de notre subjectivité) : une langue, "c’est un filet jeté sur le monde et au moyen duquel on rapporte un autre bout du monde".


lundi 19 janvier 2009

Gaza-ville, espace vécu


Olivier Kempf propose un article sur "La guerre de Gaza, vu du Hamas", renversant ainsi le point de vue d'analyse, en analysant avec précision les objectifs militaires et politiques de cet autre belligérant. On peut également se poser la question de ce que représente Gaza-ville en fonction des différents acteurs dans cette guerre. (On retrouvera également les nombreuses analyses proposées sur les blogs Mars attaque et Historicoblog sur le déroulement de la guerre. Voir également la chronologie heure par heure du conflit proposée par Le Nouvel Observateur).



Gaza-ville : une ville-cible pour l'armée israélienne
Les autorités israéliennes ont affirmé qu'il n'était pas question d'occuper Gaza-ville. Il s'agit avant tout de détruire l'appareil militaire du Hamas. Les autorités militaires ont donc déclaré qu'il exitait, pour eux, deux villes de Gaza : une "Gaza d'en haut" (dans laquelle vit la population civile qui n'est pas considérée comme la cible de l'armée israélienne) et une "Gaza d'en bas" (dans laquelle "se terrent" les forces du Hamas, véritable ennemi déclaré des autorités isréaliennes, contre lequel a été déclenché cette guerre). Cette distinction explique, en partie, la vision stratégique d'Israël : il ne s'agit pas d'anéantir la ville en tant que géosymbole, on ne peut pas parler ici d'urbicide. Gaza-ville est donc une ville-cible dans la stratégie militaire du Tsahal, ou plus exactement, certaines parties de la ville sont ciblées comme centres névralgiques de la puissance militaire du Hamas (centres décisionnels, appareils militaires...). La distinction entre deux villes, une "Gaza d'en haut" et une "Gaza d'en bas", montre l'importance du ciblage. "Toute action visant une cible doit tenir compte de son environnement géographique car ce dernier a sur elle une influence, positive ou négative. Les actions menées contre des cibles ont également des conséquences sur l'environnement" (Paul-David Régnier, 2008, Dictionnaire de géographie militaire, CNRS Editions, Paris, p. 47). Les infrastructures visées sont insérées dans le tissu urbain (comme le montre l'exemple des tunnels creusés sous la ville de Rafah au sud de la bande de Gaza, visés par des bombardements massifs dans l'opération "Plomb durci", pour empêcher un ravitaillement en armes depuis l'Egypte).





Gaza-ville : une ville à défendre pour le Hamas
Le point de vue de l'autre belligérant est, évidemment, opposé. La conception de la ville dans leur stratégie également. Pour le hamas, Gaza-ville est une ville à protéger de l'extérieur comme de l'intérieur. De l'extérieur, contre les attaques ciblées de l'armée israélienne qui visent la destruction de l'appareil militaire du Hamas, ainsi que la protection de la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte afin d' "enclore" la bande de Gaza et assurer sur contrôle. De l'intérieur également, contre les partisans du Fatah d'une part, et contre la population "dissidente" d'autre part. Le Fatah ("mouvement palestinien de libération") et le Hamas sont 2 adversaires politiques qui se disputent le contrôle des Territoires palestiniens. "La guerre à Gaza est aussi le résultat du conflit qui oppose les deux organisations au pouvoir du côté palestinien : le Fatah et le Hamas. Surtout depuis les élections de 2006, remportées par le Hamas, les affrontements armés entre les deux ont paralysé la vie politique de l'Autorité palestinienne" (voir Aude Signoles, "Hamas-Fatah : la fracture des Territoires", L'état de la mondialisation 2009, hors-série n°6 d'Alternatives internationales, décembre 2008, pp. 140-141). La population civile est également un "adversaire" dans la mesure où les désaccords de celle-ci quant aux actions du Hamas peuvent remettre en cause son appropriation territoriale et politique sur la bande de Gaza. Défendre la ville de Gaza relève donc de multiples enjeux : un objectif militaire (contre Tsahal), un objectif politique (contre le Fatah), un objectif médiatique (vis-à-vis de l'opinion publique internationale, de l'ONU et des organisations humanitaires), et un objectif psychologique (vis-à-vis de la population de la bande de Gaza et de son soutien).






Gaza-ville : une ville dans laquelle survivre pour la population
Dans son bog pédagogique (Histoire-Géographie Terminale S-ES-L), M. Augris a montré les difficultés de vivre dans la bande de Gaza, avant la guerre : 66 % du budget des ménages de Gaza est consacré à l'alimentation en 2008, ce qui montre la pauvreté de la population dans ce territoire clos, et très densément peuplé. "Le taux de pauvreté y est en effet de 51,8% (contre 19% en Cisjordanie). Ceux qui ont déjà fait des sciences sociales savent que la part des revenus consacrée à l'alimentation est d'autant plus faible que le revenu est élevé. C'est l'une des lois d'Engel. La destruction des infrastructures ne devrait pas améliorer cette situation...". Le quotidien à Gaza-ville est marqué par un très fort taux de chômage et une grande pauvreté. L'économie est sinistrée dans la bande de Gaza : "la plupart des Gazaouis disposent de moins de deux dollars par jour et environ 80 % dépendent de l'aide alimentaire , selon des organisations humanitaires" ("Gaza - La dégradation des conditions de vie", France Soir, mercredi 14 janvier 2009). Pour la population civile, Gaza-ville est une ville dans laquelle il faut survivre avant tout. La question de la fin de la guerre posera également celle du coût des destructions.






Des vidéos à consulter sur France 24 pour suivre le déroulement de la guerre à Gaza-ville :


Le blog "Etudes géopolitiques européennes et atlantiques"


Le blog d'Olivier Kempf, EGEA - Etudes géopolitiques européennes et atlantiques, change d'adresse. Pour consulter ses anciens articles : http://egea.over-blog.com/. Pour tous les articles depuis le 17 janvier 2009 : http://www.egeablog.net/.




"EGEA comme :

Etudes : car il s'agit de réfléchir et d'échanger.

Géopolitiques : Il s'agit bien sûr des rivalités de puissance sur des territoires, pour reprendre la définition classique proposée par l'école française de géopolitique. Nous nous intéresserons à la géographie, à l'histoire du temps long, aux échelles d'analyse, aux facteurs conflictuels, à leur traduction politique. Bref, il ne s'agit pas seulement de relations internationales, mais d'aller comprendre ce qu'il y a derrière les événements qui écument l'actualité.

Européennes : car la géopolitique del 'Europe a trop souvent été ignorée.

Atlantiques : car cela pose bien sûr la question du grand voisin Américain, Europe de l'autre côté de l'océan.

Et parce que la matrice européenne se trouve entre la Grèce et l'Asie, dans cette mer Egée où la jeune Europe fut enlevée, selon la légende."

Conférence "Crainte, liberté et sécurité : la perspective libérale"


Le Centre d'études et de recherches de l'Ecole militaire (CEREM) organise une conférence, dans le cadre du séminaire "Les rendez-vous de la sécurité", le mardi 27 janvier 2009, de 18h00 à 19h30, à l'Ecole militaire (Paris), dans l'émphithéâtre Louis, sur "Crainte, liberté et sécurité : la perspective libérale", avec pour invité Pierre Manent (directeur d'études à l'EHESS). Inscription avant le 23 janvier 2009 à julie.guillaume@defense.gouv.fr.



Prochains "Rendez-vous sur la sécurité" :
  • "Les entrepreneurs de violence" avec Bertrand Badie, mardi 17 mars 2009, 18h00 - 19h30, Ecole militaire, amphithéâtre Lacoste (inscription avant le 12 mars 2009).
  • "La politique européenne de sécurité et de défense face aux défis de sécurité" avec le contre-amiral Bruno Nielly, mardi 7 avril 2009, 18h30-20h00, Ecole militaire, amhithéâtre Lacoste (inscription avant le 2 avril 2009).
  • "Conflits et religions", avec Mgr Michel Dubost et Elise Feron, mardi 12 juin 2009, 18h30-20h00, Ecole militaire, amphithéâtre Louis (inscription avant le 7 mai 2009).

vendredi 16 janvier 2009

"Les Balkans : une géopolitique de la violence"


Dans les jours qui viennent, paraîtra un livre (très attendu pour ce blog !) écrit par Michel Sivignon (professeur émérite de géographie de l'Université Paris 10, spécialiste de la Grèce et des Balkans), intitulé Les Balkans : une géopolitique de la violence (Editions Belin, collection Mappemonde). Le dernier ouvrage de géographie proposant une synthèse sur les Balkans date de 1994 (Georges Prévélakis, Les Balkans : culture et géopolitique, Nathan, collection Petite référence, 191 pages), et beaucoup de choses ont changé depuis !

Résumé par l'éditeur :
"Devant les dix années de violence extrême qui se sont déroulées dans les Balkans, l’opinion occidentale manque de repères. D’une part, elle souhaite vivement rester à l’écart d’événements dont elle comprend mal le déroulement et la logique, mais en même temps, elle constate que, dans le cadre de l’OTAN et de l’UE, des troupes venues des diverses armées européennes sont engagées durablement dans le conflit. Ensuite et de façon paradoxale, au moment où le scepticisme monte vis-à-vis de l’UE, tous les États des Balkans se pressent à sa porte. Enfin, et comme le montre l’actualité récente, cette histoire n’est pas finie et les braises couvent sous la cendre.L’auteur, après avoir analysé l’histoire récente – l’indépendance du Kosovo en 2008 et la guerre des Balkans (1991-1999) – retrace l’originalité historique des Balkans. Seule région de l’Europe où un empire extérieur, non européen, a disputé aux nations européennes une part du continent dans une période récente, c’est aussi la seule région où les Européens n’étaient pas maîtres chez eux mais dépendaient d’un centre extérieur, en l’occurrence Istanbul, capitale de l’Empire Ottoman.Cette histoire particulière en fait l’unique région d’Europe qui fut partiellement islamisée, après avoir été partagée entre un christianisme occidental et un christianisme oriental. L’auteur nous éclaire également sur les nations balkaniques elles-mêmes, pour qui la domination ottomane a été vécue comme illégitime et néfaste, la Turquie ayant coupé l’Europe balkanique des contacts avec l’Ouest alors que se développaient la Renaissance et les Lumières."

"Le pouvoir politique et l'armée"


Dans le cadre du séminaire "La défense et son environnement social" organisé par le Centre de Sciences Sociales de la Défense (C2SD), la prochaine séance du 20 janvier 2009 sera consacrée au lien entre "le pouvoir politique et l'armée", avec pour invités Samy Cohen (directeur de recherches à Sciences Po / CERI) et Jean Guisnel (journaliste au Point). De 12h30 à 14h00, Ecole militaire, Amphithéâtre Suffren, Paris.

Deux émissions de radio sur Bagdad


France Culture consacre 2 émissions de radio à la ville de Bagdad. L'émission "Métropolitains" du mercredi 7 janvier 2009 (à réécouter en ligne) était consacrée à "L'architecture électique de Bagdad" avec pour invitée Caecilia Pieri (auteur de Bagdad arts déco) qui présente de l'architecture de Bagdad entre 1920 et 1950. L'autre émission sera diffusée le dimanche 25 janvier 2009 (puis il sera possible de la réécouter en ligne) dans le cadre de l'émission "Vivre sa ville", avec pour invités également Caecilia Pieri, et également Yves Aubin de la Messuzière (ancien ambassadeur de France, en poste à Bagdad en 1997 et 1998, spécialiste du Proche-Orient) et Naim Kattan (écrivain québecois né à Bagdad).

jeudi 15 janvier 2009

Les émeutes en Grèce


Si les émeutes en Grèce ont été particulièrement médiatisées en décembre 2008 après la mort d'un adolescent grec, aujourd'hui (actualité à Gaza "oblige"), elles semblent oubliées des intérêts médiatiques. Pourtant, la situation ne s'est pas calmée à Athènes et dans les autres villes grecques. Depuis un an, les manifestations pacifistes se multipliaient dans les universités grecques, sans qu'aucun débordement (casse, violences...) n'ait été constaté. La cause : un profond malaise dans la jeunesse grecque, et tout particulièrement dans la population estudiantine, qui refusait le projet gouvernemental de privatisation des universités. La mort du jeune Alexandros Grigoropoulos, âgé de 15 ans, a déclenché de nombreuses polémiques sur les conditions de sa mort, mais également une vague d'émeutes dans toutes les villes de Grèce, même les plus petites.








"Les émeutes en Grèce : symptôme d'une crise nationale ou européenne ?"
Ce lundi 12 janvier 2009, les Cafés géopolitiques le compte-rendu sera mis en ligne dans quelques jours sur le site de l'Institut français de Géopolitique) ont invité Michel Sivignon (professeur de géographie) et Joëlle Dalègre (maître de conférences de civilisations), tous deux spécialistes de la Grèce, à discuter sur les causes du déclenchement de ces émeutes, sur les conséquences dans la vie politique et dans la vie quotidienne, ainsi que sur la situation actuelle. Les 2 intervenants se sont préoccupés de présenter ces émeutes à diverses échelles : celle de la Grèce et celle de l'Europe. S'agit-il d'une crise spécifique à la Grèce et à ses caractéristiques (vie politique, culture, difficultés économiques...) ou bien d'une crise qui touche l'ensemble des pays d'Europe et qui est la manifestation des difficultés montantes dans chacun d'eux ?

Michel Sivignon a ainsi expliqué que la Grèce est un pays qui aujourd'hui "ne va pas bien", même si la couverture médiatique aujourd'hui ne le montre plus. En France, les média ont parlé d' "émeutes", alors que les Grecs refusent ce mot. Ils parlent plus volontiers de révolte (l'émeute, pour eux, c'est bien plus violent et conséquent). Le choix des mots est révélateur des représentations de la société, plus que des actes en eux-mêmes : en France, des événements similaires sont qualifiés depuis quelques années d'émeutes, et cela semble devenu courant de les désigner par ce nom, ce qui n'est pas le cas en Grèce (le terme d'émeutes renvoie avant tout aux événements qui ont mis fin à la dictature des Colonels).

Début décembre 2008, des grèves lycéennes luttaient contre les réformes de l'enseignement secondaire en Grèce, sous forme de manifestations pacifiques. Le 6 décembre 2008, la mort d'un jeune adolescent de 15 ans a déclenché une grande controverse quant aux conditions de cet événement, et s'en est suivie une série d'émeutes dans l'ensemble de la Grèce, jusqu'aux plus petites villes qui ne connaissaient pas du tout les manifestations. Avec l'accalmie des vacances et l'actualité dans la bande de Gaza, les émeutes sont passées au 2nd plan dans les médias. Mais, l'on assiste à une reprise des émeutes ces jours-ci. Le malaise actuel de la jeunesse grecque est largement lié à un malaise profond de l'enseignement secondaire et supérieur, du fait d'une inadéquation de plus en plus criante entre diplômes et marché du travail. L'entrée dans le monde du travail est très compliquée pour un jeune diplômé grec. Mais, au-delà, la crise est révélatrice d'autres dysfonctionnements, comme l'ont déjà montré les incendies de forêts d'août 2007, qui ont fait environ 70 morts, surtout dans le Péloponnèse (Sud de la Grèce). Outre l'émoi général, les questions quant aux dysfonctionnements des capacités de secours ont été nombreuses : avec tous les hélicoptères, les moyens et les infrastructures, comment une telle catastrophe humaine a-t-elle été possible ? D'où, la remise en cause de l'Etat (et pas seulement du gouvernement) et des services publics en général.

En Grèce, le système politique est calqué depuis 1974 (avec la chute de la dictature des Colonels) sur bien d'autres pays européens, avec un partage du pouvoir bipartite, qui laisse peu de place aux extrêmes. On déborde là le cas grec, et l'on constate que ce système est en malaise dans d'autres pays (tels que l'Autriche, mais également l'Espagne, l'Allemagne...).

La Grèce est un pays tourné depuis longtemps vers l'extérieur. Aujourd'hui, le tourisme et l'économie marchande sont 2 secteurs clés de son économie, preuve de cette grande ouverture sur le monde. Celle-ci est d'autant plus nécessaire que la balance commerciale de la Grèce est très largement déficitaire. L'économie repose avant tout sur un secteur tertiaire très développé.

Michel Sivignon se demande alors quelles sont les causes de cette crise. Sont-elles des causes propres à la Grèce et à ses spécificités ? Ou celles du monde contemporain ? La Grèce est-elle en retard ou plutôt en avance dans les prémices de crise que l'on connaîtra en Europe ? Cela renvoie à l'image véhiculée de la Grèce, celle qu'elle renvoie. Les 1ers jours de la crise, la presse française a parlé d' "archaïsme balkanique", rappelant par là les titres de journaux qui ont couverts les guerres de décomposition de l'ex-Yougoslavie. Mais, cette explication a très vite disparu des média français. Cette image ne colle pas à la réalité (à lire, à ce propos, l'article de Michel Sivignon, "La Grèce, pas si archaïque que ça", Echogéo, Sur le vif 2009, mis en ligne le 14 janvier 2009).

Joëlle Dalègre rebondit sur cette question de savoir si la Grèce est en avance ou en retard. Le supposé archaïsme est une iamge que l'on a porté depuis longtemps sur la Grèce et les Balkans. La Grèce a ses propres spécificités, avec tout d'abord une jeunesse très peu nombreuse. La Grèce et l'Italie sont les 2 pays de l'Union européenne qui ont le moins d'enfants par femme, dépassant par là depuis longtemps le "record" allemand. La jeunesse grecque est donc hyper "couvée", ce qui est accentuée par la structure familiale qui se fonde sur une forte solidarité. Ces derniers temps, l'éducation grecque tend à se "normaliser" vers les moyennes européennes. Quelques spécificités pourtant : par exemple, les cours d'instruction religieuse obligatoire jusqu'à cette rentrée scolaire 2008-2009 du CE1 à la terminale (sauf lorsque l'on se déclarait d'une autre religion que l'orthodoxie). Ils sont devenus facultatifs à l'été 2008, ce qui représente un grand changement pour la Grèce. Mais, surtout, l'espoir est grand dans l'enseignement supérieur. Joëlle Dalègre explique que les familles grecques, avec peu d'enfants, sont des "passionnées de diplômes". Tous les sacrifices familiaux sont faits pour envoyer les enfants à l'Université. Pourtant, l'Etat grec consacre à l'éducation l'un des plus bas budgets de l'Union européenne. La population, insatisafite de son système d'éducation, se ruine d'ailleurs en cours privés, que l'on trouve partout, même dans les villages. Cela est avant tout lié au système d'entrée à l'Université, qui repose sur un savant mélange entre les notes obtenues les 2 dernières années du lycée et les notes obtenues lors d'un concours (concours qui fait donc la fortune des cours privés). Les familles dépensent au moins 500 € par mois et par enfant en cours privés (les moyennes vont de 2.500 à 3.000 €/an/enfant pour les collégiens, et de 5.000 à 6.000 €/an/enfant pour les lycéens). Le problème, c'est que les Universités n'offrent pas suffisamment de place pour tous les lycéens. Il existe donc une importante ségrégation entre les facultés : il faut 19/20 de moyenne pour faire médecine à Athènes (c'est-à-dire une discipline côtée dans une Université réputée), mais par contre moins de 10/20 pour étudier le français dans une Université de province... La Grèce et le Portugal (dont le système d'entrée en Université est assez similaire) sont les 2 pays européens où l'on recense le plus d'étudiants partant faire leurs études à l'étranger. Mais se posent par la suite le problème de la reconnaissance des diplômes lors du retour en Grèce, surtout pour des Universités situées en-dehors de l'Union européenne. La situation de l'histoire-géographie n'est pas louable : le but n'est pas de comprendre, mais de faire apprendre le manuel par coeur au mot près (d'où des moyennes pouvant en effet atteindre les 19/20). A la rentrée 2008, il y avait 97.000 candidats à l'entrée à l'Université, mais seulement 68.000 ont été pris en faculté. Le paradoxe provient des 18.000 laissées vacantes dans des disciplines et/ou des Universités peu côtées. Michel Sivignon cite l'exemple de la ville de Missolonghi (Ouest de la Grèce) où l'IUT voit certaines de ces formations sans aucun étudiant depuis 3 ans. Si l'on dresse la carte des formations sans élèves, on remarque une forte opposition entre centre et périphéries, qui s'explique par le problème des débouchés pour les étudiants ayant suivi des formations dans des facultés périphériques moins côtées. Michel Sivignon rappelle qu'il ne s'agit pas là d'une spécificité grecque, mais plutôt d'une problématique européenne : on connaît aussi ce problème de l'inadéquation entre les diplômes et le marché du travail en France, notamment avec des formations en DEA/DESS/Master.

Joëlle Dalègre revient sur le problème des salaires (montée des prix, mais pas des salaires). C'est assez difficile à chiffrer en Grèce : il n'y a pas d'équivalent d'un SMIC uniforme, mais des négociations par métiers, par syndicats... On estime les salaires les plus bas à 657 €/mois. Mais, en Grèce, les doubles emplois sont très nombreux, et au moins 1/3 du travail est effectué au noir. De plus, il exitse beaucoup de "magouilles" entre les feuilles de salaires et le salaire effectif. Et si la presse française n'a que peu abordé la question jusqu'aux émeutes, depuis 2 ans les grèves sont récurrentes en Grèce (notamment celles des lycéens).

Michel Sivignon a également signalé le problème de l'endettement. Avec,d'une part, l'endettement de l'Etat : la Grèce dépasse largement les maxima autorisés par Bruxelles, surtout depuis son entrée dans la zone euro, d'où un problème de remboursement de la dette publique de plus en plus prégnant (d'ailleurs, le gouvernement actuel a fait campagne sur les réductions des dépenses nationales). Avec, d'autre part, l'endettement des familles : en 2005, une loi facilitant grandement l'accès au crédit à la consommation (c'est même devenu visible dans les publicités qui n'annoncent plus les prix des produits tels que les réfrigérateurs et les voitures, mais les mensualités du crédit à l'achat proposé pour le produit). Les familles ont fait de forts emprunts pour payer les études de leurs enfants, d'où de nombreux problèmes d'endettements individuels (les banques font même appel à des sociétés de recouvrement pour les "mauvais payeurs"). D'ailleurs, lors des émeutes, de nombreuses banques ont été détruites, incendiées, et marquées par des graff qui dénoncent cette situation. Les familles toutes entières se sentent menacées : beaucoup ont manifesté avec leurs enfants ou ne les ont pas empêché de le faire.

Joëlle Dalègre a rappelé le problème de l'immobilieren forte baisse. Tous les propriétaires fonciers ont donc perdu une importante part de leur capital. La baisse du tourisme est aussi préoccupante, puisque celui-ci constituait pour de nombreuses familles une source de revenus supplémentaires. Le problème des impôts non payés est lui aussi un handicap (la Grèce est un pays qui a peu de salariés par rapport à d'autres pays européens, et où tout le travail n'est pas imposé).

Pendant longtemps, il n'y a pas eu des sans-abri en Grèce (du fait de la cohésion de la famille méditerranéenne). Les SDF d'aujourd'hui sont surtout des étrangers. La famille compense l'aide maternelle et celle aux personnes âgées (une tante, une nièce, une cousine garde les enfants ou vient en aide aux grands-parents). Mais c'est de moins en moins vrai aujourd'hui. La retraite de base est de 200 €/mois, ce qui ne permet absolument pas de vivre. La cité universitaire est, en théorie, gratuite, mais en fait il existe environ une place pour 50 étudiants. D'ailleurs, c'est une opération rentable pour les nombreuses villes universitaires. L'Université de chaque région est divisée en 4 villes : ainsi, chaque ville a des logements à louer aux étudiants qui n'ont pas de place dans les cités universitaires et c'est une source de revenus conséquentes. Il existe ainsi 54 sites universitaires en Grèce.

Revenant sur les émigrés qui constituent une main-d'oeuvre pas chère pour s'occuper par exemple des grands-parents qui sont de moins en moins accueillis dans la structure familiale, Michel Sivignon conclut en rappelant que, depuis 1990, la Grèce est devenu un pays d'immigration. Il existe 2 sources de migrations vers la Grèce. La 1ère est une émigration de voisins. 65 % des étrangers en Grèce sont des Albanais (qui sont bergers dans les montagnes, employés dans le bâtiment ou dans la plonge...). Cette population constitue une main-d'oeuvre peu qualifiée. Alors qu'il y a un chômage considérable en Grèce, 95 % des métiers sans qualification sont assurés par les populations issues de cette migration de proximité (peu de Grecs veulent pourvoir à ces emplois). Elles sont d'ailleurs en voie de bonne intégration dans la société grecque, gagnant environ 40 €/jour avec les repas payés. Ces populations n'ont joué aucun rôle dans les émeutes. La 2ème forme d'émigration est illégale, arrive du Moyen-Orient, et est assurée par des passeurs turcs. Les îles les moins peuplées sont d'ailleurs envahies d'émigrés qui espèrent entrer dans l'Union européenne.



Les émeutes en Grèce et la presse

Pourquoi aborder les émeutes en Grèces de décembre 2008 dans un site avant tout consacré à des situations de violence politique et de guerre ? Parce que les média ont employé des termes forts qui conditionnent notre représentation de la ville et de la violence. Pour exemple, certaines expressions semblent faire partie du vocabulaire "courant" pour décrire la condition urbaine : "vague de violences urbaines", "émeutes urbaines". Mais certains mots sont allés beaucoup plus loin, assimilant la situation de la Grèce à celle de villes en guerre : "une impression de guerre civile" , "la Grèce à feu et à sang", et "Athènes s'enfonce dans la guérilla urbaine" dans Le Figaro. On remarque le même type de vocabulaire dans la présentation des émeutes en Suède des 17 et 18 décembre 2008. Dans les pays occidentaux, la ville est devenue vulnérable parce que le degré d'acceptabilité des populations quant aux violences est de moins en moins élevé (alors même que tous les historiens de la ville démontrent que nos villes n'ont jamais été aussi sécurisées et peu violentes qu'aujourd'hui). Mais également, la presse participe à la construction d'un imaginaire collectif par le choix des images et des mots dans son traitement de l'information : les violences urbaines s'affichent de plus en plus comme faisant partie intégrante de la conditin urbaine.




A écouter :
L'émission "Les enjeux internationaux", animée par Thierry Garcin sur France Culture, du jeudi 11 décembre 2008 a été consacrée aux émeutes en Grèce, avec pour Michel Sivignon.

Comment comprendre et évaluer la flambée de violence en Grèce ? Quelles sont les principales raisons de ces évènements en chaîne ? Pourquoi ont-ils touché presque spontanément l’ensemble des pays ? Pourquoi le monde des lycéens et celui des étudiants ont-ils été les plus actifs ? Pouvait-on prévoir la survenue de cette violence ? Que dire de la gestion de ces troubles par le pouvoir politique ?



Une thèse sur la reconstruction à Beyrouth


La thèse d'Eric Verdeil, chercheur au CNRS, sur Une ville et ses urbanistes : Beyrouth en reconstruction (Université Paris I, sous la direction de Pierre Merlin, 2002) présente les modalités de la reconstruction à Beyrouth suite aux 15 ans de guerre civile et de guerre étrangère. Principalement axée sur les projets de reconstruction du bâti et sur les acteurs de l'urbanisme, la thèse montre les rivalités de pouvoir qui se sont mises en place dans la ville détruite, ainsi que les distanciations (en tant que mises à distance volontaires) et les inégalités sociospatiales que ces projets ont intégré dans l'organisation sociale de la ville de Beyrouth, accentuant les déséquilibres centre-périphérie. Ainsi, si la guerre a mis en exergue une division de la ville de Beyrouth selon la ligne verte, c'est-à-dire selon un découpage Est-Ouest fondé sur les divisions confessionnelles, l'après-guerre a lui aussi été "modélateur" de divisions profondes et fortement ancrées dans le système urbain. Ainsi, la ligne de fracture Nord-Sud s'est accentuée de sorte à amplifier les différences sociales entre le centre-ville et la périphérie de Beyrouth.


Résumé de sa thèse selon Eric Verdeil :
"Cette recherche se situe à la croisée de deux problématiques : l'étude des reconstructions après les guerres et l'histoire de l'urbanisme dans les pays arabes. Elle s'attache à saisir les transformations urbanistiques contemporaines à la lumière des bouleversements physiques, sociaux et politiques que le Liban a connu durant les années de guerre (1975-1990), tout en soulignant les éléments de continuité observables dans les politiques urbaines depuis l'avant-guerre. Dans cette perspective, le rôle des « urbanistes » ou des professionnels de l'urbain est central. La recherche défend l'hypothèse que loin de n'être que des rouages entre la commande et l'intervention urbaine, cette catégorie d'acteurs participe activement à l'élaboration des politiques suivies.La première partie décrit les chantiers de l'après-guerre au Liban : celui du centre-ville est exceptionnel par la place prise par le Premier ministre R. Hariri dans son élaboration et sa mise en œuvre, comme par le débat qu'il suscite et qui met en évidence d'autres conceptions de la reconstruction. Les autres chantiers de la période illustrent que les priorités du gouvernement ne suivent pas exactement les plans proposés par les urbanistes de la reconstruction.Le deuxième partie analyse la convergence autour des politiques d'aménagement spatial qui caractérisait le mandat du président Fouad Chehab. Ses conseillers étrangers introduisirent des normes d'action exigeantes qui forment le socle des références d'une génération d'urbanistes, exerçant sous forme libérale ou dans l'administration libanaise. Leur influence se fait sentir jusqu'à l'époque de la reconstruction.La troisième partie envisage la transformation de ces normes et des pratiques d'action urbanistiques à travers la guerre, où l'on observe une mutation de la commande politique, des bouleversements sociaux et une transformation des conditions d'exercice professionnel. Le centre-ville, la banlieue sud-ouest et les remblais du littoral nord constituent trois études de cas où se combinent différemment cultures professionnelles des urbanistes et nouvelles modalités des politiques urbaines à l'occasion du renouvellement du personnel politique, qu'illustrent les carrières croisées du. président A. Gemayel et du promoteur R. Hariri."



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mercredi 14 janvier 2009

Guerre urbaine à Gaza-ville


Les combats dans la bande de Gaza, et tout particulièrement à Gaza-ville, ont relancé l'actualité de la guerre urbaine. Pour commencer, 2 articles publiés dernièrement par Olivier Kempf présentant "Quelques réflexions sur les opérations de Gaza" et par François Duran sur la "Rupture dans la stratégie israélienne ?", et les nombreuses analyses du blog Theatrum Belli, qui montrent combien la réflexion sur cette expérience sera importante dans la compréhension de l'univers géostratégique et géopolitique dans lequel doivent évoluer diplomates, militaires, politiques...


La bande de Gaza est un des 3 territoires peuplés de Palestiniens conquis par Israël suite à la guerre des Six-Jours (5-10 juin 1967), avec la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Elle était auparavant sous férule égyptienne depuis 1949. "Gaza, minuscule bande sablonneuse littorale, est le plus peuplé et le moins nanti des Territoires du fait de l'afflux de réfugiés provenant des zones d'Ashkélon et de Beershéva, lors de la Nakba du printemps 1948, et d'un taux de fécondité record (9 enfants/femme). En outre, l'Egypte n'en a fait qu'un bastion offensif au flanc d'Israël, ses habitants (à 95 % musulmans) y étant strictement confinés. Densité, exiguïté et Intifada (débutée là en décembre 1987) oblige, seules vingt implantations y seront bâties, puis évacuées en 2005" (Frédéric Encel, 2008, Atlas géopolitique d'Israël. Aspects d'une démocratie en guerre,Autrement, collection Atlas/Monde, Paris, p. 28). La position géographique de ce territoire est une contrainte à plusieurs égards : le territoire est très isolé vis-à-vis des autres Territoires palestiniens, et son enfermement est rendu d'autant plus vivace par sa petitesse. De plus, la bande de Gaza se présente comme une zone-tampon entre 2 puissances régionales : Israël et l'Egypte.


La bande de Gaza est donc un territoire fermé. L'opération "Plomb durci" a été lancée le 27 décembre 2008 à travers des bombardements aériens (avions de chasse et hélicoptères de combat), puis complétée par une offensive terrestre à partir du 3 janvier 2009. Rapidement, Gaza-ville a été encerclée. Depuis le 13 janvier 2009, des blindés sont entrés dans Gaza-ville. Selon Dominique Merchet, l'armée israélienne n'est aujourd'hui plus qu'à environ un kilomètre du centre-ville. Avec cette guerre, la précarité des populations de la bande de Gaza s'est fortement aggravée, notamment en termes d'approvionnement de vivres et de médicaments. La ville de Gaza s'est retrouvée au coeur de la stratégie offensive israélienne et de la stratégie défensive du Hamas, en tant que centre névralgique de la bande de Gaza. Elle est une ville-cible pour l'armée israélienne dans la mesure où elle estime que les centres administratifs et militaires du Hamas y sont situés. La zone Nord de la bande de Gaza est essentiellement agricole. Au centre de la bande de Gaza, on retrouve 4 camps de réfugiés, qui constituent de réels pôles urbains (Nusseirat, Bureij, Maghazi et Dir al-Balah). La zone Sud de la bande de Gaza, enfin, constitue une réelle zone tampon avec l'Egypte, et elle a déjà été une zone où les combats furent particulièrement durs pendant la guerre des Six-Jours en 1967 et pendant la guerre du Kippour en 1973. C'est une zone frontalière particulièrement disputée et un point de passage qui représente un réel enjeu sécuritaire et stratégique dans le contrôle territorial pour l'Etat israélien.

Gaza-ville est peuplée de 515.000 habitants (soit 36 % de la population totale de la bande de Gaza dont elle est la principale agglomération). La bande de Gaza est une des zones les plus densément peuplées de la planète (plus d'1,4 million d'habitants sur 365 km²), et est un territoire particulièrement urbanisé (73 % des Gazaouis vivent en ville). De plus, le taux de croissance de la population est estimé à 4,5 % par an (avec une moyenne de 6 enfants par femme). A signaler qu'environ 1 million de Gazaouis sont considérés par l'UNRWA comme des réfugiés, dont 480.000 vivent dans 8 camps de réfugiés. Ces camps ne sont pas exclus de la vie de la bande de Gaza, mais y sont au contraire bien intégrés, même si les camps sont dotés de leurs propres infrastructures et de leurs services. Ainsi, 2 sortes d'urbanisation s'intensifient dans la bande de Gaza suivant ainsi la croissance démographique : les camps de réfugiés qui constituent des villes à part entière, dans lesquels de nombreux acteurs interviennent (principalement l'UNRWA qui gère les populations et l'organisation territoriale des camps ; et les municipalités auxquelles sont réliés ces mêmes camps). Dans tous les cas, la situation socio-économique des habitants de Gaza est particulièrement précaire, du fait de leur repliement sur un territoire clos, très densément peuplé et soumis à un fort taux de chômage.



A lire : le court rapport du Programme de recherche urbaine pour le développement (suite à une conférence tenue à Rabat du 15 au 18 janvier 2003), sur L'urbanisation des camps de réfugiés dans la bande de Gaza.


A ne pas manquer : une séance pédagogique particulièrement illustrative sur l'histoire récente du Moyen-orient, et tout particulièrement le cas de la construction nationale israélienne et les différentes guerres de la 2ème moitié du XXe siècle, proposée par l'académie de Toulouse : "Le Moyen-Orient en schémas". Les schémas proposés sont simples mais très illustratifs d'une situation complexe et difficile à enseigner ou à dénouer.